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DISTRIBUTION DES EAUX D'ARCUEIL. FONTAINES PUBLIQUES

Voici les emplacements désignés par lui :

1° Au coin de la rue de l'Arbalète, contre la maison des Quatre- Evangélistes.

2° Au coin du cimetière Saint-Etienne, près de l'hôtel épiscopal de Nevers.

3° A l'encoignure de l'église Saint-Hilaire.

4° A la croix des Carmes, derrière la barrière des Sergents.

5° Contre le mur du collège du cardinal Lemoine.

6° A l'emplacement de l'ancien cimetière, à l'opposite de l'église Sainl-Benoît, rue Saint-Jacques.

7° A l'encoignure de l'église des Mathurins.

8° A un petit pont près de la rue de la Bucherie.

9" Au coin de la rue des Poiriers.

10° Entre l'église et la maison de Saint-Gosme.

11° Près de l'hôtel Ronhand (Rohan).

12° Au bout de la rue Daupliine, conire le mur d'enceinte de la ville.

13° Place Saint-Michel'.

Une ordonnance du Prévôt des marchands, en date du 9 septembre 1624, adressée au maître des œuvres, nous fait connaître les emplacements adoptés définitivement par le bureau.

« Il est ordonné à Augustin Guillain maistre des œuvres de

se transporter es lieux et places, assauoir : Nostre Dame des champs, faulxbourg Saint-Jacques, porte Saint-Michel, près Saint-Cosme, Saint Benoist, proche le puits et carrefour Sainte- Geneuifeue, Croix des Carmes, rue Saint-Victor, carrefour SainL- Seuerin, au bout du pont Saint-Michel, rue de Bussy, douant et dans le paruis Nostre Dame, court du Pallais, place de Grèue et place Royalle, qui sont les lieux destinés à mettre fontaines publiques.... ' »

' Registres de la ville, vol. XX, fol. 426 et suiv. Girard dit que les foiitaines désignées par Guillaia étaient au nombre de 1 4 ; j'ai collationné le tableau qui précède sur le texte même de son livre et je n'ai trouvé que les 13 fontaines indiquées ci-dessus.

* Re.fiistrcs de la ville, vol. XXIV, fol. 534.

D'après Girard, ces quinze fontaines auraient été toutes construites (le 1623 à 1C28. Suivant Bonamy, on se serait contenté d'en ériger onze. Cest à ce dernier nombre que je suis arrivé en consultaut les registres de la ville, comme on le verra ciaprès.

Avant de construire les fontaines, on adjugea dans le cours de l'année 1620 les matériaux et ouvrages accessoires, savoir :

1° Les conduites en poteries à Jehan Gobelin et Sébastien Jacques, maîtres maçons au prix de huit livres la toise courante (4^10 le mètre)'.

2° Les tuyaux de plomb et la soudure à Jehan Coulon, m' plombier au prix de deux sols trois deniers la livre de plomb (0'',26 le kilogramme) et de sept sols trois deniers la livre de soudure (0"',77 le kilogramme)'.

5° Les tranchées à ouvrir pour la pose des conduites, à Pierre Voisin, nf paveur au prix de trente-six sols la toise courante, y compris pavage et dépavage (0'',9'2 le mètre courant).

Les tuyaux en poterie avaient de 7 pouces li2 à 8 pouces (de 0"',20o à 0"',216) de diamètre.

Le plomb était fourni en table pour les réservoirs et en tuyaux pour les conduites. Les tuyaux étaient faits avec du plomb en table, roulé suivant le diamètre voulu et soudé longitudinalement.

Il paraît que cette canalisation était achevée en 1G24; car

' Registres de la ville, U. 1801, t. XXIV, fol. 163. » Registres de la ville, U. 1801, t. XXIV, fol. 177. 5 Registres de la ville. II. 1801, t. .\X1V. fol. 218.

I.es prix indiqués ci-dessns jiermeltent de faire une intéressante comparaison avec les prix actuels. Voici ceux de notre dernier devis d'entretien.

