JAUGEAGES DE L AQUEDUC D ARCUEIL EN
Janvier... ^^ '
,, , . ( 1''^ quinzaine. .
,j ( 1" quinzaine..
Avril j l"q"™--
Mai j l';q™ne..
T • ( !'■* quinzaine. .
MÈir.ES ci:bes
24 BEUBES.
Juillet
1 "quinzaine. .
UÈIBES CUBES
EN
24 DEOBES. ■
Août j
1'" quinzaine. .
Seplembre'
l"'* quinzaine. .
Octobre...'
1"^ quinzaine..
Novembre
1''^ quinzaine..
Décembre
Moyeni
« Voy. Girard, t. Il, p. 245.
La persistance de celle crue esl d'aulant plus remarquable que l'anuée 1861 a été très-peu pluvieuse : d'après nos observations, il n'est tombé dans le cours de celle année, au pluviomètre de l'ancien abattoir de Ménilmontanl, que 491, cl à La Villelle que 509 niillimèlres de pluie; ou sait que la moyenne constatée à l'Observatoire de Paris est 580 millimètres.
C'est donc aux pluies de 1860 qu'il faut attribuer le grand débit de l'aqueduc d'Arcueil eu 1861. Des faits analogues ont été constatés en 1866, 1872 et 1876 ; à la suite de ces deux années très-pluvieuses, la Seine a éprouvé de grands débordements; le débit de l'aqueduc d'Arcueil s'est accru, comme en 1861, et s'est soutenu pendant les deux années peu pluvieuses 1867 et 1868. La crue séculaire du 25 janvier 1651, qui a dépassé de i'",^'ù la bauteur de celle du 17 mars 1876, à l'échelle du pont de la Tournelle, correspondait certainement, aussi bien que les autres débordemenls de 1649 et 1658', à une période prolongée de grandes pluies : le liant débit de l'aqueduc d'Arcueil en est une preuve non douteuse. Cette longue série d'années pluvieuses explique l'illusion de nos pères au sujet de la portée de cet aqueduc. En réalité, cet aqueduc débile très-peu d'eau, comme le prouvent les jaugeages suivants, faits dans une année humide ordinaire 1854", cl deux années très-sèches consécutives 1858 et 1859.
' Voy. t. I, p. 297, Les graniis débordements de la Seine à Paris.
- M. Buffet, aujourd'liui ingénieur en chef des aqueducs, sous ma direction, me rappelle que, dans le cours de Tannée 1854, il a fait dégorger plusieurs picrrées de l'aqueduc d'Arcueil. Je ne pense pas que ce fait ail pu modifier nolahlenienl le rosullat des jaugeages. Les picrrées dégorgées sont celles du Long-Boyau qui ne donnent jamais beaucoup d'eau. En se reportant à la page 9cS, on verra que les aqueducs de Bulleville et du Pré-Saint-Gervais ont aussi éprouvé de fortes crues dans la saison cliande de l'année 1854.
AQUEDUC D'ARCUEIL. — LES SOURCES. — JAUGEAGES
JAUGEAGES DE L'AQDEDUC D ARCUEIL ES 1851, 1S5S ET 1359.
1" janvier
d^'' février
!''■ mars
1"' avril
1<^'' mai
1" juin
1" juillet
l^' août
i" septembre ....
i" octobre. .....
1"=' novembre
1^'' décembre
Totaux . .
Moyennes .
HÊTRES CCBES 21 UEDRES.
HÊTRES COBES 24 HEURES.
METRES COBES 24 HEURES.
Les jaugeages de l'année 4854 prouvent que l'aqueduc, dans une année humide ordinaire, ne débite guère plus de 1000 à 1200 mètres cubes en 24 heures, quantité qui est négligeable dans une distribution d'eau comme celle de Paris. 11 est à remarquer que cette année a été peu pluvieuse dans les premiers mois ; aussi, fait assez rare, dès le mois d'avril la portée de l'aqueduc est-elle tombée au-dessous de la moyenne (960 mètres cubes) '.
Voyez page 171.
