DETAILS DE CONSTRUCTION
Détails de construction. Altitude. — D'après les tableaux qui précèdent, l'aqueduc de Belleville se décompose en 5 parties qui, autrefois, étaient indépendantes : l'aqueduc principal, propriété de la ville de Paris, l'aqueduc Saint-Louis, qui desservait l'hôpital de ce nom, et l'aqueduc Saint-Martin, qui appartenait à la communauté religieuse de Saint-Martin-des-Champs.
Aciueduc princijxd. — La section du grand aqueduc est un rectangle de hauteur et de largeur variables. Le toit est formé d'une dalle de 0",22 environ d'épaisseur'; le radier, la base des piedsdroits, les supports de la dalle sont en pierres de taille. Les lig. ci-dessous donnent les dimensions variables de cet aqueduc.
La coupe A est celle de l'aqueduc entre les regards de la Lanterne et Beaiifils. Les coupes B et U représentent l'aqueduc entre
Aqueduc de Belleville. (Coupes.)
le regard Beaufds et la chambre Saint-Martin, et entre les regards n"' 26 et 27 ; les supports en pierres de taille des dalles sont prolongés en forme de corbeau , ce qui réduit la portée de ces dalles. La coupe de l'aqueduc entre la chambre Saint-Martin et le regard n" 26) est indiquée sur la figure C.
Girard dit qu'une partie de l'aqueduc est voûtée en ogive, ce qui indiquerait que cet ouvrage a été construit à diverses époques. J'ai vainement fait chercher ces parties ogivales : elles n'existent pas. La grande régularité de la section transversale semble indiquer, au contraire, que l'aqueduc principal est l'œuvre d'une seule époque. La maçonnerie brute qui forme les pieds-droits paraît être en bon état; c'est ce que Bonamy avait déjà constaté en 1754. Aucune réparation n'a été faite depuis cette époque.
L'eau coule dans une cunette d'en\iron O'",40 de largeur cl de quelques ccnlinièlrcs de profondeur ; c'esl la seule parlie de l'aqueduc dont les dimensious soient en rapport avec la petite quantité d'eau à débiter.
Aqueduc Saiul-Louis. — La section transversale de cet aqueduc est très-variable en largeur et en bauleiu ; le toit est (ait en l'orme de V renversé, absolument comme celui d'une maison: ce n'est pas une ogive. Les diverses sections de cet ouvrage sont indiquées sur les croquis ci-dessous ; les largeurs varient de 0'",57 à 0"',64 et les hauteurs de r",51 à 1"',70 ; ces variations de section
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Coupe de l'aqueduc Saint-Louis.
sont tiès-singulières dans un ouvrage de 199 mètres de longueur. La maçonnerie est en moellon de gypse, liourdée en plâtre; elle est donc de très-mauvaise qualité. On a vu que l'aqueduc Saint- Louis se relie maintenant à l'aqueduc principal par un tuyau en tôle bitumée de O'",0o4 de diamètre et de quelques mètres de longueur, qui suffit pour débiter l'eau venant d'amont. Les deux aqueducs étaient autrefois indépendants l'un de l'autre, ainsi que je l'ai dit ci-dessus.
L'aqueduc Saint-Louis a 4'", 82 de pente, pour une longueur de 299 mètres; c'est une pente kilométrique de 16°", 12.
l!oupe de l'aqueduc Saiiit-M.iilin
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Aqueduc Sai)it-Martin. — J'ai reproduit sur les fig. ci-dessus les coupes delaqueduc qui déboucbe dans le regard Saint-Martin
AQUEDUC DE BELLEVILLE. — DÉTAILS DE CONSTRUCTIOiS. 145
et qui n'a que 15 mètres de longueur. Sa largeur est égale à 0"\70 et sa hauteur varie de r',40 à l'^ôO. L'une de ces coupes est celle d'une pelite partie construite sur une pierrée dont la section est de 0"\25 de largeur et de 0"',40 de hauteur environ. Cet aqueduc débouche en A dans un regard qui paraît plus moderne que celui dont la figure est donnée page 157 ^ Il n'est pas probable néanmoins que la date 1804, qu'on lit gravée à gauche sur la façade, indique l'époque de la construction de l'édifice :
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Regard Saint-Mailin portant la date : ISOi.
c'est peut-être celle d'une restauration importante. Yoici ce qui semble justifier cette hypothèse : on voit en B, sur l'élévation de la façade, l'inscription de la page 128 ; en C, un bas-relief tiès-
' Li figui'û (le la pnge 137 est extraite de l'ouvrage de Girard. — Atlas, pi. XXXI, fig. 30
ne LES ANCIENNES EAUX.
IVuslc représenlanl saint Marlin, et, en D, des armoiries méconnaissables. Le bas-relief et les armoiries n'ont pas été sculptés en 1804, cela paraît certain. Cet ouvrage ne remonle-t-il pas plutôt à 1722, date d'une restauration, d'après l'inscription.
J'ai dit que l'aqueduc du Pré-Saint- Gervais était construit suivant un système très-rationnel et tout à fait en rapport avec la petite quantité d'eau à débiter. On ne peut en dire autant des trois aqueducs de Belleville qui, avec leurs fortes pentes, pourraient débiter un volume d'eau égal à celui que porte l'aqueduc delà Vanne. Les auteurs inconnus de ces ouvrages ont démontré eux-mêmes l'exagération des dimensions des aqueducs, en les reliant à des comluites en plomb ou en poterie d'un très-petit diamètre, qui ont toujours été parfaitement suffisantes.