Le mètre courant de tuyau de bonne poterie de Reauvais (diamètre O^.SOÔ à 0",2I()) : à l'usine, non compris transport et pose 4'', 50 ;

le tuyau mis en place coûte à peu près .... 8'', 00

Le kilogramme de plomb en table 0'',65

Le kilogramme de soudure (un tiers d'étam et deux tiers de plomb). . l'',50 Un mètre courant de tranchée de 1",20 de profondeur pour tuyau de

O-.IOS. . l",2j

FONTAINES ALIMENTEES PAR LES EAUX D'ARCDEIL. 515

le 26 mars de celte année, le maître des œnvres reçut l'ordre '.< de mettre les eaux des fontaines de Piungis appartenant à la ville dans les canaulx et thuiaux pour en faire l'essay en présence du Prévôt des marchands et des échevins' ». On entreprit ensuite la construction des fontaines dans l'ordre suivant :

Trois réservoirs sis, le premier rue Saint-Jacques vis-à-vis Véglise Saint-Benoit, le second à la place Haubert et le troisième près le puits de Sainte-Geneviève. Ces réservoirs n'avaient aucun rapport avec les ouvrages auxquels nous donnons ce nom aujourd'hui, qui se relient à un réseau de conduites plus ou moins important et ont une capacité suffisante pour les alimenter. C'étaient de véritables fontaines publiques munies d'un petit bassin pour emmagasiner l'eau pendant les heures de faibles consommations et pendant la nuit; plus tard, ces réservoirs furent pourvus de châteaux d'eau et d'appareils de jauge. D'après le devis descriptif du maître des œnvres, les pilastres de ces édifices étaient d'ordre dorique ; ils étaient faits en vue de la décoration des places publiques. Ils furent adjugés le 5 octobre 1623 à Pierre Bernard, m" sculpteur, et à Jehan Gobelin, juré du Roi es œuvres de maçonnerie, moyennant la somme de 12 000 livres tournois'.

Fontaine de la porte Saint-Michel. — Traité passé de gré k gré, le 2 janvier 1624, avec Jehan Gobelin « pleigé et cautionné «

' Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 258.

2 Registres de la ville, t. X\1V, fui. 166 v°.

La fontaine construite en face de S;iint-Henoît était située là où se trouve aujourd'hui une fontaine à repoussoir contre le murdu Collège de France, place de Cambrai, n° 125 de la carte.

Le puits Sainte-Geneviève était le seul puits public du quartier de FUniversitc renfermé dans l'enceinte de la ville. 11 était dans la rue de la Montagne-i-ainte-Geneviève, en face de l'École polytechnique, entrée des élèves, et a été comblé vers 1840 lorsqu'on a ouvert la rue de l'École polytechnique. La fontaine a été détruite aussi à cette époque, parce qu'elle gênait la circulation dans la nouvelle rue. J'ai vu cette fontaine qui, en plan, avait la forme d'un grand triangle équilatéral avec pan coupé "a cbaque angle ; c'était donc un petit édiUce hexagonal irrégulier. Voy. n° 124 de la carte.

Le quartier de l'Université renfermait deux autres puits publics situés hors de l'enceinte : l'un rue Contrescarpe (rue du Cardinal-Lemoine), près de la petite place qui forme le carrefour des rues du Cardinal-Lemoine, de Lacépèdo et Mouffelard, et l'autre ii remplacement même de la lontaiue du Pot-de-Fer, sise a. Fangle des rues du Pot-de-Fer et Muuffetard.

par Pierre Bernard et Scbaslicn Jacquet, juré du Roi en l'office de maçonnerie '.

Fontaine de V église Saint-Cosme. — Traité tic gré à gré passé le 14 juin 16'24 avec Pierre Bernard, maître sculpteur, moyennant le prix de 700 livres '.