174 LES ANCIENNES EALX.
Mais la saison chaude a élé exlraordinaiiemenl pluvieuse et le débit des sources s'est relevé, du 15 mai au l" juin, de 852 à 1010 mètres cubes : fait plus rare encore, les pluies d'été ne profitant pour ainsi dire pas aux sources'. La moyenne de l'année a été de 1147 mètres cubes eu 24 heures; elle dépasse par conséquent la portée moyenne.
L'année 1858 est une des plus sèches connues; aussi l'on voit la portée de l'aqueduc décroître dès le mois de février. Le minimum obtenu le 1" décembre (455 mètres cubes) était jusqu'alors inconnu. Cet effet des grandes sécheresses se prolonge dans les années suivantes, absolument comme l'effet des grandes pluies; ainsi, quoique l'année 1859 ait élé médiocrement sèche, la portée de l'aqueduc a continué à décroître jusqu'au i" septembre, où l'on a obtenu le minimum de 241 mètres cubes en 24 heures, le plus faible débit qui, je crois, ait été constaté jusqu'à ce jour.
Débit détaillé des sources. — Depuis quelques années, au lieu de se contenter de jauger la portée totale de l'aqueduc, on détaille les sources ; ces jaugeages partiels donnent une idée suffisante de l'importance de chaque source. Celles qui sont jaugées régulièrement tous les quinze jours sont :
( i" Source des aqueducs de Païay et de l'Église-; Eaux anciennes (2" — du Grand-Carré ;
[ ô" — du Long-Bovau.
Eaux nouvelles provenant | 4° Sources du drain de Paray; (les drains de la Vanne (5° — du drain de Chevilly.
Dans le tableau suivant, je donne les jaugeages de ces sources
' Voy. lome I, p. 262 et suiv.
- La source de l'Église n'a jamais été bien imporlanle; elle a peine "a s'clcver au-dessus du seuil qui déverse ses taux dans le regard n° 1 de l'aqueduc d'Arcueil, et cependant on l'a vu ci-dessus, ce seuil a élé abaissé de O^li en 1875 ; vers 1840, le plan d'eau du regard luimême a été abaissé de 0"ôO ; c'est ainsi qu'on a pu, dans les années sèclits, faire entrer Teau des aqueducs de Paray et de l'Église dans le regard de prise d'eau : avant cela, elle n'y pénétrait pas en temps sec. On se contente jusqu'ici de jauger le produit de l'aqueduc de Paray.
AQUEDUC D'ARCUEIL. — LES SOURCES. — JAUGEAGES
pour l'année 1872, qui a élé Irès-sèche jusqu'au 1" octobre et e.\lraordinairemenl pluvieuse en octobre, novembre et décembre.
JiDGEAGES DES SOURCES DE L AQDEDUC D ARCUEIL EN 1872
MÈTRES CUBES Ei\ 24 HEL-RES
Faui anciennes Eaut conTelles
JqntJacs Cékitlotal
1872 deraraj Crônd- Long:- Draia Drain Drain de
eldel'ÉsIise. carré. Bo;au. loial. J« Parai, de Cheiill;. de l'ilaj. Tolal. l'aqneduc.
!•• janvier. . . . 116 ICO 103 319 74 148 103 325 644
15 janvier. ... Sd 111 116 282 09 118 22 239 521
1" février. . . . 33 104 117 27G 09 173 39 Ï81 337
15 février. ... 53 107 US 270 74 173 31 278 5o8
1" mars 44 49 00 183 52 173 140 303 548
15 mars 44 49 90 183 32 173 140 363 548
1" avril 48 91 108 247 36 216 71 326 573
15 avril 65 112 93 272 36 219 93 530 622
1" mai 36 113 104 273 38 346 117 501 776
15 mai 74 121 102 297 40 415 48 503 800
1" juin 70 132 98 3C0 39 405 13 439 739
15 juin 23 131 104 25! 36 403 32 473 731
1" juillet. ... '3 131 84 230 33 405 22 463 713
13 juillet. ... 23 131 82 236 33 403 31 471 7i.7
1" août 12 C9 71 152 43 207 59 309 461
15 août 21 89 70 180 29 187 57 253 433
1" septembre. . 10 19 131 160 29 189 llfi 534 494
13 septembre. . . 9 40 112 161 • 30 148 83 261 422
1" octobre.. . . 14 39 72 123 33 123 108 261 589
13 octobre. ... 20 43 76 139 55 104 76 215 • 354
1" novembre.. . 20 33 76 139 55 103 76 215 354
13 novembre. . . 72 93 88 235 20 130 13 163 418
1" décembre. . . 103 303 131 539 19 141 150 295 832
15 décembre. . . 317 543 246 876 41 691 1272 2004 2880
Totaux. . . . 1361 2339 2484 0384 lOCO 5831 2879 9710 16094
MoTEMES. . . 37 106 103 266 41 243 120 404 670
L'examen de ce tableau donne lieu à des observations trèsintéressantes.
