CONCESSIONS FAITES AUX FHMS DE LA VILLE
messirc Armand-Hicrôine Bignon, prévôt des marchands. L'ordonnance par laquelle le bureau lui accorda douze lignes d'eau en snpeificie et laissa à la charge de la ville la dépense de 5000 livres exigée pour « la conslruclion d'un réservoir, ouuerlure des tranchées, pavement et Ihuyaux de plomb, » esl basée sur les services rendus par lui : « ayant réfléchy, dit le prévôt, sur les services importants que Messire Hiérôme Bignon, chevalier, conseiller d'Élat ordinaire, prevost des marchands, a rendus
à la ville en plusieurs occasions (entre autres) la continuation
de la gratification de douze mil liures que le clergé auoit coutume de payer aux officiers du corps de ville à chaque renouuellement des contracts pour le paiement des rentes assignées sur le clergé, laquelle auoit esté retranchée et a depuis esté rétablie par les soins de mond' sieur Bignon, nous écheuins auons arresté, etc» (Ordonnance du 7 juillet 1716). Cette dépense s'éleva, comme je viens de le dire, à 5000 livres ; c'est le seul document de ce genre que je trouve dans les registres de la ville. Il est donc trèsprécieux puisqu'il nous fait connaître dans une certaine mesure le prix de toute cette petite canalisation du service privé qui rayonnait autour d'un château d'eau.
Si l'on tient compte du prix élevé de l'argent à cette époque, on voit combien était onéreux le mode de prise d'eau par bassinet. L'hôtel de Messire Hiérôme Bignon était situé rue Neuve- Saint-Augustin, près de l'emplacement actuel du passage Choiseul, et par conséquent à 125 mètres à peine de la fontaine Louis-le-Grand (fonlaine Gaillon), oii se trouvait son bassinet, et cependant la dépense s'éleva à 5000 livres. Un concessionnaire ordinaire, un échevin, par exemple, recevant en sortant d'exercice quatre lignes d'eau valant 800 livres, était obligé d'en dépenser quatre fois autant et parfois beaucoup plus pour jouir de sa concession. Cela fait comprendre pourquoi les concessions à titre onéreux furent si lentes à prendre faveur, et pourquoi la Yille, pour développer ses receltes, ne se chargeait pas des trais de canalisation, excepté dans des cas fort rares, par exemple, lors-
qu'elle croyait accorder ainsi une sorte de rénuinéralion de services rendus \
Le tableau suivant fait connaître les concessions à titre onéreux qui sont désignées dans les registres de la ville ou dans les archives de l'inspeclion des eaux.
' IVgisIres de la ville, IL I iSO, voL LXIX, foL 581. L'avaiue des ôOOO livres nécessaires pour conduire Leau avait été faite par le S' Bartliehuy lijurdct, auijuul elle l'ut reniboutséc en vertu de cette ordonnance.
TALLEAU DES CONCESSIONS A TITRE ONÉIÏEUX.