‹ Les eauxChapitre 302 sur 310 · DE L'ATLAS · texte numérisé non relu

DE L'ATLAS

Planche L — Carte générale comprenant :

1° Les anciennes enceintes de Paris;

2° V aqueduc romain de Chaillot, chap. II, de la page 25 à la page 52 du texte ;

5° L'aqueduc romain d'Arcueil, chap. 111 et IV, de la page 55 à la page 82 ;

4" L'aqueduc du Pré-Saint-Gervais et de Belleville, chap. Y et VI, de la page 82 à la page 146 ;

5° U aqueduc d'Arcueil, chap. VII, VllI et IX, de la page 147 à la page 215 ;

6° La distribution des anciennes eaux de Paris, avec la position des fontaines et regards;

7° L'arrivée à Paris dît canal de VOureq ;

8° — de Vaqueduc de la Dhuis ;

9° — deVafiueducdelaVanne;

10° L'aqueduc de ceinture ;

11° Les conduites de refoulement des machines et les réservoirs ;

12° La distribution d'eau des bois de Boulogne et de Vincennes.

Les ouvrages modernes tels que le canal de l'Ourcq, les aqueducs de la Dhuis et de la Vanne, elc, seront décrits dans le volume suivant.

Je n'ai rien à ajouter ici à ce que j'ai dit, dans le texte, des anciens aqueducs et des machines de la Samaritaine et du pont Notre-Dame.

Il me reste donc à décrire l'ancienne canalisation.

Ancienne canalisation. — Nos conduites de distribution modernes sont sans solution de continuité depuis leur origine dans le réservoir, jusqu'à un point quelconque du réseau ; l'eau dans ces conduites conserve donc toute la pression due à l'altitude du réservoir, déduction faite des pertes de charge produites [lar les frottements, ce qui facilite beaucoup la distribution.

Les anciennes conduites n'étaient pas disposées ainsi; elles déversaient toute l'eau qu'elles portaient dans la cuvette de chaque regard qu'elles traversaient ; la charge de l'eau à la sortie d'un regard se trouvait ainsi réduite à la différence de niveau du trop plein de la cuvette et du sol de la rue.

Les regards de distribution n'avaient ilonc aucune analogie avec les puisards qui portent aussi ce nom, qui, enfouis sous le pavé des rues, permettent de visiter les aqueducs et les parties délicates de la canalisation, notamment les robinets d'arrêt : dans l'intérieur de la ville, ces édifices formaient saillie au-dessus du pavé des rues. Plus tard ou couqiléla la cuvette par ce que les Romains appelaient un château d'eau (caslellum), en disposant sur le môme plan horizontal les bassinets d'où parlaient les conduites des usagers. J'ai fait la desciiption complète du château d'eau de la fontaine de l'Arbre-Sec'. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'en ai dit; le tableau qui se trouve au bas de la page 530 fait voir que ce château d'eau, outre la fontaine de l'Arbre-Sec et les conduites de onze concessionnaires, alimentait trois regards

' Voy. pages .")29 et suivanlcs.

EXPLICATION DES l'LAXCIIES DE LATLAS. 755

publies, ceux de la place des Vicloires, du Palais-Royal eL de la Grande-Ecurie. C'était à la fois, pour me servir de l'expression romaine, un château d'eau public et un château d'eau privé.

Chaque regard tirait donc son eau d'un autre regard du voisinage. Il y avait une expression consacrée pour cela ; dans le tableau de répartition des eaux qu'on trouve dans les registres de la ville, on lit par exemple : « Fontaine de la Reyne qui se prend à la fontaine Saint-Innocent'. » Ce qui veut dire que la fontaine de la Reine tirait son eau du regard de la fontaine Sainl- Innocent.

Un Irès-pelil nombre de fontaines ou regards s'alimentaient directement sur la conduite publique. L'expression consacrée est alors « qui prend son eau sur le tuyau passant ».

On ]ieut donc, au moyen des tableaux de répartition des eaux donnés dans le texte, déterminer la disposition des conduites et la direction dans laquelle marchait l'eau d'un regard à l'autre. Les conduites étant coupées à chaque regard, cette direction de l'eau était invariable.

Celte explication était nécessaire pour l'intelligence de la description suivante de l'ancienne canalisation de Paris, que j'ai faite au moyen du partage des eaux du 22 mai 1669 et du 2 juin 1675 \

Le numéro qui, dans cette description, suit chaque nom de regard est celui qui désigne cet ouvrage sur la carte. On peut donc, au moyen de ces numéros, suivre le tracé des conduites et se rendre compte des regards et fontaines qu'elles alimentaient.

J'ai conduit, dans le texte, l'eau du Pré-Saint-Gervais jusqu'au prieuré de Saint-Lazare, faubourg Saint-Denis, l'eau de Bclleville jusqu'à l'entrée de la rue des Filles-du-Galvaire et celle d'Arcueil

' (1 Estât général de la distribution, etc. » 2 juin 1095, page 505.