Fmitaine de la place de Grève. — La première pierre lut posée par le Roi le 28 juin 1624". Les travaux fn-

' Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 204. Le procès-verbal d'adjudication n'indique pas le chilVre de la dépense. Il porte simplement que les travaux seront exécnlés conformément au devis « movennant le prix et somme de neuf livres tournois la thoisc. » La fontaine Saint- Michel était située presque en face de la rue Monsieur-le-Prince, à l'extrémité de la rue de la Harpe, sur l'ancienne place occupée anjourd'liui par le boulevard Saint-Michel; elle contenait un réservoir dans lequel devaient se réunir tontes les eaux d'Arcueil concédées à la Ville, pour se répartir de là dans les divers établissements qu'elles desservaient. Depuis, on a cunslruil un antre i-éservoir, la fontaine de la Demi-Lune, sis rue d'Enfer, près de la rue du Val-de- Gràce; les eaux d'Arcueil s'y rendaient en partie pour se distribuer, notamment pour desservir la fontaine du faubourg Saint-Jacques. Fontaine Saint-Michel n° 109, de la Demi-Lune n° 114 de la carte.

- Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 285. La fontaine de l'église Saint-Côme s'élevait en façade dans la rue de l'École-de-Médecine, près du carrefour actuel de cette rue et de la rue Racine, à une petite distance du tracé du boulevard Saint-Michel. N° 108 de la caile.

^ Voici le récit de celte cérémonie:

Première pierre posée par le Roy au bastiinent du Louure ensemble a la fonlaine en la place de Greite venant des Sources de Rongis.

Le Roy est venu en l'Iiostel de la ville y prendre sa collation.

Le Roy ayant promis a Messieurs les préuosl des Marchans et Escheuins de la ville de P.iris lorsqu'il viendroil mettre et poser la première pierre a son bastiment du Lonnre, qu'il viendroit aussy poser et mettre la première pierre a la fontaine ordoiméé estre faicle dans la place de Greue et qui doibt venir des sources de Rongis et la mettre led' jour et a la sortie prendre 6a collation en l'hostel de la ville.

Et estants Mesdicts sieurs aduerlis que sad" Ma" debuoit venir le vendredy vingt huicliesmc jour de Juin mil bi ' xxiiii (1G24) ont donné ordre a tous les préparatifs pour digaeiucnl et i-omptueusemenl rcceuoir sad° Ma'° aud' boslel de la ville.

Premierenieut ont faict parer de riches tapisseries les grandes salles et chambres dud' hostd de ville avec des daiz.

Ont donné ordre a faire faire une superbe collation tant de rochers, confitures exquises, grandz saulmons fraiz, truiltes saulmonnées, carreaux cl graudz brochetz Et a ceste fin oui mandé tant Dupont espicier de la ville que la dame Colflier les aduertissant que Sa Ma" sera suiuve des princes et seigneurs de sa court.

Ont mandé le Maislre de l'arlillerie de la ville auipiel ils ont enjoincl de tenir presl l'artillerie canons et boueltes (boites) de la ville dans la place de Greue pour tirer lors que sad" M'" s'en retournera de riiostel de ville.

Ont mandé les trante violons et haullbois de la ville, les tambours et trompettes d'iccllc.

Ont aussy mandé cent cinquante archers pour eulx tenir dans la place de Greue lors que Sa M" arrivera

l'OSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DE LA FO.N'TAINE DE GRÈVE. bl5

rent adjugés avec ceux de la fontaine du Parvis Noire-Dame.

Ont aduerty Augustin GuiUain M" des œuvres de la ville de tenir les malériaulx pretz dans la place de Greue pour poser lad' première pierre.

Ont faict faire vne descente de charpenterie dans les fondements pour y descendre sad° M".

Ont faict faire vng marteau et vne truelle d'argent pour mypartir a sad° M'° lors du posément de lad" première pierre.

Et le vingt cinquiesme jour du mojs de Juin mil six cens vingt cinq Mesd' sieurs les Preuost des Marchans et Escheuins ont reeeu lettres de sad° Ma" dont la teneur eusuyt.

