ET PERSONNES
COMMUNAUTÉS ÉÎABI.ISSEMLNTS GRANDS DE DISTINCTION
RELIGIEUSES COLLÈGES nOriTAUX DIVERS SEIGNEtRS ET DIVERS
EaudeRungis 31 6 6 3 d2 25
— deBelleville 10 » » » 6 21
— du Pré-Saint-Gervais 9 » 5 » 0 11
Total 149
Si l'on tient compte des mœurs du temps, cette répartition paraîtra toute naturelle. C'étaient surtout les communautés religieuses et les grands seigneurs qui résistaient aux mesures prises pour révoquer les concessions particulières. Quant aux collèges et aux hôpitaux, ils étaient et seraient encore aujourd'hui respectés comme étant d'utilité publique, absolument comme les fontaines.
On ne fit, comme je viens de le dire, aucune concession d'eau nouvelle pendant les premières années de prévôté de Le Peletier. A partir du 10 janvier 1671, on recommença à accorder des brevets. La sécheresse avait-elle cessé? comptait-on sur le produit des pompes Notre-Dame, dont les projets étaient adoptés en principe? C'est ce qu'il est difficile de dire aujourd'hui. En fait, du 10 janvier 1671 au 18 juillet 1673, 23 concessions nouvelles furent accordées, savoir :
Eau d'Arcueil 14 ^
— de Belleville 2 ( „..
— du I^ré-Saint-Gervais 4^ l
— des pompes Notre-Dame 3 ]
Six de ces brevets étaient délivrés à des communautés religieuses, un aux administrateurs de l'Hôlel-Dieu, et les autres à de liants personnages, parmi lesquels il faut compter :
Le duc de Mazarin\ qui obtint 30 lignes d'eau pour son palais
' Ce n'est pas le cardinal de Mazarin qui est ainsi désigné : la concession est du 10 janvier 1U71, et Jlazaiin est mort à Vinccnnes le 9 mars 1601.
C08 Li:S ANClli.N.NES i;.\l:X.
sis rue Neuve-cles-Pelils-Cli;mips, an loin de la nie « Vivien ».
Michel Le Tellier, marquis de Louvois, pour son liùlcl de la rue Richelieu, un pouce d'eau à lui vendu parle nommé Pierre iMoiiesain, bourgeois de Paris, « faisant parlie de deux pouces et demy acquis par ledit Moncsain, de M' Geoffroy Bocquet'. »
« Marie de Roiian, princesse, duchesse de Chevreuse, comtesse de Moalfurl-l'Âmaury, veufue de messire Claude de Lori-aine, prince et duc de Chevreuse », 1 pouce d'eau des pompes ÎSotre-Dame, et 12 lignes d'eau deRungis pour son hôlcl de la rue Sainl-Dominiiiue.
Le duc de Luynes, 0 lignes en superficie, pour son hôlcl i\c l.i rue Saint-Dominique.
Casimir, « rui de Polcigne et de Suède », abbé coinmendataire de Sainl-Germaiu-des-Prés, 72 lignes deau de Rungis, pour l'abandon fait à la ville de la fonlaine Pesée, à Caclian*.
Pour conduire l'eau au palais Mazarin et à l'hôlel de Colberl, le bureau ordonna, le 18 février 1071, de démolir certains ouvrages appartenant à la ville « en la rneYiuien, » contre le mur du palais Mazai in, et (il conslruire dans le mur un regard ne faisant point saillie sur l'alignement pour y faire passer les tnyaux'. Avant il lallail tirer de l'ean du grand regard de la porte Saint- Denis.
En se reportant à la page 559, on trouvera l'élat général des concessions particulières, avec les noms des concessionnaiics, au 2 juin l()75. D'après ce tableau, le nombre des concessions s'élevait à 201, qui étaient ainsi jéi)ailics :
' Voy. p. 104 et 105.
* Regislres de la ville, 11. KS-23 el 182i, vi>l. XLVl el XLVll. IVui- ce qui coiiceriie la fontaine l'esée, voy. page 101.
s Rr-isliTS lie la ville, H. 1S2'). v..l. XI.Vl, f.il. 19Ô.