- CV'st encore un point à noter, car il n'en est pas ainsi dans nos distributions modernes : les conduites d'un réseau de distribution étant toutes reliées les unes aux autres, sans solution de continuité, Peau y coule tantôt dans un sens tjntot en sens contraire, suivant que les pertes de charges augmentent ou diminuent dans telle ou telle partie du réseau.

justiu'au cliàleau d'eau de l'Observatoire; c'est à partir de ces trois points que je vais décrire l'ancienne canalisation.

Eau du Pré-Saint-Gervais. — Au partage du 22 mai 1669 celte eau alimentait encore toutes les fontaines situées à l'ouest de la rue Saint-Martin, sauf celle du Trahoir

Le premier regard, celui de la porte Saint-Denis, se prenait à la fontaine Saint-Lazare. Les fontaines de la rue Saint-Denis, du Ponceau (65), de la Reine ou Grenelât (04), des Innocents (ô9), tiraient leur eau du regard Saint-Denis, soit par une conduite unique, déversant ses eaux successivement dans chaque château d'eau, soit plus probablement, en raison du peu de pente de la rue Saint-Denis, par autant de conduites qu'il y avait de fontaines. Les fontaines de la Halle (58), de Saint-Leu (62), de l'apport de Paris (du Chàtelet 60), se prenaient à la fontaine des Innocents par trois conduites séparées; l'ancienne fontaine du Palais au regard de l'apport de Paris, et le regard de l'hôtel de Soissons à la fontaine de la Halle.

D'après le partage du 2 juin 1675, l'eau du Pré, à partir du regard de la porte Saint-Denis, alimentait la fontaine des Petits- Pères (50), qui se prenait au regard- de la porte Saint -Denis par une conduite suivant la rue de Cléry.

La fontaine des Petits-Carreaux se prenait sur le « thuyau passant », c'est-à-dire sur cette conduite de la rue de Cléry. Après avoir alimenté la fontaine des Petits-Pères, cette conduite se prolongeait jusqu'au regard de l'hôtel Mazarin, au coin des rues Vivienne et Neuve-des-Pelits-Champs, oii elle laissait trente-six lignes d'eau pour cet hôtel et dix-huit lignes pour « monsieur Colbert; » elle se terminait au palais du cardinal de Richelieu où elle versait cent soixante lignes d'eau avant la mort du cardinal, mais où elle ne versait plus rien en 1669 et 1675.

Eau de BcUcviUc. Celte eau élait conduite dans le regard du Calvaire; elle alimcnlait en 1669 et 1675 la fontaine Sainl-

Louis (79) et le regard de l'Égout, près de la fontaine de l'Echaudé (70). Les regards des Blancs-Manteaux (rue Vieilledu-Temple, 74) et des Haudrieltes (71) se prenaient au regard de l'Égout par deux conduites spéciales. La fontaine de Paradis (regard Soubise, 75) et la fontaine de Sainte-Avoye (72) se prenaient à la fontaine des Haudriettes, également par deux conduites séparées.

En 1669, l'eau de Belleville alimentait, en outre, les fontaines Maubuée (61) qui tirait son eau du regard Sainte-Avoye, et Saint- Julien des Menestriers qui se prenait à la fontaine Maubuée.

Plus tard, la fontaine Boucberat (68) tirait son eau du regard de l'Echaudé, et le regard des Enfants-Rouges (69), de la fontaine des Haudrieltes par des conduites spéciales.

Eaud'Arcueil. Partage des eaux de 1669, avant la construction despompes Notre-Dame. — Du regard du châteaud'eau (116), partaient deux conduites, l'une de 0"',250, l'autre de 0", 216 qui, suivant la rue d'Enfer, aboutissaient au regard de la porte Saint- Michel (109); une troisième conduite qui se. détachait du même château d'eau, suivait la rue du Val-de-Grâce et alimentait un regard qui devint bientôt fort important, celui de Notre-Damedes-Champs ou des Carmélites (117). Cinq concessions restaient directement branchées sur les tuyaux passants de la rue d'Enfer.

Du regard de la porte Saint-Michel parlaient cinq conduites qui alimentaient les fontaines suivantes :

Fontaine Saint-Benoît (fontaine Cambrai, 125).

Fontaine Saint-Côme (108), rue des Cordeliors, aujourd'lmi rue

de l'École-de-Médecine.

Fontaine Sainte-Geneviève (12 i), en face l'Ecole polyteclinique. Fontaine Saint-Séverin (127).

Fontaine de la Porte-Saiiit-Germain (des Cordeliers, 105).

La fontaine de la Grève se prenait sur le tuyau passant sur le Petit-Pont et le pont Notre-Dame'. Ce tuyau alimentait probable-

' Voy. page 518.

73G LKS ANCIENNES EALX.

mcnl la fonlainctlc l'apport Baiuloyer (75), dont le regard Iburnissail l'eau nécessaire à la fonlaine deBiragiie.

Je ne \ois pas nellemcnl comment élaienl alimentées les fontaines de la ])lace Mauberl (l^ô), du parvis Notre- Dame (128), de la cour du Palais (la Sainte-Chapelle 102), des Grands-Angustins; il est certain que ces fontaines recevaient l'eau d'Arcueil dans l'origine.

