‹ Les eauxChapitre 162 sur 310 · ADMINISTRATION. — VISITES ANNUELLES · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION. — VISITES ANNUELLES

Le dimanche premier jour du présent mois nostre ordonnance et croyoil quil y auoit quelq'uns qui auuient descouuert des Eaû.K et comparoistruient par deuers Nous pour nous en donner aduis, ce qui nous auroit donné sujet d'aller dans la maison du S' Troisdames pour entendre les propositions qui nous seroient faictes Et y estants seroient comparus par deuant Nous le Lieutenant en la Justice dud' pré Sainct Geruais et Pentin lequel nous auroit dit que si nous voullions nous transporter sur la montagne estant entre Pentin et Romainuille nous y pourrions trouuer quelques sources qui pouuoicnt estre conduittes par pierrées jusques au regard de Cache loup, Quauprès du bois des Brieres II y auoit une grande marre qui ne tarrissoit jamais et qu'il croyoit pouuoir estre une bonne source, et ayant proposé aud' Lieutenant de fiirc les recherches et amas des Eaux et offert de conuenir auec luy dune certaine somme pour chacque poulce d'eau quil pourroit nous liurer aud' regard du pré Sainct Geruais et demandé s'yl ne connoissoit personne qui voulut traiter auec nous sous ces conditions, Ledit Lieutenant nous auroit dict quil ne pouuoit entreprendre de pareilles ouurages et quil ne scauoit aucun dans le pays qui voulut sen charger, offroit au cas que nous voulussions y mettre des ouuriers, de contribuer de ses soins et de veiller a ce que lesd'° ouurages fussent bien et ducraent faicts. Après quoy ne s'estant présenté personne pour faire aucunes propositions, Nousdits Preuost des marchands et Escheuins accompagnez comme dessus serions transportez au regard des sources de Cache loup, ou nous aurions trouué environ deux poulces et demy d'I'lau, Et estant montez le long des pierrées desd'" sources et tirant sur Romainuille auons reconnu quelques sources de peu de conséquence qui pouuoient estre conduiltes par pierrées au regard de Cache loup. Et nous estant delà transportez jusques au buis des Brieres, y aurions trouué une grande marre que les habitants dud' lieu trouucz proches nous auroient dict nestre jamais tarie. Et ayant pris le chemin qui dudit lieu conduit à Belleville, Et estants entrez dans des terres auons trouué deux puils nouuellement faicls dont le premier auoit un pied et demy deau et dans lautre demy pied seulcmenl. Et ayant repris le chemin dud' Belleuille et entrez dans un petit bois qui est a la droite ou Ion auoit monstre trois puils dont deux se seroient Irouuez auoir trois pieds dEau et lautre estre couuert ce qui nous auroit faict estimer quil pouuoit y auoir desEaiix audit endroict, Et nous auroit esté dit par lesd" Noblet et Du Val que lesd'"* Eaux qui y seroient ramassées pouuoient estre facilement conduittes a la pierrée du regard des Mbussins mais que tout ce quon pourroit recueillir en cet endroict ne pourroit faire au plus q'un poulce d'Eau Et estants ensuitle descendus au regard des Moussins nous ■ aurions trouué les Eaiix fort foiblcs ainsy quau regaiu de a ruelle des Bois,

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ou nous n'aurions trouué que domy poulce d'Eau, duquel lieu sommes alliez au regard de la lanterne derrièrn Belleuille ou nous aurions trouué très peu d'Eau. Et estants entre/. soubs i'acqueduc serions allez jusques aux Cassequades que nous aurions trouué fournir très peu d'Eau. Ce l'aict sommes sortis dud' acqucduc par la montée estant proche desd'" Cassei]uades et reuenus aud' lieu de Belleuille en la maison du sieur Geruais pour voir syl ny auoit personne qui eusse quelque aduis a nous donner pour laugmentation desd"" Eaiix suiuant les publications que nous auious faict faire a cest effcct au prosne de la messe parroissialle dud' Belleuille estant en laquelle maison seroient comparus les marguilliers dud' Belleuille Lesquelz nous auroient assurez que lad'" publiralion auoit esté faicte, et quils croyoient que l'on pourroit trouuer de leau en faisant quelques recherches sans expliquer précisément les endroicts. Après quoy et avoir ordonné au Maistre des œuvres de lad" Ville de dresser un deuis desouurages quil y auroit a faire pour recueillir les Eaiix que nous auious veûes aud' jiré Saint Geruais pour prendre ensuitte noslre resolution, nous serions remontez en carosse et retournez a Paris. Et dressé le présent procès uerbal. Faict les jour et an que dessus Signé Le Pi'lleticr Belin, Picques, De Santeul et Accart aucc paraphes'.

