Les eaux-fortes de Besnard
Parmi les grands inventeurs d'images multiformes, il n'est pas un artiste qui ait jamais eu autant qu'Albert Besnard ce don d'associer, si complètement, une telle aisance, une telle spontanéité productrice à l'appropriation et à la virtuosité de ses moyens d'expression.
On sait comment il marie, sur une toile, la forme et la couleur en rythmes inattendus, pour en tirer ces explosions de joie lyrique, savamment contenues entre les rets d'un sûr dessin, dont l'indication hardie est si forte.
Oui ne connaît ces grandes œuvres, devenues classiques, de l'Ile heureuse, de la Montagne, de la Vie renaissant de la Mort, des plafonds du
(N° 17) La maladie (1884)
Théâtre français et de l'Hôtel-de-Ville de Paris, venant consacrer cette réputation de peintre novateur et de poète coloriste, qu'il avait, tout d'abord, conquise par ses splendides décorations du Cloître de l'École de Pharmacie.
On l'a vu peindre d'immenses aquarelles vigoureuses, où le ruissellement de véritables nappes colorées, balancées sur le papier tenu à bout de bras, s'est arrêté à point pour déposer ces gemmes translucides, reliées par la fugace armature d'un trait de pinceau décisif, qui, cependant, n'insiste pas. Dans ses pastels, qui laissent loin derrière eux les meilleurs Latour et les Perronneau, s'il s'est souvenu de Chardin, — le maître, — c'est pour en faire le point de départ de son étourdissante technique si personnelle, qui ne lui doit plus rien, et qui construit sur les des-
sous, puissamment lavés d'encre de Chine ou d'aquarelle, tout un échafaudage de hachures presque verticales, en tons francs, juxtaposés dans l'empâtement fougueux du pastel, jusqu'au moment où, d'un coup de doigt subtil, l'œuvre sort achevée, avec ses modelés insaisissables.
Il a conçu des vitraux, des paravents, des décors spéciaux de meubles rares et des illustrations de livres, avec la même aisance et le même bonheur constant.
Mais il est tout un vaste champ de son activité artistique qui demeure encore
ignoré du public, quoiqu'il s'égale, sans contredit, par d'autres dons, par un sentiment très différent de la conception esthétique et philosophique de ses œuvres peintes, à l'ensemble si complexe déjà de toutes ses autres productions.
C'est son domaine de l'eau-forte.
173 planches gravées attestent que l'artiste a cherché, — parallèlement à son grand effort de maîtrepeintre, durant cinquante années, depuis ses tout premiers essais d'étudiant, jusqu'à ces derniers mois passés à Rome, à la Villa Médicis — une autre orientation, jalonnée d'œuvres très différentes, marquées de son sceau personne] et dont quelques-unes sont parmi les plus belles qui soient dans tout le domaine de la gravure.
Dans l'orchestration si puissante et si sensuelle de l'oeuvre d'ensemble d'Albert Besnard, ses eaux-fortes donnent, avec une continuité singulière, avec comme une insistance, cette note grave, — souvent tragique, même, — qui est la contrepartie des fêtes voluptueuses, si vibrantes de lumière, si dionysiaques de conception, où le lyrisme joyeux des tons chante ces harmonies audacieuses, qu'il a su tirer du mystère de l'ombre ardente, traversée de soleil, où s'ébattent de beaux corps nus.
Lorsqu'on publiera toute sa production par ordre chronologique, on restera frappé de cette opposition, qui aide à l'harmonie d'ensemble de son œuvre. Elle donne,
(N° 18) La conoalescence' (1834)
IN" 12) La tasse Je thé (1883)
en particulier, à ses eaux-fortes, cet accent d'âpreté tragique, qui revient, périodiquement, après chaque grande envolée du peintre vers les régions du haut lyrisme apollonien, où le menait son goût des grands s}<'mboles, sa fantaisie décorative, ou l'imprévu de ses recherches renouvelées. La Camarde y apparaît souvent, en personne ou dans ses œuvres; et, il y a là des sanglots, des râles, des silences mêmes qui semblent la rançon de tant de joie visuelle, de tant de beauté radieuse, jetées à pleines mains, d'autre part, sur la toile ou dans ses pastels.
