DEUXIÈME PARTIE
quelles sont ouvertes pour opérer le lavage des ruisseaux. Celte tolérance, en apparence si libérale, a, en réalité, un résultat déplorable. On sait que la classe ouvrière de Paris est logée dans de grandes maisons à loyer. Les propriétaires, voyant que leurs locataires ont la possibilité de puiser de l’eau à la borne-fontaine, ne prennent point d’abonnements aux eaux de la ville. Le petit ménage est donc obligé, pour se procurer de l’eau, de descendre et de remonter cinq à six étages, pour puiser à la* fontaine publique; il faut quelquefois parcourir
150 mètres dans la rue, pour arriver à une bornefontaine. Et comme les heures d’ouverture sont irrégulières, on doit souvent faire le voyage plusieurs
fois avant de se procurer un seau d’eau. On a vu,
dans des rues où les bornes-fontaines sont remplacées par des bouches sous trottoir, des femmes et des enfants remplir leur seau en puisant l’eau dans le ruisseau même. .
. Cependant le prix d’un abonnement aux eaux de de la ville est bien minime dans une maison d’ouvriers. La dépense d’eau dans une maison habitée
par J 00 personnes, sans chevaux ni voilures, avec une cour de 100 mètres carrés, est fixée, d’après les bases d’estimation indiquées ci-dessus, à 4 mètres cubes par jour, et le prix d’abonnement à 240 fr. par an, soit à 4 fr. 20 par tôle. Néanmoins la plupart des propriétaires des maisons des quartiers d’ouvriers reculent devant cette dépense, qu’ils pourraient facilement mettre à la charge de leurs locataires.
La distribution d’eau à domicile laisse donc encore beaucoup à désirer à Paris. Quoique depuis l’intervention de la Compagnie générale des eaux, le développement de la distribution marche un peu plus vite, il est loin d’être ce qu’on est en droit d’attendre, et on en a vu plus haut les raisons.
La qualité des eaux potables distribuées dans Paris n’est pas satisfaisante. L’eau d’Ourcq, naturellement un peu dure, est souillée par les déjections des mariniers dans le bassin de la Villette; l’eau de Seine est altérée par les égouts, malgré l’amélioration résultant de la construction de l’égout d’Asnières, et dans la saison chaude, elle se corrompt