FONTAINES ANTÉRIEURES AU QUATORZIÈME SIÈCLE
slriiite, a été un peu déplacée et se trouve rue du Temple, près de la rue des Francs-Boui'oeois.
Fontaine Saint-Leu. — On attribue à Henri de Marie, chancelier de France sous le roi Charles YI, l'établissement de la fontaine Saint-Leu, sise rue Salle-au-Comte, qui a longtemps porté son nom. Dans une délibération du bureau du 11 avril 1606, relative à une concession au sieur Charles le Comte, il est dit que les titres de celte concession, ainsi que ceux de la fontaine qui fluait « pour la commodité publique », remontaient au temps de Charles VI. Celte fontaine a été détruite avec la rue Salle-au-Comte, lorsqu'on a ouvert le boulevard Sébastopol ; elle était à une petite distance de la rue aux Ours.
Fontaine Saint- Julien des Ménétriers. — Une délibération du bureau, du 9 mars 1646, renferme une indication très-précise de l'âge de la fontaine Saint-Julien. « La fontaine sainct JuUien seize rue St-Martin au devant de l'Esglise et l'hospital Sainct Jullien des Ménestriers ' est une antienne fontaine de Paris et ayant trois cents ans ou environ au temps de la dernière closture de Paris du costé de St-Martin'. » Cette clôture de Paris a été faite sous le règne de Louis XIII, mort le 14 mai 1643 : la fontaine remontait donc à 1545 à peu près, c'est-cà-dire à la fin du règne de Philippe YI, premier roi de la branche des Valois. Elle était alimentée par l'aqueduc de Belleville ou par l'aqueduc de la fontaine de Savies, comme toutes les fontaines sises rue Saint-Martin ou à l'est de cette rue.
Fontaine de l'Apport Baudoyer. — Girard écrit fontaine de la porte Baudoyer. C'est une faute. Un devis, dressé le 4 février
' Cette église et la fontaine étaieiU situées rue Saiiil-Mailin, à une petite distance de la rue Rambuteau ; l'église était du côté des numéros pairs, la fontaine du coté des numéros impaiis. == Registres de la ville,' H. 1807, vol. XXX, fol. 359.
402 LES AiN'ClE.NNES EAUX.
1627 pour la reconslriiction de celle fontaine et celle deBiraguc, désigne ainsi celle fontaine et son emplacement : « Conslrucliun de deux fontaines, l'une à l'Apport Baudoyer derrière la barrière des Sergens'. » Ce mot apport sert encore, dans quelques provinces, à désigner une foire, une fête, et, par extension, le champ de foire ou la place oij se donnent les fêtes. D'après les traditions du service, quelques places de Paris portaient encore ce nom, il y a quelques années. Ainsi la place du Châtelet portait autrefois le nom iV apport de Paris. Une délibération du Bureau du 24 mai 1536 fut rendue sur la requête des habitants du quartier, dont voici la teneur : « A messieurs les preuosl des marchans et esclieuins de la ville de Paris supplie humblement les bourgeois manans et habilans de lapporte baudoyer comme de tout temps et antienneté ait eu aud' lieu une fontaine marveilleusement utile a la chose publicque et aux parliculliers dudit quartier, laquelle au moyen de ce quelle na este entretenue de thuaulx de plomb lesquels en aulcuns lieux se sont creuez, a prins son cours a son anlien allynon tellement quelle ne vient plus audictlieu au grand interest desd' suppliants. Ce considère il vous plaira en aiaut esgard à la commodité de la chose publicque dont estes protecteurs faire lever les thuaulx de lad" fontaine et iceulx reffaire en manière qu'elle puisse venir ainsy quelle faisoit auparauant pour servir au publicq et vous ferez bien....
« Après la lecture de laquelle requeste a este conceut et délibéré que Ion doibt remectre le cours de l'eaue de hà" fontaine audicl lieu anlien dud' Apport Baudoyer ou autre lieu dud' quartier le plus commode pourveu quelle ne face preiudice aux autres fontaines publicques '. »
Ces deux ïlélibérations ne laissent aucun doule sur le nom, la position et la haute antiquité de celte fontaine; elle existait certainement au quinzième siècle. La délibération de 1536 et un
i Registres de la ville, 11. 1802, vol. XXV, fol. 525. » Rcgislres de la ville, 11. 1779, vol. 11, fol. 165.