L'année 1872 , très-sèche elle-même, succédait à 4 années peu pluvieuses, dont une, 1870, est une des plus sèches connues. Les sources sont donc tombées à leur plus bas niveau dans le cours de septembre; puis, par l'effet des pluies d'octobre, novembre et décembre, elles ont éprouvé, dès le 15 décembre, une crue extraordinaire.
Les aqueducs de Paray et de l'Eglise conduisent encore aujourd'hui, au regard du Grand-Carré, l'eau des sources captées de
1651 à 1655 par le sieur Bocquel. On évaluait alors le produit de ces sources à 23 pouces 99 lignes, soit à 441 mètres cubes en 24 heures. C'était une grande erreur, car, du 15 janvier au 15 novembre de l'année 1872, le débit des deux aqueducs est resté au-dessous de 80 mètres cubes en 24 heures et même est tombé à 9 mètres cubes le 15 septembre; c'est seulement à la suite des grandes pluies d'automne qu'il est monté à 105 et 317 mètres cubes. Dans les premiers mois de l'année 1875, jusqu'au 1" avril, la portée de ces aqueducs a tellement augmenté qu'il a été impossible de les jauger et que le produit total de l'aqueduc d'Arcueil s'est élevé à 9159 mètres cubes en 24 heures. Quoique l'année 1873 ait été peu pluvieuse, l'aqueduc deParay, le 1" octobre, au moment des plus basses eaux, débitait encore 976 mètres cubes en 24 heures.
On a donc pu, dans l'origine, accepter comme produit de basses eaux en 24 heures le chiffre de 441 mètres cubes. Des observations analogues peuvent être laites sur les sources du Grand- Carré et du Long-Boyau; la première sécheresse, celle de 1667, qui commença à se faire sentir en 1666, dissipa cette illusion, et on révoqua les concessions faites avec une profusion inconsidérée dans les années d'abondance d'eau. Nos jaugeages modernes prouvent que le nouveau partage, fait le 22 mai 1669 entre les concessionnaires, était encore beaucoup trop large et n'aurait rien laissé à la ville dans une année sèche comme 1858.
Le produit total des anciennes eaux, en 1872, est très-inférieur à celui de 1859. Voici les résultats donnés par nos jaugeages :
MÈTRES CCDES. UÈTRCS CUDEâ.
i^roduit total des 2 i jaugeages de l'année. 9C9G 6592
— minimum eu 2 i liein-es 2ii 125
— moyen en 2i heures 404 2C6
Si l'on ajoute les nouvelles eaux, on a :
Produit total des 24 jaugeages de l'anuéc 1872. . . . 16094
— minimum en 24 heures 554
— moyenne en 24 heures 670
Je persiste néanmoins à prendre pour débit minimum des anciennes eaux le produit du jaugeage du 1" septembre J 859, en nombre rond 240 mètres cubes en 24 heures, parce qu'il est absolument impossible de dire aujourd'hui quelle est la diminution produite dans le débit des eaux anciennes parle drain de Chevilly, qui coupe la nappe d'eau des marnes vertes à 1200 mètres de l'angle nord-ouest du Grand-Carré, où se trouvent les sources les plus importantes du groupe de Rungis.
Après l'adjonction des nouvelles eaux, la portée minimum de l'aqueduc d'Arcueil est tombée, le 15 octobre et le 1" novembre 1872, à 354 mètres cubes par 24 heures. C'est bien peu pour une si grande ville. Aujourd'hui, on se contenterait à peine d'un si petit volume d'eau pour une ville de 3000 habitants : il ne compte donc pas dans la distribution de Paris,
Mais il n'est pas probable que nos ancêtres aient eu même le sentiment d'un tel abaissement de la portée des sources. Il était admis, dans le service de la ville, lorsque j'y suis entré en 1856, que la portée de 960 mètres cubes, en 24 heures, de l'aqueduc d'Arcueil, donnée par Girard comme une moyenne, était, en fait, un minimum, et le débit de cet aqueduc était compté, dans la distribution de Paris, pour 1000 mètres cubes par jour en nombre rond.
