LES POMPES DU GRAND-MUULIN. — PROPOSITION DE DE MANGE
par un rouet à dents de bois de cormier et de sauvageon, de 12 pieds (3"", 90) de diamètre. Les fourches et tuyaux de refoulement étaient en cuivre rouge battu de 1 ligne {0'" ,00^225) d'épaisseur.
Celte proposition fut acceplée en ces termes :
« Arresté pour cslre exécuté. Faict au bureau de lad'" ville le dix sepliesme mars mil six cens soixante dix. Signé : Le Pelelier, Picqucs, Je Santeul, Accartet Fondrinier. »
Cette acceptation fut confirmée par une nouvelle décision du 21 mars 1670. Le prévôt des marchands s'engageait à livrer le Grand-Moulin au sieur Fondrinier le 31 mars suivant, à lui payer 40000 livres pour l'élévation de 50 pouces d'eau et un supplément de 15000 livres, par chaque quantité de 25 pouces qu'il élèverait en sus des cinquante pouces. Le sieur Fondrinier se chargeait de l'entretien des machines pendant dix ans, à raison de 2000 livres par an, si la quantité d'eau élevée n'était que de 50 pouces, et de 3000 livres si celte quantité s'élevait à 100 pouces. Il devait subir une réduction pour tout chômage dépassant 15 jours, non compris le temps des glaces. Si la machine ne donnait pas le rendement prévu, le sieur Fondrinier devait rétablir le moulin à ses frais. On exigeait de lui bonne et suffisante caution pour l'exécution du marché. Fondrinier déclara qu'il faisait élection de domicile en la maison de M. Jacques de Mance, 16, rue Saint-Avoie. Cette délibération du bureau est signée : Le Pelletier, Picques, de Santeul, Accart et Fondrinier \
Le 22 mars 1670, Fondrinier comparut au greffe de la ville et présenta « pour caution messire Jacqnes de Mance, conseiller du Roy en ses conseils et trésorier général des vennerie et fauconnerie de sa Majesté, demeurant rue Sainct-Auoye, paroisse Sainct-Nicolas-des-Champs au présent, lequel après avoir pris communication dudit traité a promis et s'est volontairement
' R"sislres delà viUe, vol. XLV. f.l. 17 et suiv.
solidairement obligé avec ledit Fondrinier d'exécuter ledit traité, etc., etc., et ont signé « De Mance et Fondrinier. » Aussi signé « Langlois » avec paraphe. »
Le 2 mai suivant, Fondrinier déclara qu'il n'élevait aucune prétention au traité et que le loul appartenait au sieur de Mance, qu'il n'avait fait que prêter son nom, à sa prière. Celte déclaration se termine ainsi :
Et ont signé la inInuUe des présentes auec lesdicts noitaires soubsignez demeurée par deiiers et en la possession de Raymond l'un d'iceux. Signé : « Le Moyne et Raymond » auec paraphe.
En outre, M. de Mance prit le 11 septembre suivant l'engagement de rendre à la ville la somme de 6000 livres qu'il avait reçue le même jour, si la machine et ses quatre équipages de pompes n'étaient pas exécutés suivant les conventions faites, où si l'élévation de l'eau ne se faisait pas conformément aux clauses et conditions du traité passé entre le conseil de la ville et lui, sous le nom de Guillaume Fondrinier.
C'est ainsi que M. de Mance gendre du célèbre ingénieur Riquet, s'engagea dans celle affaire et se chargea de la construction de la machine du Grand-Moulin du pont Notre-Dame et de son entretien pendant dix ans à partir du 21 mars 1670.
Ce fut seulement le 16 juin 1670 que les deux traités de MM. JoUy et de Mance furent déhnilivement ratifiés en ces termes :
Du seizième juin mil six cens soixanle-dix...
La compagnie estant assemblée, Monsieur le Préuost des marchands iuy a dict que suiuant les résolutions qui auoient esté prises en l'assemblée du conseil de la ville d'augmenter les Eaux des fontaines publiques... Que pour cela l'on auoit traité avec le sieur JoUy, ingénieur qui proniettoit d'eslever dans le petit moulin du pont Nostre-Dame jusques à trente poulces d'eau
• Registres de la ville, vol. XLV, fol. 219 cl suiv.