ADMINISTRATION. — LE PROCUREUR DU ROI ET DR LA VILLE
o^ujle Procureur du Rnij et delà Ville en ses conclusions, a eslc ari'esté et concliul, elc. ' n
Il faisait au besoin des tournées et des visites des lieux ; c'est ainsi qu'il constala le mauvais état des pompes du pout Noire- Dame construites par Jolly. « Nous nnions reconnu par les descentes que nous y anious faites en divers temps depuis le mois de mars dernier que lad' machine ne trauaiiloit point... » La délibération du bureau commence ainsi : « Nous, ayant esgard ausd" remontrances et conclusions dud' Procureur du Roy et de la Ville... ' »
Au procureur du roi et de la ville était attaché un substitut qui le remplaçait dans les affaires de moindre importance ou en cas d'empêchement. Il intervenait exactement de la même manière dans les délibérations du bureau ''.
Lors de la liquidation de l'affaire Périer, le procureur du roi et de la ville transmit ses conclusions directement au ministre, M. de Breleuii, et proposa l'approbation du traité passé avec les porteurs d'actions. Il fut chargé de la surveillance delà gérance des administrateurs de la nouvelle compagnie comme délégué du gouvernement. C'est au dernier procureur du roi et de la ville, M. Etliis de Corny, que fut confiée celte pénible mission*.
M. Ethis de Corny mourut dans l'exercice de ses fonctions. Il ne paraît pas qu'il ait été remplacé jusqu'au 27 juin 1790, époque où cette charge fut supprimée.
Le procureur du roi et de la ville était un haut personnage qui marchait sur le même pied que les échevins. Il était nommé par le roi.
Un peu au-dessous de lui, on a vu souvent paraître un fonctionnaire qui alors était à la fois architecte et ingénieur. Il por-
' Voyez pages 255 et 257. Celle dernière oitalioii s'applique à l'acquisitioii des moulins du ponl Notre-Dame.
- Voyez page 259.
•• Voyez page 412.
■* Voyez pages 560 et 5(57.
398 LES ANCIIÎNNF.S K.\l]\.
lait dans l'origine le nom de maitrc des (l'uvres de la ville. Criait un des plus anciens officiers du corps municipal : on ne trouve l'origine de sa charge dans aucun auteur et cela se comprend très-bien : avant qu'il y eût une administration municipale à Paris, c'cst-à-dirc avant le treizième siècle, on remuait déjà de la pierre et du morticj' pour le compte de la ville, et celui (jui dirigeait ces travaux était unmaçon, un maîtremaçonsi l'on vent; c'était le maître désœuvrés. L'iiisloire îles antiquités de Paris nous apprend qu'en 1257 Pierre de Mousseaux, maîtie des œuvres de la ville, reçut l'ordre du prévôt des marchands et des éclievins de faire abattre l'église de Saint-Antoine' ; c'est la plus ancienne nienlion connue de ces trois offices el, d'apiès ce que je viens de dire, l'existence du premier était la conséquence forcée de rélablissenienl des deux autres.
Depuis le 23 octobre 1499, époque où les délibérations du bureau ont été enregistrées, il est souvent question du maître des œuvres de la ville dans ces délibérations.
Ainsi, ilans deux ordonnances des 15 et 26 mai 1554, il est enjoint à cet officier de refaire les regards de l'arjucduc du Pré- Saiiit-Gervais, « de faire besongnier en diligence et faire meclrc des ihuyaulx de plomb partout où il sera nécessaire. ^ »
Pierre Guillain, maître des œuvres de la ville, faisait partie de la conunission chargée d'examiner le devis général des travaux de Taqueduc d'ArcueiP.
Le 18 mars 1(317, mie visite des trésoriers de France sur les travaux d'Arcueil est déclarée mdie, parce qu'ils n'étaient jias accompagnés du [jrévôt des marchands, des éclievins « el de leur maislre des œuvres. ' »
Dès le règne de Henri IV le maître des onivres était chargé de la garde des fontaines alimentées par les aipieducs du Pré-Sainl-
' Voyez Malingue, fol. 039, ;iil. sur l"alil);i\c de Siiinl-Aiiloim
s Ucjiislifs (liHii \illc, vol. V ol VI, loi. .'.l.') cl S(i.
"• Voyez [liijie lùO.
* lii'^isUcs (le l;i ville, \ol, XXII, loi.;.'..