Il est donc bien certain que, dans les dix-septième et dix-huitième siècles, et même dans la première moitié du dix-neuvième, on n'avîit aucune idée des bas débits qui ont été constatés dans ces dernières années et notamment en 1858, 1859 et 1872. J'aurai occasion de discuter plus loin cette question qui se rattache au régime général de la Seine, et à la distribution d'eau de Paris.
Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit ailleurs de la qualité de l'eau de Rungis'. C'est, en somme, une eau très-agréable à
'Voy. 1. 1»', p. 124, 146^et sulv., et ci-dessus p. 45 et 46.
178 LES ANCIENNES EADX.
boire, mais un peu Irop chargée de sels terreux et surtout de sulfate de chaux. Elle est donc peu propre aux usages domestiques et surtout à la cuisson des légumes. En outre, elle arrivait à Paris à une allitude qui ne permellailde la mélanger avec aucune autre eau de la distribution.
On a pu, par quelques travaux peu importants', la relever de rnllilude 57"", 40, ancien niveau du réservoir de l'Observatoire, à l'alliludc 66"°, 24, qui lui permet de remplir un des compartiments du réservoir du Panthéon ; on en fait de plus un excellent emploi : elle alimente aujourd'hui les fontaines du Luxembourg et de l'avenue de l'Observatoire, qui seront bientôt les plus belles de Paris, au moins par leur splcndide limpidité. On voit qu'on n'a pas changé l'ancienne destination de cette eau et qu'on a respecté les intentions du fondateur de l'aqueduc d'Arcueil, en réservant pour les jardins du palais de Marie de Médicis les eaux dérivées par elle et à ses frais.
Travmix de captation. — Ces travaux se divisent, comme les sources elles-mêmes, en deux groupes : le groupe de Rungis et le groupe du Long-Boyau.
Le grouj)e de Rimgis. — Le croquis suivant représente en plan les principaux travaux de captation : le carré des eaux, Vaqiieduc de Paray et de la Pirouette et V aqueduc de l'Église. Il ne reste en dehors qne le puits de Paray, dont il sera question ici.
Le carré des eaux est un grand quadrilatère a, b, c, d, où se trouvaient sans doute les sources principales. Ce quadrilatère est lurmé de deux galeries partant du point a, occupant chacune deux côtés de la figure et ayant leurs pentes dirigées en sens inverse de manière à conduire l'eau au seuil du regard de prise dcau B. Le point rt, commun à ces deux galeries, se trouve à
' Vov. il la fin du chapiire.
l'angle nord-est du Grand-Carré; l'allilude du fond de la cunette est à ce point 75"',55 et 75"',18 en c, point oti les deux galeries se réunissent de nouveau pour décharger leurs eaux
i'nŒ> DE hlsgi-'
dans le regard B dont le seuil est à l'altitude 75,13- Ces galeries ont de 0'",98 à 0™,99 de largeur; leur hauteur varie de l^jSl à l^jG^; elles sont pourvues d'une cunette sans radier de0"',40 à 0'",53 de largeur et de 0™,25 à 0'",42 de profondeui .
Le reste de la largeur de l'aqueduc esl occupé, tantôt par deux banquelles égales, tantôt par une seule.
On entre dans l'aqueduc du Grand-Carré par un regard situé à l'angle b, qu'on nomme le regard des sources ; cet ouvrage esl figuré au croquis suivant. C'est un rectangle de 10 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur; au bas de l'escalier, on passe
Regard des Sources
entre deux rangs de piliers de chaque côté desquels se trouve une cunelte sans radier. C'est en M qu'on voit sourdi'c les principales sources.
Lorsqu'on parcourt les galeries abc, adc, dans une année humide, on voit sourdre l'eau presque sur tout le développement de la cunette. Lorsque l'année est sèche, ces petites sources ne sont plus visibles et, en suivant le développement des galeries à partir du regard des sources, on ne voit au fond de la cunelte qu'un petit filet d'eau qui va en grossissant jusqu'au regard B de prise
d'eau, où se réunissent aussi les eaux des deux aqueducs de Paray et de l'Eglise.