De par le Roy,

Très chers et bien amez Testât présent de noz affaires ne nous ayant permis de partir de ce lieu au temps que nous leussions bien désiré pour nous rendre en nostre bonne ville de Paris, Nous vous faisons la présente pour vous dire que nous y serons vendredy prochain dieu aydant a vne heure après midy Et a la mesme heure y poserons la première pierre de nostre bastiment du Louure ou vous vous trouverez pour nous assister en ceste action sy ne fautes faictes, car tel est nostre plaisir. — Donne à Compiegne le vingt cinquiesme jour de Juin mil vi ° xxiiii (1624) Signé « Louis » et au dessoubz « de Lomenye » Et au doz est escript A noz très clicrs et bien aniez les preuost des Marchans et Eschuins de nostre bonne ville de Paris.

Aussy tost lesd"' lettres receues mesd" sieurs de la ville ont de rechef veillé et donné ordre ausd"' collations tant pour le Roy que pour les princes et seigneurs de sa suitte qu'a tous les aultres préparatifs et ont aussy faict expédier mandement a Messieurs de la ville pour assister a lad' cérémonie dont la teneur ensuyt :

Monsieur Sanguin S' de Liury plaise vous trouuer demain deux heures de relleuéé en l'hostel de la ville pour nous assister a receuoir le Roy qui y doibt prendre sa collation vous priant ny voulloir faillir. Faict au bureau de la ville le Jeudy xxbii ' (27') jour de Juin mil vi " xxiiii (1624).

Les Preuost des Marchans et Escheuins de la ville de Paris tous vostres.

Pareil envoyé à chacun de Messieurs les Cens" de la ville.

Aultre mandement envoyé aux trois capitaines des archers de la ville pour eux se trouuer avec cinquante hommes de chacune compagnie garniz de leurs becquetons et hallebardes led jour en la place de Greue.

Ledict Jour de Vendredy xxbiii' (28') juin sur les neuf heures du matin est venu en l'hostel de la ville Monsieur du Ilallier capitaine des Gardes de Sa Ma" suiuy du sieur de Cosle son Enseigne et de trante ou quarante archers de la garde du corps auec leurs aimes.

Lequel S' du Rallier parlant a Messieurs de lad° ville leur auroit dict que par commandement du Roy il venoit en cest bostel auec les archers pour empescher touttes sortes de troubles et désordres,

A quoy Messieurs de la ville ont dict qu'il estoit le très bien venu lequel sieur du Rallier a laissé aud' bostel de ville led' sieur de la Coste et ses archers qui se sont saisiz des portes et auquel sieur de la Coste a esté baillé et mis en ses mains les clefs de la porte dudict bostel de la ville et de la grande salle ou Sad° Ma" debuoit faire la collàon.

Aussy en mesme temps est venu aud' hostel de la ville le Capitaine Jacques auec quarante ou cinquante Suisses de la garde de Sa Ma'°.

Sur les vnze heures du matin lad" grande salle estant richement parée ont commancé à faire dresser lesd" collations et faist mettre le buffet dargent vermeil doré de lad° ville.

Environ l'heure dud' midy et vne heure Mesd" sieurs les preuost des Marchans et Escheuins, procureur du Roy Greffier et receueur de la ville sont partis dud' hoslcl de ville en carosso auec leurs habits noirs sans archers ny sergent et allez au Louure et aussy tost seruit ariué le Roy venant de Compiegne Et après que lesd" sieurs de la ville luy ont faict la reuerence, jceRe Ma" est allée mettre la première pierre du bastinieat de son Louure ou estoient présents lesd' ..ieurs preuost dos Marchans et Escheuins, procureur du Uoy Greffier et receueur de la ville et

