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DISTRIBUTION. REGARD DU CUL-DE-SAC DE JOUY

la fontaine élail adossé contre la façade ; « elle faisoit saillie dans la dilte rue de tout son corps qui rétrécissoit le passage en cet endroict, éloit fort incommode au publicq et désagréable à la vue.» Messire de Marillac offrit au bureau de la reconstruire à ses frais à l'alignement de son hôlel, en concédant à la ville, pour le service du château d'eau, l'escalier djuie petite maison dépendant de sa propriété. Le bureau accepta cette proposition le 29 octobre 1682 et accorda à messire de Marillac une concession de six lignes d'eau pour l'indemniser de ses dépenses. Le projet et le devis delà nouvelle fontaine furent dressés par Jean Beausire\ Ce qu'il y a de remarquable dans cette reconstruclion de la fonlaine, c'est la servitude consentie par messire de Marillac, qui laissait librement circuler les agents de la ville dans sa propriété, pour débarrasser la façade de son hôlel de la saillie qu'y formait le corps de la fonlaine. Ces servitudes n'étaient pas rares à cette époque, j'en ai déjà cité plus d'un exemple : les réservoirs des fontaines de Saint-Leu, de Saint-Julien des Ménestriers, étaient dans des propriétés particulières ; le 13 août 1674, le bureau donnait acte au sieur Dorival que l'escalier et la chambre conduisant à l'étage supérieur de la fontame Saint-Denis faisaient partie de sa maison et non de la fontaine. En construisant cet édifice qui n'avait pas moins de 50 pieds (9'", 75) de haut, on n'avait pas trouvé cl' auti^e moyen cV accéder àl' étage supérieur^.

Château d'eau du cul-de-sac de la rue de Jouy, 5 décembre 1684. — Le château d'eau de la fontaine du cimetière Saint-

' Regislres de la ville, 11. 1829, vol. LU, fol. 74. Le distique suivant dû à Saaleul futgravé sur cette fontaine :

CraS AQUAM PETAT HIS DE FONTIBUS ; ILLA BENIGNO DE PATRUM PATRI* MUNERE, JUSSA VENIT.

ce qui veut dire, sans doute, que, par ordre du bureau, la fontaine avait été munie d'un réservoir et d'une soupape qui s'ouvrait à la volonté des usagers. La fontaine de Sainte-Avoie a été reconstruite en 1840, rue du Temple, à quelque distance de son ancien emplacement occupé pai- la rue de Rambuteau. N° 72 de la carte. - Registres de la ville, U. 1824, vol. XLVU, fol. 742.

5^0 Lb;s a.\cien.m:s e.mx.

Jean' était le iioiiil de départ d'un grand nondire de coiidniles privées dont les réparations exigeaient, sur la voie publique, l'ouverture fréquente de tranchées fort incommodes pour les passants.

On résolut de remplacer une partie de ces tuyaux par une conduite unique s'élendant du regard Saint-Jean à un regard intermédiaire. Le bureau se transporta sur les lieux pour en déterminer l'emplacement, et il ne trouva rien de mieux que le culde-sac de la rue de Jouy. Mais celte impasse n'était pas large et on se trouvait dans un grand embarras pour ériger l'édifice. Mcssire Henry de Fourcy, comte de Chcssy, prévôt des marchands, offrit alors de i;ùre le château d'eau au-dessus de la porte cochère de son hôtel qui donnait sur le cul-de-sac. Le bureau accepta en ces termes cette proposition : « Ouy ledit procureur du Roy et de la Yille en ses conclusions, auons de son consentement reçu les offres aduanlageuses à ladite ville et au publicq et en conséquence permis et permettons par ces présentes audit messire Henry de Fourcy, preuost des marchands, de faire construire led' regard à ses dépens dans led' bâtiment de son hostel

' Il est bon de remarquer que c'est pour la première fois qu'il est question, dans cet ouvrago, de la fontaine du regard du cimetière Saint-Jean.

I.i: cimetière Saint-Jean avait été établi, vers 1571, sur l'emplacement de Phôtel de Pierre de Craon, qui assassina, en cette année, le connétable de Clisson. L'bôtel fut rasé et le terrain donné à Péglise Saint-Jean en Grève, qui en Ct un cimetière. En lilfî, Charles VI y autorisa rétablissement de quatre étaux de bouchers ; ôo ans plus tard, Louis XI permit d'en établir trois autres. Sur la carte de Gomboust gravée en 1656, on lit le nom de cimetière Saint-Jean ; les sept étaus de bouchers y sont Ggurés, mais on n'y voit pas de fontaine. La fontaine de l'apport Baudoyer y est parfaitement indiquée, en face de l'église Saint-Gervais tout près du cimetière. On peut voir, au chapitre X.XIl, qu'il n'est point encore question de la fontaine Saint-Jean, dans le partage des eaus du 2 juin 1675. Le service du quartier se faisait par la fontaine de l'apport Baudoyer, qui en outre fournissait reau nécessaire à la fonbine Birague. Au contraire, à partir de 1684,1e nom de la fontaine de l'apport Baudoyer disparaît; il ne figure plus sur la cane du traité de la police de Delamare, imprimée en 1758. La fontaine Saint-Jean y est indiquée dans l'intérieur du cimetière. Il semble donc que la vieille fontaine de l'apport Baudoyer, Irès-génante sur une voie publique en raison de son énorme château d'eau, ait été déplacée de 1675 à lC8i et reportée dans la vaste place du cimetière Saint-Jean; on n'en a conservé aucune tradilinn dans le service des eau:i Le regard ct la fontaine Saint-Jean n'ont été supprimes qu'après le rachat des concessions vers I8li ; ils portent sur la carie le n" 75. On peut considérer leur con.^lruclion comme un sim|de dé- )ilacemenl de fontaine el applicpier le même numéro à la fontaine de l'apport Baudoyer, qu ils ont éviilcmnienl remplacée.