Tout de suite, et dès son premier contact avec le cuivre, bien avant de partir à Rome, en qualité de pensionnaire de l'Académie, — dont il est aujourd'hui le Directeur, — Besnard a traduit à l'eau-forte un sujet tragico-comique, dont la Mort a fait tous les frais. C'est le Pendu qui profile, en ombre chinoise, sa silhouette tressautante, que guette un vol de corbeaux. — Œuvre de jeunesse et d'inexpérience qui marque, pourtant, une date et qui ouvre à l'artiste ces horizons du blanc et noir, d'où il découvrira, plus tard, des moyens d'expression fort adéquats à ses préoccupations et à ses dons d'artiste.
PREFACE
(N°74) Intimité (1889)
Car, comment aurait-il mieux exprimé, qu'à l'eau-forte, cet émouvant lamento des vingt-six planches de la suite '(Elle» ; cette litanie macabre d'une poésie, si farouche et si pitoyable, à la fois, où la Mort passe et repasse, et que Besnard avait entreprise avec l'intention de tirer, de ce même thème, cinquante variations, dont les schémas ont été créés.
Or, c'est tout de suite après l'Ile Heureuse, qu'il a entrepris ce long Miserere gravé, dont chaque eau-forte est un répons farouche à ce clair hymne de joie, conçu dans un de ses meilleurs moments d'exaltation picturale, et où ce lyrique du pinceau a su tisser, avec des éléments de vérité saisissante, observés sûr le lac d'Annecy, cette trame de fiction cythéréenne, où toutes les voluptés du cœur, des sens et des tons sont contées d'un pinceau disert, pour l'émerveillement des visiteurs du Louvre.
C'est au temps de ses lumineuses notations d'Algérie, qu'il aperçoit la Visiteuse s' avançant comme une larve noire dans la pénombre de son logis. De même on pourrait placer ses eaux-fortes tragiques : le Mort, un Martyr, la Morte, la Mourante, la Fin de tout, à côté de telles de ses conceptions picturales contemporaines, toutes débordantes d'allégresse ou d'élégante fantaisie.
Ces antithèses seraient déconcertantes si l'on n'observait pas le lien et le nœud qui les relient, étroitement, dans l'inspiration d'ensemble de l'artiste, lequel les opposa côte à côte — avec quelle magnificence ! — dans son grand thème philosophique et pictural de l'amphithéâtre de Chimie à la Sorbonne : La Vie renaît de la Mort.
Il n'y a dans son œuvre de peintre que cette suite des grands panneaux, dont il dota l'hôpital Cazin-Perrochaud, à Berck, qui puisse s'apparenter à ses eaux-fortes. L'invention merveilleuse de ce Christ, cahotant sur l'unique béquille de sa croix qu'il vient d'arracher du sol, pour répondre à l'appel de la divine pitié qui le guide auprès d'effroyables déchets de toutes les misères, cette imagination d'un mysticisme qu'aurait envié Fra l'Angelico ou le Poveretto d'Assise, est bien du même Albert Besnard, que l'auteur de la Mort discrète ou de la Mort compatissante : celui qu'on connaît peu et qui cache trop bien, sous des dehors d'ironiste — parfois cruel — toute la sensibilité exquise d'un grand cœur émotif à l'excès, dont les élans sont tout en délicatesses
C'est pourquoi cette suite d'eaux-fortes sera comme une révélation, comme la mise à nu des racines mêmes de son art dans le domaine de l'expression, parles seules valeurs ; c'est comme une source des émotions les plus graves, provoquées par une simple arabesque de lignes, sans l'intervention des couleurs. Elle demeurera, quoi qu'il en soit, cette partie la moins exposée de son oeuvre, aux vicissitudes des choses d'art, sous l'injure du temps et des actions chimiques de l'atmosphère et du soleil. Tant de chefs-d'œuvre ont été éteints par cette trahison des poudres colorées, de plus en plus fatale aux peintres modernes, depuis que la chimie de la houille a ouvert aux marchands de couleurs des horizons qui leur font dédaigner les belles traditions techniques de la corporation des Maîtres-peintres d'autrefois !
