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LES POMPES, ETC. — RÉPARATIONS PROPOSÉES

maismis du pont dont la uoiiveUe charge a accéléré la ruine des pieux. »

« Quoique les palées de l'autre pavillon (petit moulin) ne soient pas tout à fait aussi déiabiées, elles manquent cependant, principalement du côté d'aval, par un nombre de pieux dont le bas est actuellement détruit, ce qui a fait baisser les planches considérablement de ce côté-Là ; mais en renouvelant un certain nombre de pieux de ces palées, ce pavillon pourra se soutenir encoi'e quelques années, pourvu qu'on le décharge le plus qu'on le pourra, tant des logements qui sont au-dessus que d'un nombre de vieux corps de pompes très-lourdes qui y sont en dépôt. »

MM. les commissaires proposaient d'abord de supprimer la tour qui était réellement en ruines et de la rétablir avec la cuvette sur la pile même du pont ; c'était un travail des plus simples et des mieux justifiés ; ils examinaient ensuite les moyens les plus propres à améliorer le rendement des pompes : la principale des modifications à faire consistait à supprimer le grand équipage de chaque machine et à le remplacer par un système de pompes exactement semblables à celles du petit équipage. Cela ne souffrait aucune difficulté, et on peut s'en convaincre en jetant les yeux sur les figures des pages 267, 268. On voit qu'il suffisait pour cela de placer le fuseau F, qui donnait le mouvement au grand équipage, dans une position symétrique, relativement au rouet, à celle du fuseau E du petit équipage. On créait ainsi, de l'autre côté du rouet, un système de manivelles analogues à celles qui, sur la figure, sont remplacées par la lettre G. On obtenait un bien grand avantage qu'on voit sur la figure de la page 268; on supprimait le second rouet P, la lourde poutre 14 qui le reliait au fuseau F, et par suite tous les frottements, soubresauts, ébranlements; en un mot, ce que les commissaires appellent les trémoussements qui fatiguaient tant la tour. Il ne faut pas oublier que si la perte de travail due h nos engrenages modernes ne dépasse guère 2 à 4 pour 100, cette perte avec ces

rouets grossiers et leurs fuseaux, que beaucoup de nous ont encore pu voir fonctionner, s'élèverait à 10 ou 15 pour 100 au moins. Les commissaires comprenaient bien cela, et ils pensaient que ce gain de force permettrait de monter plus d'eau, lis substituaient à chaque manivelle à tiers point deux manivelles à deux coudes, gagnant ainsi une pompe et donnant plus de solidité à l'arbre coudé.

Je n'entrerai pas plusavantdans le détail de leurs propositions. Le lecteur qui voudra bien donner quelque attention à celte affaire sera frappé de deux choses : à cette époque déjà un peu ancienne, on séparait difficilement de la pratique l'idée qu'on se faisait de la science ; une grande administration était-elle embarrassée dans le choix d'une solution, elle ne voyait rien de mieux que de s'adresser à l'Académie des sciences ; celle-ci ne repoussait jamais une telle demande et y répondait presque toujours par d'excellents rapports, comme celui dont je viens de citer quelques extraits ; j'en donnerai d'autres preuves dans le cours de cet ouvrage. Ce qui n'est pas moins frappant, c'est l'immense progrès accompli depuis cette époque dans l'art de l'entretien. Lorsque j'ai pris le service des eaux, il y a. une vinglaine d'années, la machine du grand moulin subsistait encore. Ce n'était certainement ni un monument, ni un modèle à imiter, mais elle était constamment en bon état, et elle montait régulièrement chaque jour la même quantité d'eau sans que personne eût l'air de s'en occuper ; elle était, en un mot, dans un bon état d'entretien, et cela sans qu'il fût nécessaire de laire intervenir, ni l'Académie des sciences, ni aucun haut fonctionnaire ; chacun savait ce qu'il avait à faire pour ne pas laisser accumuler les ruines dans ses innombrables pieux et ses longues charpentes. Il semble qu'il devait en être de même, après les réparations si logiques faites par Rennequin ei surtout par Bélidor. Avec un peu d'attention et une dépense modérée, on devait entretenir la machine en bon étal de roulement ; on a vu qu'il en fut tout autrement.

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