Après la construction des pompes Notre-Dame, les fontaines suivantes cessèrent d'èlre alimentées par les eaux d'Arcueil : fontaines de la cour du Palais, du parvis Notre-Dame, Saint- Séveriu, de la place Maubert, des Cordeliers, de la Grève, de l'apport Daudoyer, de Birague. Celle économie d'eau permit de construire les fontaines et regards suivants : regard de la Providence (118, vis-à-vis rÉcole Normale), qui se prenait au faubourg Saint-Jacques, dans le regard des Carmélites, par une conduite suivant à peu près le tracé actuel de la rue des Feuillantines ; la fontaine du Pol-de-Fer (110) ou Saint-Marcel, qui tirait son eau du regard de la Providence; la fontaine Saint-Victor (122) qui se prenait à la fontaine du Pot-de-Fer.

De la fontaine Saint-Micliel se détacha une sixième conduite qui alimenta la fonlaine de la Charité ou Taranne (98) el, en passanl, la fonlaine du Petit-Marché-Saint-Germaiu.

Plus tard, une septième conduite fut dirigée du même regard Saint-Michel au regard du petit Luxembourg (106) et à la fontaine Garancière (107)..

Vers la même époque on construisit rue d'Enfer le regard de la Demi-Lune (114), qui reçut une partie des eaux d'Arcueil pour alimenter les nombreuses maisons religieuses du quartier, les Feuillants, les Chartreux, St-Magloire, etc.

Enn montée parles pompes du pont Notre-Dame, dans la cité et sur la rive gauche. — Un regard construit sur le Petit-Pont tirait son eau direclement de la tour des pompes du pont Notre- Dame. 11 alinicnlail, par trois tuyaux différents, la fontaine du

Parvis-Notre-Dame (128), la fontaine du Palais ou de la Sainle- Chapelle (102), et la fontaine de la porte Saint-Germain (des Cordeliers, 103). La fontaine du marché Saint-Germain s'alimentait directement sur la conduite publique. Il en était de même de la fontaine Saint-Séverin (127); ce dernier regard fournissait, par une conduite spéciale, l'eau nécessaire à la fontaine de la place Maubert (126). La fontaine Taranne (98) était alimentée partie en eau d'Arcueil qu'elle tirait, comme je viens de ie dire, du regard Saint-Michel, et partie en eau de Seine, que lui fournissait le regard des Cordeliers.

Sur la rive droite. — Le regard de l'apport de Paris (place du Chàtelet) s'alimentait directement à la tour des pompes Notre-Dame.

11 fournissait l'eau nécessaire au grand regard des Innocents (59) qui, par deux conduites différentes, alimentait les fontauies de la Reyne (64) et des Halles ; le regard de l'hôtel de Soissons se prenait sur cette dernière.

La fontaine du Coin-de-Rome, sise à l'extrémité de la rue au Maire, lirait son eau de la fontaine de la Reine. Il en était de même de la fontaine Sainl-Leu (62); la fontaine Maubuée s'alimentait dans un regard dont je n'ai pu trouver trace, celui de la fontaine Saint-Servant.

La fontaine de l'apport Baudoyer, remplacée plus tard par la fontaine Saint-Jean (75), se prenait à la tour des pompes Notre- Dame par une conduite qui alimentait en passant la fontaine de Grève. La fontaine de Birague (81) se prenait au. regard de l'apport Baudoyer, et alimentait par deux conduites spéciales le regard Lesdiguières (85) et la fontaine de la Bastille (aujourd'hui des Tournelles, 84).

Eaux du roi. — La Samaritaine envoyait directement l'eau qu'elle montait au jardin des Tuileries', par une conduite spéciale suivant le quai; une autre conduite alimentait au besoin le

• Voy. page 232.

738 l.i:s ANCIENNES EAUX.

regartl de la Ci'oix-du-Tralioir (fonlaine de l' Arbre-Sec, 56), sise à l'angle des rues Saint-Hoiioré et de l'Arbre-Sec.

Les eaux (VArcneU que le roi s'était réservées dans les partages de 1634 el 1656, et deux pouces cent huit lignes des eaux concédées à Bocquct, se rendaient aussi au regard de la rue de TArbre-Sec par une conduite spéciale dont le tracé n'est pas bien connu. Delà les eaux de Bocquet se dirigeaient vers le regard des Victoires (51), et celles du roi vers les regards de la Grande-Écurie et du Palais-Royal (54), par trois conduites séparées.

Les conduites qui reliaient ainsi les uns aux autres les regards et les fontaines étaient généralement en plomb ; cependant on a trouvé sous les conduites en plomb de la rue d'Enfer des conduites en poterie de même diamètre entièrement remplies d'un dépôt de carbonate de chaux. Les conduites de fonte étaient plus rares encore. J'ai vu des conduites en fonte à brides carrées qui paraissent remonter au temps de Louis XIV, avant les frères Péruès, le diamètre des conduites ne dépassait pas 0'", 250.

PL.\>cnE II. — Aqueduc romain (VÂrcueil. — Profil des riyoles secondaires :

1° Aqueduc concédé par Louis XIII au maréchal d'Effîat, pages 48 et suiv.du texte;

2° Grande rigole de Wissous, pages 54et suiv. du texte;

5° Petite rigole de Wissous, pages 56 et suiv. du texte ;

4" Piigole de Rungis, pages 58 et suiv. du texte.