Cette probité de l'Art, dont parlait Mr. Ingres, se retrouve plus encore dans une eau-forte que dans un dessin. Car l'artiste, déjà tenu en éveil par sa lutte contre le métal rebelle, doit aussi s'observer davantage, en songeant à la multiplication prochaine de la moindre erreur par le tirage de sa planche.
Ici, l'amateur d'estampes trouvera maints chefs-d'œuvre dont la notoriété s'établira très rapidement.
Cette pièce de la Fin de tout, qui domine la prime période de cet œuvre, est une puissante évocation réalisée dans une technique de premier ordre.
Puis, c'est le magnifique effort dédié à Rodin, Dans les Cendres, dont l'équivalent ne se trouve encore nulle part dans toute l'énorme production du grand passé de la ( rravure. Ce n'est pas du Rembrandt, ni du Goya, non plus que du Whistler, du Legros ni du Zorn lesquels ont gravé avec l'artiste; c'est du Besnard, franc de pied, comme dirait un horticulteur, ennemi des hybrides. Et c'est du meilleur Besnard, même à côté de ses tableaux. Pourtant nos prédilections iraient plutôt à la Mère malade, l'œuvre la plus exactement heureuse, de tous points, dans cet ensemble impressionnant. Il y
PREFACE
(N° 13) Madame Besnard (1884)
a là un bonheur d'expressions graphiques, un charme, une réussite des moindres nuances de l'intention, un équilibre si harmonieux entre les parties à peine indiquées et les zones d'exécution parfaite, qu'on ne sait comment l'exprimer sans entreprendre un cours fastidieux qui n'intéresserait personne.
La Femme à la pèlerine et une Famille sont aussi parmi les plus belles pièces de cet ensemble si varié.
Le Poney, le
Cheval arabe et le
Profil de cheval sont
des eaux-fortes de
grand caractère, dont
on ne voit nul équivalent ni dans Paul Potter, ni chez Durer. L'accent nerveux de
leur dessin, les qualités d'observation des moindres caractéristiques de leur race,
en font des œuvres de choix, qui deviendront bientôt classiques.
Il en est de même des beaux portraits, de Robert Besnard, du poète Robert de Montesquiou, du superbe et sobre Rodin et des Portraits de guerre, si magistralement campés, avec une extraordinaire variété de moyens d'expression ; que ce soit l'épique Clemenceau, enlevé à la pointe sèche, en quelques traits entaillés de verve, l'effigie plus étudiée et plus puissante de la Reine Elisabeth, ou l'esquisse heureuse de son royal époux, on y trouvera toujours des éléments d'observation supérieure et cette largeur d'accent qui font de Besnard l'un des grands maîtres de l'eau-forte en même temps que l'un de ses plus heureux techniciens.
PREFACE
Nul doute que la révélation de cette émouvante suite des vingt-six planches d'Elle n'apporte à l'éminent artiste cette consécration nouvelle qui ne lui manquait qu'en fait, puisque l'œuvre était là, connue de quelques initiés, comme certaines illustrations de sa main, jalousement gardées par de trop heureux bibliophiles.
Albert Besnard est né en 1849. Il est le fils d'un artiste peintre et de Mme Besnard-Giraud, qui avait un réel talent de miniaturiste. C'est, sans doute, cette hérédité qui l'a ramené, constamment, vers la pratique d'un art aussi minutieux que la treints.
