CHAPITRE PREMIER
Leur profondeur dans les quartiers bas; — dans les quartiers hauts. — Qualité de l'eau. — Elle est impropre aux usages domestiques. — Sels terreux. — Matières organiques. — Cetle eau a é(é consommée par les Parisiens jusqu'à la fin du premier tiers du dix-neuvième siècle.
Il n'est guère d'usage, clans un livre comme celui-ci, de s'occuper des puits; les commentaires de Fronlin sur les eaux de Rome commencent à l'année 442, époque oii l'eau Appia fut introduite dans la ville. Pline consacre à peine Irois ou quatre lignes, à la vérité très-élogienses, à l'eau des puits. Alberto Cassio, Fabretti, Bonamy et Girard n'en parlent pas du tout. Ces auteurs passent sous silence les premiers siècles de la jeunesse des grandes villes : tant qu'elles n'ont pas la force et la richesse nécessaires pour aller au loin chercher l'eau d'une grande source, ou pour élever celle d'une rivière avec de dispendieuses ma-
cliiiips, il CJ^l convenu qu'elles doivent se contenter de l'eau souterraine la plus voisine du sol, et qu'il n'y a pas lieu de s'occuper des modestes travaux du puisatier.
Mais Paris se trouve dans des conditions singulières : l'eau souterraine, qui passe sons les pieds de ses liabitanis, est impropre aux usages domestiques, et celle des petites sources du voisinage, les seules qu'on pût dériver dans ces temps anciens, est d'une si détestable qualité qu'une fois conduite dans la ville, elle a fait presque regretter celle des puits. On ne peut donc négliger, dans cet ouvrage, les puits de Paris qui, jusqu'à ces dernières années^ ont contribué dans une large mesure à l'alimentation de la ville.
Ainsi, dans l'origine, l'eau nécessaire aux Parisiens provenait de la Seine, de la Bièvre, et surtout des puits qu'on creusait, sans grande dépense, dans les graviers qui tapissent le fond de la vallée. La possibilité d'extraire de l'eau de puits peu profonds a été une des causes du développement de la ville sur la rive droite de la Seine; de ce côté du fleuve, elle a facilement franclii l'enceinte de ses premiers remparts et elle s'étendait déjà, sous le règne de Louis XUl, jusqu'à la ligne des grands boulevards, tandis que, sur la rive gauche, elle restait renfermée dans les murs de Philippe-Auguste.
Les quartiers hauts de celle partie de la ville, ce que l'on appelait alors l'Université, souffraient beaucoup de la rareté de l'eau, en raison de la grande profondeur des puits. Cette ))énurie s'est fait sentir jusqu'à l'époque de la reconstruction de l'aqueduc d'Arcueil par Marie de Médicis. En 1544, Corrozet signalait déjà la nécessité de celte reconstruction dans l'inlérèt « de la liautte partie de i'Vniuersité de Paris qui en a bon mestier.' »
Plus d'un dcmi-sièclc avant les éludes faites du temps de
' CoiTozol. Antiijvitéz, histoires et singvlarilez de Paris, folio 10, avec privilège du roi liorlaiU la date de \bH.