‹ Les Eaux En Champagne DévastéeChapitre 13 sur 55 · AUTO TE · texte numérisé non relu

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summionte la nappe aquifère. À son avis ces eaux seraient subartésiennes et viendraient d'une assez grande profondeur au-dessous du plateau comme l'indique leur température constante entre 12° el 16°, fraîches en été et tièdes en hiver, elles ne gèlent jamais.

Quoiqu'il en soit, les environs de ces sources sont les seuls points habités de cette région, une des plus désolées de la Champagne Pouilleuse. Depuis l'époque romaine les sources dans cette région portent le nom de somme (summumn rivi) et les villages ont pris les noms des sources qui les ont fait naître : Somme-Vesle, Somime- Suippe,. Somme-Tourbe, Somime-Py, : Somme-Bionne, Somime- Aisne, Sommesous, Sompuis, etc.

Les sources sont donc assez nombreuses et d’un débit abondant au pied de la falaise crétacée de la Champagne septentrionale : mais dans toute la plaine de la Champagne proprement dite, les sources sont excessivement rares et pour bien des agglomérations l’eau des puits devra servir à leur alimentation. Dans toute cette région, la craie blanche à micraster ou à belemnites acquiert une imjportance exceptionnelle. Depuis des milliers d'années cette craie a été mise à nu, ce qui caractérise son extrême aridité et l’a fait dénomimer Champagne sèche par comparaison avec la Chamipagne infracrétacée dénommée humide et qui s'étend entre les vallées de l'Yonne et de la Blaise.

L'eau des pluies abondantes que reçoit la craie tendre et friable s'infiltre dans le sous-sol à travers les fissures et les pores de la roche et l’imbibe à la facon d'une éponge. Si la surface est continuellement sèche, au contraire, il. se forme inférieurement une véritable nappe d'infiltration et l'on trouvera de l'eau souterraine partout et même en quantité imiportante.

Ces constatations ont été confirmées par M. le Colonel BOISNIER, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées, qui a fait creuser penidant la guerre plus de 500 puits pour l'Armée. Il apprécie qu’il existe dans la craie blanche à micraster une véritable nappe aquifère, plus où moins abondante suivant les régions, mais une nappe qui existe partout, sur les plateaux comme dans Îles vallées.

« Quelque soit l'endroit, dit-il, on est assuré de trouver de l’eau en creusant un puits eb on peut, par un simjple nivellement, connaître avec une précision suffisante la profondeur du puits qu'on aura à établir. La nappe est, en effet, continue et le niveau d'eau varie insensiblement d’un puits au puits voisin ».

L'abondance de l’eau de la nappe phréatique provient du peu de ruissellement et de l'évaporation insignifiante par suite de l’absorp-

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tion immédiate par la craie dénudée et très perméable de l'eau météorique qui va alimenter cette nappe.

Nous savons que les couches géologiques sont inclinées de l'Est vers l'Ouest «et la nappe d'infiltration suivra ces couches et les ondulations du sol par un courant souterrain lent, mais important et continu, qui s'établira des hauteurs vers les vallées. L'étroïtesse des fissures de la roche crétacée, leur colmatage par décalcification et corrosion mettront un obstacle à leur écoulement. Aussi nous trouvons dans les puits de la Marne une extraordinaire variation du niveau d'eau entre la saison sèche et la saison pluvieuse ; mais alors qu’en automne sont les mois pluvieux, la nappe n’atteindra son maximum qu'au printemps, qui est la saison des inondations dans toutes les vallées. Les pluies diminuent de décembre en février, et cependant la nappe souterraine n'arrivera à son maximum que ‘de novembre à décembre.

L'amplitude des oscillations varie énormément sous les hauteurs où elle atteint 35 mètres, à Vanault-le-Châtel, 21 mètres au Moulin de la Housse, près de Reims, 10 mètres à Fresnes ; par contre dans les vallées elle ne dépasse pas 2 mètres et à proximité des thalwegs elle devient minime. D’après M. DAUBRÉE, ingénieur en chef des Mines, l'abondance de l’eau dans la craie en fait un réservoir d’une puissance telle, comparée aux besoins de l'alimentation, que pour une surface de 10.000 hectares, un abaissement de un centimètre correspond à un débit de un million de mètres cubes.