Voici du reste le développement total de l'aqueduc du Grand- Carré :
«ÊTRES
, , . , ( Côlé ab 115,35
La galène a&c....j^,^.^^ ^,.^^^5
, . , ( Côté ad 153,00
La galerie adc. . . ■{ ^.,. , aio m
° ( Cote de 110,40
Du point c au regard de prise d'eau 10,20
Total 545,40
Source de la Pirouette. — L'eau de cette source, captée vers 1651 par Bocquet, est renfermée dans le regard E de la Pirouette. De là, elle se dirige vers le regard B de la prise ,,.,,^,,,,,^,,^^,,,„ des eaux, dans une rigole d'origine romaine, dont f [ ' i voici la coupe. Sa longueur est de 136 mètres, sa largeur et sa hauteur de 0™,58, son radier est horizontal entre les regards de la Pirouette et B de la prise des eaux. Elle est connue dans le service sous le nom de chenal de Paraij.
Source et aqueduc de l'Église. — Celte galerie, désignée sur le plan par la lettre A, a été construite par Bocquet pour capter la source des Maillets ou de V Église^; elle a 1"",89 de hauteur sous clef et O^jOS de largeur; elle est munie d'une banquette de 0'",62 de largeur et d'une cunelte sans radier de 0"\,56 de largeur et de 0'",56 de profondeur; sa longueur est de 115'",20. Elle débouche, comme la source de la Pirouette, dans une rigole recouverte d'une dalle, désignée sous le nom de Chenal de l'Eglise, qui est d'origine romaine^.
La longueur de cette rigole est de ISl^jQS.
' Voy. ci-dessus p. 160 et 161.
* Voy. ci-dessus p. 60,
Chenal de Paray.
Sources de Parai}. — Pour bien comprendre ce qui \a suivre, il faut se reporter à la petite carte de la page 54. Il est probable que ces sources ont été également captées par Bocquet. Les ouvrages de caplalion se composent d'une pierrée/l], qui débouche en C dans lepnils de Paray, d'un aqueduc ancien de 19 mètres de longueur construit probablement par Bocquet, d'un aqueduc C<', dit de Paray. Une pierrée Cs sert aujourd'hui de décharge au puits de Paray; elle est décrite page 60; elle conduisait autrefois les sources de Paray au regard D, où se réunissaient toutes les eaux qui alimentaient la rigole romaine. La pierrée /C est entièrement remplie d'eau et paraît construite sur le même modèle que les ouvrages du même genre, décrits ci-dessus; elle a 269 mètres de longueur. L'aqueduc de 19 mètres se détache du puits de Paray et semble se diriger vers l'aqueduc de l'Eglise; on ne voit pas pourquoi le constructeur s'est arrêté en roule.
L'aqueduc £,e de Paray est le plus important de ces ouvrages : il conduit les eaux du puits de Paray au regard de la Pirouette ; il a 87o'",50 de longueur; la hauteur entre la banquette et la elef varie de 1^,80 à 2'",06, et sa largeur de 0"',80 à 0'",90. Il est pourvu d'une cunelte, de O'^,o0 de largeur et de même hauteur, bordée d'une banquette de 0"',50 à 0"',55 de largeur ; outre les regards C et e, on y compte six cheminées, fermées par des dalles et couvertes de terre, destinées à faciliter les réparations. Cet aqueduc a été construit de 1782 à 1784, en remplacement d'une pierrée qui devait remonter au temps de Louis XIV. Le croquis suivant représente le puits de Paray et les amorces de tous les ouvrages dont il vient d'être question. On y descend par un escalier e quatorze marches, dont le palier inférieur est à 3", 85 au-dessous du sol. Toutes les eaux captées se réunissent dans le puisard de forme circulaire indiqué sur le plan. La cunette de l'aqueduc de Paray se détache de ce puisard.
