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EXAGÉRATION DES DIMENSIONS DES AQUEDUCS

porte en somme sur lui objet qui n'a pas beaucoup d'importance.

11 n'en est pas de même de l'aqueduc de Belleville : rien ne jaslifie l'exagération des dimensions de la galerie principale, dans laquelle on circule debout, et des deux banquettes, entre lesquelles se trouve le seul ouvrage utile, une petite cunette de quelques cenlinièlres de profondeur. Ces ouvrages grandioses se terminent au regard de la prise des eaux par une petite conduite forcée. 11 semble que tout l'aqueduc aurait dû être construit ainsi, en petits tuyaux de plomb ou de poterie.

La même observation s'applique à l'aqueduc Saint-Louis, dans lequel on peut se tenir debout, et qui se relie h l'aqueduc principal par une conduite de 0",054 de diamètre, suffisante en toute saison.

Les dimensions de l'aqueduc d'Arcueil ne sont pas plus rationnelles. Dans l'origine, on n'a compté que sur un débit de 50 pouces fontainiers (575 mètres cubes en 24 heures) et quelques années plus tard de 84 pouces ou 1600 mètres cubes d'eau en 24 heures; certes, pour débiter un tel volume d'eau, un aqueduc de l'",80 de hauteur sous clef et de 1 mètre de largeur n'était nullement nécessaire : la petite rigole romaine de 0",60 de hauteur et de 0", 55 de largeur, recouverte d'un simple dallage, était amplement suffisante ; si la construction d'un siphon de 56 mètres de flècheparaissait impraticable à nos devanciers, on pouvait remplacer le somptueux pont-aqueduc que nous voyons aujourd'hui à Arcueil par de simples arcades enpelits matériaux, dont on avait un exemple sous les yeux, dans les ruines de l'aqueduc romain. On aurait ainsi économisé les cinq sixièmes de la dépense.

Mais cela n'entrait pas dans l'esprit de nos pères. Bonamy lui-même considère l'aqueduc d'Arcueil comme l'un des plus beaux monuments du règne de Louis XÏIL J'ai ])uh\ié in extenso^ comme caractéristique des idées du temps, le récit de la visite de Louis Xlll et de la reine-mère aux sources de Rungis'. Qu'aurait-

• Voy. ci-dessus.

on monlréau roi, si les aqueducs du Grand-Carré avaient été de simples pierrées, et si le regard de prise d'eau n'avait été qu'un puisard en moellon brut comme ceux des aqueducs modernes ? Mais j'insiste peu sur ces dispositions générales des aqueducs, qui n'ont eu d'autres inconvénients que d'augmenter considérablement les frais de premier établissement.

Dispositions du regard final ou château d'eau et mode de distribution. — C'est surtout dans cette partie des aqueducs que nos pères ont montré combien ils respectaient les traditions romaines. Cumque venerit ad mœnia, efficiatur casteUum et casteUo conjunctum ad recipiendum aquam triplex emissiarum, etc. Nos ancêtres se sont conform^'s rigoureusement <à ce précepte deYitmve : chacun de leurs aqueducs se termine par un château d'eau. L'aqueduc d'Arcueil , notamment, débouche à la porte de la ville dans le triple récipient prescrit par l'architecte romain. Ils n'ont pas remarqué que l'absence du réservoir était au moins justifiée dans les aqueducs romains par l'abondance de l'eau qui pouvait couler nuit et jour sans nuire au service. 11 n'en était pas ainsi au Pré-Sainl-Gervais, à Belleville et à Arcueil : la distribution aurait été considérablement améliorée si, aux heures de grande consommation, les habitants de Paris avaient trouvé dans des réservoirs et par suite dans leurs fontaines, l'eau qui s'écoulait sans utilité pendant la nuit et aux heures de petite consommation de la journée. Cet écoulement continu et ce mode vicieux de distribution étaient donc la conséquence forcée de la mauvaise disposition du château d'eau. Sans réservoir, la conduite forcée de nos distributions modernes ne serait pas possible, puisijue, dans celte hypothèse, aux heures de petite consommation, l'eau déborderait dans le château d'eau, et qu'aux heures de grande consommation le réseau des conduites publiques se viderait. Avec le système romain, la répartition des eaux, à partir du château public qui termine l'aqueduc, doit nécessairement se faire par autant de conduites qu'il y a de chà-

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