516 LliS AiNClENNKS EAUX.

Fontaim du Parvis Notre-Dame. — Adjugée le 24 août 1624

tout aussy lost lesd' sieurs de la ville sont en diligence reueniis aud' hoslel de ville ou estants, auroienl lesd' sieurs preuost des Marchans Escheuins et Greffier pris leurs robes my parties et led' procureur du lioy sa robe escarlatte et estanlz assistez de Mes^ieurs les Présidents Aubry, De Linoy, Amelot, Aubry d'Auuillier, Berlhelemy de Bragelogne, de S' Gernjain, ParfiViict de la Court et Trouchot tous conseillers de la ville sont descenduz sur le perron dud' hostel de la ville pour attendre Sa Ma'» ayant deuant eulx les sergens de la ville aussy vesluz de leurs robes niiparlies, et enuiron sur les deux lieures Sa Ma" seroit venue qui auroit este receue par lesd' sieurs de la ville auec applaudissement de tout le peuple sonnant les trompettes tambours et baultbois, et esloit sudicle Maiesté suiuye de Monsieur le Comte de Boissons, Messieurs les ducz de Giiyse, de Neuers, de Vendosme, de Mets, de Montbazon gouuerneur de ceste ville, de l'amiral de Montmor.incy, le Grand Esciiyer, du marquis de la Vieufuille superintendant des finances et d'vng fort grand nombre d'aultres princes et seigneurs et a l'instant inesme auparauanl que d'entrer aud' bostel de ville Mesd' sieurs de la ville ont mené et conduict Sad" Ma" a i'endroict destiné pour faire lad* fontaine dans la Greue ou led' Guillaiu M" des œuvres auoit préparé tout ce qui esloit nécessaire pour mettre lad" première pierre. Lequel sieur preuost auroit présente a Sad" M" vne truelle et vng marteau d'argent auec laquelle truelle sad' Ma'" a pris du mortier préparé dans vng bassin d'argent auec led' marteau a frappé et coigné pour sceller la première pierre soubz laquelle a esté mis vue inscription grauéé sur vne platine de cuiure et quatre médailles d'argent doré, sur lad" platine a esté mis vue platine de plomb et vne aultre grosse pierre dessus qui a esté incontinent scellée en plomb Et contenoit lad' Inscription ce qui ensuit : L'inscriplion est resiée en blanc.

Et aussy tost que Sadicte Ma'* a eu faict prenant son chemin pour aller aud' hoslel de ville le peuple plein de rejouissance de voir son Roy auec mil acclamations de joye s'est pris a crier a haulte voix viue le Roy sonnant les haullbois, trompettes et tambours et l'ont Mesd' sieurs de la ville conduit jusques dans la grande salle, marchant au deuant de Sad' Ma'* led' Greffier de la ville veslu comme dict est de sa robe my partie. Et estant Sad* Ma" entrée dans la grande salle auroit esté saluée par Monsieur le premier président qui l'allendoit Et a esté monstre a Sad* Ma" par inondict sieur le preuost des marchans le dessein desd*' deux fontaines l'vne pour la Greue et l'aullre pour le paruis NosUv' Dame El aussy tost Sa Ma" s'est approchée des collations l'vne de rochers et d'vn nombre inliny de louttos sortes de confitures exquises El l'aullre de grandz saulmuns, Iruilles brochetz et carreaux, pastez et loutles sortes de fruiclz Et est impossible d'auoir vou de longtemps de si belles et superbes collàons dont le grand rocher faict artislemenl jeltoil et pissoit de l'eaue fort hault et en plusieurs endroicts a quoy Sad" Ma" auroit pris vng singulier plaisir, mesme a considérer lesd*' collàons qu'il auroit Irouuéés très belles, après que sad* Ma'* auroit laslé et gouslé de quelques massepins et confitures s'estant retiré deux pas en arrière, les aiillres princes et seigneurs el genlilshommes auroienl pareillement faict collàon ou a cause du grand nombre des princes cl seigneurs qui y estoienlet d'aultre peuple qui s'est jeté parmy eulx qui ont faict la presse el confusion de lad" collàon ou Sa Ma'* auroit encore pris vng singulier plaisir, mesme a ouy la musique desd" violions de la ville qui ont sonné el joué de leurs d' violions pendant que Sad* Ma" a demeuré dans lad* grande salle et quelques temps après Sad* Ma" seroit descendue et auroit dicl ausd' sieurs de la ville qu'elle s'en alloit fort contante, lesquels sieurs de la ville en leurs mesmcs robes de liuréés auec led' Greffier de la ville ont conduict sadicte Ma" jusques dans son caresse et en sortant dudicl bostel de la ville, l'artillerie, bouettes et canons, ont joué comme aussy le peuple auroit crié Si haulle voix viue le Roy dont de tout Sad° Ma" a esté Ires contente comme elle la tesmoigné aud" sieurs de la Ville, hupielle Ma" led' jour alloil coucher à Versailles.

