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Parmi les 204 concessions portées à cctabloan, deux snnl encore en aclivité : l'une desserl la maison de M. Boulay delà .Meuithe, sise au coin des rues de Vaugirard el Bonaparte. Elle tirait son eau autrefois du regard du Pot-de-Fer. L'autre alimente la maison de Mme la Tour du Pin, 13, rue d'Allemagne; elle lirait son eau du regard du Chaudron, Aujourd'hui ces deux concessions sont branchées directement sur la conduite publique voisine, comme les abonnements ordinaires.

Les autres concessions à litre gracieux ont été supprimées sans indemnités : on s'est contenté de rembourser aux usagers la valeur de leurs conduites, dans les mômes conditions que pour les concessions à litre onéreux.

En résumé, au moment du rachat il existait 1 12 concessions à titre onéreux, débitant 20 pouces 140 lignes et demie d'eau, el 204 concessions à titre gracieux, débitant o4 pouces 110 lignes el demie d'eau, soit en totalité 51G concessions, débitant 55 pouces 107 lignes d'eau, ou 1056 mètres cubes en vingt-quatre heures.

Les bains. — Parmi les concessions dont les litres soiU transcrits sur les registres de la ville, une seule fut accordée, le

LES BAIGNEURS OU BARBIERS ETUVISTES. 'i2o

19 septembre 1750, à un baigneur, Pierre Ringard, rue du Roide-Sicile. Elle figure sur le tableau des concessions à titie onéreux, page 677, et sur celui du rachat, page 704; elle fut desservie jusque vers 1815. La veuve de Ringard exerçait aussi la profession de baigneuse étuvisle en 1754 et son établissement existait encore vers 1856 au moment de la construction de la rue de Rivoli, dans le passage des bains, rue Saint-Antoine, n° 79, lequel passage débouchait rue du Roi-de-Sicile, vis-à-vis la rue Pavée. C'est certainement le plus ancien établissement de bains alimenté avec les eaux publiques de Paris.

Le bureau ne tenait probablement pas beaucoup à développer cette industrie alors fort mal famée, car il lixa à 1200 livres le prix de quatre lignes d'eau demandées par Pierre Ringard . Celuici, faisant valoir sa qualité de principal locataire, en offrait 600 livres; d'après l'ordonnance du 8 avril 1709, la somme à payer aurait dû être réduite à 400 livres. Malgré son prix élevé, celle concession mettait Pierre Ringard dans une position bien meilleure que ses confrères ; les 4 lignes d'eau ou 552 litres lui coûtaient 5 sols environ par jour, tandis que les autres étuvistes payaient le même volume 2 livres 10 sols aux porteurs d'eau. L'établissement était du reste fort modeste ; avec 552 litres d'eau on ne pouvait servir plus de trois ou quatre bains par jour. Deux baignoires suffisaient à la rigueur pour cela. Les autres baigneurs étuvistes n'étaient pas plus grandement moulés et de plus élaient fort peu nombreux. Voici, d'après les documenls du temps, quelle était la situation de celte industrie en 1692 :

« Les Rarbiers Raigneurs qui tiennent des Rains, des Étuves et des dépilatoires pour la propreté du corps humain, sont messieurs du Pont et Mercier, rue de Richelieu, Jordanis, rue d'Orléans, du Rois, rue Saint-André, du Perron, vieille rue du Temple^ de la Cour, rue des Marmousets, etc.

« Les Dames sont baignées chez M. Du Bois par mademoiselle son épouse.

« R y a encore des Etuves de l'ancien usage, rue de Marivaux et

riie du C.iinelière Sainl-Nicolas-des-Champs, où les gens de médiocre coiidilioii vont clierclicr quelques secours pour les douleurs et rhumatismes'. »

La plus grande partie de la population ne prenait donc pas de bains et s'en faisait une étrange idée ; on les considérait comme une sorte de remède dont on ne faisait pas usage impunément. J'en trouve la preuve dans le même opuscule.

« Ces douleurs (les rhumatismes), celle de la scialique, etc., sont infailliblement guéries par l'usage des Baignoires et Etuves vaporeuses de nouvelle invention, qui se tiennent au jardin medecinal de Pincourt entre la pointe Saint-Louis ella porte Saint- Antoine.

« C'est une sorte de machine dans laquelle on est baigné sans être dans leau, et en laquelle on sue aussi abondamment que l'on veut sans être à sec, ce qui fait que son usage ne cause, ni la constipation du ventre et la faiblesse de la poitrine comme les bains ordinaires, ni les évanouissements, la chaleur intérieure, et la difhculté de respirer, qui sont les suites ordinaires des étuves échauffées par le feu de bois ou d'esprit de vin. »

Au milieu du dix-huitième siècle, l'industrie des bains était à peu près dans le même état. Voici ce que je lis dans le Journal du Ciloijen, publié à la Haie en 1754, page 186.

c< 11 n'y a point à Paris, comme il y avait à Rome, de maisons publi(pies, faites particulièrement pour les bains, autres que celles des baigneurs éluvistes, chez lesquels on se baigne séparément et commodément pour la propreté et la santé, et qui prennent en pension les personnes qui s'y veulent baigner. Ces baigneurs sont :

« Madame Buttay, baigneuse pour les dames, rue Montmartre. On paye 12 //r. et 6 liv. quand on prend les bains de suite.

« Sylvain, rue Saint-Anne; Gayneel VÈtourneau, rue de Ri-

' Le Livre commode, contenant les adresses de la ville de Paris pour l'année bissextile 1692, page 5i. Cet opusciilc, <jni valait bien 50 ou -40 sols en 1692, se vend aujourd'hui 1000 francs.

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