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POUCES. LIGNES

Fontaine rue Notie-name-des-Cliaiiips (fiiubourg Saint- Jacques), 48 lignes au lieu de 25 » 25

Fontaine ilu Puils-Sainte-Geneviève, GO lignes au lieu de 30 » 24

Fontaine place .Maubert, 49 lignes au lieu de 56 > 15

Fontaine Saint-Séverin, 60 lignes au lieu de 49 n \\

Fontaine du Palais, 56 lignes au lieu de 25 n H

Fontaine du Parvis-Notre-Dame, 56 lignes au lieu de 25. » \\ Fontaine Birague, devant les Jésuites, 72 lignes au lieu

de 49 1, 25

Fontaine en projet près de l'abbaye Saint-Germain. ... » 56

Fontaine nouvellementbàtie près de la porte Saint-Germain. " 49 Fontaine en construction devant le couvent des Grands-

Augustins Il 56

Fontaine en projet au faubourg Sanit-Marcd n 56

Fontaine e?ï /)/-oJeï place Piojale )i 49

Fontaine Manbuée (alimentée avant 1056 en eau de Belleville), 72 lignes pour la fontaine, le reste pour des

concessions » 110

Fontaine Sainte-Avoie, 72 lignes pour la fontaine, 1 pouce

•16 lignes pour des concessions I 88

Fontaine Saint-Julien (alimentée avant 1656 en eau de

Belleville) « 25

Fontaine des Cinq-Diamants (alimentée avant 1056 en eau

du Pré-Saint-Gervais) « 36

Fontaine des Innocents, augmentation I »

Total 6 H

Messieurs de la ville ajoutaient à ces

Faux publi(jues des anciennes fontaines suivant l'arièl

de 1655 ■

Eau^conc('dée à la même date

lis réservaient pour les perles

Distribution totale des eaux de liungis. . . .

Ils évaluaient la quantité totale de ces eaux attribuée à la ville à

Il restait donc à distribuer 5 72

Dont « lesdils sieuis crui'ent à pi-opos do disposer au profficl

DISTRIBUTION. RESERVOIRS. 523

(le la ville, pour aucunment recouiirer les deniers qu'elle avoit contribué audit travail, et ordonnèrent à cet effet qu'il seroit faict assemblée de messieurs les conseillers de ville, commissaires députez pour les eaux, pour leur donner aduis de ce que dessus et auoir sur ce leur aduis '. »

Les sécheresses, qui commencèrent en 1660, prouvèrent que messieurs de la ville s'étaient trompés et que l'eau dont ils pouvaient disposer était loin d'atteindre 19 pouces 49 lignes, chiffre inférieur cspendant à la concession officielle qui était de 21 pouces 50 lignes \

Ce tableau nous fait encore comprendre l'utilité des réservoirs. Les fontaines les plus richement dotées, telles que les fontaines Maubuée et Sainle-Avoie, ne recevaient qu'un demi-pouce d'eau, ou 9597 litres en 24 heures. Il fallait 9 secondes pour obtenir un litre d'eau et, par conséquent, 90 secondes pour remplir un seau de 10 litres, temps beaucoup trop long; avec un réservoir, on pouvait porter l'écoulement à 1 litre par seconde et remplir le même seau en 10 secondes, ce qui ne pouvait donner lieu à aucune plainte.

Messieurs de la ville comprenaient donc toute l'importance des réservoirs et une de leurs préoccupations était d'empêcher les porteurs d'eau de les vider en faisant chez eux des approvisionnements d'eau. C'est ce que nous avons vu, notamment dans l'ordonnance du bureau du 2 octobre 1687 faisant « défense aux porteurs d'eaux d'empescher les bourgeois et aullres de puiser par préférance, et de faire amas ou magazin, en leurs maisons, des eauës des fontaines à peine d'amande et de prison". »

Lorsqu'une nouvelle fontaine était construite, on la complétait donc par un réservoir. Ainsi quand, en 1657, les nouvelles fontaines du faubourg Saint-Germain, près de la rue de la Boucherie et du quai des Grands-Augustins, furent achevées, André Ra-

' Registres de la ville, II. 1815, vol. XXXVl, fol. 316.

- Voy. p. 165.

'■ Registres delà ville, II. 18.Ï1, vol. LIV, fol. fi79.

meaii, M* plombier, fontainier de la ville, reçut l'ordre d'y conslriiirc immédiatement des réservoirs '.

Concexsions d'eau.

Améliorations du siistcme de prise d'eau. — C'est à celle époque de riiistoire des eaux de Paris qu'on trouva le modo rationnel de prise d'eau qui fut appliqué depuis jusqu'au 14 avril 1857, date de la révocation délinitive des concessions perpétuelles. Je vais chercher à donner une idée des progrès de celle partie de l'art de l'ingénieur, et à démontrer comment on arriva peu à peu à supprimer ces prises d'eau dont le débit ne pouvait être connu, puisqu'on ne tenait aucun compte de la charge de la conduite publique sur laquelle élait soudé le branchement du concessionnaire.