Plaxche III. — Aqueduc romain d'Arcueil. — Aqueduc de Marie de Médicis :

r Profd de l'aqueduc romain, pages 71 et suiv. du texte;

2° Profd de l'aqueduc de Marie de Médicis, pages 197 et suiv. i1u texte.

Planche IV. — Indication des regards des aqueducs du Pré- Saint-Gervais et de Delleville.

Regard do l'aqueduc du Pré-Sainl-Gcrvais.

1 Regard du Vieiix-Cacheloup.

2 Regard du Nouveau-Cacheloup.

5 Fontaine du Trou-Carré.

4 Regard des Bruyères.

5 Fontaine Saint-Pierre.

6 Regard du Trou-Morin.

7 Regard des Marchais.

8 Regard des Moussins (Mors-Saincts).

9 Regard de Bernage.

10 Regard de La Ruelle-des-Bois.

11 Regard du Pont-Carré.

15 Regard de la prise des eaux du Pré.

14 Regard des Cliauves-Souris.

15 Regard des Noyers.

16 Regard des Jardins.

17 Regard Basancourt.

18 Regard Sainte-Périne.

Betjnrd de l'aqueduc de BcUevillc.

22 Regard de la Lanterne.

23 Regard Beaufds.

2i Regard des Cascades.

26 Regard de la Planchette.

27 Reg. de la prise des eaux de Belleville.

28 Regard des Messiers.

29 Regard de la Roquette.

50 Regard des Pelites-Rigolles.

51 Regard Saint-Martin (ancien).

52 Regard des Grandes-RigoUes.

55 Regard des Envierges.

54 Regard desBlancs-Bardoux (Blanchc-

Bardou).

55 Regard du Chaudron.

50 Regard Lecouteux.

57 Regard des Marais.

58 Regard des Saussayes.

59 Regard Décadaire.

Planches V et VI. — Regards de l'aqueduc d'Àrcueil.

A Puits de Paray.

B Fontaine du village de Rungis.

C Regard de la Pirouette, à Rungis.

D Regard des Sources.

1 Regard Royal de Rungis.

a Canal de l'Église.

b Canal de Paray.

c Canal du Carré.

d Tuyau de superficie.

e Bonde de fond.

2 Regard.

3 Regard de Fresnes,

5 Regard.

6 Regard.

7 Regard avant l'IIay.

8 Regard dans l'Hay.

9 Regard après l'IIay.

10 Regard entre l'Hay et Arcueil.

Regard entre l'IIay et Arcueil.

Regard près d'Arcueil.

Regard en amont du pont-aqueduc.

Regard en aval du pont-aqueduc.

Regard dans Arcueil.

Idem.

Regard après Arcueil.

Idem.

Regard sur le territoire de Gentilly.

Regard de Gentilly.

Regard près le chemin d'Arcueil.

Regard.

Regard de la ferme de la Santé.

Regard à Monlsouris.

Regard derrière l'hospice de Montrouge.

Regard dans Paris.

Château d'eau de l'Observatoire.

Fontaines publiques. — Les 14 planches de l'atlas du ii- 7 au n° 20 inclusivement, représentent 22 des anciennes fontaines

qui sont encore en activité. Je n'ai pas cru devoir donner l'image des 15 fontaines suivantes :

Fontaine Sainte-Avoyo.

— Sainte-Geneviève.

— ihi Parvis-Notre-Dame.

— des Tournelles.

— Saint-Louis.

— Colhert.

— Garancière.

Fontaine Trogneux.

— de la Petite-Halle.

— de la Roquette.

— Saint-Benoît.

— • des Carmélites.

— Sainl-Sévcrin.

Cinq de ces fontaines sont de simples bornes-fontaines à repoussoir; la décoration des sept autres est dépourvue de tout mérite.

Je dois faire remarquer qu'en général, depuis le rachat des concessions, il n'était nullement nécessaire de construire des châteaux d'eau au-dessus des fontaines; toutes celles qui ont été construites depuis 1837, ne devraient donc faire qu'une trèspetite saillie au-dessus du sol, juste ce qu'il faudrait pour placer un seau, c'est-à-dire être réduites à la hauteur d'une borne-fontaine. Les fontaines Saint-Louis, de Charlemagne, de la Roquette, deCharenton, construites depuis 1857, sont donc de véritables hors-d'œuvre que rien ne justifie. Il va sans dire que cette observation ne s'applique pas aux fontaines qui ont un caractère monumental, qui sont de véritables œuvres d'art, telles que les fontaines des Innocents, Gaillon, Molière, Cuvier, etc.