Le nivellement de ces divers ouvrages prouve que la capta-
lion des sources de Paray, de la Pirouette et de l'Église, a été faite après celle du Grand-Carré. En effet :
L'altitude du radier du regard C de Paray est 75,12
L'altitude du radier du regard E de la Pirouette 74,89
L'altitude du radier de la cunette du chenal de Paray 75,06
,,,. , , ,. ( de l'aqueduc de l'Église. ( à l'origine 75,25
L altitude du radier , , ° i > i. . . - -. - r,t ,-,„
(delacunelte ( a 1 autre extrémité 75,20
[ à sa jonction avec l'aqueduc. 79,20
L'altitude du radier du chenal de l'Église. .( à son arrivée dans le re-
( gard B. . 75,52
Plan du puits de Paray.
On a abaissé, en 4876, ce dernier point de 0'",14. Avant l'exécution de ce travail, l'eau des deux aqueducs ne pouvait, en temps de sécheresse, entrer dans le regard B. Il est évident qu'on n'aurait pas fait une telle faute de nivellement, si les travaux de
caplalion des sources du Grand-Carré avaient été faits à la même époque que ceux des sources de la Pirouette et de l'Eglise'.
' La plupart des auteurs qui ont écrit sur l'aqueduc d'Arcueil ont cru voir dans les ouvrages de captation des sources de Paray d'importants travaux d'origine romaine. Voici ce que dit l'un d'eux, M. Jollois, de la galerie de l'J mètres qui se détache du puits de Paray :
« A ce point nous sommes entrés sous une autre galerie voûtée qui présente, à n'en pas douter, tous les caractères d'une construction romaine. Ce n'esl pas, toutefois, que l'on retrouve ici celte manière de bâtir si universellement adoptée par les Romains et qui consistait, ainsi que nous l'avons fait remarquer au palais des Thermes, en des assises alternatives de petits tnoellons addques et de briques. Au puits de Paray la construction romaine se décèle par l'extrême dureté des mortiers employés dans la hàlisse.... £//« (la galerie romaine) est haute de 1",94 dans œuvre et présente une banquette de 0'°,70 de largeur et une rigole de 0'",50 de largeur et 0",25 de profondeur....
« La galerie romaine qui fait l'objet de notre examen n'a que dix-huit mètres de longueur, au bout desquels elle cesse entièrement, sans qu'on puisse reconnaître les obstacles qui ont arrêté tout à coup les constructeurs. 11 est à croire, toutefois, que ces obstacles ont existé, car cette galerie se dirigeait sur l'angle d sud-est-nord-esl du grand carré de Rungis, et à ce point on retrouve tine galerie A tout à fait pareille (aqueduc de l'Eglise), aussi de construction romaine, dans une direction qui est la même que celle du puits de Paray, et que l'on peu suivre sur une étendue de 115'°, 85. Cette dernière galerie, le long de laquelle sourdent les eaux comme dans les galeries que nous avons dé^à signalées, n'a pas été poursuivie plus loin. L'extrémité en était terminée par un arrachement, et on voit le sol dans l'état naturel.
« Le mortier, aujourd'hui d'une extrême dureté, présente encore l'empreinte des mains qui l'ont relevé sur une partie de l'épaisseur de la voûte. Des empreintes semblables existent sur les pieds-droits.... » (Voyez Mémoire sur les antiquités romaines et gallo-romaines de Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 2" série, t. I", 18i3, p. 1, par M. Jollois.)
On ne peut, suivant moi, reconnaître des ouvrages romains dans l'aqueduc de 19 mètres du puits de Paray et dans celui de l'Église. Les passages soulignés de cette description ne justifient nullement l'opinion de M. Jollois. La dureté des mortiers n'est pas une preuve suffisante. Ces deux aqueducs ont été construits en IB.Ji. J'ai trouvé, dans les registres de la Ville, le devis en date du i novembre 1053 et le procès-verbal d'adjudication portant la date du 15 février lOôi. Voici le titre de la première de ces pièces : « Devis des ouvrages de massonncrie et terre massive qu'il convient faire pour la conduille des caues nouvellement amassées en la plaine de lluict-Solz (Iluict-Solz pour Huissou, Wissous ; il faut pardonner au commis du greffe de la Ville ce jeu de mots involontaire) jusque dans le grand regard royal de Rongis. » L'aquuduc devait avoir » trois pieds de largeur dans œuvre et six pieds de haulteur soubz la voulle depuis le dessus du marche pied.» Ce marchepied avait deux pieds de largeur et la cunette trois pouces. Ces dimensions sont exactement celles qu'indique M. Jollois pour les deux galeries qu'il suppose d'origine romaine.
