‹ Les eaux de ParisChapitre 77 sur 152 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L'institution de la préfecture de police, en 1800, améliora un peu l’entretien des égouts, dont cette administration fut chargée. Mais l'absence de l’eau était toujours le grand obstacle.

Parent-Duchâtelet, qui a écrit, en 1824, une admirable description des égouts de Paris, description fréquemment citée, signale six odeurs différentes qui dominaient dans ces égouts. La moins repoussante était une odeur fade, qui produisait une sorte de faiblesse, d’énervation, et des soulèvements de cœur chez ceux qui la sentaient pour la première fois : cette odeur était particulière aux égouts les mieux entretenus. Dans les autres on remarquait P odeur ammoniacale, qui produisait ces ophthalmies, dont beaucoup de vidangeurs étaient atteints. C’est au gaz hydrogène sulfuré qu’on doit attribuer l’asphyxie, presque toujours mortelle, connue des ouvriers égoutiers et vidangeurs sous le nom de plomb. Parent-Duchâtelet signale encore, dans les égouts de Paris, Y odeur putride , analogue a celle des pièces d’anatomie en macération ; l’odeur d’eau de savon en décomposition , la plus in-

supportable de toutes; l’odeur d’urine de vache, etc.

Rien ne peut donner, suivant le célèbre hygiéniste, une idée de l’infection de certains égouts. Toutes ces abominables odeurs se répandaient à l’extérieur par les énormes bouches, ou entrées d’eau, qui formaient alors la tête de chaque galerie d’égout. On comprend qu’elle cause d’insalubrité permanente existait là pour la ville de Paris.

C’est vers 1850, lorsque la distribution des eaux de, l’Ourcq fut entreprise sur une grande échelle, que cet état, véritablement déplorable, des rues de la capitale commença à s’améliorer. Le système qui fut adopté alors pour le lavage des égouts, fait le plus grand honneur aux ingénieurs de cette époque. Dû à MM. Duleau, Gényiès, Emmery et Partiot, il a été appliqué à peu près à toute l’ancienne ville par eux et leurs successeurs, notamment par MM. Mary, Darcy, Dupuit, et par l’administration actuelle.

Avant 1830, les rues de Paris avaient un ruisseau unique placé au mdieu de la chaussée, qui recevait toutes les eaux ménagères des maisons. Comme il n’était jamais lavé, si ce n’est par la pluie, ce

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