CHAPITRE \III
Jaugeages anciens. — Jaugeages modernes. — Travaux de captation. — Eaux anciennes. — Le carré des eaux. — Aqueduc de Paray et de l'Église. — Le Long-Boyau. — Eaux nouvelles. — Drains de Paray, de Chevilly et de l'Hay. —Sécheresses de 1667, 1668, 1669, comparées à celles du dix-neuvième siècle.
Bes sources. — Les recherches, faites du temps de Louis XIII, ont été incomplètes. Les som'ces les plus importantes, celles que les Romains dérivaient de la partie sud du plateau décrit ci-dessus, n'ont été découvertes, par le maréchal d'Effiat, qu'après l'achèvement de l'aqueduc d'Arcueil, ainsi que ce seigneur en fît la déclaration au roi Louis XllI '.
Les sources, dérivées vers Paris par le nouvel aqueduc d'Arcueil, se divisent en deux groupes :
Le groupe de Riingis et celui du Long-Boyau. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit de la position de ces sources et de la qualité de leurs eaux. Elles sont alimentées par la nappe d'eau des marnes vertes qui s'étendent sur tout le plateau compris entre la Seine, la Bièvre, l'Yvette et l'Orge '.
' Voy. ci-dessus, p. 48.
Jaugeages anciens des som'ces. — Les dociuncnts qui nous sont parvenus sur les anciens jaugeages prouvent que les opéralions manquaient absolument de précision. Par exemple, on ne tenait aucun compte de la sécheresse de la saison; les l'ésultats obtenus ont été acceptés sans discussion par tous les auteurs. Voici, par exemple, ce que dit Bonamy : « Ces recherches (de 1651 à 1655) ne furent point infructueuses, puisqu'on 1656 l'aqueduc d'Arcueil conduisait au chàteau-d'eau quatre-imtgtquatre pouces (Veau au lieu de cinquante, qu'on avait trouvés lors de la construction de l'aqueduc. »
84 pouces correspondent à 1612 mètres cubes par 24 heures ; l'aquednc donne même plus d'eau dans les années humides. Mais la longue sécheresse, dont j'ai déjà eu occasion déparier ci-dessus, ne tarda pas à faire tomber ces illusions. Cette séclieresse persista de 1667 à 1669 inclusivemenl.
« M. le Peleticr, depuis ministre et contrôleur des finances, étoit alors prévôt des marchands, ayant été élu le 16 août 1668; comme il occupa celle place pendant huit années, chacune fut marquée par des monuments qui subsistent encore aujourd'hui, et sur lesquels je ne m'étendrai pas, parce qu'ils ne sont pas de mon sujet : je remarquerai que la grande sécheresse qui se lit sentir pendant les trois premières années des prévôtés de M. le Peletier, et qui réduisit presqu'à sec les fontaines de Paris obligea de penser à trouver des expédiens pour avoir de l'eau. » (Bonamy.)
J'ai donné ci-dessus les jaugeages des aqueducs du Pré-Saint- Gervais et de Belleville* qui correspondent à celle sécheresse ; voici ceux de l'aqueduc d'Arcueil, ou plutôt le partage d'eau correspondant, déduction faite des 5 pouces de l'eau de Cachan. D'après le partage indiqué ci-dessus, la ville avait droit à 21 pouces 50 lignes d'eau.
Le tableau suivant fait voir quelle fut la réduction produite par la sécheresse'.
' Voy. ci-dessus, p. 88 et suiv.
> Registres de la ville, vol. XLIV, fol. iS4.
AQUEDUC D'ARCUEIL. — LES SOURCES. — JAUGEAGES. 169
État de la nouvelle distribution et concessions d'eau provenant des sources de Rungis, accordées aux communautés, monastères, collèges et particuliers, en la présente année mil si.c cent soixante-neuf (22 mai 1G69).