La fouille de l'aqueduc commençait « proche le coing de l'église dudit Rongis », et devait se prolonger jusqu'à « la tranchée de décharge près la Saussai/e en costoyant le grand chemin qui va de Rongis au village de lluict-Sols ». Il est impossible d'indiquer plus clairement le tracé de l'aqueduc diml l'amurce se dirige de l'église au regard de Paray. Ln se reportant h la carte de la page 50, dressée du temps de Louis Xlll, on voit que la source de la Saussaye élail à l'emplacement actuel du puits de faray où se termine par une amorce de i'J mètres l'aqueduc romain de M. Jollois. La carte de la jiage 5i fait voir que cet aqueduc, s'il avait été construit entièrement, aurait « cosloyé » le chemin de Rungis à Wissous. La décharge de la Saussaye ne peut s'appliijuer, dans la localité, qu'à la décharge du puits de Paray. Enfin la pieirée de 20'.l mètres ouverte sur le terriloire de Wissous en amont du puits de Paray, au moyen de laquelle on avait sans douté amassé les eaux qui se perdaient autour de la source
Voici la longueur des aqueducs et pierrées qui servent à la captation des sources de Rungis :
Aqueducs.
MÈTRES
Le Grand-Carré 545,40
Aqueduc de Paray, construit en 1782 ou 1784 . . . 875,50
Vieil aqueduc de Paray 18,00
Aqueduc desservant la commune de Rungis 17,15
Aqueduc de l'Église 115,20
Longueur totale des aqueducs 1570,05
Rigoles dallées (désigne'cs sous le nom de chenals).
Chenal de Paray 156,00
Chenal de l'Église 151,95
Longueur totale des rigoles.» .... 267,95
Pierrées.
Pierrée en tête du puits de Paray * 269,10
Sources du Long-Boyau. — Les sources de ce groupe descendent sur la pente du coteau qui s'étend de l'Hay à Arcueil ; elles émergent du niveau d'eau des marnes vertes, ainsi qu'il a été dit ci-dessus ^ L'aqueduc principal passe à quelques mètres au-dessous de ces points d'émergence; la captation de ces
de la Saussaye, est ainsi décrite au devis : « lad' tranchée estant faicle et le fond bien conduict de niveau suuiant la pente sera faict la massonneric en pierre seiche d'une pierrée dont le vuide aura un pied de large entre deux murs .sur dix-huict poulces de haulteur bien garni par derrière de petit moellon jusques à la glaize. » (Registres de la Ville H 1812, vol. XXXV, fol. 172 et 210.) Les travaux devaient être terminés « fin juin (1654), ou plus tôt, sy faire se peut ». Pourquoi ont-ils été interrompus ? Pourquoi a-t on renoncé à l'aqueduc de 2 mètres de hauteur qui devait relier la source de la Saussaye ou du puits de Paray à celle de l'Eglise? Pourquoi y a-t-on substitué une simple pierrée s'ctendant du puits de Paray à li source de la Pirouette? L'économie qui devait résulter de cette modification suffirait pour la justifier. Jhis je ne veux pas me perdre dans les hypothèses. Je crois avoir suffisamment démontré que l'aqueduc de l'église et l'amorce de 19 mètres du puits de Paray ne sont pas des ouvrages romains et qu'ils ont été construits du temps de Louis XIV, en 1054.
* Cette pierrée ne figure au plan de la ville que pour 144", 20 ; on a omis d'y porter la partie comprise sur le territoire de Wissous. - Voy. p. 58 et suiv., et p. 107.
pciiles sources s'est donc faite ircs-facilcment et très-rationnellement par des pierrées. Conformément au cahier des charges', ces ouvrages à pierre sèche n'ont pas de radier et reposent sur le terrain aqnifère; ils ont 0"V16 de largeur et 0™,49 de hauteur.