DISTRIBUTION. FONTAINE DE SAINT-MICIIEL, 1G83. r.SI

cslant au-dessus de la jinrlc cochère qui a issue sur ledit cul-dcsac de lad' rue de Jouy\ » Les plombs des conduites particulières supprimées furent employés à construire la conduite unique qui reliait les deux châteaux d'eau.

Le procès-verbal de réception des travaux du château d'eau fut approuvé par le bureau le 2 décembre 1692".

Ces servitudes et communautés de passages n'étaient pas toujours sans inconvénients. Le 20 janvier 1683, messire Jean Hélissant, premier échevin, en visitant les fontaines du Palais- Royal sises à l'extrémité des rues Traversine et Saint-OvidC; voulut constater l'état d'un regard de cette fontaine qui était enclavé dans le jardin des Capucins. 11 fut fort surpris de trouver la porte ouverte et la serrure levée et emportée. Séance tenante, il fit une sorte d'enquête pour reconnaître l'auteur du délit; mais les bons pères répondirent tous qu'ils n'en avaient aucune connaissance, et il dut se borner à constater le fait par un procès-verbal. Nous avons encore beaucoup de regards des anciens aqueducs qui sont construits dans des propriétés particulières ; au moyen d'une petite concession d'eau on obtenait facilement le droit de traverser sans indemnité des parcs et des propriétés précieuses. Mais, en somme, on payait fort cher cette petite économie parles abus de toute sorte qui se développaient autour de ces points de communauté. Nos aqueducs modernes sont tous sur un terrain appartenant à la ville.

Fontaine de la porte Saint-MicheV. — Cette fontaine, conslruile vers 1624 au haut de la rue de la Harpe, fut réédifiée, après la

' Registres de la ville, H. 1850, vol. LUI, fol. 223. C'est la première fois que nous voyons signaler dans ces registres l'incommodilé qui résultait de la pose d'un si grand nombre de conduites sous le sol des rues.

- Registres de la ville, H. 1834, vol. LVII, fol. 84. Ce château d'eau est supprime. N" 7G de la carte.

^ Registres de la ville, II. 1829, vol. LI, fol. i7ï'. On grava l'inscription suivante sur cette fontaine :

HOC IN MONTE SUOS RESERAT SAPIENIIA FONTES : NE TAMEN PURI RESPUE FONTIS AQUAM.

démolition de la porte Saint-Mïchel, en vertu d'une adjudication passée en 1680 en faveur du sieur Odile Tarade, arcliilecle el eu- Irepreneur des bâtiments du roi. Les travaux comi)renaient l'aqueduc ou plutôt la conduite d'adduction de l'eau, la fontaine, et, suivant l'usage alors admis, un petit édifice contenant le château d'eau dans son étage supérieur; c'était une reconstruction complète ; ces ouvrages furent reçus le 20 janvier 1G85 par Jean Deschalleaux, « commis à l'exercice de la charge de niaistre des œuures' », Le caveau était en communication av^c les fondations de l'ancienne porte Saint-Michel. Lorsque la fontaine a été définitivement démolie pour faire place au boulevard Saint- Michel, nous avons, à partir du grand égoul du boulevard, M. l'ingénieur Buffet et moi, fait construire une galerie souterraine qui conduit à ces curieuses ruines.

Fontaine Saint-Séverin. — Restaurée ou, pour mieux dire, reconstruite sur l'ancien plan h. partir des fondations. Les travaux furent adjugés au sieur Michel Ueschamps le 12 octobre 1G85, moyennant la somme de 1 490 livres ; le dc\is porte la signature deBeausire'.

Fontaine Saint-Victor. 12 avril 1687. — Cette fontaine consistait en un simple robinet établi dans le mur de l'abbaye, en face du jardin du roi ; on y substitua un édifice construit suivant la mode du temps, dans le même enqilacement. Les travaux lurent adjugés, le 17 septembre 1686, moyennant 1 780 livres au même Michel Deschamps, el furent reçus le 12 avril suivant

« Registres de la ville, U. 1828, vol. LI, fol. 57. N" 109 de la cailc. » Registres de la ville, 11. 1850, vol. LUI. fol. 001. Ce disliquc de Santcu! se lisait sur la façade :

DL'51 SCA.NDDKT JUGA MONTIS A.V'IIF.LO DECTOnE XVJiriliE, HIC C.\A Ê SOCIIS, VALUS AMOKE, SEDET.

l,;i funlaine Saint-Sévcrin, n° 127 de la carie, est aujourd'hui détruite et remplacée par une i)oini-fûiUaine à repoussoir.

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