Et Est à notter que sur lid' perron comme le Roy alloit y monter, Mond' sieur le preuost des Marchans luy a faict vu petit compliment sur sa bien venue audict hoslel de ville.

Aussy Mesd' sieurs de la ville ont faict donner a desjeuncr et a disner laiil ausd' sieur de la

avec celle de la Grève à Jacques Hacqiievil, maître maçon, moyennant le prix de 7450 livres tournois'.

Fontaim dit faubourg Saint- Jacques. — Sise dans l'emplacement de l'image de Notre-Dame-des-Champs, construite par le même entrepreneur que la suivante, dotée de 25 lignes d'eau.

Fontaine à Vangle des rues Saint- Jacques et Saint-Séverin. — Traité passé de gré à gré, le 7 janvier 1625, pour celte fontaine et la précédente, avec Pierre Bernard et Jehan Gobelin, moyennant le prix de 5000 livres tournois \

Fontaine en la cour du Palais. — Traité de gré h grêle 11 mars 1626 avec Jehan Tliiriol, maître maçon, moyennant la somme de 5000 livres '.

Il est très probable qu'on construisit aussi à la mlême époque la fontaine Saint-Victor, sise à l'emplacement actuel de la fontaine Cuvier, à l'angle des rues Cuvier et Linné : elle se composait d'un simple robinet fixé dans le mur de l'abbaye Saint-Victor. C'est en 1686-87 que ce robinet fut remplacé par un petit monument construit suivant la mode du temps.

Coste, Capitaine Jacques que tous leurs soldats tant des gardes du corps du Roy que des Suisses (le Sad" Ma'". (Fontaine du P:irvis Notre-Dame, n" 128 de la carte.)

(Registres de la ville, vol. XXIV, H. 1801, fol. 290.)

' Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 312. La place de Grève était située le long de la façade principale de l'hôtel de ville. Considérablement agrandie, elle porte aujourd'hui le nom àejilacede Vhôtel de ville.

"■ Registres de la ville, II. 1801, vol. XXIV, fol. 575.

La fontaine du faubourg Saint-Jacques était établie vis-à-vis du n° 269 his de la rue Saint- Jacques, un peu avant le Val-de-Gràce, là où il existe aujourd'hui une borne-fonlaine à repoussoir (n° 117 de la carie). M. Adde, inspecteur des eaux, a vu encore cette fontaine en place. La fontaine sise à l'angle des rues Saint-Jacques et Saint-Séverin est aussi remplacée aujourd'hui par une borne-fonlaine à repous.«oir {n° 127 de la Ciirte).

5 Registres de la ville, H. 1801, vol. XXV, fol. 122.

La fontaine du Palais s'élevait dans la cour du Palais de Justice. Il ne faut pas la confondre avec celle érigée du temps de Henri IV par François Miron, sur l'emplacement de la maison du père de Jean Chatel, qui était alimentée en eau du Pré-Saint-Gervais. La nouvelle fontaine était alimentée par l'eau d'Arcueil. Elle était spécialement destinée au service du Palais.

Ces onze fontaines élaienl alimentées en eau de Paingis ; il fallait donc traverser les ponts pour conduire l'eau à celles qui se trouvaient dans la Cité et sur la rive droite du fleuve. Augustin Guillain, le maître des œuvres, proposait de faire passer les tuyaux sur le Petit-Pont et le grand pont Notre-Dame. Le bureau n'était nullement rassuré sur les conséquences d'une telle innovation. Le mercredi 12 mars 1625, il manda par-devant lui :

