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LES POMPES, ETC. — ELLES SONT RÉPARÉES PAR BÉLIDOR

d'eau que peuvent élever les six corps de pompes des deux équipages que chaque roue peut mettre en mouvement. »

A l'époque où il fit cette visite des pompes du pont Notre- Dame, Bélidor avait été chargé par le bureau de la Ville de réparer ces pompes, et d'y faire les travaux nécessaires pour en augmenter le rendement. Turgot était alors prévôt des marchands. La délibération est du 31 août 1737. Je me borne à en donner le dispositif: « Auons arresté et ordonné, arrestons et ordonnons que ledit sieur Belidore sera inuité de se transporter dans la machine hydraulique appliquée au pont Noh'e-Dame, d'en observer l'état actuel, et où il croiroit nécessaire dy faire quelque changement pour la conduire au plus grand degré de perfection, et de nous donner ses mémoires, desseins et deuis'. »

Bélidor a rendu compte dans son ouvrage des travaux ordonnés par lui et exécutés sous sa direction. Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut se reporter à la figure de la page 272, qui représente un équipage de pompes, dans lequel Bélidor trouve trois défauts essentiels.

Le premier venait des soupapes à coquille qui rétrécissaient considérablement le passage de l'eau, et par conséquent qui déterminaient une grande perte de force.

Le second consistait en ce que l'eau montant dans le corps de pompe était refoulée, par le piston, de bas en haut contre la soupape et son palier, qui lui faisaient obstacle et subissaient un ébranlement continu.

Le troisième était que l'eau se trouvait étranglée dans les branches DG, EG, FG de la fourche qui n'avaient guères intérieurement que 3 pouces (0",081) de diamètre, tandis que celui du piston était de 7 à 8 pouces (O'",190 et 0"',216) ; les tuyaux montants n'avaient d'ailleurs que 6 pouces (0'",162) de diamètre, tandis qu'ils auraient dû avoir au moins 8 pouces (0'",216). Il

< Re^istivs de la Ville, vol. LXXX, H. 1,SJ7, fol. 200.

résuliail de ces trois défauls csseiiliels que « le courant employait la plus grande partie de sa lorce, non à soulever les colonnes d'eau qu'il faisait monter dans les cuvettes, mais à surmonter tous les obstacles que les mêmes colonnes rencontraient en chemin, ce qui était cause que ne lui restant que peu de vitesse, la roue ne pouvait tourner que lentement. »

Ces conclusions de Bélidor seraient très -contestées aujourd'hui. Toutes les pertes de force signalées ci-dessus représentent à peine, en exagérant le travail de chaque équipage et en le portant à 50 pouces ou à 11 litres par seconde, une augmentation de hauteur de refoulement de 1 mètre. La hauteur totale du refoulement était de 81 pieds (26", 51), dont il faut retrancher la hauteur d'aspiration des pompes inférieures destinées à monter l'eau dans les bâches oià elle était reprise par les pompes foulantes; cette hauteur était de 16 pieds; le travail des pompes foulantes était donc représenté par une colonne d'eau de 65 pieds ou 21 "",11 de hauteur. Ce travail était augmenté par les étranglements, de 1 mètre ou d'un vingtième h. peine, c'est-à-dire d'une quantité insignifiante. Bélidor avait cependant raison en pratique. Yoici ce qu'il ajoute : « Pour peu qu'on réfléchisse sur ce qu'on vient d'insinuer, ou sentira que les pistons en refoulant l'eau doivent faire un grand effort et même pousser de bas en haut les corps de pompes avec beaucoup de violence; aussi voit-on toutes les parties de la machine prêles à fléchir, parce qu'une bonne partie du courant est employée à la destruction de la machine. »

C'était aussi l'avis de Rennequin. 11 se trouva à la machine avec Bélidor le 17 septeml)re 1757. On avait dû baisser la vanne de 15 pouces (0'",406) au-dessous du niveau de l'eau, pour diminuer la vitesse du courant et de la roue. « Los quatre équipages des deux moulins, ajoute Bélidor, donnoient environ 100 pouces d'eau. M. Rannequin nous dit que les pompes alloient aussi bien qu'on [louvoit le désirer; que cependant s'il vouloit il donneroil plus do vitesse aux roues, mais que cela ne se pourroit sans la-

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