Plusieurs des fontaines restées debout portent encore la plaque de pierre de. taille sur laquelle était scellée la table en marbre noir où étaient gravées et dorées des inscriptions analogues à celles des pages 607, 611 du texte. On voit très-nettement sur les héliogravures colles des fontaines du Pol-dc-Fer, Boucherat, de l'Echaudé, Maubuéc, du Vert-Bois, des llaudriettes, et de Jarente. Ces deux dernières ayant été reconstruites en 1775 et 1785, il est évident que cette mode a persisté jusqu'à la Révolution et môme au delà, puisqu'on lit une inscription sur la table

de marbre noir de la fontaine de la Halle-au-Blé construite en 1812. J'ai donné celles qui sont encore gravées :

A la fontaine du Pré-Saiiit-Gervais 1646

Au regard de Soubise, Archives 1706

A la fontaine de Grenelle 1759

Planches YIl et VIll, fontaine des Innocents. — Pages 460, 475 et 607 du texte. Cette fontaine existait certainement en 1274 et probablement en 1265. Elle a été construite par saint Louis. Il ne reste rien de cet ancien édifice : nous savons seulement qu'il était alors à l'angle des rues aux Fers et Saint-Denis où il a été reconstruit vers 1550 et décoré par Jean Goujon. La fontaine avait une façade dans l'alignement de chaque rue. La plus petite, celle de la rue Saint-Denis, était supportée par une arcade. Deux arcades semblables soutenaient la façade de la rue aux Fers. Les figures en demi-ronde bosse de Jean Goujon étaient disposées de chaque côté de ces arcades ; il y en avait donc cinq, deux sur la façade de la rue Saint-Denis, trois sur celle de la rue aux Fers; un grand panneau en pierre avec figures en demironde bosse était disposé sous chaque arcade ; un bas-relief non moins important s'étendait au-dessus de chaque voûte.

Vers 1788, lorsqu'on supprima le cimetière des Innocents, M. Six, architecte, adressa à M. de Breteuil, alors ministre, un mémoire où il exprimait l'avis que la fontaine devait être transférée au centre de la place substituée an charnier. Cette idée fut tellement goûtée que M. Six reçut une récompense et que la fontaine fut reconstruite sur un plan nouveau dans son emplacement actuel. Les travaux furent dirigés par MM. Legrand et Molinos, architectes des monuments historiques'.

On y transporta les sculptures de Jean Goujon, en les plaçant comme dans l'ancienne fontaine. Il suffit de jeter les yeux sur la photogravure de la planche YII pour reconnaître qu'il fallait

' M. Amaury Duval.

7i2 LES A>'CIENNES EAUX.

quatre panneaux verlicaux el huit horizontaux, et Jean Goujon n'en avait fait que cinq et trois de chaque sorte. Un sculpteur habile, M. Pajou, futchargéde la décoration complémentaire. C'était une rude lâche : on n'imite pas les chefs-d'œuvre de grâce et de naïveté de La Fontaine, du Corrègeetde Jean Goujon.

On peut dire, à l'honneur de l'artiste, qu'il s'en est tiré aussi bien que possible.

Jean Goujon avait choisi cette excellente pierre demi-dure de Paris, connue sous le nom de Banc-Royal, qui est inaltérable lorsqu'on l'emploie dans un lieu sec, à l'abri des atteintes des passants. On constata que ces chefs-d'œuvre si fragiles avaient été transportés et remis en place sans avaries. Mais dans son emplacement nouveau, la fontaine était plus accessible, moins facile à surveiller que dans l'ancien, et la buée qui se produit, comme chacun sait, au-dessus de toute chute d'eau, en baignait continuellement les parois.

Un l'apport de l'inspccleur général de la voirie du 11 frimaire an IV (179G) fait savoir au minisire « que la fontaine des Innocents dont la sculpture est due au célèbre Jean Goujon est sur le point d'être dégradée parles enfants qui... Unissent par parvenir dans la partie supérieure de cette fontaine où l'on observe que les ligures des bas-reliefs sont dégradées avec des couteaux ». Quatre mois après le ministre autorisa la pose d'une barrière, puis d'une grille.

Les photogravures Yll et VIII reproduisent fidèlement, sur chaque figure, les nombreuses maculations dues à l'aclion de la poussière el de l'humidité, et les érosions produites par la buée; heureusement, jusqu'ici, ces dégradations sont peu profondes.

MM. Legrand et Molinos laissaient tomber l'eau de chaque arcade dansune vasque construiteau-dessous.Dans ladernière restauration, pour donner plus de relief à la fontaine, on a fait épanouir l'eau en lames minces sur les bords de six bassins disposés en gradins ; elle arrive ainsi dans un seplième bassin silué au

niveau des allées d'un square qui aujourd'hui entoure la fontaine. Ces travaux ont été terminés en avril 1860 par M. l'architecte Davioud, sous la direction de M. l'ingénieur en chef Alphand.

Les grands bas-reliefs posés sous les arcades de la fontaine de MM. Legrand et Molinos étaient baignés par les lames d'eau qui tombaient dans les vasques. On reconnut qu'ils se dégradaient rapidement et on prit parti de les démonter et de les transporter dans une des salles du Louvre. Cette sage mesure aurait dû être appliquée à l'œuvre entière de Jean Goujon. Je sais que ce projet fut discuté à la dernière restauration ; chaque pièce de la fontaine devait être remplacée par une copie. Une malheureuse question de propriété fit échouer celte proposition. Ces belles sculptures restent donc exposées à l'action destructive de l'air humide. On a, dit-on, durci la pierre en la silicalisant ; si cela est vrai, il a fallu enlever les lichens, les mousses, et gratter les sculptures jusqu'au vif. Paris est peut-être la seule ville du monde où les travaux de ce genre se fassent avec adresse; mais, quelque habile que soit l'ouvrier, son grattoir enlève toujours quelque chose : les nez, les lèvres et les paupières s'amincissent; les figures perdent la jeunesse et la grâce de leurs contours, les draperies leur ampleur; cela est inévitable et très-regrettable.

