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LES POMPES A FEU

(suite)

Émission de nouvelles actions. — Agiotage. — 1785, 1786. — Mémoires de Mirabeau. — 1787. Ruine de la compagnie des eaux de Paris. — 1788, traité avec la ville de Paris. — Administration Royale des eaux de Paris. — Administrateurs nommés par le roi. — MM. Périer sont évincés. — 1792. Mémoire des administrateurs. — Pétion, maire de Paris. — Apurementdes comptes. — An IX, les porteurs de quittances. — 5 et 27 frimaire an X, liquidation. — L'Ingénieur Haupois. — 1807, administration des ponts et chaussées. — 1851, 1853, les machines de Chaillot cessent de fonctionner. — 1858, démolition des machines du Gros-Caillou.

Ces travaux avaient exigé des dépenses considérables auxquelles la première émission de 1200 actions à 1200 livres chacune était loin de suffire. On en créa 600 nouvelles à 1200 livres l'une au mois de décembre 1781, 2200 au même prix au mois d'août 1784 et enfin 1000 autres au prix de 4000 livres au mois de juillet 1786. En outre, 100 actions furent délivrées à MM. Périer par la compagnie. Le nombre des actions s'élevait donc, vers 1786, à 5100. Ces actions, qui dans l'origine valaient 1200 livres, se vendaient 4000 livres en 1786. Les princi-

panx porteurs d'actions qui, on l'a dit ci-dessus, étaient devenus administrateurs de la Compagnie, en avaient vendu un certain nombre sur la place, et, par l'effet seul de la spéculation, la valeur de ces actions s'était élevée jusqu'à ce prix exagéré de 4000 livres. La somme entrée dans la caisse de la Compagnie montait à 8 800 000 livres ; mais les 5100 actions représentaient pour les actionnaires 20 400 000 livres.

Aujourd'hui rien ne nous semblerait plus naturel ; nous savons que les actions des grandes entreprises ne peuvent se classer parmi les capitalistes sérieux que par l'inlermédiaire'de la baule banque et des spéculateurs de la Bourse, de ce qu'on appelait alors les agioteurs. Si l'entreprise est bonne, les actions deviennent des valeurs de père de famille et cessent d'être soumises à de grandes fluctuations de prix. Si elle est mauvaise, les actions se déprécient peu à peu, tombent à de très-bas prix et deviennent ce qu'on l'on appelle des valeurs de bourse que les hommes sages n'achètent jamais. Il vaudrait mieux sans doute que les bonnes valeurs passassent au prix d'émission entre les mains des capitalistes sérieux qui plus tard les achètent souvent cinq ou six fois plus cher. iMaisces capitalistes ne sont pas hardis, ils ne se hasardent jamais et sont leiits à acheter. Comme les Compagnies ont besoin d'argent pour payer leurs travaux, il faut bien qu'elles suivent la seule voie qui leur est ouverte pour s'en procurer et qu'elles s'adressent aux banquiers et aux gens de bourse. Ceux-ci usent largement des journaux pour (aire mousser l'entreprise, qu'elle soit bonne ou qu'elle soit mauvaise : les prospectus, les articles élogieux ne manquent pas. Si la maison qui lance l'affaire a un bon renom, les actions passent facilement entre les mains des spéculateurs de la Bourse ; le public ne s'en inquiète guère et il ne viendrait dans l'idée d'aucun écrivain sérieux, de compromcllre sa plume en attaquant les prospectus, en disculanl h s calculs plus ou moius contestables des bénéfices à réaliser. Chacun sait aujourd'hui que ces merveilleuses entreprises qui ont centuplé la richesse publique ont

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