‹ Les Eaux En Champagne DévastéeChapitre 35 sur 55 · TUE · texte numérisé non relu

TUE

Les marmites de géants doivent communiquer avec des avens qui sont très nombreux sur la Montagne de Reims ; les fosses de Trépail, la fosse Bathiaude, les fosses d'Aulus se trouvent au-dessus de la rivière souterraine.

Ce sont de vastes cavités coniques dont le fond est fermé par les éboulis de roches recouvertes par la végétation, ces avens soït produits par l’affaissement du sol dans les sab:es nummulitiques et l'argile plastique. L’eau ne séjourne pas dans ces énormes entannoirs et disparaît rapidement par les fissures communiquant avec le cours d’eau souterrain et son débit qui, à l’étiage, ne dépasse pas 6 litres à la seconde, augmente brusquement et considérablement par ies gros orages et l'eau se troub'e.

L'étude de la potabiiité de cette eau présente, au point de vue hygiénique, un intérêt considérable : pendant la guerre, de nombreux

camps de repos étaient établis dans les environs, des milliers

d'hommes et des centaines de chevaux furent alimentés par la source de Trépail. Actuellement un projet très intéressant est en voie de réalisation et consiste à utiliser cette richesse aquifère et la distribuer aux quatre communes de Bouzy, Ambonnay, Vaudemange et Trépail, dont la population est de 3.000 habitants.

Nous avons fait l'analyse chimique et l'examen bactériologique de cette eau au mois de juillet, c’est-à-dire en période normale d’étiage et nous avons obtenu les résultats suivants :

Degré hydrotimétrique total ............... MER A D 23 Degré hydrotimétrique permanent .......... RS Set 5 Dégré alcalimétriqueen CaOn is EN Nes 158 Matières organiques O. en milieu alcalin ......,... MES O0 Ghlorures en NaCI ............ FAUNE RS RE NEA TE NT CEE Azote ammoniacal :......... À RU Pet UTC AE NAT PS néant Azble. niiréux on. N7: O9 RS RTS néant Arote Ditrique:en Ne OM: M ERN RCE cr TE 5 Résidu-secia LOS: ALLER Ge ee PES RTS A tn 5) See EN se er RL et RARE PE A LESC RCET 16 DUHATC EN SORT LS Se Ro TR CNRS RER PSE 22 65 Fér:en ha 08e 7er 0 RE A RE ME à NET 2 40 Germes-Aérobiss DarsOmp, be. . AI RNNIERES Es Pts 10 Colonies liquéfiantes ........ RP RL AS EL O [Me néant BactÉTIUnt COUR TES MARTEL RUES SERRE EC es RSR RE néant Gerrhes Andolisètes tre RE Je AN TRE néant Germes anaérobies ..... Sn RE LAS LC CINE AN INSEE Fe Fe néant

Les chiffres sont indiqués en milligr. par litre d’eau.

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Cette eau peut donc être considérée comme potable et doit sa bonne qualité à l’état de tout son bassin d'alimentation qui est exceptionnellement boisé et dépourvu d'habitations.

Mais il n'en est plus de même après de grandes pluies, sa composition chimique varie, sa température se rapproche de la température ambiante et elle devient trouble.

Nous avons en effet pu constater, un mois après la première analyse et à la suite d'un orage, que les chlorures avaient augmenté de 17,55 à 20,47 : le degré hydrotimétrique total n'était plus que de 18 et elle contenait des traces de nitrites ; mais c'est encore l'examen bactériologique qui nous donne le mieux le degré de contamination, les germes aérobies étaient considérablement augmentés, nous trouvions > colonies liquéfiantes et quelques microbes anaérobies.

Il est évident qu'il y avait contamination nette par les eaux de ruissellement drainées par les avens, sans filtration naturelle suffisante. Et nous pouvons considérer cet exemple comme un cas typique de la pollution des résurgences dans les terrains erayeux et les calcaires ordinaires. Les avens, au lieu de filtrer l’eau, ne font que la laisser passer comme dans un crible, les germes pathogènes peuvent être transportés directement dans les diaclases qui reçoivent les infiltrations souillées de l'extérieur.

L'importance de ces considérations hygiéniques n'avait pas échappé à l'autorité militaire qui, se trouvant dans l'impossibilité de séparer les eaux pures des eaux d’infütration plus ou moins polluées, avait établi une installation pour épurer l’eau distribuée dans ses différents camps. Dans le projet actuel de canalisation dont nous avons parlé, il y aurait donc nécessité à suivre cet exemple et le service compétent devra améliorer systématiquement l'installation provisoire faite par l’armée.

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