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CONCESSIONS. PRISES D'EAUX PAR BASSINETS

2 août 16'23 : « Ordonnons que les prises et dérivations particullières seront tant à présent qu'à l'aduenir assizes dans les réservoirs publics et à l'endroit de chacun, ung bassin particullier auquel sera le trou percé de la grosseur concédée et mis à liaulteur de la force de l'eau, et au cas que les fontaines particulières ne soient proches lesdits réservoirs publicqs, sera faict un carré de maçonnerie ou de bois contre le coing de rue le moings incommode pour y être dériué les prises des fontaines les plus adjacentes, en bassinets particuUiers. Et de la haulteur que dessus, le tout à la diligence dudit Guillain et fraiz et dépens de la ville.... ' »

11 est bien probable que cette innovation était due à Guillain, car un an après, le 28 septembre 16'24, cet ingénieur adressa au bureau un rapport dans lequel se trouve le passage suivant :

« J'ay trouué que les concessions octroyées cy-dessus, pour les différentes hauteurs et disproportions du nyueau, ne se pou-

uoir dériuer et applicquer sy ce n'est dans certains augels qui

seront faicls dans les réseruoirs publics (châteaux d'eau).... sous la clef et fermeture de nous, pour y reigler et visiter à toute heure les dériuations selon que le cas y eschet, en quoy faisants, nul ne peut apporter dommage au publicq et particulier en suiuant la figure et modelle par nous faicts et à vous présentez.... ' »

Guillain supprimait donc les anciennes prises d'eau, faites sous une charge indéterminée. Il y substituait la distribution par châteaux d'eau, où il est facile d'obtenir une charge invariable, et il réalisait un autre progrès non moins grand, en faisant écouler l'eau accordée au concessioimaire, non pas par une conduite fichée dans la paroi du château d'eau, comme faisaient les Romains, mais dans un auget ou bassinet en cuivre du fond duquel partait cette conduite. On donna à cette invention le nom de prise (Veau par bassinet. Toutefois, ce nom ne fut pas appliqué iin-

' Registres de la ville, H. 1801, vol. XXIV, fol. 142 et suit. ' Registres de la ville, vol. XXIV, fol. 3-49.

méclialemeul. La foriiiulc des brevets de concessions fut modifiée ainsi qu'il suit :

« Lesquelles.... lignes d'eau seront prises au regard de la l'onlaine de.... ou de quelque autre regard le plus proche et commode pour estre conduites par ung tlmiau particulier en ladicle maison. » Le passage suivant des lettres patentes du 26 mai 1655 prouve que, dès l'origine, les eaux de Rungis furent distribuées par bassinet. « Nous voulions et ordonnons que par Augustin Guillain, maistre des œuvres, etc., pour esuiter tels abus et entreprises, vous aiez a faire promptement Irauailler pour rélormer toutes les prinses d'eaues des fontaines de Belleuille et du pré Sainct-Geruais et les réduire par bassinets dans les regards pubUcqs comme il est pralicqué aux concessions des fontaines prises sur les eaux de Runyis '. »

L'invention de Guillain fut donc mise en [)ratique, dès l'origine (le la distribution des eaux de l'aqueduc d'Arcueil. Mais c'est seulement à partir de 1655, et môme quelques années plus tard, que l'expression prise d'eau par bassinets fui intioduite dans les titres de concession.

Comment étaient disposés ces bassinets dans l'origine? C"cst ce qu'il est difficile de dire; l'œuvre d'Augustin Guillain, fontaines et châteaux d'eau, ayant absolument disparu aujourd'hui, toute constatation est devenue impossible..

J'ai démontré qu'au temps de Louis XUI on connaissait trèsexactement la valeur du pouce fontainier, dont le produit était alors fixé à 19 544 litres en 24 heures'; cela semble indiquer que l'ingénieur italien Thomas Francini était pour quebpie chose dans l'invention de la distribution par bassinet. Ce qui corrobore celte opinion, c'est que le produit eu 24 heures du pouce fontainier admis aujourd'hui, 19195 litres, est presque le même que celui de l'once (l'eau romaine, 20217 litres. Dès cette époque, les

' Registres de la ville, 11. liSU-4, t. XXVII, fol. 555.

" Voy. la note de la page 50 et le fac-similé du plan iiianuscril du |ilateaii de Runj;is repru- 'liiil à la même paf;e.

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