Une petite amélioration fut introduite dans le service vers 1618. Yoici quelle était alors la formule adoptée pour définir la prise d'eau : « Et sur ce ouy, le procureur du Roy et de la ville, auons au dict sieur donné, concédé et octroyé, donnons, concédons et octroyons par ces pnles (présentes), un cours d'eaue de la grosseur de.... lignes à prendre.... et à cette fin sera souldé sur le gros ibuiau publicq qui passera le plus proche et commode de sa maison, un petit thuiau pour conduire et fluer l'eaue dans icelle maison' »

La prise d'eau élait alois réglée par le diamètre de l'ouverture pratiquée dans la conduite publique. Comme dans celte définition il n'est pas question du robinet d'arrêt posé sur le petit tuyau près de celle prise d'eau, on pouvait donner à l'œil de ce robinet tel diamètre que l'on voulait. C'est ce que messieurs de la ville voulurent constater, et Augustin Guillain reçut d'eux, le 24 novembre 1618, un ordre ainsi conçu : « Lever les tournants

« Registres de la ville, II. 1814, vol. XXXVIl, fol. 199.

« Registres de la ville. II. 1799, vol. XXll, fol. 215. Titre de concession de M* Clirisloplie Martin, conseiller du Hoi, receveur de la Ville, en date du 15 août 1618.

COACESSIONS. AMELIORATIONS DE LA l'KlSE D'EAU. 525

des robinetz et nous faire description, en forme de carte, des grosseurs et eschanlillons dont iceulx tournans sont percez et pour cet effect faire ouuerture et fermeture qu'il conuiendra et de tout donner aduis delà conformité ou disparité des grosseurs mentionnées es titres — le tout pour y être pourvu par nous ainsi qu'il sera aduisé pour le mieulx ' »

A la suite de cette visite, la définition du mode de prise d'eau fut ainsi modifiée : « Et pour ce faire, sera assis un petit thuiau sur le gros thuiau publicq.... passant le plus proche de ladicte maison, pour l'assiette duquel petit thuiau sera faict un coulde à icelui petit thuiau, de deux poulces de hault qui sera souldé sur ledicl gros thuiau, auquel petit thuiau y aura un robinet de cuivre, le tournant duquel y sera percé d'un trou de.... lignes de diamètre qui sera la grosseur del'eaue que nous accordons à....' »

Les concessions furent ainsi réglées par le diamètre de l'œil du robinet d'arrêt dont la vérification était toujours facile, tandis qu'en les réglant, comme on le faisait avant cette visite, par le diamètre du trou percé sur la conduite publique, toute vérification devenait impossible après la soudure du branchement du concessionnaire; il était donc facile de doubler ou de tripler frauduleusement la concession sans qu'il fût possible de le constater. On était sur la voie d'une grande amélioration qui n'a été réalisée à Paris que deux siècles après : ainsi que je l'ai dit ci-dessus, il suffisait, pour jauger équilablement la concession, d'indiquer sur le titre le volume d'eau accordé, et non le diamètre de l'oeil du robinet, qui aurait été percé par tâtonnement de manière à débiter ce volume d'eau. On aurait eu ainsi le robinet de jauge qui a servi à Paris, dans ces dernières années, cà la distribution des eaux de Seine et de source, et qui sert encore pour les petits abonnements ; ce robinet de jauge est monté sur la conduite privée le plus près possible de la maison de l'abonné. Celte solution est

' Registres de la ville, U. 1799, vol. XXU, fol. 267.

- Extrait du litre de concession de « damoiselle Denise Lepreslreveufvc de feu M Pierre de Pleurs «. 15 juillet 1620. Registres delà ville, 11. 1799, vol. .\X11, fol. iSO.

bien préférable au jaugeage dans un château d'eau qui est aussi rigoureusement exact, mais qui a linconvénienl d'entraîner l'abonné dans de grandes dépenses pour l'établissement de sa conduite, et d'encombrer le sous-sol des rues par cette petite canalisation.

Deux améliorations très-imporlantes remontent encore à la même époque. Au lieu de retrancher les concessions à chaque sécheresse, on se contentait ou de les restreindre, ou de fermer celles des seigneurs absents, ou de les suspendre pour deux mois. Ce dernier système était le meilleur; car, dans les pUis grandes sécheresses, telles que celles que nous subissons depuis 1857, il est rare que la pénurie du service dure ])lus de deux mois par an '.

L'autre progrès réalisé consistait à obliger chaque concessionnaire à établir un robinet près de l'orifice du tuyau de la concession et à le fermer toutes les fois qu'on n'avait pas besoin d'eau dans la propriété. On se réservait, dans le brevet, de suspendre la concession en temps de basses eaux. Voici comment ces deux clauses étaient formulées : « A la charge d'user de la dite eau modérément et de tenir le robinet fermé ad ce que l'eaue ne fine et coule sinon quand l'on en aura affaire; et encores à la charge de la restrinction, lors et quand la nécessité de la sécheresse du temps le requerra pour servir au publicq\ w Ces clauses n'existent plus dans les brevets à partir de 1625.

Quoique ces améliorations fassent très-réelles, elles laissaient néanmoins subsister le vice radical de la distribution : la charge de la conduite publique restait indéterminée au point où se faisait la prise d'eau et messieurs de la ville ne connaissaient pas le volume d'eau qu'ils délivraient à chaque concessionnaire. Ils le savaient bien, car voici ce que je lis dans une ordonnance du

> Registres de la ville, vol. NXIV, fol. .wi.

* RegisUcs de la ville, vol. XXIV, fol. 185. Concession à inessiie de IIaci(Ueville, 20 nueiubre 11125.

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