AIiMIMSTRATION'. — LR M VITRE DES ŒUVRES. 599
Gcrvais et de Belleville. Néanmoins je Irouve pour la première fois cette dénomination de garde des fontaines adjointe à celle de maître des œuvres dans une délibération du 7 juin 1619: «Il est ordonné cà Augustin Guillain, maistre des œuvres de ladite ville et garde des fontaines d'icelle, d'emploier ouuriers pour la continuation de la recherche des fontaines. ' »
Augustin Guillain fut chargé de déterminer les emplacements des fontaines de distribution des eaux de Rungis, notamment de celles du quartier de l'Université, et ensuite de la direction des travaux. Son nom paraît dans la plupart des délibérations du bureau relatives à ces ouvrages, qui furent terminés en onze années vers le 24 août 1624. A cette date le bureau lui accorda « la charge et garde des fontaines de Rougis avec 200 liures tournoys de gaiges. ' »
Les 4 avril et 26 décembre 1579, les gages que le maître des œuvres recevait en deux parties furent réunis en une seule par lettres patentes d'Henri 111. Henri IV lui accorda d'autres lettres patentes pour la confirmation de ses gages et de ses droits'.
On a vu ci-dessus que Michel Noblet, architecte du roi, maître des œuvres de la ville, fui en 1672 un des experts nommés pour recevoir les machines du ponl Notre-Dame construites par M. de .Mance. Il prit une part très-active à cette opération '. En juillet 1681, un éditde Louis XIV « érigea en litres d'offices héréditaires les charges des officiers qui composaient le corps de rtlôlel de ville de Paris; François Noblet, fils de Michel, fut pourvu de celui de maître des œuvres de la ville, ayant la garde des eaux et fontaines publi(|ues, moyennant la taxe de 4060 livres ; ses lettres de provision sont du 9 janvier 1682; il mourut peu de temps après; ses héritiers eurent l'agrément de MM. les prévôt des marchands et échevins pour traiter do la
' Itegisties de la ville, vol. X.\ll, II. 1799, fol. ,Ï45. ^ r.egisli-es de la ville, vol. XXIV. il. 1801, fol. 509 ■' Trailc de la police, t. IV, livre VI, jiage .^SS. * Voyez pages 255 el suivanles.
400 LES ANCIF.NNF.S FAIX
charge avec .M. de lienusire : il y liil i'e(;u sans provisions du roi, conformémenl à l'édil de juillol 1681 qui dispensait les résignataires de celle formalité. ' »
J'ai donné ci-dessus la teneur d'une lettre, en date du 19 janvier 1708, adressée par le prévôt des marchands à Jean Beausire dont les diverses fonctions sont énumérées ainsi qu'il suit' :
« M. Jean Beausire, conseiller du Roy, archileclc, maître général, conlriMeur el ins[)ccleur des hâlinients de la Ville, garde avant charge des eaux et fontaines publiques d'icelle... « Le successeur de Miciiel Noblet ne portait donc plus le titre de maître des œuvres de la ville. iNous en trouvons une autre preuve cinquanle-deu\ ans plus lard : le rapport sur les travaux de réparations delà pompe Notre-Dame exécutés par le sieur Carbonnier fut fait par M. Moreau, maître général contrôleur inspecteur des bàlimenls de la ville, garde ayant charge des eaux et fontaines publiques : le nom de maître des œuvres disparaît encore''. La fonction de maître des œuvres n'était cependant pas supprimée et nous voyons, dans la distribution des cannesou jetons de présence qui avait lieu lors des visites des aqueducs, le maître des œuvres l'elégué au rang des huissiers el autres bas officiers *.
L'observation déjà faite à propos de rintendance des eaux et fontaines doit être reproduite ici : il paraît singulier qu'on rende héréditaire une charge d'architecte el d'ingénieur. Les conséquences ont été les mêmes dans les deux cas.
Au dix-septième siècle et au conmiencement du dix-huitième, lorsque cette charge était donnée peut-être à un sinqde maître maçon, ce n'était certainement pas une sinécure; toutes les délibérations du bureau en font foi; mais, à partir de l'année 1740, le nom de maître général des bâtiments, garde ayant charge des eaux cl fontaines, est rarement prononcé dans ces délibérations.
' Tiailé de la police, (oulimialion pai- Lcclerc du lîriUet, t. IV, 1. VI, pnge 589. - Vojez pages 'itib el suivaiiles.
^ Vojcz page 285.
* Voyez page Ul'i.
ADMINISTRATION. — HIERARCUIE. 401
Les descendants de Jean Beausire n'élaient probablement pas nés arcliilecles et ingénieurs, et lorsque les travaux de la ville présentaient de sérieuses diflîcultés, ils cessèrent d'être consultés. On s'adressa de préférence à Bélidor, à l'Académie des sciences, à de Parcieux et à Perronet.
Cet office fut supprimé en 1790 avec l'ancienne municipalité.
