CHAPITRE I
Les EAUX ALIMENTANT LA VILLE DE REIMS.
La ville de Reims est alimentée par l'eau des sources de Fléchambault. Cette appellation n'est pas exacte, car Reims, comme d’ailleurs toutes les villes de Champagne, n'a pas l'avantage d'être pourvue d'eau de source.
Néanmoins cette eau bien protégée contre toute cause de contatmination est de bonne qualité. Elle est fraîche en été et peu froide en hiver, très limpide, elle possède, sous une grande épaisseur une magnifique couleur bleue.
Mais il n'en fut pas toujours ainsi et jusqu'au milieu du xXvI® siècle, les habitants n’eurent à leur disposition que l’eau des puits qui devait également suffire aux besoins industriels, aussi :a situation sanitaire était peu favorable. M. LaJoux, directeur du Laboratoire municipal, écrivait en 1889 : « Il y à un peu plus d’un siècle, on ne buvait à Reims que de l’eau de puits ; les engorgements glandulaires étaient alors si fréquents dans cette ville que les médecins déclaraient : « qu'il n'est pas de ville dans le royaume où l’on trouvait plus de goîtres, de squirrhes, de cancers, d'écrouelles, de loupes, de mélicéris et de stéatomes ».
L'alimentation de Reims en eau potable était une grande préoccupation de la municipalité et devenait une nécessité primordiale ; mais la situation de la ville, au milieu de p'aines crayeuses et sèches, présentait de grandes difficultés à la solution de celte question si importante.
En 1747, un généreux philanthrope, M. Jean Godinot, chanoine de Reims, de ses propres ressources, arrivait à doter la ville d’une distribution d'eau potable. Il empruntait les eaux de la Vesle en amont de Reims ‘au Pont-Huon et les conduisait par une dérivation dans un bassin, qui recevait également des eaux d'infiltration. Une canalisation répartissait ces eaux dans les divers quartiers par dix-sept fontaines publiques. :
Les analyses de MAUMENÉ montrèrent que ces eaux étaient meilleures que les eaux des puits de la ville et contenaient surtout