AOUEDUCS DU PRE-SAINT-GERVAIS ET DE BELLEVILLE. S
iioz dilz prédécesseurs el nous, lesquels ont fait édifier grans et notables hostelz el édifices en nostredicle ville, ont obtenu de nosditz prédécesseurs et nous par leurs puissances et importunitez, ou soubz umbie d'aucuns estats ou offices qu'ilz ont euz envers noxdilz prédécesseurs et nous, ou autrement licence de prendre et appliquer aux singuliers usages d'eulx et de leursdilz bosielz plusieurs parties des eaues venans aux lieux dessus déclarez ; et sur ce ont obtenu, comme l'en dit, lettres de nosditz prédécesseurs et de nous, faites en laz de soye et cire vert, soubz umbre desqueles licence et lettres, ilz ont fait en plusieurs lieux parcier les coiiduiz et tuiaux par lesquels lesdictes eaues ont accouslumé venir aux lieux dessusdiz, et ont fait faire conduiz et tuiaux pour aler en leurzdits hostelz, dont par ce les eaues qui avoient accouslumé venir auxdits lieux publiques, ont esté sy apéticiés, que en aucuns dediz lieux sont devenues du tout à nient, et en autres en lele diminucion, que à peines en y vient-il point; pour quoy plusieurs personnes qui souloient habiter environ yceulz lieux, pour la nécessité d'eaues qu'ilz avoient, ont lessié nostredicte ville, et sont alez habiter ailleurs ; et ceulx qui y sont demourez, ont pour ce souffert par longtemps et encores sueffrent très-grand misère ; et convient que à très-grant travail et coust aient de l'eaue de ladite rivière de Saine pour leur sustentacion ; laquelle chose a esté et est faicte en grand lésion et détriment de la chose publique de nostredicle ville, et en grant diminucion de nostre pueple d'icelle; el laquelle quant elle est venue à nostre cognoissance, nous a moulte despieu et non sans cause'. »
L'importance qu'on attachait alors à ces aqueducs et aux fontaines publiques qu'ils alimentaient ressort encore des lettres patentes du roi Henri II, du 14 mai 1554, qui ordonne aussi la suppression des concessions parliculières^; de l'arrêt du
' Edil do Charles VI. supprimant les concessions particulières, 9 octobre 15112. Ordonnance des rois de France, vol. Vil, p. 510. - Registre de la Ville, vol. XIV, fol. 397.
Rn I.KS ANCIENNES [EAUX.
conseil d'ElaUl'lIcnri IV, du 23 juillet 1594, qui prescrit la iiièiiie mesure* ; des lettres patentes du même roi, du 15 octobre 1601 , pmlant permission et pouvoir à Messieurs de la ville, de faire fouiller, creuser et relranclier les héritafies des particuliers, pour la recherclie et conduite des eaûes pour la commodité de la ville de Paris'; de nouvelles lettres patentes d'Henri IV, du lu octobre 1008, supprimant de nouveau les concessions particulières"; de l'édil du roi Louis XIll, du 21 juin 1G24, portant ordre de présenter les brevets de concessions antérieures" , et des lettres patentes du même roi, du 26 mai IQ^^) , qui ordonnent V examen et la révision de toutes les concessions''.
Je ne pouvais donc me dispenser de décrire'ces deux aqueducs, qui ont contribué au développement de la partie lapins riche el la plus populeuse de la ville, quoiqu'ils soient ju'esque tombés aujourd'hui dans le domaine de l'archéologie.
Les sources. — Comme celles de l'aqueduc d'Arcueil, les sources des aqueducs du Pré-Saint-Gervais et de Belleville sont alimentées parla nappe d'eau des marnes vertes". Le plateau d'oiî elles jaillissent est compris entre les villages de Paulin, Noisy-le-Sec, Nogent-sur-Marne, Montreuil, BagnolelelCharonne. Une multitude de petites sources ruisselaient sans doute autrelois sur la pente des coteaux qui entourent ce plateau. Aujourd'hui ces sources sont soigneusement captées par les propriétaires du sol ou ont disparu dans les fissures du gypse et les excavations des exploitations. Les deux aqueducs de la Ville n'en ont jamais pris qu'une bien petite partie, car les pierrées de l'aqueduc du Pré-Saiiil-Gervais n'occupent ({ue la surface d'une vallée ou
• Ht-istres du la Ville, vol. XIV, fol. 70.
- Collection des ordonnances lojalos.
' licsislresde la Ville, vol. XVII, fol. 4IU.
» Ilegislics do la Ville, vol XXIV, fol. 'iSU.
5 UcaisliLS de la Ville, vol. XXVU, fol. 551
" Vov. l. I",!'. 112 il 124.