Outre les chefs de service dont je viens de parler, le corps municipal comprenait un grand nombre d'autres officiers dont les fonctions sont indiquées dans la délibération suivante relative à une distribution de cannes ou de jetons de présence, faite le 8 juin 1764, à la suite d'une visite des égouts et des aqueducs. L'importance de chaque canne donne, dans une certaine mesure, une idée de celle de l'oflicier dans l'ordre hiérarchique.
Etat des cannes distribuées a Mrs les Preuost des Marchands, Echevins, Procureur du Roy et de la ville, Avocat de Sa Majesté, Greflier et autres ofliciers de la ville pour la visite des égouts et des eaux de Rungis, Arcueii et du Pré Saint-Gervais en l'année mil sept cent soixante-quatre.
Sçavoir :
A M. Jean-Baplisle-Elie Camus de Pontcarrc, chevalier, seigneur de A'iarme, Scugy, Beloy et autres lieux, Conseiller d'Elat, Prévost des Marchands, une canne de quinze livres 15 liv. »
A M. de Varenne, premier Echevin, une canne de dix livres 10 »
A M. Poultier, Echevin, une canne de neuf livres. . . 9 »
A M. Piiilippes de la Marinières, Eclievin, une canne de neuf livres 9 >>
A M. le Procureur du Roy et de la ville, une canne de neuf livres . . , 9 »
A M. r.Uocat du Roy, une canne de quatre livres dix sols ... ; 4 10 sols
A. reporter 56 liv. 10 sols
402 LES A.NClEiN«ES EAUX.
Ucporl 56 liv. lu sols
A M. le Grcllici", une canne île neuf livres 9 »
A M. le Receveur, une cnnne de neuf livres, mais attendu la vaccance de l'office Néant.
A M. lo Conservateur dos hypothèques, une canne de quatre livres dix sols , 4 liv. 10
A M. Mercier, dernier .-orti de l'Echevinafçe, une canne de huit livres 8 »
A M. Babille, dernier sorti de l'Echevinage, une canne de huit livres 8 »
Au commissaire des eaux, une canne de six livres. . 6 »
Au colonel des gardes de la ville, mie canne de six livres G »
Au secrétaire de M. le Prévost des Marchands, une canne de six livres 6 »
Au premier commis du Greffe, une canne de cinq livres 5 »
Au s' Bondreau, commis du Greffe, une canne de cinf[ livres 5 »
Au s' Fagnan, connnis à la recette de la ville, une canne de cinq livres ù »
Au s' Reville, p'' des comptes, une canne de cinq livres 5 »
Au maître d'hôtel de la ville, une canne de cinq livres 5 »
Au premier huissier et aux autres huissiers de service, chacun une canne de quatre livres 16 »
Au i/iaitre général des œuvres de maçonnerie, une canne de quaire livres 4 »
Au maître des œuvres de charpenteric, une canne de qualrc livres 4 »
Au capitaine d'artillerie, une canne de quatre livres. 4 »
A l'ayde major des gardes de la ville, une canne de quatre livres 4 »
Total, cent soixante-une livres 161 liv. »
« Le présent Etat a été arrêté par nous Prévost des Marchands çt Echevins de la ville de Paris a la somme de cent soixante-une livres qui sera payée aux y dénommés par le préposé a la recette du Domaine de la ville et jtasséc cl
ADJll.MSTRATION. — SliS ATTlUliUTlONS. 405
ullouce en la dépense de ses comptes sans difficulté en rapportant le présent seulement. — Fait au bureau de la ville de Paris, le vendredi huit juin mil sept cent soixante quatre. Signé : Camus, De Varenne, Philippes de la Marinières, Poultier, et Jollivet'. »
Suivant cet état, après le prévôt des marchands venait le premier échevin, puis sur le morne pied les trois autres échevins, le procureur du Roi et de la Ville, le greffier et le receveur. Les derniers échevins sortis de l'échevinage étaient classés à un rang un peu inférieur. Ce qui paraît singulier, c'est que le colonel des gardes de la ville était fort mal traité; il recevait une canne de six livres comme le commissaire des eaux et le secrétaire du prévôt des marchands %
Venaient ensuite les deux commis du greffe, le commis à la recette de la ville, le procureur des comptes et le maître d'hôtel de la ville, dont la canne était réduite à 5 livres.
On ne comprend pas trop comment l'avocat du roi et le conservateur des hypothèques ne recevaient qu'une canne de quatre livres dix sols et se trouvaient ainsi presque assimilés aux quatre huissiers, au maître général des œuvres de maçonnerie et à celui des œuvres de charpenterie, qui recevaient une canne de quatre livres.
