LES PUITS. — QUALITÉ DE L'EAU
TITnB BTDROTIMÉIRIOUE
Degrés.
Eau des tcrniiiis giMiiiticjues du Morvaii 2 à 7
— du puits de Grenelle 9,50 à 12
— de la Seine en amont de Paris à l'ctiage. ... 18 à 20
— de la Vanne 18 à 20
,,„,.( aux sources 23
— de la Dltuis , „ . oa - o"
I a Pans 20 a 2o
— de la Marne au confluent de la Seine 20 à 25
Les autres eaux distribuées à Paris soûl plus dures :
TITBE HYDROTIMÉTRIQUE.
Degrés.
/ avant la construction des
\ usines de Trilbardou et Eau du canal de l'Ourcij ( d'Isles les Meldeuses. . 30 à 34
1 depuis la construction de
\ ces usines environ 30
Eau d'Arcueil environ 40
En général toute eau dont le titre hydrolimélrique dépasse 40°, fait des grumeaux avec le savon et est impropre au savonnage; lorsque la proportion de sulfate de chaux est notable, dépasse 10 à 15° par exemple, l'eau devient impropre à la cuisson des légumes. Les industriels n'admettent pas volontiers l'eau de l'Ourcq pour alimenter leurs machines à vapeur : le titre de cette eau ne dépasse pas 50°.
Lorsque l'eau contient par litre plus de 19 centigrammes de carbonate de chaux, elle devient incrustante à la température ordinaire et obstrue les conduites.
Cela étant admis, voyons d'abord quels sont les titres hydrotimétriques de l'eau des puits de l'ancienne ville ; pour fixer les idées, je prendrai les limites des arrondissements actuels.
QUARTIEltS. TITRE IIYDROTIMÉTBIQDE.
Degrés.
iSaint-Germaiii-l'Auxerrois.. . 156 à 152
les Halles 169 à 182
Palais-Royal 128 à 225
place Vendôme 136 à 156
2'^ arrondissement
(Bourse)
ô"^ arrondissement (Temple)
4*^ arrondissement (Hôtel de Ville)
0* arrondissement (Panthéon)
6" arrondissement (Luxembourii)
7^ arrondissement (Pillais Bourbon)
15' arrondissement (Gobelins)
OLAHTIEtls. TIIhE UVDItOnuF:TlllQDE.
Degrés.
Gaillon 152 à 189
le Mail 160
, Bonne-Nouvelle 176 à 192
; les Arts-et-Métiers 166 à 181
I les Archives 140 à 173
Saint-Merri 155 à 199
I Saiiit-Gervais 155 à 157
Arsenal 50 à 175
Noire-Dame 87 à 178
/ Saint-Victor. 120 à 192
\ Jardm-des-Plantes 38 à 146
Val-de-Gràce 62 à 178
la Sorbonne 96 à 158
la Monnaie 56 à 138
rOdéon 112 à 158
Notre-Dame-des-Chanips ... 76 à 1 96
Saint-Germain-des-Prés. . . . 58 à 154
Saint-Thomas-d'Aquin. ... 124 à 208
les Invalides 116 à 152
l'École militaire 120 à 165
le Gros-Caillou 126 à 187
la Salpétrière 124 à 144
Croulebarbe 62 à 176
Rive droite.
llive iïauelie..
LES GRANDS FAUBOCRGS.
Faubo'jrg Saint-Antoine. .
— du Temple. . .
— Saint-Martin. .
— Saint-Uenis. . .
— Poissonnière. .
— Montmartre. ,
Gbausséc-d'Antiu
Faubourg' Saint-Honoré. .
Champs-Elysées
Faubourg Saint-.Iac'iues. .
Ces eaux, à deux on trois exceptions pi'ès, ne peuvenl servir an savoiinnf;e ni à la cuisson des légumes; comment y sup- |iléait-on dans les lenips anciens? lecueillait-on les eaux de pluies dans des citenics ou simplement dans des bassins, comme on le fait dans ceilains villages des environs de Paris, qui ne sont pas mieux partagés actiicllemenl, en ce qui concerne Peau, que ne
LES l'UrrS. — (jUALITÉ DE L'EAU. 9
l'était alors la grande ville? C'est ce qu'il est difficile de constater aujourd'hui.
Les analyses qui suivent prouvent que c'est surtout aux sulfates de chaux et de magnésie que ces e:iux doivent leur dureté.
Eau d'un puits rue de Mézières, près V église de Saint-Sulpice, par M. Maumené (1850).
Aération. — Cette eau contient, par litre, 19 centimètres cubes d'azote, 4 d'oxygène et 18 d'acide carbonique; en ce qui concerne l'oxygène, celte aération paraît insuffisante.
GUAMHES.
Carbonate de chaux 0,2414
I Sulfate dépotasse 0,5274
[ — de soude 0,2458
\ — de chaux 0,8461
Principes fixes I Chlorure de calcium 0,3010
par litro. . . ^ Azotate de chaux 0,4283
Acide silicique 0,0252
Alumine 0,0170
Oxyde de fer 0,0054
Matières organiques 0,0716
Total 2,5075
Cette eau a un goût amer et acre, elle est impropre à la cuisson des légumes; les résidus dcl'évaporalion, conservés humides, développent une forte odetu* de sulfhydrate d'ammoniaque. Elle doit être considérée comme insalubre.
L'administration de la guerre a fait analyser l'eau des puits de la plupart des établissements militaires dans Paris et hors Paris, il y a déjà quelques années, lorsqu'elle ne pouvait disposer d'eau meilleure, la distribution de la ville et surtout celle de la banlieue étant alors fort imparfaites. Le tableau suivant donne le poids des matières fixes en dissolution dans l'eau de ces puits.
LES ANCIENiNES EAUX
ANALYSES DES EAUX DE PUITS D UN CERTAIN NOMBRE DE POSTES MILITAIRES TAU M. rOGClALE.
gr.
/Carbonate de cliaui tt ilc iriagnésic. . 0,52
I Sulfate de rhauv 1,03
l'riuuipcâ I — de magnésie 0,06
fixes /Chlorure lie sodium 0,09
par I — de calcium et de magnésium. 0,16
litre, i Acide silicique et oxyde de fer 0,0i
I Azotate alcalin 0,08
1 Slatièrcj organiques traces
rOSTE-
jum;temios
castr.xE
nUEMÀRUEOF
CASEl;»E
QlAl DE BII.LÏ
gr- 0,09
O.Oil
ti-aces
traces
traces
traces
traces
traces
Ces eaux, en raison de leur composition, n'ont poinlélé admises pour l'alimentation des troupes. Toutefois, l'eau de puits de la Manutention ne fut pas considérée comme impropre à la confection du pain.
Les résultats de ces analyses donnent une idée très nette de la dureté de l'eau des puits de Paris. Les puits du département de la Seine ne sont pas meilleurs ; ils renferment une quantité considérable de sulfate de chaux et de magnésie; j'emprunte à des analyses connues les proportions de ces deux sels par litre d'eau de divers puits :