EXAGÉRATION DES DIMENSIONS DES AQUEDUCS
n° Xn, et le château d'eau de l'Observatoire. Depuis, l'opération générale n'a pas été renouvelée. On s'est borné à enlever les dépôts aux points où ils se forment le plus rapidement, notamment à l'aval du regard n° XIII dans la cunette du pontaqueduc.
Lorsqu'on a remplacé, il y a 25 ans environ, les conduites maîtresses en plomb de la distribution de l'eau d'Arcueil par des tuyaux en tôle bitumée, on les a trouvées presque entièrement remplies de sédiments calcaires. Ces conduites avaient cependant 0^,250 et 0'",216 de diamètre. M. Adde, qui a dirigé l'opération, pense qu'elles ne remontaient pas au temps de Marie de Médicis, car, en dessous, il y avait des tuyaux en poterie de même diamètre qui étaient aussi complètement obstrués par des sédiments calcaires.
La conduite de G™, 30 qui remplace l'aqueduc entre le regard n° X et le réservoir du Panthéon, reçoit l'eau lorsqu'elle n'est pas encore incrustante. Cette eau y est absolument forcée, ce qui rend difficile le dégagement de l'acide carbonique. Il y aura certainement une étude intéressante à faire dans quelques années sur la propriété de l'eau dans ces nouvelles conditions. Je dois faire remarquer que la conduite est à bagues, et par conséquent facile à démonter.
Bisfositions générales des anciens aqueducs de Paris. — Ces ouvrages diffèrent essentiellement de ceux qui se construisent aujourd'hui par certains caractères généraux, fort difficiles à justifier dans des ouvrages de ce genre, et qui presque toujours sont le résultat d'une imitation peu rationnelle des aqueducs romains.
J'ai eu plus d'une fois l'occasion de faire ressortir l'exagération des formes et des dimensions des aqueducs de Paris ; c'était la mode du temps; on aurait fait peu de cas d'un aqueduc qui n'aurait pas attiré les yeux par ses dispositions monumentales. Il ne venait à l'idée de personne qu'un tel ouvrage n'est en définitive
qu'une conduite d'eau qui ne doil pas plus être remarquée que les égouls qui passent sous le sol des rues. Celait du reste une idée d'imporlalion romaine. On a vu dans rinlroduclion de ce livre que jusqu'au règne d'Auguste les aqueducs étaient construits avec ces dispositions robustes qui les ont fait vivre jusqu'à nous et que personne ne doit se permettre de critiquer. Mais, en somme, c'étaient des travaux exécutés sans prétention, pour un usage s[:écial et nullement pour flatter les yeux. Les aqueducs d'Agrippa portent encore ce caractère de simplicité grandiose.
Sur la fin du règne d'Auguste, apparaissent les hautes arcades en briques ou en pierre de taille, les splendides châteaux d'eau, les thermes, magnifiques étrennes (œenium) que le maître donnait au peuple, et aussi les pompeuses inscriptions qui étaient au moins justifiées par la grandeur des résultats obtenus.
C'est dans cet ordre d'idées que les aqueducs du moyen âge et et de la Renaissance ont été construits; pour qu'ils soient entièrement comparables aux aqueducs antiques, il n'y manque qu'une chose, l'eau. Si la portée de l'aqueduc de Marie de Médicis était aussi grande que celle de Claudia, personne ne songerait à critiquer le pont-aqueduc d'Arcueil.
Un seul des anciens aqueducs de Paris, celui du Pré-Saint- Gervais, est construit avec des dimensions rationnelles : lorsqu'il traverse des terrains aquifères, il se compose de simples pierrées, qui ne sont pas beaucoup plus grandes que les ouvrages analogues employés autrefois à l'assèchement des terres humides. Dans la traversée des terrains secs, les pierrées sont remplacées par des conduites forcées de petite dimension, en poterie ou en métal ; c'est ainsi qu'on construirait aujourd'lmi un aqueduc de celte importance. Les regards seuls prêtent à la critique; on ne comprend ni l'exagération de leurs dimensions, ni le dispendieux appareil en pierre de taille qu'on a adopté dans leur construction. Mais, je le reconnais, celte critique