URDUNiNANCE UEUTIVE A LA VENTE DE 20 l'OUCES D'EAU, 1675
Pouces, lignes.
j 5(j sur la rive gauche 5 28
Eau d'Arcucil | j gur la rive droite 1
( 20 sur la rive gauche et dans la Cité.. 4 6
Eau de Seine | ^g g^,^, ^^ ^.■^^,^ ^]^,^■^^Q 4 25
Eau du Pré-Saint-Gervais. 20 concessions / ^1*
E;iu de CelleviUe 46 concessions ' ^'"
1'Qt;,ux 201 concessionnaires recevant 18 96
Vers la même date, une mesure forL sage lut prise par le bureau; il fut décidé que, pour faire rentrer la ville dans les déboursés fait, par elle poiu' construire les pompes dupent Notre-Dame, acquérir les deux moulins dudit pont et entretenir les machines, ou vendrait vingt pouces d'eau au public.
Yoici le texte même de celle ordonnance :
Ordonnance pour la vente en deniers comptans ou en rentes de W poulces d'eau prouenans des machines du pont Notre-Dame.
El sur ce que Monsieur le Preuost des marchands a remonstré a la Compagnie que louttes les fontaines publicques estant fournies d'eaue suffisammeM, et les particuliers quy ont des concessions jouissant de leur distribution,'il restoit encore une très grande quantité d'eau dont la ville pourroit disposer quv pouroit seruir au remboursement des sommes quy scroient empruntées pour l'aquisition desdits moulins et pour l'entretien des machines, ouy le Procureur du Roy et de la Ville en ses conclusions, la mat.cre mise en desliberalion, a esté unanimement arresté et concU.d que Messieurs les Preuost des marchand/, et Escheuins auec Messieurs les Conseillers de ville commissaires députez pour la distribution des eauës des foulâmes publicques de la dicte ville pourront vendre jusques a la quantité de vmgt poulces d'eauë prouenant desdictes esleuàons par poulce, demy-poulce et quart de poulce, scauoir le poulce moyennant six mil liures en deniers comptans ou cinq cens liures de rente, racheptables de dix mil liures, et des aultres quantitez a proportion, pour eslre les deniers en prouenans employez au rachapt des renies constituées pour l'aquisition desdits moulins et les arrérages des rentes quy seroient conslituécs au proffict de ladicle ville pour lesdictes eaucs employez a l'entretien des machines suinant la conueution quy a esié faicte auec lesd* De Mance et Jolj '.
> IVgistros .10 l;i ville, II. 1824, vol. XLVII, fol. -i3S. 30 juillet 1673.
Le piix du pouce d'eau fixé à 500 livres de renie racliclable à 10000 livres élail trop modéré, puisque l'acquéreur recevait 19™, 195 par jour, ou 7006 mètres cubes par an ; la ligne d'eau ressortait à 5 fr. 47 par an, rnchelable à 69 fr. 40 ; le mètre cube ne coûtait que 0 fr, 07. Aucune distribution d'eau ne peut aujourd'hui être faite à si bas prix, même en tenant compte de la différence de la valeur de l'argent. Los porteurs d'eau ne pouvaient en livrera ces conditions, cela est évident. Le puisage aux fontaines publiques parles domestiques coûtait encore plus cher; et cependant du 2 juin 1673 au 12 janvier 1093, c'est-à-dire pendant vingt ans, aucune concession à prix d'argent ne fut accordée, ni peut-être demandée, du moins on ne trouve aucune mention d'une demande de ce genre dans les registres de la ville: c'est un fait Irès-exlraordinaire : loules les concessions gratuites étant accordées à la noblesse d'épée ou de robe, ou à la haute bourgeoisie, et les concessions à titre onéreux étant au contraire à la disposition de tous ceux qui avaient l'argent nécessaire pour les payer, on ne comprend pas comment, dans une ville aussi riche que Paris, on ait tant hésité à profiter des avantages offerts par le bureau.
Il n'y a pas de doute à mes yeux, c'est au prix élevé des prises d'eau par bassinets qu'il faut attribuer ce résultat. Pour faire ces prises d'eau, le concessionnaire devait poser une conduite spéciale en plomb depuis le bassinet mis à sa disposition dans le regard le plus voisin de son immeuble, jusqu'à sa maison. Malgré le bas prix du plomb, les travaux de canalisation ne laissaient d'être fort chers.
Canalisations faites aux frais de la ville, prix élevé de ces canalisations. — En général cette dépense était supportée par le concessionnaire; ccpendnnt, dans certains cas, lorsqu'il s'agissait notamment d'un membre de l'échevinage très-distingué, le bureau mettait à la cliarge de la ville les travaux de canalisation. C'est ce qui eut lieu notamment à la sortie de l'échevinage de