Prix de Rome en 1874, il quitta la villa Médicis avec l'idée, bien arrêtée, de s'écarter, le plus nettement, des traditions de la maison qu'il devait diriger plus tard, pour le bien de la jeune École française. Elève de Cabanel et de Jean Brémond, il n'a gardé que l'influence du second, dont il a parlé, filialement, dans une étude pleine de verve. A Londres, il travailla l'eau-forte avec Legros et Bracquemond ; à Paris, avec Zorn, sans être impressionné par leur technique propre. Ces quelques notes biographiques étaient nécessaires pour fixer l'échelle des dates sur laquelle est échafaudée cette œuvre considérable, dont on comprendrait mal l'évolution et la portée, sans ces données élémentaires.
(N° 95) Cheval arabe et Tête de cheval (1893)
gravure à l'eau-forte et à ses formats toujours res-
Souhaitons qu'elle s'allonge beaucoup, cette longue liste de 173 œuvres, jalonnées de tant de pièces capitales et que le Maître, qui l'a close, provisoirement, avec ces quatre eaux-fortes, datées de Rome, 1919, d'une technique renouvelée et si picturale, veuille bien ne pas abandonner sa pointe créatrice.
Besnard a, précisément, plusieurs projets de Suites importantes dont les thèmes et les titres sont arrêtés, mais dont le plan d'ensemble s'élabore petit à petit, en traits fulgurants griffonnés sur un carnet, sur des bouts de papier, en croquis schématiques qui serviront d'esquisses pour ces eaux-fortes de demain.
La nouvelle sera bien acceuillie par les fervents de la gravure et par cette élite de collectionneurs qui va rechercher, avec enthousiasme, tout l'œuvre entier d'Albert Besnard.
Qu'il me soit permis, en terminant cette étude de remercier d'un cœur ému, le grand artiste et Madame Besnard qui ont bien voulu m'aider amicalement de leurs souvenirs et de leurs documents pour me faciliter une tâche assez difficile. Car il fallut lutter, d'abord, avec la modestie du Maître qui ne voulait pas croire à la valeur de son œuvre gravé ; puis avec son désintéressement qui dispersa plusieurs de ses planches dans les archives des Périodiques d'Art et le reste dans tous les coins les plus obscurs de ses ateliers de Paris et de Talloires.
Qu'ils acceptent, donc, tous les deux, mon étude comme un hommage d'affectueux respect et comme le témoignage d'un graveur de métier qui croit sincèrement que la postérité confirmera, en l'amplifiant, son bien modeste jugement sur ces œuvres d'un des vrais maîtres de l'eau-forte.
André-Charles Coppier.
Talloires. — Automne igig.
(N° 72) Femme nue auprès d'une glace (1889)
(N« 94) Profil de cheval (1893).
L'ŒUVRE GRAVÉ D'ALBERT BESNARD
Muse
^oxS-11! Eau-forte pure (page i3.)
Cette première eau-forte de l'artiste est une étude d'après le modèle, Eugénie, qui posait, à la fois, pour Besnard et pour son camarade le peintre Henri Lerolle.
De profil, à gauche, et les cheveux dénoués, (N° 19) Médaillon de Mmt Besnard (1884) elle est couronnée de lauriers. — Signé: A. B. (1872).
(N"4) Lerolle (1876).
Le Pendu
(i55X2oo). Eau-forte et pointe sèche (non reproduite/.
Au bord de la Seine, au crépuscule, un gibet de pierre dresse sa masse sombre au-dessus d'un perron de trois marches. Un pendu y agonise, tandis, qu'à ses pieds, un spadassin lui tient des propos hilares. Un chien hurle à la mort. Des corbeaux, perchés sur la potence, attendent le dernier spasme du condamné pour s'attaquer à son cadavre. Un squelette, entièrement vidé, se balance à l'autre bras de la potence. Au delà de la rivière, quelques maisonnettes sont tassées au pied du rempart. Un grand vol de corbeaux coupe le ciel de brume. Effet violent d'ombre chinoise (1873).
Menu du dîner des Prix de Rome de 1 874
(i55X23o). Eau- forte pure (n'est pas reproduite).
La Peinture, l'Architecture et la Sculpture, précédées de la Musique, s'avancent au bord d'un rocher surplombant la route de Rome, où s'engagent les quatre Grands Prix se rendant à la Villa Médicis.
