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moins de calcaire et d'après THOUVENEL alors qu'il y avait un goitreux ou un cancéreux sur trois personnes, après distribution des eaux de la Vesle, la proportion diminua de moitié.
La ville de Reims fut ainsi alimentée en eau de rivière pendant 130 ans, de 1747 à 1877. L'augmentation rapide de la popu:ation et surtout l’abaissement progressif du débit de la Vesle rendirent bientôt insuffisant ce service de distribution. En 1874, au mois de Juillet une grande sécheresse réduisit à 150 litres à la seconde l'écoulement de la Vesle qui était de 4749 litres en 1857 et la ville n'avait que la jouissance du tiers.
La situation devenait critique et la municipalité étudiait de nombreux projets pour améliorer l'approvisionnement en ‘eau potable ; quand une découverte fortuite fournit une solution immédiate «et intéressante. | |
La Société des Bains de Rivière faisait extraire de la grève, quand un de ses ouvriers nommé HUETTE découvrit une nappe souterraine abondante, il en avisa la municipalité qui fit effectuer rapidement des recherches ; eïles aboutirent à reconnaître la puissante nappe aquifère dont le débit de 250 litres à la seconde est suffisant pour satisfaire aux nécessités de l'alimentation et de l'hygiène de Reims.
L'origine de cette nappe aquifère est indiquée par l’étude géologique de la région. Le sous-sol de la grande plaine de Reims, du Mont de Berru à la Montagne de Reims est formé de craie à Belemnitella quadrata du Sénonien supérieur ainsi que l'indique le sondage de la Cour Chapitre, sa puissance est de plus de 300 mètres et repose sur une couche d'argile imperméable. Cette craie est une roche très perméab'e pouvant absorber un quart de son poids d'eau ; les eaux de pluies en s'infiltrant, l’imbibent et la saturent d'humidité. Cette nappe existe aussi bien sur les hauteurs que dans les vallées ; mais la vallée exerce une action de drainage et près du thalweg, cette nappe se rapproche sensiblement du sol.
La surface de la craie, qui n’est pas horizontale, est recouverte de graviers transportés à l'époque quaternaire, mais provenant des terrains tertiaires de la Montagne de Reims, au-dessus se trouve une zone de limons argñleux surmontée d'une couche de tourbe et enfin de la terre végétale.
L'inc'inaison des couches de la craie allant de l'Est à l'Ouest, toutes les eaux météoriques tombant sur les collines crayeuses ainsi que dans la plaine sont drainées par la grève des alluvions anciennes, dont le rôle est purement passif, vers le lit ancien de la Vesle. On y peut ajouter l’eau des sources de l'argile plastique de la Montagne de Reims, qui après avoir cireulé sur cette assise se perdent dans la
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craie. Toutes ces eaux forment la nappe souterraine qui alimente la ville de Reims et se trouve située sur la rive gauche en amont de la Vesle.
L'écoulement de cette nappe se fait vers la ville où elle alimente quelques puits, inonde de nombreuses caves et se dirige ensuite vers le sous-sol de Saint-Charles.
Malheureusement la couche d'argile surmontant la grève n'est pas continue et souvent d'une épaisseur trop faible, ce qui ne lui permet pas de jouer le rôle de protectrice absoiue, aussi une zone de protection très étendue est indispensable pour éviter toute pollution de la nappe aquifère.
Il n'existe pas, comme on l'avait cru tout d'abord de rivière souterraine parallèle à la Vesle et cette rivière n’alimente pas la nappe ; mais c'est au contraire la rivière qui reçoit l'eau de la nappe. Le fait a été constaté par de nombreux baigneurs qui étaient saisis par le froid produit par des filets d’eau provenant des petits canaux à fermeture hydraulique par lesquels se déverse l'eau de la grève dans la Vesle. L'analyse d’ailleurs indique de façon certaine que l'eau de la nappe ne peut provenir de la rivière.
Les eaux de Fléchambault sont captées par trois puits circulaires foncés à l'air comprimé et protégés par des cloches vitrées. Le puits central a 10 mètres de diamètre intérieur, les deux autres, 4 mètres. Ils sont creusés à 12 mètres de profondeur dans les alluvions quaternaires de la Vesle, composées de grèves calcaires, très perméables, très homogènes et par suite très filtrantes.
Ces puits ne descendent pas jusqu’au calcaire, leur cuvelage en maçonnerie est étanche, de sorte que l’eau arrive par le fond et s'épure par son passage à travers la grève de 8 à 10 mètres d'épaisseur et filtre encore sur une couche de graviers, recouverte de moëllons de meulière lavée de 1 m. 50 d'épaisseur, qui occupent le fond des puits. Get excellent captage a une influence favorable sur la salubrité de l’eau et quoique la nappe soit à peine à un mètre du sol, son passage sur un sable calcaire, plus filtrant que la craie, lui donne une meilleure qualité bactériologique.
L'emplacement de ces puits est proche de celui où Île chanoine GODINOT, en 1747, puisait l'eau de la Vesle pour l'alimentation de Reims ; mais il n'aurait pu lui venir à l’idée de rechercher à cet endroit de l'eau potable, car vers 1700 ce n'était que marécages, puis prés-marais couverts d'eau pendant l'hiver et une partie de l'été, et l’eau non filtrée était remplie de matières organiques en décomlposition et ne pouvait servir qu'à approvisionner les fossés des fortifications.
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Nous buvons donc actuellement une eau qui, autrefois n'était
pas potable, et il a suffi pour cela d’un abaissement du niveau de la
nappe aquifère au-dessous du sol afin que l’eau circulant dans le ca:caire et la grève soit protégée par une épaisse couverture filtrante, la mettant à l'abri de po:lution superficielle.
Le terrain environnant les puits d'alimentation des Toter nes -de la ville de Reims forme une zone de protection de 40 ‘hectares, dont une partie ést plantée de peupiiers et une portion grevée seulement de servitude. Or ce périmètre de protection est beaucoup trop faible à notre avis, vu le débit journalier énorme pour une si grande ville et surtout peu en rapport avec l'étendue de la nappe aquifère ; d'ail'eurs, l'extension de ce périmètre a été déjà prescrite par le Comité Consultatif d'Hygiène de France. Il y aurait également nécessité à supprimer les maisons d'habitation trop proches et les jardins maraîchers.
L'eau alimentant la Ville de REIMS est surtout une eau carbonatée calcique (120 à 132 milligr. de CO Ca). Sa composition chimique se rapproche de celles de la Vanne et de la Dhuis, considérées comme les meilleures de Paris. Actuellement, sa potabilité -est excellente, mais son périmètre de protection est insuffisant pour l'étendue énorme de sa nappe, elle peut être facilement contaminée par l'extérieur, aussi une surveillance incessante est-elle nécessaire et depuis 1919, nous en faisons l'analyse chimique et bactério!ogique toutes les semaines. Comme le reste de la Ville de Reims, elle eut à subir des vicissitudes : les bombardements violents détruisirent complètement ses réservoirs, détériorèrent ses puits de captage, et causèrent d'énormes dégâts à son usine et à son réseau de distribution, son périmètre de protection ne fut pas épargné même par l'armée française qui établit, près des puits, une scierie et des troupes furent cantonnées à proximité. Aussi après l'armistice, d'énormes travaux de réfection étaient des plus urgents et son périmètre de protection fut nettoyé et les trous d’obus bouchés après désinfection à la chaux vive.
Le tableau suivant permettra de comparer les analyses de l’eau de Reims en 1919, «en 1920 et l’eau de la Vesle prélevée à 300 mètres des puits.
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