PROJETS DE MACHINES HYDRAULIQUES. - DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
risés à établir deux machines à l'aval du pont de la Tournelle et du pont Royal, pour «l'utilité publique des-quartiers Saint-Antoine et du faulxbourg Saint-Germain et ornement de ladite ville et y eslever telle quantité d'eaue de la rivière qu'il pourroit en estre par eux distribuées et vendues. » Le bureau fit visiter les lieux par le sieur Herlau, échevin, et le procureur du roi et de la ville accompagnés du maître des ponts et, sur leur rapport favorable, il autorisa, le 11 juillet 1689, l'établissement des machines sous la première arche du pont de la Tournelle, du côté de l'île Notre- Dame, et la première arche du Pont-Royal, du côté des Tuileries, à la charge « d'oster ladite machine en cas que pour l'événement elle se trouve nuisible cà la navigation'. »
Le sieur Le Beau étant mort avant la construction des machines, sa part dans le privilège dont il vient d'être question fut, par de nouvelles lettres patentes du 30 septembre 1692, donnée et octroyée au sieur Friquet de Vaurose,. professeur à l'Académie de peinture et de sculpture. Le bureau de la ville décida, le 28 avril 1695, qu'il y avait lieu d'enregistrer ces lettres'.
A la suite de cette délibération, le sieur Friquet de Vaurose et le sieur Mathieu, son associé, érigèrent sur pilotis, à l'aval du pont de la Tournelle, un pavillon en maçonnerie et charpente, couvert d'ardoises, avec galerie pour sortir sur le quai. Cet édifice, qui bouchait la première arche du pont et s'étendait au devant de la première pile, devait faire partie de l'établissement destiné à élever l'eau. Mais jamais les machines ne furent construites et le pavillon tombait en ruine lorsque, par délibération du 4 juin 1709, le bureau de la ville en ordonna la démolition '.
Le sieur Michel Sauvage, commissaire ordinaire de l'artillerie, obtint des lettres patentes, en août 1692, qui l'autorisaient à cons-
« Registres de la ville, vol. LV. H. 1852, fol. 523. * Ibid., vol. LVII, H. 1834, fol. 184. ' Ibid., vol. LXVI, H. 1845, fol. 152.
truire des machines pour élever de Icau de la Seine « proche la maison Blanche du coslé du laulxbourg sainl-Anlhoine au lieu et endroit qui luy seroil désigné par iesdits préuosts des 3Iarchancls et escheuins et l'allignemcnt qui luy serait donné ». Un arrêt du parlement du 14 août ordonna qu'avant l'enregistrement de ces lettres, elles seraient communi(iuées pour avis au bureau de la ville ; le 25 mai 1695, le bureau prit une délibération dans laquelle il suppliait la cour d'enregistrer les lettres patentes, attendu que rexécution du projet ne pouvait être que très-avantageuse {wur le bien de la ville'. Ces leltrcs patentes furent en effet enregistrées au parlement le 10 juin suivant. Mais le sieur Michel Sauvage ne prolila point du privilège qui lui était accordé et laissa tomber son projet en déchéance.
Le sieur Gaspard Boisson, ingénieur et fontainierà l'Arsenal, avait construit une machine composée de trois pompes en cuivre mises en mouvement par deux chevaux, destinées à élever l'eau de Seine. Il adressa au roi une requête pour être autorisé à faire usage de cette machine. Le conseil d'Etat, par un arrêt du 15 juillet 1719, décida qu'avant de foire droit à cette requête, il convenait de consulter le bureau de là ville. Le prévôt des marchands fit faire la visite des lieux par les sieurs A. Harmand, ingénieur du roi, Beausire, architecte du roi, et Rennequin, ingénieur pour les eaux. 11 fut reconnu que la machine était bien conditionnée, qu'elle prenait l'eau dans un puisard mis en communication avec la rivière par une pierrée couverte de madriers, et des tuyaux de fer qui s'étendaient à vingt toises dans le lit du fleuve, que la machine ne pouvait être que très-utile, qu'elle pouvait élever trente pouces d'eau, ce qui exigeait
« Au moins 10 chcuaiix et cinq hommes tant |ioui' eu auoir soin (juc poulies conduire lorsqu'ils feront aller la machine, ce qui coulera par jour à raison
' Registres de la ville, vol. LVll, 11. 1>51, fol. &2>i.