En somme, on trouve de l’eau souterraine partout en Champagne et si la rareté des sources oblige à employer l’eau des puits, il suffit de les creuser dans la craie, le plus près possible des thalwegs, ils recevront l’eau qui suinte des parois de la roche humide et E'ils venaient à tarir par suite de sécheresse, il n’y aurait qu'à les approfondir pour les alimenter.

La localisation des sources dans le terrain crétacé est très spéciale, il n'en sera pas de même dans tout le massif tertiaire.

La MONTAGNE DE SAINT-THIERRY est le prolongement naturel du Soissonnais ; dans cette région, les assises imperméables vont constituer autant de nappes aquifères de position. invariable qui sont en relation avec la direction des couches et la forme des. plissements de la région. De la vallée de la Vesle à celle de l'Aisne, la première couche imperméable formée par les bancs ‘de grès du thanétien, produit une nappe qui aliments les sources de Prouilly, et de la vallée de la Vesle, près du Moulin de Cuissat, les puits de Jonchery, Châlons-sur-Vesle, Hermonville.

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Les marnes et argiles du sparnacien sableux donnent une deuxième assise imiperméable qui fournit des sources en général peu abondantes mais pérennes à proximité des villages situés à son niveau sur les deux rives de la Vesle ; à gauche, nous avons Branscourt, Sapicourt, Rosnay, Vrigny, Coulomme, Pargny ; à droite, nous trouvons Chenay, Trigny, Pévy, Montigny, toutes ces petites agglomérations ont ou pourraient avoir de l’eau de source comme boisson.

De Prouilly à Fismes il existe quelques sources situées au-dessus des argiles des caillasses et quelquefois sur des bancs très compacts de calcaire grossier.

Le promontoire de la MONTAGNE DE REIMS, l'accident le plus important de la falaise de l'Ile-de-France, s'étend de l'Est à l'Ouest, entre les vallées de la Vesle et de la Marne sur une longueur de 27 kilomètres de Fleurv-la-Rivière à Villers-Marmery, avec une largeur moyenne de 8 kilomètres.

Les versants de la montagne, pays de vignobles, ont un sol très riche ; mais nous considérons que l'abondance et l'excellence des sources à contribué à l'agglomération de cette population la plus dense du département. En effet, les dépôts de sables tertiaires qui surmontent la craie donnent naissance à des sources pérennes qui, canalisées, alimentent presque toutes les localités de cette région.

Et nous trouvons à Rilly-la-Montagne, Vil'ers-Allerand, Sacy, les eaux potables les plus pures de la Marne au point de vue bactériologique. 2

Nous avons vu que la craie à micraster de la Champagne Pouil'euse constituait une série de diaclases ou fissures très rapprochées ; il n’en est plus de même dans la Montagne de Reims où la craie à bélemnites forme les soubassements. Les dislocations et les plissements ont déterminé des cassures de la craie, des crevasses et le ruissellement des eaux amenant l’affouillement ef la dissolution du calcaire, il s'est produit des gouffres comime celui de Germaine ; ceux de Verzy alimentent la source de Vertuelle près de Louvois et même des rivières souterraines avec cascades et grottes comme celle de Trépail.

M. le Colonel Borsnier en faisant creuser un puits à la Veuve

a rencontré une fissure de 2 centimètres de largeur et de 1 à 2 mètres

de hauteur, dont les parois sont tapissées de cristaux de calcite. TI en conclut que cette fissure pourrait bien être l'extrémité de Îla diaclase de Trépail et être avec les sources d'Ambonnay et d'Isse, un échelon de liaison entre la craie à bélemnites eb la craie à micraster où on ne rencontre jamais de fissures proprement dites.

D'ailleurs le long de la falaise crétacée, pendant les hivers humides, des affaissements et même des. effondremients se produisent, indiquant que les cassures du calcaire sont nombreuses et que d’autres rivières souterraines doivent exister.

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