CONCESSION. VÉRIFICATION DES TITRES
net ; on lui accorda dix lignes d'eau « pour aller audit lieu de la Rocquette »; le surplus fut recueilli par un tuyau appartenant à la ville.
En outre, le bureau prescrivit des mesures plus rigoureuses pour réprimer de grands abus.
La concession du président de Saint-Mesmin était passée aux mains du sieur Duru, riiédecin ; d'après les litres, elle devait desservir et l'hôtel Saint-Mesmin et un robinet destiné au public. Il paraît que le propriétaire s'était approprié toute l'eau ; car le bureau ordonna qu'il serait posé deux robinets, l'un percé, conformément au titre, d'un trou de trois lignes, pour les besoins de l'hôtel, l'autre pour le public; les conduites furent séparées, et on pratiqua dans le regard une ouverture, dont la clef était entre les mains des officiers de la ville, afin que « lorsqu'il sera besoin de faire trauailler dans la dicte fontaine publique, on ne soit subjet d'entrer dans le logis dudit sieur Duru. »
Des mesures analogues furent prises à la fontaine de la rue Barre-du-Bec ; on obligea les héritiers de « la veufue du feu sieur Le Féron et la veufue du feu sieur de Saincte Bœufue » à poser un robinet spécial dont l'œil était percé selon leur titre, pour les besoins de leurs hôtels, et à déverser le surplus de l'eau dans la fontaine publique.
Le sieur Lelièvre fut tenu de rétablir l'écoulement de la fontaine de Saint-Julien-des-Ménétriers, « à la charge par ledit sieur Le Lièvre d'en prendre dans sa maison pour son usage et de ses domestiques »'.
Enfin, l'héritier du sieur de la Martinière fut tenu de remplir les obligations qui lui étaient imposées par son titre de concession, c'est-à-dire de construire dans sa maison un réservoir pour alimenter la fontaine de Saint-Leu \
C'est dans cette ordonnance que, pour la première fois, on
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prescrivit de traiiFporter les prises d'eau dans les regards des fontaines publiques, et de les établir sous des charges déterminées'.
Cette ordonnance nous donne une idée très-nette de l'élat de la distribution avant l'arrivée des eaux d'Arcueil. Sur quarantehuit prises d'eau particulières, trente-trois exigèrent des réformes graves.
En outre, elle éclaircit un point resté obscur jusqu'ici : qu'était-ce que ces regards publics établis dans des propriétés closes de murs? Nous voyons, d'après ce qui précède, que, dans l'origine, le propriétaire en possédait les clefs, qu'il usait et abusait de l'eau à sa volonté, et que l'ordonnance de 1623 fit rentrer ces clefs dans les mains des officiers de la ville, ce qui permit dérégler les prises d'eau'.
L'exécution de toutes ces prescriptions exigeait un véritable courage, et il est douteux qu'elles aient été mises en pratique d'une manière générale; il est certain qu'on n'en tint aucun compte au couvent des Filles-Dieu : la réduction de leur prise d'eau aurait donné six lignes un quart en superficie, et le 51 juillet 1665, celte prise d'eau fut trouvée de neuf lignes en superficie.
Eaux d'Arcueil. — La première concession d'eau de liungis, dont il soit fait mention dans les registres delà ville, est celle qui fut accordée, le 10 juin 1617, sur la demande du roi, <à messire de Marillac, conseiller du roi en son conseil d'État, pour sa maison, sise rue Saint-Jacques, près de l'église des Carmélites; l'échantillon de la prise d'eau était d'un quart de pouce.
De ce jour au 21 juin 1624, il fut accordé, en y comprenant
« Registres delà Ville, H. 1801, vol. XXIV, fol. 142 elsuiv.
* Il existe encore trois regards du même genre sur une des ramifications de l'aqueduc de Belleville, les regards du Marais, Lecoustenx et du Chaudron. Les tiers sont entre les mains de nos agents et eux seuls en disposent. Les prises d'eau dos propriétaires sont invariablement réglées. (Voy. la note au bas de la page 135.)