J'ai examiné avec beaucoup d'attention les trois bas-reliefs transportés au Louvre ; d'après le livret, ils seraient en pierre de liais; cela me paraît douteux : le grain du calcaire est trop grossier. Il semble que ces sculptures aient été grattées, car on n'y voit aucune trace des maculalions produites par un long contact de l'eau, ni des érosions qui ont décidé l'administration à transporter ces belles pièces au Louvre.

La planche Yllreprésenle la fontaine dans son emplacement actuel, et les deux figures en demi-ronde bosse qui décoraient autrefois la façade de la rue Saint-Denis, et qui se trouvent encore en face de cette rue. La figure de droite était à l'angle de la rue aux Fers; les trois autres figures sculptées par Jean Goujon et

une de celles dues à Pajou sont représentées sur la planche Vill; la figure n° 1 était à l'angle de la rue Saint-Denis; la ligure n" 2 était entre les deux arcades.

JC'est à la fontaine des Iniiocenls que les eaux du canal de rOurcq se montrèrent pour la première fois aux yeux des Parisiens. La Peuvronnc, un des affluents de ce canal, fui introduite le 2 décembre 1808 dans le bassin de la Yillclte, et ses eaux coulèrent à la fontaine le 15 août 1809.

Planches IX etX. — Fontaine de Médicis, jardin du Luxembourg. — La fontaine primitive, érigée sur le dessin de Jacques Desbrosscs, archilectc de Marie de Médicis, est aussi ancienne que le palais lui-même ; dans l'origine, elle n'avait d'autre ornement que les congélations et les niches qu'on voit sur la planche IX ; la statue de Vénus qui s'élève au-dessus de la chute d'eau a été ajoutée depuis par M. de Gisors, l'ancien architecte du palais. La statue colossale de fleuve est due à François-Joseph Duret, grand-père de M. Durci, membre de l'Iuslilut, auteur de la belle statue en bronze delà fontaine Saint-Michel, et celle delà naïade à Claude Ramey ; et comme le premier de ces deux artistes est né à Yalenciennes en 1728 et le second à Dijon en 1754, il paraît certain que ces deux figures n'ont été ajoutées à la fontaine que vers la fin du dix-huitième siècle.

Lorsqu'on ouvrit la rue de Médicis sur le terrain du Luxembourg, il fallut déplacer la fontaine pour la conserver dans les jardins. On y fit des modifications assez importantes : on y ajouta les deux statues des niches latérales, la statue colossale en bronze de Polyplième, et par-dessous le joli groupe d'Acis et Galathée. Les armes des Bourbons et des Médicis ont été sculptées entre les deux statues colossales. Malheureusement, les armes des Médicis sont à gauche du spectateur cl celles des Bourbons à droite, ce qui est contraire à la règle. On croirait, d'après cette disposition, que c'est un prince de Médicis qui a épousé une princesse de Bourbon.

Celle fonlaiiie, transportée à rextrémité du bassin des Platanes, est du plus charmant effet, quoique ce bassin ait été un peu raccourci par l'ouverture de la rue. La jolie photogravure de la planche X en donne une idée très-nette.

C'est à M. de Gisors qu'on doit cette belle restauration qui remonte à 1864. Le groupe de Polyphème et celui d'Acis et Galalhée et, je le crois, les deux statues des niches sont dus à M. Ottin.

PLAScnE XL — Les trois fontaines qui figurent sur cette planche ont été construites dans le dix-septième siècle, sur les projets des maîtres des œuvres de la Yille, Michel Noblet et Jean Bcausire; celle de l'Echaudé, vers la fin de ce siècle; celle du Potde-Fer, en vertu de l'arrêt du Conseil du 22 avril 1671 3 la fontaine Boucherai a été terminée le 25 mai 4698.

Elles donnent une idée très-nette de cette architecture bourgeoise du Bureau de la Ville, qui n'accordait rien au luxe, mais faisait solidement tout ce qui était nécessaire.

Fontaine de VÉchaudé. — Sise à l'angle des rues Vieilles-du- Temple et de Poitou. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit de celte modeste fontaine pages 519, 568 et 618 du texte.

Fontaine du Pot-de-Fer. — Sise à l'angle des rues Mouffetard et du Pot-de-Fer. Yoyez ce que je dis de celte fontaine pages 498- 576 du texte.

Fontaine Boiicherat. — Sise au carrefour des rues de Turenne et Chariot. Voyez page 584 du texte.

Plaxcue Xll . — Fontaine de V Arbre-Sec, anlveïois fontaine de la Croix (Ju Tirnuer ou du Trahoir, sise au coin des rues Saint-Honoré et de l' Arbre-Sec. Construite par François F'" en 1529 ; reconstruite avec château d'eau en 1636 dans son emplacement ac-

tuel, puis enfin par Soufflot en 1775; avant 1792, elle était spécialement affectée à la distribution des eaux du Roi. Quoique simplement ornée de congélation, cette fontaine ne manque pas d'élégance et serait très-remarquée si elle n'était accolée à des bâtisses beaucoup trop élevées dont les tuyaux de cheminée la déparent absolument. La statue de la façade, rue Saint-Honoré, est fort jolie. (Voyez pages 471 et 529 du texte.)

