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ANNÉES SÈCHES DU DIX-HUITIEME SIÈCLE

dessus de 307 mètres cubes en vingt-quatre heures, et par conséquent dépassait de beaucoup celle de l'année 16C9 qui s'est abaissée à 200 mètres cubes \

De 1732 à 1800, le niveau du fleuve s'est abaissé assez souvent au-dessous du zéro de l'échelle du pont de la Tournelle. Voici, d'après les registres de la police et de la navigation, les années où ce fait a été constaté.

ABAISSEMENT AU-DESSOUS DU ZÉnO

Mais ces abaissements du niveau du tleuve, au-dessous des basses eaux de 1719 ou du zéro de l'échelle du pont de la Tournelle, sont bien insignifiants si on les compare à ceux de ces derniers temps, de 1857 à 1874; on trouve, dans ces dix-huit années, une série de sécheresses sans exemple, pendant lesquelles les abaissements constatés ont été jusqu'à 1",14 au-dessous du zéro de l'échelle du pont de la Tournelle. J'ai fait voir que les débits des deux aqueducs de Belleville et du Pré-Saint-Gervais, pendant cette sécheresse si intense, étaient tombés à 155 mètres en vingt-quatre heures '\

Si on compare ces dix-huit dernières années à la période d'années sèches comprise entre 1660 et 1670, on reconnaît que le dix-huitième siècle tout entier a été humide. On s'est donc fait, vers 1754, la même illusion sur la portée des aqueducs que dans le milieu du dix-septième siècle.

Voici en effet comment Bonamy évaluait alors le volume des eaux distribuées à Paris.

' Voj. page 95.

' Voy. t. I", p. 525.

' Voy. page 08.

« On a supputé en 1708 que les pompes du ponl Nolrc-Dame, qui font seules l'aisance el la richesse d'une aussi grande ville que Paris, donnaient environ 8000 muids d'eau ; en supposant que les trois aqueducs en fournissent, année commune, 50 pouces, leur produit journalier doit être de 2 066 muids et par conséquent le total des eaux fluanles chaque jour sera de 10 666 muids pour la ville; si l'on ajoute à celte quantité celle que le Roi retire des eaux d'Arcueil et de la pompe de la Samaritaine, qui peuvent monter à 100 pouces, l'on sera en étal de comparer la disette de la ville de Paris, lorsqu'elle était réduite aux seuls aqueducs du Pré-Saint-Gervais et de Belleville, avec l'abondance dont elle jouit aujourd'hui '. »

Constatons d'abord que la capacité du muid admise par Bonamy est très-diflérenle de colle donnée par M. Périer, qui est de 2~)0 pintes ou 258 litres °". Bonamy estime que 50 pouces d'eau donnent en vingt-quatre heures 2 666 muids; en évaluant le produit du pouce d'eau, on vingt-quatre heures, à 19 195 litres, la

, , ., -, 1 19 195 x50 r-ofi I-, r 1

valeur du muid serait de ^ „,.,, = obO litres. Lu ad-

I bbu

mettant ce nombre, on trouve, pour le volume total des eaux distribués en vingt-quatre heures : '•

UÈT. COBES.

p . ... ( pompe du pont Notre-Dame 8000 X 0,560 = 2880

I produit des aqueducs ôO poiiees 960

Eaux du Roi (produit de l'ai|ueduc d'Arcued et de la Samari-

laiue) 100 pouces li>20

Produit total 5700

Cette supputation est absolument erionée: on a pris, pour le pioduit des pi)mpos du pont Notre-Dame, le résultai dos jaugeages liuts en 1758 après la réparation de ces machines par Bélidor,

' Bonamy, mémoire précité, page 750.

* Voy. Ilote de la page 543.

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