La modeste situation des militaires est encore mise en évidence par la valeur des cannes du capitaine d'artillerie et de l'aide-major des gardes qui ne dépassait pas quatre livres, absolument comme celles des bas otliciers dont il vient d'être question.
Les attributions du bureau de la ville furent réglées par une ordonnance royale de mars 1669. Jusqu'à cette date le bureau dirigeait les affaires de la Ville avec une complète indépendance.
Mais il n'était plus possible qu'il en fût ainsi avec le système décentralisation qui s'établissait alors. L'auteur du traité de la
' Re;j;isli'es de la ville, vol. 93, 1870, fol. 435.
- Lu buicim de l;i ville avait probabloiiient adopté la devise de Cicéroii : Cedimt arma logx.
404 LF.S ANCllùNKliS EAUX.
liolice tlil iiaïvcineiil en ce qui concerne le service des eaux : « Sa Majesté éiail troj) instruite par cUc-mème, pour n'y point établir les meilleures règles que l'on puisse avoir pour la conservation des eaux'. »
Voici les articles 5, 4, 5, 6, 7 cl 8 du chapitre 52 de celte ordonnance (jui ont motivé celte singulière remarque ' :
AiiT. m. — Afin que les eaux des fonlaines puissent venir sans inlermission aux regards, et lieux de distribution en ladite vilte, seront les aqueducs, jiierrées, conduites et réservoirs nettoyés et rétablis soigneusement, tant en la campagne qu eu ladite Ville et aux 1 auxbourgs ; et à cet effet sera tenu le Maître des œuvres de ladite Ville faire la visite desdits aqueducs, pierrées et réservoirs, et faire son rapport au Bureau de la Ville de leur état, el des réparations ou accomodemens qui seront à y faire; et tenir la main à ce que les Plombiers et Ouvriers qui seront préposez par lesdits Pievôts des Marcbaiids et Echevins travaillent fidèlement, et exécutent ponctuellement les devis et marchez qui ont été faits pour lesdits ouvrages.
Art. IV. — Afin que la voye publique soit moins embarrassée par les Irancliées qui seront faites pour le rétablissement des tuyaux de Fontaines puliliques ou particulières, seront mis Ouvriers en nombre suffisnnt pour le rétablissement des trancliécs, le même jour qu'elles auront été ouvertes.
Art. V. — Pour tenir un ordre exact en. la distribution des eaux et fontaines publiques, et faire en sorte que le Public et les Particuliers eu retjoivent à proportion de la quantité qui sera conduite à chacun regard, seront Jes bassinets des Particuliers ouverts pour des cuivreaux qui ne contiendront que la jauge de la concession; et pour empêcher toutes innovations, sera mis en chacun regard une plaque de cuivre qui marquera la quantité des eaux tant du Public que des Particuliers.
Art, VI. — Et afin qu'il soit continuellement pourvu à renlretien des Fontaines, sera fait assemblée par les Prévôts des Marciiands et Echevins en rilôtel de Ville, par chacun mois, si besoin est, en hujuelle en présence des Conseillers de Ville, Commissaires députez pour les eaux, et de quelques personnes notables et inlelligens qui seront appelez, les devis et marchez des ouvrages qui auront été résolus par les Prévôts des Marchands et Echevins, seront rapportez, ensemble les parties des Ouvriers ipii auront travaillé aus-
' .M. Leclor du Brillct, Tiailé de la police, coiilinualioii de celui de M. de Laiiiarc l. IV, IV. VI, page 387.
* Tiailé de la police, par de Laïuaie, l. 1, iiv. IV tiiie 111, payes 5S5, 1722.
ADMINISTR.VTION. — VISITAS ANNUELLES. .405
dites Fontaines pendant le mois précédent; et faute d'avoir par Icsdits ouvriers fait arrêter leurs parties, au moins dans un mois après que les ouvrages auront été parachevez, demeureront déduis du payement, dont seia mis clause expresse dans les devis et marchez.
Art. vu. — Les Prévôts des Marchands et Echevins et Commissaires des Eaux se transporteront avec le Procureur du Roy, au moins une fois l'année au Pré Saint-Gervais, Beileville et Rungis jiour y faire visiter en leurs présences les conduits et regards des eaux publiques ; et sera pareillement fait visite des regards de la Ville et Fauxhourgs et du tout dressé Procès-verbal.