Les conséquences de celte visite ont été considérables ; c'est en \oyant les lieux et en constatant par lui-môme le peu d'importance des sources qui alimcnlaienl les aqueducs que Le Pelclier resta convaincu qu'il n'y avait pas à com|)lcrsur ces eaux, surtout à la suite d'une grande sécheresse, et qu'il soumit à l'acceptation du bureau de la ville les projets des machines du pont Notre- Dame présentés par MM. Jolly et de Mance'.

Ces visites se firent assez exactement jusqu'à la fin du dixseptième siècle et dans le dix-huitième, jusqu'en 1755. J'ai sous les yeux les volumineux procès-verbaux des visites des 2 et Haoùl 1681, du 4 octobre 1085, du 12 septembre 1086 et des 9 et 10 septembre 1709. Celui du 28 août 171-4 est beaucoup moins détaillé; en 1735, la visite n'a plus lieu dans la saison des

' Registres de la ville, vol. XLV, fol. 55, 5t, 55, 50.

* Voyez pages 2^5 et suivantes. Les visites des aquediics étaient annoncées au prône dos paroisse.s intéressées dans une sorte de formule dont voici un spécimen.

ADMIXISTRATIOK. — DISTRIBUTION DE CANNES. AOQ

basses eaux, mais les 25 mai et 7 juillet ; on se couleutc de constater sommairement le produit des aqueducs et de donner les noms des personnes qui prirent part au repas préparé par Duparc, maître d'hôtel de la ville. Le '26 avril 1756, le procès-verbal laisse en blanc le nombre de pouces d'eau constatés par le bureau, et on pourrait croire que cette visite est restée purement et simplement à l'élatde projet, s'il n'était dit dans ce procès-verbal que les personnes présentes « furent dîner en la maison de M.Lepelletier des Forts à Mesnil-Montant, oi^ile repas auoit été préparé par le sieur Duparc maistre d'hostel de la ville, de l'ordre du bureau '. »

Le 21 juin de la même année, le bureau yisile les sources de Rungis et le procès-verbal constate seulement que tout a été trouvé en bon état et qu'on a mangé au château de Berny le dîner préparé par ledit sieur Duparc.

En 1758, deux autres visites, faites les 19 et 26 juin, ne sont pas plus sérieuses : on croii'ait (|ue le bureau s'est rendu à des invitations à dîner du prince de Guise et de M, Lepelletier des Forts, si le procès-verbal ne constatait que le repas avait été préparé par le même Duparc'.

Les visites des aqueducs étaient donc tombées en désuétude et nous devons le regretter; car si l'on avait continué à les faire avec exactitude, on aurait un document très-important qu'on pourrait compai'er aux observations si incertaines du régime de la Seine faites dans ces temps anciens. On arriverait ainsi à constater presque rigoureusement l'abondance des pluies de chaque année, ce qui est absolument impossible aujourd'hui, les observations manquant ou étant entachées d'inexactitudes évidentes.

Plus lard, on chercha à stimuler le zèle du bureau en délivrant aux personnes qui assistaient aux visites des jetons de

' Registres de la -ville, vol. LI, fol. 281 et suiv.; vol. LU, II : 1829, fol. 552 et suiv.; vol. LIV, H : 1851, fol. 52 et suiv. ; vol. LXVI, H : 1843, fol. 220 et suiv.; vol. LXIX, 11 : 1816, fol. 22.

^ Regislros de la ville, vol. LXXIX, II : IS.jG, fol. 18fi, 205, 589 et 425; vol. LXXX, II : 1867, fol. 572 et 581.

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présence qu'on désignait sùus le nom de ccniitc : une canne pcul être ulile pour faire une longue course à pied ; cela était moins nécessaire quand on usait des carrosses de la ville. Au lieu d'une canne on donnait donc aux visiteurs une simple rémuné-* ration en monnaie'.

Voici l'état des cannes ou sommes distribuées pour les visites annuelles des égouls et des aqueducs' ;

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