LES POMPES, ETC. — RAPPORT DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
Je donne un résumé de cet intéressant rapport.
Analyse d'un rapport de MM. Camus, de Montigny et deParcieux, sur la machine hydraulique du pont Notre-Dame\
Messieurs Camus, de Montigny et de Parcieux, ont fait le rapport suivant sur la machine hydrolique du pont Notre-Dame de Paris, qu'ils avoient été chargés d'examiner par ordre de l'Académie, à la réquisition de Messieurs du Bureau de la Ville.
« Nous soussignés, chargés par l'Académie d'examiner la machine hydraulique du pont Notre-Dame... et de proposer tout ce que nous trouverions de pins convenable et de plus expédient pour lui rendre sa première utilité et l'augmenter même s'il est possible, après avoir visité ensemble et séparément lad° machine, avoir reconnu son mauvais état et les défauts de première construction, qui ont le plus contribué à son dépérissement et à la diminution du produit de l'eau qu'elle donnait dans son meilleur état... et avoir enfin médité sur les différentes constructions et dispositions de rouets, de lanternes et d'équipages qui sans occasionner de trop grands changements à cette machine pourraient la rendre plus simple et la délivrer des frottements multipliés qui l'ont empêchée d'élever dans aucun temps tout le volume d'eau qu'elle aurait pu donner, sommes convenus de proposer l'avis suivant, qui sera précédé d'une courte description de la machine »
Je passe cette description qui n'ajoute rien à celle de Béhdor ; il n'y a qu'un seul point, obscur jusqu'ici, qui s'y trouve éclairci : la cuvette de réception des eaux était renfermée dans l'étage le plus élevé d'une tour bâtie sur pilotis entre les deux moulins, à peu près vers l'arrière-bec de la pile qui séparait les 2^ et 5' arches. La partie vraiment intéressante du rapport vient ensuite ; c'est la description de l'état de ruine dans lequel on avait laissé
* Extrait des registres (sic) de rAcadéinie des Sciences, du 5 juillet 1760. Registres de la Ville, vol. LXXXXI, H 1868, fol. 466.
tomber celle machine dont le bon entretien était alors si intimement lié à l'existence même de la Ville.
«... Nous avons remarqué que la tour lors de sa construction n'était portée que sur huit poteaux et six croix de Saint-André et qu'elle a beaucoup souffert du poids énorme de la cuvette toujours pleine, de son armature, et de dix conduites montantes ou descendantes, huit ordinairement pleines, dont elle est continuellement chargée... que le trémoussement continuel des mouvements y fait d'autant plus d'effet quelle est plus haute, plus chargée et isolée dans la moitié de sa hauteur. »
« Nous observâmes aussi... cpie la cuvette qui a été posée de niveau ne Vest plus à beaucoup près et que tous les assemblages des bois qui soutiennent les pompes et les manivelles dans les bas étages de celte tour ont tellement fléchi que les deux équipages du pavillon du nord (grand moulin) sont Iwrs d'état d'aller, l'un depuis le 28 avril dernier. Vautre depuis plus d'un an. »
« L'arbre de In manivelle du grand équipage de la machine du midi (petit moulin) qui devrait être de niveau fourche de près d'un pied, pnrce que toutes les pièces sur lesquelles il est appuyé dans la lour et tous les bois qui supportent et assujétissent ses corps de pompes dans le bas même de la lour sont prêts à manquer; lu tour même est en si mauvais état dans la partie inférieure qu'on a été obligé il y a quelques années de l'étayer de toute part. »
« Nous examinâmes ensuite les palées qui supportent les pavillons des machines. Les pieux d'amont de l'une des palées du pavillon qui est du côté du nord (grand moulin) sont dans un état qui effraye; nombre de ces pieux sont fendus, ouverts et écrasés sous la charge qu'ils portent; d'autres sont tout à fait détruits par le bas; plusieurs moisessont pourries, etc »
« Il aurait été à souhaiter qu'on n'eût jamais fait au-dessus des machines les logements qui y sont; mais le plus grand mal vient de ce qu'on a fait encore porter, sur l'amont du pavillon dont nous parlons (grand moulin), le derrière de deux ou trois