RÉGIME DES EAUX SOUTERRAINES
Malgré l'étude très sommaire que nous venons de faire de la constitution géologique du sol du département, nous pourrons en déduire le régime des eaux souterraines ; leur écoulement étant subordonné à la perméabilité des différents terrains et leur circulation dépendant de la formation du sous-sol et des conditions dans lesquelles s'effectue le contact des différentes assises. Au point de vue hygiénique, le mode de pénétration des eaux et leur circulation plus ou moins profonde, dans les divers terrains géologiques, aura une influence considérable sur leur salubrité.
Les eaux superficielles pénètrent à travers les couches meubles, les sables, les graviers et leur descente n'est arrêtée que par des sols argileux imperméables ou des roches compactes comme la craie. Les calcaires cependant sont très souvent fissurés et les eaux circuleront en minces filets dans les diaclases ou formeront de véritables rivières souterraines dans les cassures imiportantes produites par l'érosion et la dissolution de la roche.
Nous trouvons des sources abondantes, mais rares dans Îles terrains calcaires perméables, elles sont au contraire très nombreuses mais d’un faible débit dans les sols imperméables de l'infracrétacé. Il en résulte que les principaux centres urbains de la région s’allimentent difficilement en quantité suffisante d’une eau potable de qualité irréprochable. La grande ville de Reims, les agglomérations d'Epernay et d'Ay recherchent leurs eaux par des puits forés dans les alluvions ou la craie plus compacte. Ghâlons-sur-Marne et Saint-Dizier sont alimentées par de Peau de rivière filtrée naturellement. Les petites agglomérations sont encore moins favorisées ët la plupart ne sont approvisionnées que par des puits, les sources restent le privilège des populations habitant des terrains tertiaires, ou à proximité de ces terrains.
Des contrées limitrophes ont par contre une eau de source en abondance ; nous citerons les belles sources de la Vanne dans la forêt d'Othe en Champagne humide, captées par M. BELGRAND pour l'alimentation de Paris et celles fournissant leurs eaux aux aggilomérations de Provins, Sens, Joigny, etc.
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La perméabilité du sol et la formation des assises sous-jacentes indiquent d'une façon générale comment les eaux superficielles drainées forment les niveaux d’eau souterrains et le régime auquel leur circulation est soumise. Mais dans le détail, en étudiant les cas particuliers nous verrons la complexité que présente l'étude des nappes aiquifères.
Le sol du PERTHOIS est constitué par des alluvions quaternaires, des graviers calcaires surmontés de limons argilo-siliceux ; le sous-sol est formé d’argiies du Gault ou de marnes crayeuses. L'eau d'infiltration s'étale en nappe et se retrouve à une profondeur de 3 à 5 mètres, c'est la nappe phréatique et dès qu’une dénivellation met à jour la couche d’argile, une source prend naissance.
La grande faille de Narcy par ses brisures, fait jaillir de nombreuses sources aux environs du hameau de Trois-Fontaines. ües belles sources en plein cœur de la forêt amenèrent autrefois les moines défricheurs qui fondèrent la célèbre abbaye de Trois- Fontaines.
Les calcaires portlandiens forment le fond de la petite vallée de la Bruxenelle de quelques centaines de mètres de largeur et profonde de 6 à 8 mètres, sur ses deux versants, de nombreuses petites sources pérennes traversent les prairies pour rejoinidre le ruisseau. Une double faille ayant fortement abaissé le Gaulf et maintenu plus élevé comme un mur, le portlandien et le néocomien, cette cassure à produit la superbe source minérale des Sarrasins à Sermaize-les-Bains.
Le sous-sol du Vallage et des confins de l’Argonne est formé d’une roche spéciale à la contrée, ayant reçu le nom de gaize, cette roche caïcaréo-siliceuse est poreuse, maïs elle est chargée d’une forte couche d'argile qui la rend complètement imiperméable. Cette roche retient toutes les eaux de surface qui forment une suite ininterrompue id'étangs, s’élevant à une altitude de 150 à 170 mètres, du Nord au Sud. De cette situation particulière, M. PÉéRoN en déduit une explication ingénieuse, sur l’origine des nombreuses sources de cette région de la Champagne septentrionale. Autour des plateaux dénudés et arides prennent naissance de nombreuses petites rivières aux eaux abondantes, à source unique, puissante, presque vauclusienne, ce sont le Fion, l’Auve, l’Yèvre, la Moivre, la Vesle, la Noblette, la Tourbe, la Bionne, la Suippe, la Dormoise, etc. L’altitude de ces sources varie de 152 à 158 mètres, aucune ne se trouvant au-dessus ide ce niveau, M. PÉRON considère que Ja cotninunication se ferait par ascendance grâce à l'existence de dislocations et de failles dans la masse calcaire et marneuse qui