DEUXIÈME PARTIE
dans les conduites mômes. Aucune de ces eaux ne devrait être bue sans fdtrage préalable, et sans être rafraîchie l’été. Mais comment les classes pauvres pourraient-elles effectuer ces préparations? Les petits ménages n’ont souvent pas de cave, et la mère de famille n’a pas le temps d’aller chercher de l’eau au puits pour faire rafraîchir le liquide nauséabond qui sort de la conduite publique. Le filtrage ne se pratique pas partout, et lorsqu'il se pratique sur des eaux qui n’ont pas déjà subi une première prépara-
tion aux fontaines marchandes de la ville, il exige, pour l’entretien des filtres, des soins minutieux qu’on ne peut guère attendre de pauvres ménagères accablées de travail. Les ouvriers de Paris ne boivent donc que de*mauvaises eaux, et il en sera toujours ainsi tant qu’on distribuera de l’eau de rivière, c’està-dire de l’eau exigeant une préparation quelconque avant d être bue. C’est ce qui sera exposé plus en détail à la fin de cet ouvrage.
On peut évaluer comme il suit la quantité d’eau consommée aujourd’hui par le service privé :
Volume d’eau qui doit être délivré par 24 heures d’après les polices d’abonnement. . . 37,564
Suppléments accordés aux abonnés
qui en demandent 4 ,087
Eau fdtrée aux fontaines marchandes 2,152
Puisage aux fontaines publiques, environ 2,000
Puisage aux bornes-fontaines (trèsincertain) et gaspillage dans les cours, jardins, environ un tiers, etc. . . . 17,417
Total 60,000
Résumé de l’état actuel du service des eaux. — En résumé, l’administration municipale de Paris dispose aujourd’hui d’un volume d’eau de 150,000 mètres cubes, dont 60,000 mètres cubes sont affectés au service privé; 46,400 aux services publics 50,600 aux établissements de l’État, de l’assistance publique du département et au bois de Boulogne, et 15,000 restent disponibles.
La distribution est faite au moyen de 8 établis-