‹ Les eauxChapitre 208 sur 310 · ANNEES IIDMIDES A PARTIR DE · texte numérisé non relu

ANNEES IIDMIDES A PARTIR DE

Pour bien apprécier ce tableau, il faut se rappeler que le débit moyen des aqueducs de Belleville et du Pré-Saint-Gervais est évalué par Girard, par vingt-quatre beures, en nombre rond,

à 290 mètres cubes.

et celui d'Arcueil, à 960

Portée moyenne des trois aqueducs, en

vingt-quatre beures 1250 mètres cubes.

Malgré les pertes d'eau constatées par le bureau, dans les jaugeages du tableau qui précède, les débits des trois aqueducs dépassent de beaucoup la portée moyenne donnée par Girard. Comme les grandes sécberesses sont toujours dues à plusieurs années consécutives peu pluvienses, on peut déjà conclure de l'examen de ce tableau que, de 1673 à 1714, il n'y a pas eu de sécheresses bien intenses, comparables à celle de 1669, parexeml)le j d'ailleurs, s'il en avait été autrement, Bonamy l'aurait dit.

Nous arrivons à une époque où le régime de la Seine est mieux connu; c'est en 1752 que commencent les observations des hauteurs du fleuve à l'échelle du pont de la Tournelle; le zéro de cette échelle a été placé au niveau des basses eaux de 1719 et je ne fais pas une hypothèse en disant qu'à celte date de 1752 c'étaient les plus basses eaux dont on connût des repères certains. Depuis ou a constaté que le fleuve pouvait descendre bien audessous de ce zéro ; cela résultera de ce qui va suivre. On a donc la certitude que, de 1719 à 1752, et certainement dans les cinq ou six années précédentes, le fleuve n'est pas descendu au niveau du zéro de l'échelle du pont de la Tournelle, et par conséquent s'est constamment tenu au-dessus du niveau des plus basses eaux connues : il est impossible qu'il en ait été ainsi sans que les sources elles-mêmes se soient tenues audessus de leur plus bas débit : on peut donc dire aussi qu'il n'y a pas eu de grandes sécheresses de 1714 à 1752, et que la portée des aqueducs est restée, de 16*10 à 1752, au-dessus des bas débits de 1668 et 1669.

554 f.ES ANCIENNKS KAUX.

En 1735 cl 1704, le bureau exigea la présentalion des litres de concession, en raison de la grande séclieresse cl de la diminution du produit des aqueducs ; malheureusement les registres delà ville ne donnent pas les débits des aqueducs pendant ces deux années. L'année suivante, en 1755, la visite des aqueducs, fort négligée depuis plusieurs années', fut faite avec plus de soin: on constata que la portée des deux aqueducs était augmentée et qu'elle s'était relevée à 18 pouces, ce qui correspond à o45 mètres cubes en vingt-quatre heures, chiffre notablement plus élevé que la moyenne \ En 1758, on ne fit pas de jaugeage; mais on constata que les sources étaient trèsabondanles".

11 n'y a donc incertitude que sur la portée des aqueducs de la ville pendant les années 1755 et 1754; nous savons seulement qu'ellene s'élevait pas à 545 mètres cubes en vingt-quatre heures; c'est ce qui résulte de la discussion- qui précède. Mais je trouve, dans le mémoire de Bonamy, la preuve qu'elle dépassait de beaucoup les débits constatés en 1G09.

Ce savant écrivain, pour démontrer que les deux aqueducs de Bellevilleel duPré-Saint-Gervais ne donnaient qu'une quantité d'eau bien insignifiante pour une si grande ville, cite le fait suivant: «En 1741 ces deux aqueducs ne fournissaient que vingt-huit pouces d'eau (557 mètres cubes en vingt-quatre heures), et l'année suivante ils n'en donnèrent que seize ^ (507 mètres cubes en vingt-quatre heures).

Il est évident qu'aux yeux de Bonamy ces deux débits étaient plus foibles que tous ceux qu'on avait constatés depuis longtemps. S'il en avait été autrement, si les jaugeages de 1755 et 1754 avaient donné des quantités d'eau plus petites, Bonamy les aurait cités et n'aurait pas parlé de ceux de 1741 et 1742; ainsi, en 1755 et 1754, la portée des deux a(|ueducs s'élevait au-

1 Registres de la ville, II. 185G, vol. LXMX, fol. 186. 5 Registres de la ville, II. 1857, vol. LX.XX, fol. 372. ^ liûiuiniy, mémoire jiri'cilé. ])agi' 711.

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