SUIS IMPENSIS CIVIBUS FLUERE VOI.CIT
SERENISSIMA PRINCEPS ANNA PALATINA EX BAUAlillS
RELICTA SERE.MSSIMI PRIXCIPIS
HENRICI JULll BORBOiNIl, principis condœi
ANNO IIOMIM MDCCXV
Le 9 mai 1808, le général Eslourmel signalait la privation où se trouvait le quartier Sainl-Sulpice, depuis que la fontaine Garancière n'était plus alimentée (la privation durait depuis trois ans) ; il demandait le rétablissement de rinscri|ilion qui ornait cette fontaine et rappelait les bienfaits de la princesse Palatine deBavière, sa fondatrice, dont les « vandales révolutionnaires ont fait gratter le nom et les titres, ainsi que du prince, son mari, comme si ce niunument, dont une pierre principale est détachée depuis ipiinze jours, n'était pas l'œuvre de la princesse. »
L'interruption que subissait l'écoulement de cette fontaine provenait de ce qu'elle n'était point considérée comme une propriété de la ville de Paris, mais bien comme une dépendance du palais du Sénat établie pour recevoir seulement le trop-plein des eaux du petit Luxembourg.
Le préfet de la Seine rejetait donc sa part de responsabilité dans la question en arguant de ce fait; d'un autre côté, les devis dressés en 1808 par l'ingénieui- hydraulicpie évaluaient à 3150 francs les drpensos qu'il faudrait faire pour en rendre le service permanent, cl ce cil if Ire élevé ne paraissait pas justifié par les avantages que le public pourrait retirer de cette fontaine.
Les choses en étaient arrivées au point que sa démolition paraissait iiuiiiincnle, quand, cédant aux sollicitations du général Estourmel et des habitants du quartier, se fondant d'ailleurs sur les inleiilions de l'empereur ([ui, loin de vouloir diminuer le nond^re d('> idulaines pidiliques, (humait tous ses soins à l'augmenter, le miiii>ticde l'intérieur décida en [uincipc, le 20 septembre 1808,
DISTRIBUTION. FONTAINE DE GRENELLE, 17i5, 1746. 597
c< que la fontaine de la rue Garancière serait disposée pour être alimentée continuellement comme les autres fontaines publiques », et, le 2 novembre 1809, le préfet de la Seine fut invité à pourvoir à la dépense des 3150 francs qu'exigeraient les réparalions sur le fonds du budget de 1808.
Les travaux furent exécutés à la fin de 1809 par l'ingénieur hydraulique en chef Bralle, et d'après ses devis'.
Fontaine de Grenelle. 1715-1746. — Un arrêt du Conseil du 2 mars 1715 ordonna qu'une fontaine publique et un regard seraient construits au carrefour des rues du Bac et de l' Université, conformément au plan présenté par le bureau et « que le propriétaire de la place sur partie de la(iuelle led' regard seroit construit remetroil incessament ses titres, mémoires et pièces entre les mains desd' Prévost des Marchands et Eschevins que Sa Majesté a pour ce commis et députés pour estre, le dédommagement dud' propriétaire, réglé en la manière accoustumée\ »
Cet arrêt souleva une très-vive .opposition dans le quartier et un autre arrêt du 10 octobre 1724 décida que la fontaine serait construite dans la rue Saint-Dominique ou dans une rue voisine ^
Son emplacement fut définitivement fixé rue de Grenelle, du côté des numéros impairs, à une petite distance de la rue du Bac. Un traité en date des G mars et 21 décembre 1739 chargea Edme Boucliardon de la décoration du monument. La fontaine est fort peu remarquable, mais sa décoration est justement considérée comme un chef-d'œuvre de sculpture.
Malheureusement la rue de Grenelle est trop étroite pour que l'œil embrasse l'ensemble du monument; je ne puism'empêcher de regretter que, parmi tant de millions dépensés pour l'embellissement de la ville, on n'en ait pu trouver trois ou
* Archives niilioiiales, F 13, 1002, liasses.
'- Pesistres de la ville, H. 1846, vol. LXIX, fol. 200.
5 Ibkl, II. 1851, vol. LXXIV, fol. 41.
quatre pour créer une place convenable en face de l'œuvre de Boncliardon. Un petit square aurait été mieux placé là que ceux qu'on a construits dans tant d'autres localités moins peuplées.
Ces belles sculptures ont été et sont encore l'objet de l'admiration générale; en 1746, après l'achèvement des travaux, le bureau rendit l'ordonnance suivante, dont la teneur, malgré sa naïveté bourgeoise et peut-être à cause de cette naïveté, dut toucher plus vivement le grand artiste que la modeste pension viagère de 1 500 livres qui lui fut accordée'.
Ce jour nous Prévost des marcliands et Eclicvins de la ville de Paris assemljjés au Bureau de ladite ville avec le Procureur du Roy et de la ville pour les affaires d'icelle, ayant considéré que les ouvrages de sculpture en marbre et en pierre qui avoient été ordonnés par nos prédécesseurs suivant les marelles faits au bureau par actes des six mars et vingt-trois décembre mil sept cent Irenle-neuf avec le S' Edme Boucbardon, sculpteur ordinaire du Roy, pour la décoration de la fontaine construite dans la rue de Grenelle, quartier Saint-Germain des Prés étoicnt si parfaitement acbevés et d'une si grande beauté, que ce monument élevé à la gloire de Sa Majesté feroit connoître dans les tems les plus reculés le goût de ce siècle et à quel point de perfection l'art de la sculpture a été por^é par ledit S' Boucbardon, qu'un ouvrage aussi digne de l'admiration générale méritoit également de celte ville capitale une marque de rcconnoissance envers le S' Boucbardon, qui puisse en même temps exciter l'émulation de tous ceux qui s'adonnent aux arts et transnutire à la postérité un exemple des récompenses que méritent leurs talens et leurs veilles, lorsqu'ils atteignent à un degré de perfection capable de faire bonneur au goût et à la magnificence de ce grand Royaume; sur quoy la matière mise en délibération, avons du consentement du Procureur du Roy et de la ville accordé au S' Edmo Boucbardon, sculpteur ordinaire du Roy, une pension viagère de quinze cens livres à compter de ccjourd'huy, laquelle lui sera payée de six mois en six mois par Jacques Boucot, Ecuyer, Conseiller du Roy, Receveur des Domaines, dons, octrois cl fortifications de la ville, en rapportant par lui ces présentes pour la première fois seulement. — Fait au bureau de la ville ledit jour onze lévrier mil sept cent
' Voir h l'atl;is l'ùlévation do la fontaine de Grenelle.