« Les s" Francliines (Francini) surintendant des eaues et fontaines du Roy el de Linllieair (Lintlaer) nf de la pompe du Pont Keuf pour auoir leur aduis de l'assiette des thuiaulx des fontaines venant de Rongis et si faisans par la Ville passer lesdicts tliuiaulx par dessus le petit pont et le grand pont nostre Dame.... lesdicts ponts voultes et pilles d'iceulx n'en peuuent recepuoir aucun dépérissement ny incommodité, lesquels après serment par eulx faict et

lecture a eulx faicte du rapport dudict Guillain faict sur ce subject ont

iceulx Francbines et de Lintheair dict et tel estre leur aduis, qu'ils ne Irouuoiit aucun péril ny inconuénicnt de faire passer les thuiaulx desdictes foniaiiics par dessus les dicts deux ponts et neantnioings pour oster tout subiect de craincte et de soupçon, l'on peut faire lesdicts thuiaulx plus forts et plus espois qu'à l'ordinaire ou bien pour plus grande [irécaultion l'on peut faire des esuiers de pierre de taille dans lesquels l'on peut asseoir lesdicts thuiaulx, lesquels esuiers auront leurs pentes pour la décharge des eaues d'un costé et d'autre desdicts ponts '. »

Telle est l'origine des galeries et caniveaux que nous établissons aujourd'hui sur les ponts pour y faire passer nos conduites.

Enfin, le 14 août 1630, Augustin Guillain reçut du bureau l'ordre de dresser les devis de deux petites fontaines qui devaient être alimentées aussi en eau de Rungis, jiour la commodité des habitants du quai des Augustins et des abords de Saint-Cermaiul'Auxerrois', mais les fontaines ne furent pas construites à cette époque.

Pendant qu'on s'occupait ainsi de la distribution des eaux de

' Registres de la ville, t. XXIV, fol. 40;).

'- Regislivs de la ville, II. 1805, t. XXVI, fol. 275.

FÛXTAiNES ALIMENTÉES P.VR LES ANCIENS AQUEDUCS. 519

Rungis, on ne négligeait pas les autres quartiers de la ville alimentés par les anciens aqueducs.

Fontaine du Châtelet. — Une petite fontaine en forme de pyramide fut érigée à la porte de Paris, ou plus correctement à l'Apport de Paris (aujourd'hui place du Châtelet). Les travaux furent exécutés, en vertu d'un traité de gré à gré en date du 10 mai 1623, par Pierre Bernard, maître sculpteur, moyennant la somme de 200 livres tournois. Cette fontaine devait être alimentée par l'eau du Pré-Saint-Gervais '.

Fontaine du marais du Temple. — Une autre ordonnance du bureau, en date du 26 juillet 1624, autorisa les habitants du marais du Temple à construire à leurs frais une fontaine publique alimentée par l'eau de Belleville. Cette fontaine est probablement celle de l'Echaudé, sise rue Vieille-du-Temple au carrefour de la rue de Poitou '.

Reconstruction des fontaines de l'apport Baudoyer et de Biragiie. — Le 4 février 1627, on adjugea au rabais et à l'extinction de la chandelle, les travaux de reconstruclion des fontaines de l'apport Batido^er, derrière la barrière des Sergents, et de Birague, dite aussi de Sainte-Catherine, rue Saint-Antoine, en face des Jésuites. Cette adjudication fut tranchée au profit de Jehan Chériot, maître maçon, qui offrait d'abord d'exécuter les travaux pour 12 000 livres et qui, à l'extinction de la troisième chandelle, réduisit ses prétentions à 6100 livres tournois '.

Le distique suivant fut gravé sur la fontaine de Birague :

siccatos latices, et ademptiim fointis hoinorem Officio jEdiles kestitdere suo.

ob reditdm aquarum

' Registres de la ville, H. 1801, t. XXIV, fol. 87. - Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 303. ^ Registres de la ville, vol. XXV, fol. 325.