Même planche, — Fontaine de Jarente ou de la Poissonnerie, page 105 du texte, sise au fond de l'impasse de ce nom, construite, suivant les traditions du service, vers 1700, reconstruite en 1785 par Caron en même temps que le marché Sainte-Catherine. Quoique très-simple, cet édifice est élégant et produirait un bon effet s'il n'était situé au fond de l'impasse fort malpropre de la Poissonnerie et adossé à des édifices d'une grande hauteur et très -mal tenus.

MiîME PLANCHE. — Fontaùie dcs Haudviettes, pages 568 et 618 du texte, située à l'angle des rues des Yieilles-Haudriettes et du Chaume, existait en 1G56 probablement, et certainement en 1 656, puisqu'elle ligure sur la carte de Gomboust. Reconstruite vers 1770 ou 1775 sous la direction de Moreau, maître général, contrôleur, inspecteur des bâtiments de la Ville, etc. L'observation faite au sujet des deux précédentes est applicable à cette fontaine. Quoique fort simple, elle ne manque pas de mérite et serait remarquée sans le voisinage des édifices auxquels elle est accolée. La figure de naïade en demi-ronde bosse qui se trouve au bas est très-jolie.

Planche Xlll. — Fontaine Mauhuée, sise au carreleur des rues Maubuée et Saint-Martin, reste de l'édifice reconstruit en 1755, incrusté dans l'angle de la maison n° 122 de la rue Saint- Martin. Voir les pages 460 et 604 du texte.

Même pla>'che. — Fontaine du Yert-Bois sise rue Saint-Marlin vers l'angle de la rue du Yert-Bois. La fontaine est bien conservée et les sculptures sont très-soignées. Le château d'eau était dans la tour, vénérable reste des fortifications du couvent. Voir les pages 464-615 du texte.

Même planche. — Fontaine de Charlemagne . Sise rue de Charlemagne, construite en 1840. Voir le tableau des fontaines, page 656 du texte.

Plaxcues XIY etXY. — Fontaine de Grenelle, pages 597 et suivantes du texte, sise rue de Grenelle, n° 59, près de la rue du Bac.

La planche XIV est la réduction par la photogravure de trois gravures de l'ouvrage de BlondeP qui elles-mêmes étaient la reproduction de dessins de Bouchardon. Elle fait voir, pai" le plan, l'élévation et les coupes de l'édifice, qu'il est sans profondeur. Le château d'eau était établi dans le vide qui existe derrière la partie saillante de la façade; il ressemblait beaucoup à celui de la fontaine de Birague, mais était moins important. La fontaine se composait de quatre robinets qui versaient et versent encore un filet d'eau dans des vasques ; tout cela ne mérite pas qu'on s'y arrête plus longuement ; la seule partie importante de la fontaine est sa décoration. La rue de Grenelle est si étroite, qu'il a été impossible d'en faire une photographie d'ensemble ; il a fidlu diviser la photogravure en trois parties qui, n'étant pas prises du même point de vue, ne forment point un ensemble en perspective. Je les ai donc fait séparer sur la planche XV.

Dans l'enlre-colonnement de la partie saillante de l'édifice se trouve la plaque de marbre noir sur laquelle a été gravée et dorée l'inscription de la page 599 du texte.

La statue qui s'élève au centre est la ville de Paris ; à ses pieds sont couchées à sa droite la Seine, à sa gauche la xMarne.

' Blonde), Archilcdure française, 1752.

Les quatre saisons sont figurées par les grandes stalues des parties courbes de rédilice et les bas-reliefs placés au-dessous. Ces bas-reliefs ont été souvent reproduits. Les armes de France sont dessinées sur le fronton de la planche IV ; elles sont remplacées dans la planche XV par une couronne de feuillage, (j'est la seule mutilation qu'on ait à regretter dans ce bel ensemble et heureusement elle n'est pas bien importante.

C'est Turgot qui, en 1739, pendant sa cinquième prévôté, signa le traité passé avec Bouchardon. Ce fui messire de Bernage, élu prévôt le 26 juillet 1743, qui, le 11 février 1745, pendant sa seconde prévôté, signa l'ordonnance du bureau accordant à Bouchardon une pension viagère de 1500 livres.

Planche XVI. — Fontaine égyptienne. Sise rue de Sèvres, contre l'hospice des incunibles, près de la rue Vanneau. Encore en activité.

Même plaische. — Fontaine de V Éléphant. Construite en plâtre, au centre de la place de la Bastille, sur les dessins de M. Alavoine. Aujourd'hui détruite.

Même pi.ancue. — Fontaine PoJiveau. Sise au carrefour des rues Geoffroy-Sl-Hilaire, Poliveau et Censier. Encore eu activité.

Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit de ces trois fontaines, pages 635, 636 et 645 du texte.