Les pierrées du Long-Boyau sont indiquées sur le plan général entre les regards IX et X. Elles se composent d'une cunelte à pierre sèclie couverte d'une dalle mince, presque parallèle à l'aqueduc lui-même et qui s'y relie suivant deux lignes de plus grande pente, à 207 mètres en aval du regard n" IX et au regard n° X lui-même. Cette dernière pierrée est construite sous le chemin dit la voie des Saussaijes ; elle forme une boucle à l'extrémité de ce chemin.
Une autre pierrée prend la fontaine couverte ou fontaine pesée, cédée en 1671 à la ville de Paris par les religieux de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés', et débouche dans l'aqueduc à 24rv20 en aval du regard n° XI. Sa position et sa longueur ne sont pas très-exactement connues.
\oici la longueur des pierrées du Long-Boyau :
MÈTRBS.
Pionées diboucliant dans l'aqaeduc à 207 mètres eu aval du regard n" IX. 554,50
n- - 1 .1 1 . [ A gauclic du chemin des Saussaves. 158"', 50 \ nerrees débouchant In, , , . ■' J
■ boucle au-dessus de ce chemm. . . 164"', 40 f „„
dans { \ 557 90
le regard n« X. ^ *^''*"'^ ^^ '^'^ chemin ITi^'.ÔO |
( Ligne se soudant au regard n" X. . 120"", 90 ]
Pierrée de la fontaine couverte 400,00
Longueur totale des pierrées du Long-Boyau 1292,40
Eaux nouvelles'. — En construisant l'aqueduc de la Vanne, nous avons trouvé dans les fouilles une très-grande quantité d'eau, dans la tranchée de la plaine de Paray et dans le souterrain de rilay, vis-à-vis du village de Clievilly.
' Voy. ci-dessus, p. 152, et le croquis de la page 112. - Voy. ci-dessus, p. 161 etsuiv.
' Voy. la carte de la page 51.
Deux petits aqueducs de drainage ont été établis sous la grande galerie : le premier a son origine à 130 mèties en aval du regard n° 27 et s'étend jusqu'au regard n° 20; le second est construit sous le souterrain de l'Hay, entre le regard n° 15 et un point pris à 145 mètres en aval du regard n° 9. Nous avons dirigé ces eaux nouvelles dans l'aqueduc d'Arcueil par deux aqueducs voûtés et une conduite en poterie de 0"',225 de diamètre intérieur.
L'aqueduc g h h, dit drain de Chevilly, se détache de l'aqueduc de la A^anne au regard n° 15, passe à travers champs et atteint en h le chemin de Clievilly à Rungis, qu'il suit jusqu'au carré des eaux, où il débouche au point h du plan, dans le regard des sources. Sa longueur totale est de 1241 mètres.
Le point de départ de l'aqueduc k C, dit drain de Paray, est au puits n° 20 de l'aqueduc de la Vanne. Il se dirige à travers champs vers le regard C ou puits de Paray dans lequel il débouche ; sa longueur est de 841", 15.
La conduite en poterie, dite drain de l'Hay, se détache de l'aqueduc de la Vanne à 145 mètres en aval du regard n" 9. Elle a 84'", 90 de longueur et se raccorde à l'aqueduc d'Arcueil, à 90 mètres environ du regard n° 9, par des gradins qui ont 6'", 05 de développement.
Ces nouveaux ouvrages augmentent donc la longueur des travaux de captation des sources de l'aqueduc d'Arcueil des quantités suivantes :
Rigoles.
METn
Drain de Paray fléboiicliaiit au regard de Paray. . . . 841,15 Drain de Clievilly . . . 1241,24
Longueur totale des nouvelles rigoles. . . 2082,59
HÊTRES
Conduites en poterie et gradins de l'Hay 90,95
En résumé, les ouvrages de captation des eaux d'Arcueil se décomposent ainsi :
BÉrnES.
Aqueducs anciens 1570,05
Rigoles ou chenals anciens 267"", 95 1 o„^. „,
Rigoles nouvelles. Drains de Paray et de Chevilly. 2082°',Ô9 j -^^^•^•*
p. , ( deRungis 267'°,90 ) ,^„^
Pierrees. . • , , „ ,ç,nç,„, ,« loo0,50
( du Long-Boyau • 1292", 40 )
Conduite nouvelle en poterie de 0'",225 de diamètre, détachée
du drain de la Vanne 90,95