‹ Les eauxChapitre 67 sur 310 · AQUEDUC D'ARCUEIL. -PROJET DE JOSEPH AUBRY. U · texte numérisé non relu

AQUEDUC D'ARCUEIL. -PROJET DE JOSEPH AUBRY. U

au premier Januier prochain, Et bail lui en estre faict bien et dcument vériffié pour en jouir tout aussy que les a presens et precedens fermiers ont faict.

Ledict Aubry offre payer chaque an a Sa Maj'* la somme de deux cens mil liures esgallement de quarf en quarf et six semaines après quil sera escheu et bailler bonne et suffisante caution.

Outre ce entreprandre de faire venir a ses frais et despens en quatre années de bon trauail a commancer au premier jour d'Aoust prochain les eaux des sources et fontaines de Rungis jusques à Paris et les rendre soit par acqueducz ou aultrement dans un grand reseruoir qu'il fera faire au lieu que sera jugé le plus propre entre les portes Sainct Jacques et Sainct Michel pour de ce reseruoir les despartir ainsy qu'il ensuit,

Assauoir ung tiers a Sa Majesté pour la coiùodité de ses pallais tant du Louure et Tuillcryes que iceluy de la Royne régente sa mcrc,

Ung aultre tiers a lutilite puhlicque dont Messieurs les Preuost des Marchands et Escheuins de la Ville feront la distribution es endroicts les plus nécessaires dicelle,

Qu'aultre tiers, les trois faisant le tout, demeurera aud' Aubry et ses assotiez pour en disposer comme bon leur semblera, en considération de ce que le fondz cy dessus n'est suffisant pour une telle entreprise,

Et d'autant que des a présent il conuient faire de grandes aduances pour la mettre promptement a exécution il sera permis aud' Aubry d'emprunter deniers et engager la jouissance de lad'' ferme durant les d' six mois et en transporter le bail a personnes soluables quil aduisera bon estre, lesquels demeureront solidairemen obligez aussy a lentretenement dud' bail, signé « Aubry »

Le projet de Joseph Aubry fut transmis au bureau de la ville, qui donna, le 6 juillet 1612, un avis favorable sur le principe même du projet, mais qui, en même temps, déclara qu'avant d'en oi"donner l'exécution, il fallait en dresser un devis général, connaître les associés et les cautions de Joseph Aubry, ainsi que

par les lieux-dits du cadaslre, la Voie des Saussaies, les Joncs, la Fonfaine-Cotiveiie. Les Iravaux de reclierche s'exécutaient donc dans des terrains humides, situés à flanc de coteau, à l'affleurement des marnes vertes. Ces terrains sont aujourd'hui parfaitement desse'chés par les drainages du dix-septième siècle, mais ils ont conservé leur.»; noms caractéristiques : les ingénieurs étaient guidés non-seulement par les traditions anciennes, mais encore par la disposition et l'apparence des lieux.

les moyens qu'il se proposait d'employer; le bureau se réservait, d'ailleurs, le droit d'inspecter et de contrôler les ouvrages '.

Je ne crois pas devoir faire mention des contre-projets qui furent présentés entre celte délibération du bureau et l'adjudication des travaux. On sait qu'il n'en manque jamais lorsqu'une grande opération d'ulililé publique est à l'étude, mais je ne crois pas qu'il convienne d'en conserver môme le souvenir.

Pierre Guillain maître des œuvres de la ville, Loys Metezeau arcbitccte du Roi, AUeaume ingénieur et architecte, Thomas Franchini conducteur des fontaines et grottes du Roi, Remy CoUin, Claude Veillefaux et Augustin Guillain, jurés du Roi en l'office de maçonnerie, le s' Cosnier conducteur des œuvres du canal de la Loire, et Jehan Saintlade gouverneur de la pompe du Roi, furent consultés sur un premier devis général des travaux, qui fut arrêté, le 5 septembre 1612', en présence du prévôt des marchands, du superintendant des bâtiments du Roi et de deux présidents trésoriers de France et généraux des finances du Roi, etc. Un second devis, présenté le 3 octobre, fut approuvé par

' Voici le texte même de la délibération :

« Du vendredi sixième jour de juillet mil six cens en l'assemblée de Messieurs les Preuosl des Marchands, Escheuins et Cens" de lad' ville

« Po!irquoij\cc[\ire faicte desd' articles et offres et l'affaire mise en délibération a esté arreslé supplier le Roy et nosd" Seigneurs de son Conseil de receuoir les d" offres comme utilles et nécessaires au publicq, aux conditions et aux meilleur mesnage que faire se pourra, pourueu que les d" eaues soient bonnes. Mais au préalable que de rien adjuger aud' Aubry qu"il ayt a. nommer ses assoliez et caultions pour son entreprise pour voir et rccognoistre sy les seuretcz V seront et qu'il soit faict ung deuis gênerai contenant ses desseings et corne il entend faire venir les dictes eaues dud' Rungis en ceste ville et aussi quelles estoffes et matières pour ce faict esire icclluy deuis communicqué a lad" ville laquelle deputtera des personnes pour gouster et faire lessay desd" eaues, et que icelle ville aura la superintendance sur le d' Aubry et ses assoliez a controUer leurs ouuragcs. »

(Registres de la ville, vol. XVIII, fol. 501 et suiv.)

Dans la suite de cet ouvrage, la plupart des décisions prises pour le service des eaux seront extraites des délibérations du bureau de la ville. Ces documents ont été copiés sur les registres déposés aux .\rchives nalionalcs, par M. Mourot, contrôleur du service des eaux et des égouts. Est-il nécessaire de dire combien ce travail a été pénible et difficile ? M. Mourot a dû déchiffrer toutes les écritures depuis le 25 octobre 1499 (règne de Louis Xil) jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, lire des mots techniques souvent hors d'usage aujourd'hui, copier les fautes d'orthographe, etc. Les extraits publiés jusqu'ici sont presque tous inexacts.

' Registres de la ville, vol. XIX, fol. 8 et suiv.

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