LES POMPES, ETC. — DESCRIPTION DE BÉLIDOR
ciers H, et que toute cette manœuvre n'a lieu que pour le premier équipage, le second restant toujours dans le même état.
Pour qu'on puisse bien juger de la disposition inlérieure des corps de pompes d'un des équipages, on les a exprimés en grand par les figures qui précèilent. La première montre que les trois corps de ]iompes refoulantes A, B, C, sont raccordés avec les branches D, E, F, qui se réunissent au tuyau G, pour composer ensemble ce qu'on appelle \si fourche, par laquelle passe l'eau, qui est refoulée dans le tuyau montant H, qui aboutitaux cuvettes de distribution. A l'égard des corps de pompes aspirantes I, K,L, qui répondent au fond de la bâche MN, dans laquelle ils élèvent l'eau de la rivière à une hauteur de 16 pieds par les tuyaux d'aspiration 0, je ne m'arrêterai point à expliquer le jeu de leur piston, par rapport à ceux des pompes supérieures, étant aisé de se l'imaginer....
La seconde figure représente ini autre profil du même équipage coupé du sens des châssis qui portent les pistons, et qu'on suppose passer par la verticale EO ou FO; ainsi, quoique ce profil soit renfermé dans la même bâche MN, on ne doit pas le regarder comme s'il apparlenoit à une pompe séparée du groupe dont nous parlons.
Toutes les soupapes des pompes refoulantes sont à coquille, et celles des aspirantes à clapets. Los pistons sont faits de bois, frettés et garnis de cuir, selon l'usage ordinaire. Les douze corps de pompe ne sont point uniformes; il y en a neuf refoulans, dont le diamètre intérieur est de G pouces 9 lignes, et celui de leurs aspirans de 7. Le diamètre des trois autres refoulantes, qui appai tiennent à un même équipage, est de 7 pouces 9 lignes, et celui de leurs aspirantes de 8 pouces. Tous les pistons font monter l'eau dans les cuvettes de distribution, élevées de 81 pieds an-dessus du lit de la rivière ; de là elle reton]be dans des tuyaux descendans, pour s'aller rendre aux fontaines.
M. Turgot s'étant aperçu qu'il arrivoii assez souvent que le plus grand nombre de fontaines publiques manquoit d'eau, lorsqu'on étoit obligé de faire chômer la machine, pour réparer les parties des pompes qui venoient à manquer, a fait faire, en 1757, un équipage de relais, répondant à chacune des roues, pour agir au défaut de l'un des deux autres ; sage précaution, qui marque parfaiti^ment le zèle de ce digne magistrat, pour tout ce qui intéresse le bien public. Nous avons exprimé ce nouvel équipage par la figure suivante, qui est une partie détachée de celle de la page 271 que nous avons cru devoir séparer, pour plus d'intelligence.
Cet équipage de relais est entièrement semblable à l'équipage
(lu grand mouvement qu'on voit aussi sur la même figure, et qui est décrit ci-dessus par Bélidor. C'est le rouet P qui menait les deux systèmes de pompes au moyen des lanternes E et Q. En débrayant une de ces lanternes, l'équipage correspondant s'arrèlait, l'autre continuant à marcher. Ainsi, au moyen de cette addition, on pouvait à volonté réparer un des trois équipages en mainlciianl les deux autres en mouvement. C'est donc en 1737
l'bn du rouet horizoïilal de la transmission IJ H X du grand équipage et E F K de l'énuipage de relais.
qu'on a régularisé complètement le service des pompes du pont Noire-Dame. Bélidor ajoute : « Ainsi chaque roue peut toujours faire agir deux équipages en même tems, mais non pas les trois ensemble, parce que selon le sieur Rannequin, qui a la direction de la machine, on ne peut lui faire soutenir un aussi grand travail, sans la mettre en danger de rompre. On ne doit donc compter, [tour estimer le produit de cette machine, (|ue sur la quantité