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DISTRIBUTION. GRANDES EAUX DE 1649 A

a désolé Paris dans le mois de février de cette année ; mais on ne doit pas oublier qu'on était alors en pleine guerre de la Fronde, et que cette ridicule prise d'armes troubla, de 1648 à 1653, les premières années du règne de Louis XIY; elle a certainement relardé le développement du nombre des concessions.

Dans tous les cas, les sécheresses étaient peu prononcées et peu durables, car le régime des sources dans son état normal, bien connu aujourd'hui, n'aurait pas permis d'accorder un si grand nombre de concessions. Si, de 1652 à 1659, aucun retranchement général ou partiel des concessions particulières n'a été nécessaire, c'est un fait qui doit être attribué à un de ces phénomènes météorologiques k longue période, à une série d'années généralement très-humides qui sont la contre-partie de ces séries non moins nombreuses d'années sèches dont on a vu un exemple sous le règne de Henri II et dont un autre exemple non moins remarquable peut être cité au dix-neuvième siècle, de 1857 à 1875.

La grande crue des eaux de l'aqueduc de Belleville est positivement signalée dans la délibération du 4 juin 1655, dans laquelle le bureau accorda à Fouquet, surintendant des finances et ministre d'Etat, une concession d'un pouce d'eau à prendre sur le gros tuyau de la rue du Temple, moyennant la somme de 10 000 livres : « Monsieur le Preuost des marchans y a faict entendre le soing que l'on auroit eu depuis quelque temps à faire faire de nouvelles fouilles et recherches des eaues publicques de ladite ville, tant du costé de Belleuille et du Pré Sainct-Geruais qu'aux sources de fontaines de Rungis qui auoient produict quantité desdites eaux.... »

C'était une illusion, car, quelques années après, le débit de l'aqueduc de Belleville tombait à 5 pouces 52 lignes (102 mètres cubes en 24 heures' ), quantité bien insignifiante et qui ne pou-

» Voy. p. 88.

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vail justifier une nouvelle concession d'un pouce d'eau. Ce que le Prévôt atlribuail aux recherches de la ville était donc dû à une série sans exemple d'années humides. Tout le bureau partageait la manière de voir du Prévôt, car « ouy et ce consentant le procureur du Pioy et de la \ille on donna, concéda et octroya audit surinlendanl un cours d'un poulce d'eaue, prouenant de la nouvelle recherche faicte du costé de Belleuille à prendre [)ar bassinet au regard le plus proche et commode pour ledit hoslel (de la rue du Temple), qu'il lui plaira de choisir pour y estre mené elconduict par un thuiau particulier pour l'usage et commodité d'iceluy, à ses frais et despens et à ceste fin ordonné que ledit sieur procureur général sera couché et employé dans l'eslat de la uouuelle distribùon des eaues pour pareille quantité d'un poulce pour par luy en jouir, ses hoirs ou ayant cause possesseurs dudicl hostel a toujours et perpétuité, moyennant la somme de dix mil liures qu'il lui a pieu en payer à ladite ville.... outre et pardessus les douze lignes à lui cy deuant concédées (le 22 nov. 1652)....' »

. Cette curieuse pièce ne laisse aucun doute sur la parfaite sécurité dans laquelle on se complaisait alors ; on croyait au succès des recherches faites par Bocquel ou par la ville, aux sources de Runcfis, deBellevilleet du Pré-Saint-Gervais. Il semble étonnant, qu'un savant aussi distingué que Bonamy soit tombé dans la même erreur; mais j'ai dit ci-dessus qu'il vivait aussi à une époque d'extrême humidité*.

Mesures prises pour l'entretien des nouvelles fontaines. — Le 15 août 1024, le bureau, en considération des services rendus par Pierre Guillain, maître des œuvres, et par son fils Augustin, con-

' Ucgisires (le la ville, II. 1815, vol. XXXVI, fol. 1">">.

- » Trcnlc ans après la dislrilnition des eaux d'Arcucil, on travailla à faire de nouvelles fnHille.<: dans les enviions de Rnngis, et ces recherches no fnreni point infniclnenses, puis- (in'en Ifiî)') l'aquedne d'Arciieil roiuliiisait an chàtean d'eau ((uatrr-vins;t-i|Halre pnneosdVan, au lieu de cinuuanic qu'on avait trouvés lors île la cnnstruclion. » (Bonamy, Académie des iascriplions el bellcs-lellres, t. XXX, 1754.)

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céila à ce dernier la « charge et garde des fontaines » de la ville, alimentées par les sonrces de Rnngis, avec deux cents livres tournois de gages'.

Une ordonnance du bureau, en date du 23 juillet 1625, l'ait « deffences très espressement a tous lauandiers, lauandieres et a foutes autres personnes de lauer aulcuns linges ny faire lessiues aux fontaines publicques de la ville ny proche ny es environs d'icelles..., le tout a peine de prison et du fouet. Ce qui sera affiché à icelles fontaines ad ce que personne n'en prétende cause d'ignorance.... ' »

Le devis d'entretien des fontaines nouvelles fut dressé par le maître des œuvres et remis au bureau le 22 novembre 1625; messieurs de la ville s'adressèrent à plusieurs plombiers qui demandèrent « grandes sommes par chacun an; » puis à M. « Franchine (Francini), intendant des fontaines du Roy, » mais sans plus de succès. Dans ces circonstances délicates, messieurs de la ville ne virent rien de mieux que de confier cet entretien à l'auteur même du devis, à Augustin Guillain, « auions aussi mandé, disent-ils, ledict Augustin Guillain et a luy offert de lui bailler ledict entretienement, recognoissant qu'il s'en pourroit mieux acquitter que nul autre, pourvu qu'il se contente d'un juste pris et modéré, le quel Guillain a dit que de vérité, il estoit tout nottoire les plaintes qu'estoient faites contre Jehan Coulon, adjudicataire de l'entretenement desdictes fontaines venans de Belleuille et du Pré-Saiiict-Gervais et que pour la fontaine de Rungis, il ne falloit pas tomber en pareils inconvénients »

Guillani demandait donc neuf cents livres tournois par an, pour entretenir les fontaines nouvelles, conformément au devis dressé par lui-même; sur quoi messieurs de la ville se récrièrent et lui remontrèrent que c'était un prix excessif et qu'il le fallait modérer. Enfin après un long débat, on finit par s'entendre elle 24 novem-

' Registres de la ville, H. 1801, vol. XXIV, fol. 309. « Registres de la ville, II. 1801, vol. XXIV, fol. 514.

brc 1625, l'enlretien des dites fontaines lui «baillé et adjugé» à Angnsliii Giiillain, pour neuf années, commençant le 'l"' janvier 1626, au prix de six cents livres tournois par an'.

11 ne viendrait à l'idée de personne aujourd'hui de charger d'une entreprise de travaux publics l'ingénieur auquel la rédaction du devis de cette entreprise aurait été confiée, à moins que ce devis n'eût été contrôlé et vérifié par un autre ingénieur.

A partir de 1625 jusqu'en 1660 les registres de la ville ne font plus mention de l'entretien des fontaines.

' Registres de la ville, H. 1802, vol. XXV, fol. 52.

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