‹ Les eauxChapitre 222 sur 310 · DISTRIBUTION. FONTAINE DE RICHELIEU, 1G8G · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION. FONTAINE DE RICHELIEU, 1G8G

avec augmenlfition de 661 livres 10 sols pour travaux supplcmeiUaires '.

La fontaine du Palais, érigée du temps de Henri IV sur remplacement delà maison du père de JeanChalel, à côté de l'église des Barnabites, ne recevait plus d'eau depuis plus de dix ans; elle tombait en ruine et de plus élait un véritable obstacle à la circulation. Il n'y avait aucune utilité à la remettre en service, les babitants du voisinage puisant l'eau qui leur était nécessaire dans la fontaine de la cour du Palais; le bureau décida donc, le 12 mars 1686, qu'il convenait de démolir cette fontaine et d'employer les matériaux et les tuyaux « dans le fauxbourg Sainct- Yictor, audit carrefour de la Pitié, au pied du mur de la Tour de la Closture de l'abbaye de Saiuct-Victor ou autre endroicl qui sera jugé plus à propos ^ »

Reconstruction de la fontaine de Richelieu, 25 mai 1686. — Sur la réquisition du procureur du Roi et de la Ville, le bureau décida qu'on mettrait en adjudication les travaux de restauralion de la fontaine de VÉchaudé, sise rue de Richelieu. Le devis fut dressé par Jean Beausire, sans métré, ni série de prix, ni détail estimatif. Cette adjudication à forfait fut tranchée, le 21 juin de la même année, au profit de Michel Deschamps. Celte fontaine occupait l'emplacement de la fontaine Molière. Le bâtiment du château d'eau existe encore; il sert 'de logement et de bureau à un employé du service des eaux'.

* Registres de la ville, U. 1831, vol. LIV, fol. 50 et 344. On grava sur la nouvelle fonlaine le distique suivant dû à Sauleul.

QViE SACROS DOCTRINE APERII DOMUS INTIMA FONTES; CIVIDUS EXTERIOR DIVIDIT URDIS AQUAS.

La fontaine Saint-Victor, n° 122 de la carte, est remplacée par la fontaine Cuvier. - Registres delà ville, H. 1830, vol. LUI, fol. 764.

^ Ibiil., fol. 870. No confondez pas celte fontaine deTÉchaudé de la rue Richelieu et celle de rEcliaudé au Marais. La nouvelle fontaine portait l'inscriptioTi suivante :

QUI QUONDAM MAGMJM TENUIT WODERAMEN AQUaRUM RICHELIUS, FONTI PLAUDERET IPSE KOVO

La fontaine Molière, qui remplace celle de Richelieu, porte le n° 47 de la carte.

■m LKS ANCIENNES EAUX.

Couslruction (le la fontaine BoncJicrat, 25 mai 4698. — Le bureau, par contrat du 7 août 1695, avait concédé deux pouces d'eau de Belleville à Jean Deausire, « à la charge par lui et sa femme dénommée aud' contrat, de faire baslir à leurs fraiz el dépens un corps de regard et, conduite de fontaine qui seroit appelé Boucherat, au carrefour et rencontre des rues Bouclicrat et Bosc, suivant l'arrest du conseil d'État du 25 novembre 1694, avec

les regards, baslimenls et conduictes de plomb » L'un des

deux pouces d'eau devait servir à l'usage du public du nouveau quartier du Marais, en coulant nuit et jour 5 l'autre, aux époux Beausire et « à leurs hoirs et ayants cause ». Avec l'autorisation du bureau, ils pouvaient vendre toutou partie de ce pouce d'eau, à la condition « que les deniers qui en proviendroient seroieut employés à la construction des bastiments, regard et conduite de lad'^ fontaine ».

Usant de celle faculté, les époux Beausire vendirent à messire Hierosme de Laguerre, conseiller du roi, receveur général et payeur des rentes du clergé de France, pour le " prix de 4000 livres, quarante lignes d'eau à prendre par bassiuet au regard de la fontaine de l'Ecliaudé. Le contrat, en date du 25 avril 1698, fut ratifié par le bureau le 25 mai suivant, à la condition que les 4000 livres provenant de celte vente seraient versées entre les mains de l'entrepreneur de la fontaine Boucherat, ainsi que le demandait Jean Beausire dans sa requête'.

La fontaine Boucherat existe encore aujourd'hui au carrefour des rues deTurenne et Chariot, dans l'état où elle a été conslruite par Jean Beausire.

' Registres de la ville, H. 1830, vol. HX, fol. 570. N» 68 de la carte. Après la paix de Riswick on grava sur celle fontaine l'inscription suivante :

FAUSTA PARI^IACVM, LODOICO REGE, PER DRBEM PAX UT FUNDET OPES, FONS ITA FU.VDIT AQPAS.