Art. vin. — Pour remédier à ce que le temps ne puisse faire perdre la connaissance des aqueducs, pierrées, conduites et regards qui ont été faits à la campagne, tant pour les eaux de Beileville que pour celles du Pré Saint- Gervais dans les héritages de plusieurs Particuliers, et les conduites de plomb qui sont dans cette Ville et Fauxbourgs : seront faits des plans exacts de toutes lesdites pierrées, aqueducs, puisarts, regards et conduiles des eaux, sources et autres, sur lescjuels seront 'marquées les bornes et autres désignations étant sur les lieux, qui en peuvent assurer la connoissance pour l'avenir, lesquels plans seront déposez au Greffe de la Ville, pour y avoir recours quand besoin sera.
Celle ordonnance du 9 mars 1669 fut rendue pendant la première prévôté de Le Pelelier, et, sans contester le mérite et le savoir de Louis XIV, je suis porté à croire qu'elle était en grande partie l'œuvre de ce grand magistrat'. Les art. nr, iv, v etvni règlent surtout les attributions du maître des œuvres, de l'ingénieur de la ville. Mais les art. vi et vn concernent plus spécialement le bureau, le prévôt des marchands et les echevins. L'art, vu prescrivait une visite annuelle des aqueducs : Le Pelelier donna le bon exemple et dirigea lui-même la première, celle du 4 septembre 1669, une des plus importantes en raison de la grande sécheresse qui désolait la ville depuis deux ans. En voici le procès-verbal. En lète se trouve l'annonce de celle visite lue aux prônes des messes
' Claude Le Peletier, né à Paris en 1630, nommé Prévôt des marchands pour la première fois en 1668. Il était alors chevalier, conseiller du Roi, conseiller en la cour du Parlement, Président des enquêtes en ceUe cour. Il succéda à (lolberl en 16S3 dans la charge de contrôleur général et mourut dans la retraite en 1685.
4(10 LflS ANCIENNES EAEX.
(les paroisses inU'ressécs. C.vUc amioncc dcvinl une fuinuilc (jiii (ul iuloplée pour les visites siiivanles :
Do par les Pieuosl des marcliands et Eschcuins de la ville de Paris, On faict ascauoir que mercredy prochain qualriesme jour de septembre deux heures de relevée Nousdit Preuost des marchands et Escheuins de lad' Ville nous transporterons aux villages du pré S'-Gerunis et Belleville pour connoistre lestai des sources d'Eaux des fontaines publiques de culte d" Ville. A ce que ceux qui auront connoissance qu'il y ayt quelques Eaiix qui se perdent dans leur conduitte, que quclqun en ayt dostourné et les retiennent induemenl, et reconnu quelques nouuelles sources cl ayenl des moyens a proposer pour laugmenlaticn des anciennes se Ircuveut ledit jour de mercredy audit Village du pré S'-Geruais a ladite heure de deux heures de rcleuée, Et a celuy de Belleville a trois heures leur déclarant quils seront payez de leurs sallaires et récompensez de leurs aduis, ce qui sera publié es prosnes des messes parroisialles dcsd'' villages et autres circonuoisins A ce que nul non ignore. Faict au bureau de la Ville le vingt neuruiesme jour d'aoust mil six cens foixnnle luur.
L'an mil six cens soixante-neuf Le Mercredy quatriesme jour de septembre une heure de relouée Nous Claude Lepelletier Chevalier cons"^ du Roy en ses Conseils et en sa cour de parlement, président des Emjuesles de lad'"' cour, préuost des marchands, Jacques Belin, conseiller du Roy au siège présidial du Chateiet de Paris Nicolas Picques cons' de lad'" Ville Henry de Santoul, et René .Vccard conseiller du Roy substitut de Monsieur le procureur général au parlement Escheuins de lad'' Ville de Paris sommes auec le Procureur du Roy et de la Ville greffier et receueur d'icelle et le sieur Le Vieulx doyen de Messieurs les cous" de Ville l'un des commissaires des Eaiix de lad'" Ville, transportez dud' iiostel de lad"' Ville en deux caresses au village du pré Sainct Geruais ou nous sommes arriuez sur les deux heures, Et auons Irouué près du regard diid' pré S' Geruais Michel Noblet nrchilecle des bastimenls du Roy, garde ayant charge soubs nous des fontaines publiques de lad"' ville et Broutil sieur Du Val aussy architecte des bastimens du Roy Et ayant faict faire onuerture dud' regard serions entrez en icelluy et faict jaulger en nostre présence les eaiix qui s'y rendent, des sources de Cacbeloup, fontaine Saint Pierre et des .Moussins, El Irouué (jue toutes lesd'" sources produisoient audit regard six poulccs d'Eau ou environ El estant aux regards scroienl venus par dcuers nous Le sieur Curé de Pentin Lequel nous auroit dict qu'il aunit publié aux prosnes