Planche XVH. — Fontaine de la Halle au Blé. Sise au pied de la tour de Catherine de Médicis, contre la Halle au Blé, au carrefour des rues de Yiarmeset de Vannes. La tour a été construite en 1572 par Jehan Bullant, architecte de Catherine de Médicis; la fontaine, en 1812. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit de celte élégante tour-fonlaine, pages 641 cl 642 du texte.

Même Planxiie. — Fontaine de Charenton ; tableau de la page

656 du texte. Construile en 1844 en vertu d'un arrêté préfectoral en date du 15 août 1844.

Planche XYIIï. — Fontaine du Regard, pages 629 et 658 du texte. Erigée par Bralle, de 1806 à 1810, en exécution du décret du 2 mai 1806, à l'angle des rues de Yaugirard et du Regard ; la sculpture est de Vallois. C'était une des jolies fontaines de Paris : le groupe de Léda est excellent et ne blesse pas plus le regard, quoi qu'on en ait dit, que tant d'autres ouvrages en pierre ou en marbre que personne ne songe à critiquer.

Elle était menacée de destruction par l'ouverture de la rue de Rennes. M. de Gisors, architecte du Luxembourg, offrit Thospitalité à l'œuvre de Vallois ; en reconstruisant la fontaine de Médicis en 1864, il y incrusta ces jolies sculptures.

Plancue XIX. — Fontaine de la Paix. Sise au marché Saint- Germain; construite de 1806 à 1810, sur les dessins de M. Destournelles, par M. Yoinier. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit de cet édifice page 657 du texte.

Même tlanciie. — Fontaine du ChâteJet ou du Palmier, pages 592 et 655 du texte. Autrefois fontaine du Grand-Chàtelet. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai écrit dans le texte, sur l'élégant ouvrage de Bralle et de Boizot.

Pour n'y plus revenir, je dois dire comment cette fontaine de puisage est devenue une fontaine monumentale.

Après l'achèvement du boulevart de Sébastopol, il fut décidé que la fontaine du Palmier cesserait d'être une fontaine de puisage, qu'elle serait transférée au centre de la place du Châtelet, dans l'axe du pont au Change, et que des mesures seraient prises pour y débiter une plus grande quantité d'eau.

Le 21 avril 1858, la fontaine fut transportée d'une seule pièce par soixante hommes, en dix-huit minutes, à une dislance de 12"', 40 de son ancien siése. Le 19 mai suivant, elle fut exhaussée

750 LES ANClEiN.N'ES EAUX.

de 5"', 50 au-dessus du sol, par cent trenle-six hommes. L'opéialion dura de sept heures du malin à quatre heures et demie du soir. Un nouveau socle fut construit sous la colonne de Boizol ; on élargit les narines des dauphins ; les quatre sphinx et les trois bassins dispo" ses en gradins furent ajoutés à la décoration de la fontaine. Ces difficiles travaux furent exécutés par M. l'architecte Davioud, sous la direction de M. l'ingénieur en chef Alphand. J'ai été chargé de fournir l'eau nécessaire.

Même pl\>'ciie. — Fontaine de Mars, page 655 du texte. Sise rucSaint-Dominique, en face de l'hôpital militaire du Gros-Caillou. Construite par Bralle de 1807 à 1810, en vertu du décret du 2 mai 1806. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit dans le texte, de celle fontaine peu élégante.

Planche XX. — Fontaine Gaillon, pages 592 et 607 du texte. Sise place Gaillon, à l'angle des rues Port-Mahon et de la Michodière. Autrefois fontaine Louis -le-Grand. Désignée sous le nom de fontaine d'Antin dans le décret du 2 mai 1806.

La première pierre de l'ancienne fontaine fut posée le 20 mai 1707, par messire de Chamillarl, contrôleur des finances. L'édifice moderne a été construit en 1828, comme nous l'apprend l'inscription suivante gravée sur sa façade :

PRISTINVM-FOSTEM-AKGVSTIOni-AnEA-JAM-AUPLIFICATA

COMMVNl-VTILITATI-VRDIS-QVE-OR.NAMENTO

MAJUS-RESTITVERV.NT-rR.EFECTUS-ET-.EDII.ES.

A^^o-MDCCC.\\VI^

Le projet de Visconti, les sculptures décoratives confiées à Combettc et Derre, elle groupe du Triton dû à Jacquet, sont excellents, et cependant cette jolie fontaine laisse le promeneur absolument indifférent, ou plutôt n'attire pas ses regards.

Même tlaxciie. — Fontaine MoUl')-e, page 582 du texte. Sise à

l'angle des rues de Richelieu et Molière (rueTraversière) ; autrefois fontaine de Richelieu. Cet ancien ouvrage a été reconstruit en 4844, comme l'indique rinscription de la façade. Les dessins sont de Visconli. Les deux grandes figures en marbre qui représentent la Comédie grave et la Comédie légère sont dues à l'habile ciseau de notre grand sculpteur Pradier; c'est dire qu'elles sont fort belles. La statue en bronze de Molière est de Seurre aîné ; elle est devenue pour ainsi dire le type de la personnalité de Molière, dont on ne possède qu'un médiocre portrait. Au-dessous on a gravé l'inscription suivante, qu'on peut lire à la loupe sur la photogravure :

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