Iliins 1rs (Idt'umeiits du service des eaux, il est dit, à tort suivant moi, que la lonlaiue l'.oiulicial a été construite en 1755.

DISTRIBUTION. BEGARD SOUBISE. 1706. 585

Vers la même époque ou reconstruisit quelques ouvrages peu importants.

La fontaine imUique , sise vis-à-vis le prieuré de Saint-Lazare, au faubourg Saint-Denis, « estuit de nulle valeur par son ancienneté et caducité ». Il fut décidé qu'elle serait remplacée par un regard dont les travaux furent adjugés le 4 septembre 1699 au sieurClandeJarry, maître-maçon, au prix de 500 livres età la charge que ces travaux seraient terminés dans un délai de trois mois ' . Cet ouvrage est aujourd'hui démoli.

Le regard de fontaine qui existait dans l'enclos des Récollets fut reconstruit « à l'un des angles de leurs anciennes buanderies» . Les travaux furent adjugés au sieur Croquoison le 15 mars 1700. L'enclos des Récollets était situé rue du Faubourg-Saint-Martin, vis-à-vis de l'emplacement actuel de la gare du chemin de fer de l'Est \

A la suite des travaux de restauration des pompes du pont Notre Dame par Rennequin, plusieurs fontaines publiques anciennes furent reconstruites, et on en érigea quelques nouvelles.

Fieconstruction d'un regard en remplacement de la fontaine de la rue de Paradis. Récolement des travaux le l'a février 1706. — L'élargissement de cette rue ayant exigé la démolition d'une partie de l'hôtel de Guise et de la fontaine qui y était adossée, au tournant de la rue du Chaume, on décida que cette fontaine serait démolie et qu'un regard serait érigé contre une maison voisine. Messire François de Rohan, prince de Soubise, propriétaire de l'hôtel de Guise, offrit « au public le terrain nécessaire pour former un pan coupé au tournant de la rue du Chaulme et l'espace nécessaire au dedans de l'enceinte d'iceluy hôtel pour y pla-

> Regisires de la ville, II. 1838, vol. LXI, fol. 53 et suiv. N° 21 de la carte. « Registres de la ville, II, 1838, vol. LXI, fol. 103. N" 20 delà carte.

r.86 LES ANCIENNES EAUX.

CCI- le regard qui seroit conslruif à ses dépens sniuanL les dessins qui en seroienl donnés par le maîlre des œuvres de la ville.... » Les Iravaux furent cxéculés aux frais du prince; le récolcment en fut fait par le maître des œuvres en présence du prévôt des marchands, des échevins, « du procureur du Roy et de la Ville et du greffier d'icelle». L'avis du maîlre des œuvres était que le tout avait élé bien et dûment exécuté, et il se chargea de la clef dud' regard « comme garde et ayant charge des fontaines publiques de lad'" Ville ». Le procès-verbal portait la date du 10 février 170G et, le 12 du même mois, le bureau « donna acic aud' seigneur, prince de Sonbise », de la réception des travaux '.

On grava sur ce regard l'inscription suivante encore lisible aujourd'hui, sur une plaque de marbre noir et en lettres autrefois dorées.

UT DARET IIUiNC POPULO FOXTEM UERTABAT UTERQUE SUBISIUS POSUIT ÎIŒNIA, PR^TOR AQUAS.

PR-EFEf.io CAROLO lîOUCIIEn D'ORSAY, .CDiunus MARTINO JOSEl'llO liELLIER, AiSTOMO BACDIN et IIENRICO BOUTET

PROCUliATORE ET ADUOCATO REGIS ET URIlIS iMCOLA GUILLELMO MURIAU,

scRiB. JOANN. BAI'TIST. TAITBOUT, -^ quj:store NICOLA BOUCOT.

ANNO MDCCVI

I/hnlel de Guise est occu[)é aujourd'hui par les archives nationales. Le pan coupé, avec porte du regard, fronton, table de marbre, existe encore aujourd'hui et en très-bon état, au carrefour des rues des Francs-Bourgeois et du Chamne'.

' Extrait des registres du conseil d'État du 21 avril 1705. DansTesposé des motifs il est dit que culte fonlaine, par sa position au tournant de la rue du Chaume, était une cause d'embarras et en outre qu'elle donnait « occasion aux gens malpropres d'y venir faire et apporter des ordures »; de sorte que les porteurs d'eau, les habitants et artisans du quartier préféraient aller prendre de l'eau aux fontaines du cimetière Saiut-Jcan, ou du regard des Blancs- Manteaux. La rue de Paradis fait aujourd'iiui partie de la rue des Francs-Bourgeois entre les rites Vieiile-du-Temple et du Cliaunie.

* Registres de la ville, 11. ISU, vol. LXIV, f(d. 512 cl siiiv. N" 75 de la carte.

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