AQUEDUCS DU PRÉ-SAINT-GERVAIS ET DE BELLEVILLE.-JAUGEAGES
plutôt d'une dépression du sol entamant à peine la lisière du plateau, entre le fort de Romainville et les fortifications, sur quelques kilomètres. Les pierrées de l'aqueduc de Belleville sont encore moins étendues ; on aurait donc pu augmenter considérablement la portée des aqueducs en prolongeant les travaux de caplation, d'un côté, vers le fort de Noisy-le-Sec et, de l'autre, vers Bagnolet. Mais on n'avait alors aucune idée de la disposition des eaux souterraines, et on s'est borné à prendre les sources que les Parisiens avaient pour ainsi dire sous leurs yeux.
Débit des sources. Jaugeages anciens. — La ville de Paris souffrit d'une très-grande sécheresse en 1668, 1669 et 1670; Le Pelletier était alors prévôt des marchands. Cet état de basses eaux avait certainement commencé quelques années plus tôt ; car un arrêt du conseil d'État de Louis XIV, du 26 novembre 1666, qui révoque toutes les concessions particulières sans exception, commence ainsi : « Sa Majesté ayant été informée de l'état où se trouvoient à présent les fontaines publiques, que les unes ne fournissoient plus d'eau et les autres en si petite quantité, que les habitants de la bonue ville de Paris en souffroient beaucoup, etc. »
Cette mesure ne produisit pas une grande amélioration et la pénurie d'eau continuant à se faire sentir, une ordonnance du 20 novembre 1669, des prévôts des marchands et échevins, fut rendue « pour combler les puits que des particuliers qui ont maisons à Belleville et au Pré-Saint-Gervais ont fait faire proche des pierrées qui reçoivent les eaux des fontaines publiques ». Cette ordonnance fut exécutée, mais sans résultats puisque la sécheresse persista l'année suivante.
Cette pénurie d'eau était sans exemple depuis le commencement du siècle et j'aurai occasion d'y revenir ci-dessous, lorsque je décrirai l'aqueduc d'Arcueil cl les pompes du pont Notre- Dame.
Voici la nouvelle réi»artition de l'eau des deux aqueducs l'aile
S« LKS ANCIENNES EAliX.
le 22 mai 1669, c'osl-à-dire après rordounance royale du 26 novembre 1666; elle est donc doublement intéressante, puisqu'elle est cerlainemcnt basée sur le jaugeage fait à la fin de la sécheresse de 1668-el qu'elle fait connaître, en outre, le débit moyen des aqueducs admis à celte époque.
« Autre état de la nouvelle distribution et concessions d'eau provenant des sources de liellevillc, accordées au.v communautés et particuliers, en la présente année mil sic cent soixante-neuf, depuis le retranchement général (des concessions).
DÉSIGNATION DES mSTIllBlTlONS AUIL'BUC '^^^j^co^^i^'Je^
l'juceâ, lignes, l'ouces, ligoes.
Ai/ucdiic de Bdlcvillc.
F'oiir lu service d'une concession 0 1
Au regard du Calvaire.
Pour le service de quatre concessions 0 25
Au regard de l'Échaudé.
i'our le public 0 72
Au regard de la fontaine de t'égoul du Marais.
Pour le jiublic 0 7'2
Pour le service de trois concessions 0 15
Au regard des Blancs-Mantcaui .
Pour le service de huit concessions 0 40
Au regard de la fontaine de Paradis.
Pour le service de six concessions 0 27
Au regard de la fontaine Neuve.
Pour le public 0 72
Pour le service de six concessions 0 44
Au regard de la fontaine Saintc-.U'oie.
Pour le public 0 72
Pour le service de huit concessions 13
Au regard de la fontaine Maubuée.
Pour le public 0 72
Pour le service d'une concession 0 3
.lu rcgaid de la fontaine Saint-Julicn-des-Mrnctrieri.
Pour le public 0 ôt)
AOIIEDUCS bU PRÉ-SAINT-GERVAIS ET DE BELLE VILLE.— JAUGEAGES. 89
« Total de la distribution des eaux provenant des sources de Belleville. sept cent soixante-douze lignes, faisant cinq pouces un quart seize lignes (102 mètres cubes en 24 heures).
« Ces sources rendent, quand elles soiit dans leur force, huit pouces d'eau'; partant, déduction faite de la distribution cidessus, restent deux pouces et demi vingt lignes. »
« Autre nouvelle distribution et concessions d'eau provenant des sources du pré Saint-Gervais, accordées aux communautés et particuliers, en la présente année mil six cent soixante-neuf, depuis le retranchement général (des concessions).
CONCESSIOKS
PARTICCLIÈRES