‹ Les eaux de ParisChapitre 8 sur 152 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

tuées sur la rive droite : douze dans l’intérieur de la ville *, quatre hors des murs 1 2.

Pendant toute la durée du quinzième siècle, le service des eaux éprouva peu d’améliorations. Trois nouvelles fontaines publiques, celles du Trahoir, deBirague et du Palais, furent établies. Cette dernière était la seule qui existât dans la Cité; toutes les autres étaient sur la rive droite.

Mais le volume d’eau disponible n’était pas augmenté pour cela. On se fera une idée de la pénurie dans laquelle Paris se trouvait sous ce rapport, lorsqu’on saura que le volume d’eau produit par les sources qui alimentaient autrefois les deux aqueducs de Belleville et des Prés-Saint-Gervais, ne dépasse pas habituellement aujourd’hui , en automne, 300 mètres cubes par 24 heures; que dans des années très-sèches, comme 1857 , il tombe à

1 Fontaine Maubuée, de Marie, Saint-Âvoye, Barre-du-Bec, Baudoyer, Saint-Julien, alimentées en eau de Belleville; des Halles, des Innocents, du Ponceau, de la Reine, de la Trinité, des Cinq Diamants qui recevaient les eaux des Prés-Saint-Gervais.

a Fontaines Saint-Lazare, des Filles-Dieu, des Cultures-Saint- Martin et du Temple.

200 mètres cubes; enfin qu’il est même descendu à 164 mètres cubes eri 1858, année qui heureusement n’est comparable à aucune autre pour la sécheresse. La quantité d’eau que les fontaines publiques versaient aux quatorzième et quinzième siècles, aux habitants de Paris, ne dépassait pas celle qui serait nécessaire aujourd’hui à une petite sous-préfecture1. En 1555, le nombre des habitants de Paris était de 260,000, et le volume d’eau distribué n’était, comme il vient d'être dit, que d’environ 500 mètres cubes par 24 heures, ce qui correspond à 1 litre environ par habitant.

L’abus des concessions particulières gratuites rendait encore plus précaire le service des eaux. Toute riche abbaye, tout personnage puissant, se faisait accorder une concession d’eau; on la demandait, pour la fopme, au bureau de la ville, qui avait toujours la main forcée.

Lorsque la disette d’eau était par trop grande,

' Dans le système actuel de distribution d'eau, il faudrait, par 2i heures, pour une population de cette importance, 20,000 mètres cubes.

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