‹ Les eauxChapitre 66 sur 310 · AQUEDUC D'ARCUEIL · texte numérisé non relu

AQUEDUC D'ARCUEIL

Recherches des amiciines eaux. — Projet de Joseph Aubry. — Adjudication des travaux. — Devis général. — Le roi visite les sources de Rungis. — Arrivée de l'eau à Paris. — Distribution. — Nouvelles recherches de sources. — Partage des eaux.

Dès l'année 1544, Corrozet signalait la pénurie d'eau de l'Université, c'esl-à-dire des quartiers hauts de la rive gauche et l'utilité de la reconstruction de l'aqueduc romain d'Arcueil' : celte partie de la ville était éloignée de la Seine et à une altitude telle que le transport de l'eau du fleuve était dispendieux et difficile ; les puits avaient de 28 à 50 mètres de profondeur. Mais on comprend facilement comment tous ces travaux d'utilité publique ont été négligés pendant celte époque si troublée de l'histoire de notre pa;)S; qui s'étend du règne de Hugues Capet à celui de Henri IV, c'est-à-dire de 987 à 1589. Pendant ces six siècles, les croisades d'abord, puis la guerre étrangère, mais surtout la guerre civile, absorbèrent toutes les forces et la richesse de la nation.

« .... Ce ne fui que lorsque Henri le Grand fut rentré dans sa

' Toy. chap. l'\ p. 2 et 5. — '

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capitale, et qu'il eut pacifié son royaume, que M. de Sully, ce grand ministre dont toutes les vues lendoieut au bien de l'Etal et à la véritable grandeur de son maître, songea au rétablissement d'un aqueduc abandonné depuis buil cents ans. Ce fut donc par ses ordres qu'on travailla à faire des fouilles et des tranchées dans la plaine du Long-Boyau', pour y retrouver les eaux que les Romains avoienl conduites au palais des Thermes : mais la mort funeste de Henri IV arrêta l'exécution d'un projet si utile; peutêtre même auroit-il été totalement abandonné, si l'intérêt particulier de la reine Marie de Médicis ne l'avoit fait reprendre. Celte princesse, passionnée pour la belle architecture, avoit résolu de bâtir un magnifique palais et, pour cet effet, elle avoil acheté l'hôtel du Luxembourg, une ferme appartenant à THôtel- Dieu, el plusieurs autres maisons de divers particuliers avec murs clos et jardins; c'est ce qui compose aujourd'hui le palais du Luxembourg, dont les fondements ne furent jetés qu'en 1615, sous la conduite de Jacques de Brosse.... Comme celte maison, éloignée de la rivière, avoit absolument besoin d'eau, on pensa à continuer les recherches que M. de Sully avoit fait commencer, el à construire le nouvel aqueduc d'Arcueil, l'un des plus beaux monuments du règne de Louis XIII. » (Bonamy.)

Comme il arrive toujours en [lareille circonstance, les projets de dérivation de l'aqueduc ne manquèrent pas. Voici la teneur des offres faites au roi en son conseil par un bourgeois de Paris nommé Aubry :

SU plaist au Roy et Nosseigneurs de Son Conseil accorder a Joseph Aubry bourgeois de Paris la ferme des traiitc sols pour nmid de vin entrant en la d° Ville et fauxbourg pour six années entières et conscculil'ues connnanceant

' Ce mot plaine du Long-Boyau n'est pas correct. Le Long-Boyau est encore un des lieuxdits du cadastre ; il s'étend sur la jienle rapide du coteau do la rive droite de la Bièvre, visà-vis le parc de Caclian, cnlrc l'IIay el Arcueil, précisément surlc tracé des trois aiiueducs des Romains, de Marie de Médicis et do la Vanne. Le Long-Boyau n'est pas une plaine, c'est un coteau à pente assez rapide. Je rectifie celte légère erreur de Bonamy, parce que, suivant l'usage, elle a été reproduite par tous ceux qui depuis ont écrit sur l'aqueduc d'Arcueil, notamment par Girard. L'eniplacenicnt des sources est enccre indiiiué presque au sommet de ces coteaux

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