DISTRIBUTION. — REGARD DD POT-DE-FER. G
Fontaine de Jarente, silnée au fond de l'impasse de la Poissonnerie, rue de Jarente. — 11 n'est fait aucune mention de l'origine de celle fontaine, ni dans le décret du 2 mai 1806, ni dans aucune des pièces anlérieures qui me sont passées sous les yeux ; d'après les traditions du service sa fondation remonterait cà 1700\ Elle fut reconstruite en 1783 sur les dessins de M. Carron, arcliilecte du marché Sainle-Catherine érigé à la même dale.
Regard des Feuillants. — Sis rue d'Enfer à l'angle de l'école des Mines, supprimé en 1852, date du rachat des concessions qu'il alimentait \
Regard de la place des Victoires. — Affecté principalement à la distribution de la part altribuée à Bocquet dans le partage des eaux d'Arcueil du 23 mars 1656. C'était le plus important des châteaux d'eau de Paris : on n'y comptait pas moins de 31 concessionnaires en 1836. 11 a été supprimé vers 1855, après le rachat de la dernière concession' .
Regard du Pot-de-Fer. — Sis à l'angle des rues de Vaugirard et Bonaparte. Supprimé vers 1851 : l'unique concession qu'il desservait, à l'angle des deux rues, a été reporlée sur la conduite publique*, et est encore en activité.
' Fontaine de Jarente, n° 80 de la carte.
- Regard des Feuillants, n° 111 de la carte.
^ Regard de la place des Victoires, n" 51 de la carte.
* Regard du l'ot-de-Fer, n° 105 de la carte.
CUAriTKE XXIY
DISTRIBUTION DES ANCIENNES EAUX
(suite)
Fontaines de puisafje consiruiles depuis 1789. — Les fontaines publiques sont néjiligées de 1789 à 1800. — Disette d'eau de 1795 et 1790. — Décret du 2 mai ISOO indiquant les fontaines en activité et celles à construire. — Fonlaincs construites dans le dix-neuvième siècle. — Fontaine de la pointe Saint-Euslaclie. — Fontaine Desaix. — Fontaine du Chàtelet. — Fontaine de .Mars. — Fontaine de l'Éléphant. — Fontaine égyptienne. — Fontaine de la Paix. — Fontaines de l'Institut. — Fontaine de la halle au Blé. — Fontaine de l'esplanade des Invalides. — Fontaines construites au dix-neuvième siècle dont les archives ne font pas mention. — Tableau chronologique des anciennes fontaines.
État des fontaines publiques dans les dernières années du dix-huitième sièele. — De 1789 à 1806, les préoccupations politiques, le j)éiil dans lequel se lioiivail la France menacée de loules parts par l'invasion étrangère, détouriièreiil l'attention publique du service des eaux, on l'a déjà vu ci-dessus. Les fonlaincs |)uliliqucs furent également abandonnées. \ peine trouve-l-on dans les liasses des arcbives quelques rapports des
DISTRIBUTION. — DISETTE D'EAU, 1795 ET 1706. 6'i5
ingénieurs au ministre de l'intérieur pour obtenir l'autorisation d'exécuter de petits travaux de consolidation indispensables, par exemple un « rapport sur la nécessité de réparer le souillard de la fontaine de Richelieu, alors dans un état de dépérissement qui en rendoit son approche impraticable et dangereux. »
Au bas est écrit :
« La dépense évaluée à 200 livres est approuvée.
« 8 ventôse an IIP. »
J'ai sous les yeux une quantité de petits dossiers relatifs à des travaux qui ne sont guère plus importants.
Cette centralisation excessive, qui faisait remonter jusqu'aux chefs de l'administration les plus minimes affaires, amena promplement la ruine des fontaines. Tout travail d'entretien devient impossible lorsqu'il faut une autorisation ministérielle pour faire les réparations courantes; lorsque les ouvrages qui servent à l'adduction et à la distribution de l'eau ne sont pas entretenus au jour le jour, ils tombent promptement en ruines.
Pénurie d'eau à Paris en 1795 et 1796. - — Cet abandon des fontaines publiques amena une disette d'eau incroyable. La liasse F'M013 des archives contient environ 900 pièces relatives au tarissement des fontaines et aux plaintes adressées à la commission des travaux publics par toutes les sections de Paris.
Les habitants devaient alors recourir aux porteurs d'eau qui ne craignaient pas de faire payer la voie 40 et 50 sols.
La commission des travaux publics, pressée par le ministre de l'intérieur et par les habitants qui se plaignaient chaque jour de cette disette, avait résolu, en vendémiaire an IV (1796), de faire connaître au public, par une affiche placardée dans Paris, les causes du tarissement des fontaines, lesquelles étaient indépendantes du bon vouloir et des efforts de la commission. Ces
' Archives nalioiiales, F^, 1015. Liasse.
causes, dont le détail se liouve dans de nombreux rapiiurts, pouvaient se résumer ainsi :
1° Les dégâts commis parles débâcles dernières qui, en brisant les parties principales de la pompe du pont de la Raison (Notre-Dame), en avaient interrompu le service pendant plusieurs mois.
2° Les ravages produits par les longues gelées sur la totalité des conduites.
3° L'état de vétusté des pompes qui nécessitait des réparalions presque continuelles.
4° Les variations de niveau delà rivière qui forçaient à relever ou à baisser les roues, ce qui demandait plusieurs lieurcs chaque fois, pendant lesquelles le service se trouvait interrompu.
5° La difficulté de se procurer le nombre d'ouvriers nécessaire pour mener tous les travaux à la fois. Celte difficulté était telle qu'on avait proposé d'établir contre les ouvriers fonlainiers des bons de réquisition.
6° Le peu de pluie tombé pendant les cinq derniers hivers, ce qui avait réduit au-dessous du quart le produit ordinaire des sources de Bellevdle, du pré Le Pelletier (Saint-Gervais) et d'Arcueil et généralement de toutes les -sources.
7° La rareté des combustibles qui n'avait pas permis de faire usage des pompes à feu qui entretenaient tous les porteurs d'eau à tonneau.
8° Le prix excessif de la voie d'eau qui tenait à ce que les citoyens comme les porteurs d'eau étaient obligés d'aller puiser l'eau à la rivière, les fontaines étant taries.
De nombreuses pétitions demandaient l'établissement de nouvelles fontaines; mais elles étaient rejelées sans examen par la raison qu'on ne pouvait alimenter les fontaines existantes.
Décret du 2 mai 1806. — Lorsque la confiance fut rétablie, des mesures furent prises pour rcmetlre les fontaines en bon