Fontaine et réservoir de la rue de Paradis. — Cetle fontaine fut édifiée contre le mur de la cour des armes de l'hôtel de Guise. Le devis dressé par Augustin Guillain porte la date du 16 juin 1628. Les travaux furent adjugés, le 30 du même mois, au sieur Mesureur, moyennant la somme de 1990 livres tournois ',

Beconstniction de la fontaine Saint-Julien-des-Ménétriers^ . — Celte fontaine, une des plus anciennes de Paris, avait été détruite par messire Le Lièvre, propriétaire d'une maison voisine, sise rue Saint-Mari in, en face de l'église de Snint-Julien-des-Ménélriers. Le bruit des porteurs d'eau l'incommodant, il avait obtenu du bureau l'autorisation de tirer un filet d'eau de la fontaine Saint-Leu pour l'alimentation de son hôtel, et en distribuait quelque peu à ses voisins, puis avait coupé la conduite de la fontaine Saint-Julien, dont le robinet existait encore dans son ancien cnqilacement. De là grandes réclamations des habitants du voisinage qui ne recevaient, par les porteurs d'eau de Seine, qu'un liquide souillé par les égouts et les déjections des riverains du fleuve. La maison passa entre les mains de plusieurs propriétaires successifs qui ne tinrent aucun compte des plaintes de leurs voisins. Le bureau, dans sa délibération du 0 mars 1666, décida que la fontaine serait rétablie dans l'emplacement oii elle avait anciennement coulé''.

De 1650 à 1655, on n'érigea aucune fontaine nouvelle dans l'intérieur de l'enceinte de la ville ; à l'extérieur, on reconstruisit le regard du Pré-Sainl-Gervais, sous la prévôté de messire .Jérôme Leféron, président aux enquêtes, comme le prouve l'inscription qu'on voit encore sur la façade de cetle fontaine. Messire Leféron

' Registres de la ville, II. 1802, vol. XXV, fol. 593. Ln rue de Paradis fait aujourd'hui partie de la rue des Francs-Bourgeois, entre los rues Vicille-du-Temple et du Chaume. L'hôtel de Guise était situé au carrefour de la rue du Chaume.

* Cette fontaine avait été érigée en l.)46, sous le régne de Philippe de Valois. Voy. p. 4G1.

=* Registres de la ville. II. 1S07, vol. XX\. fol. 359.

niSTRIBUTION DES EAUX TROUVÉES PAR BOCQUET. 521

fut élu prévôt une première fois en 1646, et une seconde en 1648; c'est donc à cette époque que remonte cet édifice tel que nous le voyons encore aujourd'hui.

Cette fontaine est le regard collecteur de toutes les pierrées de Taqueduc du Pré-Saint-Gervais. Elle renferme de plus un château d'eau qui distribue, par bassinets, une partie de l'eau de l'aqueduc à quelques habitants de la localité. C'est le seul cliAteau d'eau qui subsiste encore daas la distribution d'eau de Paris'.

Je n'ajouterai rien de plus à ce que j'ai déjà dit de cet ouvrage en décrivant l'aqueduc.

On a vu que, dans le partage des eaux de Rungis, effectué en 1656, on attribua à la ville une partie de celles que Bocquet avait découvertes vers 1651. On évaluait alors cette part de la vilb^ à 9 pouces, 121 lignes 1/2.

On s'empressa d'en faire la distribution^

Le 7 septembre 1655% le bureau décida qu'on construirait la /b?îfaMie projetée sin- le quai, devant le couvent des Grands- Augustins, dont il a été fait mention ci-dessus *, qu'on en érigerait une autre au fauboiu'g Saint-Germain et que deux gros robinets seraient posés, l'un au regard de la porte Saint-Denis et l'autre au regard des Blancs-Manteaux.

Le volume d'eau dont les fontaines avaient été dotées en 1635 lut augmenté, ainsi qu'il suit, par déHbération du 29 juillet 1656 :

' Voy. Vinscription p. 110, et la description du château d'eau, p. 117 et 158. 11 exiMe cependant encore un autre château d'eau, celui de l'ancienne fontaine Saint-Benoit (vov. p. 515 et n° 125 de la carie) : il est renfermé aujourd'hui dans l'intérieur du Collège de France et n'alimente plus qu'un seul bassinet, celui de M. Oger, propriétaire de la maison voisine. La conduite privée passe du château d'eau à la maison du concessionnaire en traversant le mur mitoyen.

- Voy. le partage des eaux de 1656, p. 164 et suiv.

5 Registres de la ville, H. 1813, vol. X.XXVI, fol. 180.

■> Voy. p. 518.

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