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PROJETS DE MACUINES HYDRAULIQUES. — DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

qu'il plaira au roy et a nosseigneurs de son conseil leur accorder pour toute l'eslendue du royaume. »

Les sieurs Yilîetle et Désargues mettaient en outre pour condition que les prévôts des marchands et échevins achèleraient leur privilège pour toute l'étendue de la ville.

Ils s'engageaient à construire une des machines dans un emplacement qui leur serait désigné, et de la faire foncLionner pendant deux mois au plus. Ce délai passé, la somme convenue leur serait payée.

L'utilité du projet fut reconnue par le bureau de la ville qui autorisa les sieurs \illette et Désargues à mettre la main à l'œuvre et à exécuter les travaux à leurs frais et dépens, et sous la réserve

« Qu'ils ne pourront en aucune façon planter leurs machines dans la riuiere ny en aucun lieu des bords et riuages dicelle qu'au préalable l'allignemeiit et permission n'en soit donner en noz présences par les maislres des œuvres de la ville et maistres des ponls d'icelle affin qu'ils ne puissent nuyre ni préiudicier au chemin de la nauiyalion, etc...'»

Ce n'était sans doute pas ainsi que les sieurs Villelte et Désargues entendaient exécuter leur projet qui n'eut aucune suite.

Le sieur Mathurin de Moncheny, ancien échevin, proposa d'élever les eaux de la Seine au moyen d'une machine hydraulique placée à l'embouchure des fossés de l'Arsenal, et de faire de nouvelles recherches pour augmenter le produit des aqueducs du pié Saint-Gervais et de Belleville. Ce projet fut d'abord favorablement accueilh et M. de Moncheny obtint, en mai 1656, des lettres patentes qui lui permettaient de l'exécuter. Le bureau de la ville ayant été consulté, repoussa les recherches de nouvelles sources qui pouvaient altérer celles qui étaient déjà captées, et le projo d'une machine qui pouvait embarrasser le cours de la Seine '.

' Registres de la ville, vol. XXV, 1802, fol. 295. - Registres de la ville, vol. XXXVU, fol. 29.

Quelques années plus lard, en 1666, un autre projet fut présenté par les sieurs Claude Regnault de la Fonlaiue, Bouteron et associés, à l'effet d'établir une machine hydraulique dans le bras de la Seine qui séparait alors le pré aux Clercs de l'île des Cygnes, d'élever l'eau de la Seine et de la distribuer dans le nouveau quartier Saint-Germain qui se construisait alors. L'exécution de ce ])rojet fut autorisée par lettres patentes. Le bureau de la ville ayant été consulté, répondit le 11 mars 1667 que Ten- Ireprise devait être encouragée, mais qu'on devait interdire aux concessionnaires l'autorisation d'établir leur moteur dans le bras de la Seine, afin de ne pas nuire à la navigation; les associés étaient donc privés du moteur sur lequel ils comptaient; ils renongèrent à leur projet.

On remarquera que le rejet de ces deux propositions était basé sur le même motif, la crainte de gêner la navigation et d'entraver le cours de la Seine. Le bureau de la ville avait déjà fait des objections du même genre lors de la construction de la Samaritaine à l'aval de la deuxième arche du Pont-Neuf; j'ai dit comment Henri IV les avait repoussées'.

Mais, lorsipi'en 1670, la ville elle-même eut construit les pompes du pont Notre-Dame, le bureau ne pouvait plus faire les mêmes réserves et plusieurs projets furent approuvés successivement, mais n'eurent aucune suite séi'ieuse.

Les sieurs Le Beau, de Leschine, Isaac Thibault, Drouet et de Marconay, obtim'ent des lettres patentes du roi du 19 janvier 1684, etu'egistrées au parlement et confirmées par d'autres du 51 octobre 1686 et par des lettres de suraunation et d'extension du privilège, du 26 avril 1689, par lesquelles il leur était permis d'élever l'eau de la Seine pour la distribuer et la vendre dans la ville. Ils présentèrent au bureau une requête à l'effet d'être auto-

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