AQUEDUC ROMAIN D'ARCUEIL. - TRADITIONS ANCIENNES
sui' loni le développement des coleaiix, à une mulliUule de petites sources qui alimentent les villages disséminés au bord du plateau, tels que Yilry, Thiais, Choisy-le-Roi, Orly, Alhis, Ablon, Morangis, Chilly, Lonjumeau, Palaiseau, Wissous, Rungis, Fresnes, etc.
Les sources choisies par les Romains sur le long périmètre de ce plateau forment deux groupes : 1° sources dérivées plus tard par l'aqueduc moderne d'Arcueil ; 2° sources dont les ingénieurs du dix-septième siècle n'ont point eu connaissance avant d'entreprendre les travaux de cet aqueduc.
Le premier groupe se divise naturellement en deux parties : sources de Rungis et sources du coteau connu sous le nom de Long-Boyau, qui s'étend del'Hay à Arcueil.
Nous avons découvert tous les travaux exécutés par les Romains pour capter les sources de Rungis ; ils ont pris aussi en passant, on n'en saurait douter, celles du Long-Boyan,qui jaillissent sur le flanc même du coteau au lias duquel passait leur aqueduc. C'est même dans cet emplacement qu'en 1609, Sully fit les premières recherches des eaux dérivées à l'époque gallo-romaine.
Le second groupe, que je désignerai sous le nom de sources de Chilly, comprend les sources concédées par Louis XIII, en 1626, nu maréchal d'Effiat. Je donne ci-après le fac-similé du plan de cette concession'. Les sources jaillissent entre Louan" et Chilly, dans une locahté dite la Punition. L'aqueduc qui les dérivait, est tracé sur ce plan entre Chilly el Wissous. Nous avons retrouvé la rigole construite en prolongement de cet aqueduc depuis Wissous jusqu'à l'aqueduc principal. Nous avons également mis au jour une petite rigole qui dérivait une jolie source qu'on voit encore aujourd'hui, au bas de Wissous, dans le parc de M. Vallée. Il est donc certain que les Romains ont conduit à Lulèce aussi bien les sources du second groupe que celles du premier.
' Voyez ci-après p. 50.
* Aujourd'hui Morangis.
.10 i.i.s a.N(;ii..n.m:s kaix.
f.os ;iiit('urs i]ui ont ccril sur ce sujet oui i^uoré ce dcrmor l'ail, ou ils n'y ont pas altaclié (rini|ioilance '.
Débit des sources du premier (ii'oupe. — Ces sources, qui sont CMcoi'e distribuées à Paris, sont jaugées deux fois par mois. Je reviendrai sur ces jaugeages en |)ar!ant de l'aqueduc moderne. Les indications sommaires qui -suivent suffisent pour donner une idée de riin|)orl;ince de celte première piise d'eau de l'aqueduc romain.
Tiii-ard évalue à 50 pouces (960 mètres culies en 2i heures) le déliil moyen de tontes les sources dérivées par Iniiueduc moderne. Je crois que celte moyenne s'écarte peu de la vérité, mais je dois faire ici une observation qui se reproduira souvent dans le cours de ccl ouvrage : Les débits moyens n'ont d'importance, dans une dishibution deau, que lorsqu'il y a plusieurs modes d'alimenlalion qui peuvent se compenser dans des moments de pénurie. Lorsque, par exemple, on dispose d'eau de sources cl d'eau de rivière, les sources remiilacent en partie la rivière lorsqu'elle est trouble, ce qui arrive toujours en temps de crue; la rivière fournil rap|)oint nécessaire pour soutenir la distribution en temps de sécheresse, lorsque le produit des sources diminue. Dans ce cas, on a raison de se baser sur la moyenne du produit des sources.
Le débit moyen des sources avait, au contraire, fort peu d'importance pour les Romains, qui ne recevaient j)as d'autre eau que celle de leur aqueduc, et on va voir combien ils auraient eu de mécompics s'ils avaient fait leur distribution en se basant sur la moyenne de M. Girard, de 960 mètres cubes en 24 heures : celle distribution ne pouvait être établie que sur le produit miniuuim des sources.
' Viiiii ce qu'en dit Boiiamy liaiis le iiiôinoire précité : « Il est donc hors de doute que Taiii len miueduc et les canaux dont on vient de parler avoient été entrepris pour profiter des mêmes eaux qui viennent à présent ili' Rungis à Paris pour la commodité du public, par le moyen de l'aqueduc moderne, conlruil pindant les premières années du règne de Louis XIII, et il y a tout lieu de croire que les habitants de Paris qui avaient des maisons sur la montagne Sainte-Geneviève tt dans toute celte partie élevée do la ville profilaient du temps des Itomains, de ces eaux. «