Une cinquième figure épisodique, la servante du festin d'adieu, élève une coupe de fruits dans l'ouverture d'une porte.
Une tenture suspendue à une tringle, par des anneaux, et décorée d'une spire antique, sert de carte au menu suivant :
Potages: à la Brunoise, Consommé tapioca. — Hors d'œtivre: Beurre, radis, olives, anchois. — Relevé: Turbot sauce hollandaise, Gigot pré-salé à la Soubise. — Entrées : Filet de bœuf au Madère. Poulardes à la Portugaise. — Rôts : Dindonneaux au cresson, Perdreaux, Mauviettes. — Buisson de coquillages. — Entremets : Pois à la Française, Flageolets à laMaître-d'Hôtel.- — Baba au rhum. — Parfait au café. — Desserts. — Café et Liqueurs. Vins : Madère, Mâcon, Beaune, Champagne (14 novembre 1874).
Lerolle
172X86, page 12.) Eau-forte pure.
Etude pour la procession des Seigneurs de Vauhallan, peinture décorative exécutée par Besnard dans un caractère archaïque (1876).
L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESXARD
De profil à droite, le jeune peintre, coiffé d'un vaste feutre relevé en avant, est revêtu d'une ample chape à revers galonnés, ouverte sur un justaucorps sombre. — Signé : A. B., en haut, à gauche.
M. de M.
(67X70, page 21). Eau-forte pure (1876).
Étude pour la procession des Seigneurs de Vauhallan. Petit portrait à l'eau-forte d'un oncle d'Albert Besnard. — De troisquarts, à droite, et coiffé d'une toque à plume (1876).
Mademoiselle Jeanne Gorges
(i5oX2ûo, page 96. 1 Eau-forte pure.
La jeune fille est assise sur un siège à coussins et tient un livre sur ses genoux. Elle regarde le peintre qui a masqué ses cheveux blonds d'une mantille noire. — Ensemble très fortement mordu ; noirs puissants dans les vêtements et le fauteuil. Travaux délicats de pointe dans les chairs du visage et des mains. Il n'existe que de rares épreuves de cette eau-forte (1879, au retour de Rome).
(N° I) Muse (1872).
Tête de femme vue de face
Planche .;<i <I23, partie gravée 7oXi55. (page p3.i
C'est la première planche exécutée à Londres par l'artiste à sa reprise du métier de l'eau-forte, sous l'influence de Legros. — La tête blonde, d'un ovale allongé est modelée à l'eau-forte pure comme dans un premier état (1880).
Portrait du Général Lord Wolseley, Ministre de la Guerre
Cuivre 420x634, partie gravée 420x567. Metfotint gravé d'après le tableau d'Albert Besnard. peint en 1880 et exposé actuellement à Tate-Galery de Londres.
Le général est debout, appuyé sur l'encolure de son cheval. Le fond du tableau représente un paysage du Zululand où lord Wolseley avait fait campagne. La planche est en mezzotint pure, sans aucune préparation à l'eau-forte. — Un tirage important, qui semble avoir disparu, avait été confié par l'artiste à un marchand d'estampes
(N°2I)UX La mourante (1885).
de Londres. Ses épreuves avaient été signées par le Général, alors Ministre de la Guerre et par l'artiste. (Cette gravure n'est pas reproduite dans cet ouvrage.)
Un Martyr
partie gravée 290x370. ipage 04.) Eau-forte pure sur fine, exécutée a Londres en 1 883.
Une sainte femme vient de recueillir, pieusement, dans ses voiles, le chef sanglant d'un martyr qu'on vient de supplicier à l'orée d'un bois. Son corps ruisselant est étendu, à l'arrière plan, sur le sol incliné où poussent quelques jeunes arbres. Le bourreau et son aide s'éloignent, à droite, la hache sur l'épaule, au bord du cadre.
Premier état. — 6 épreuves sur zinc de 310x450 % avec marges griffonnées et cette inscription : Une martyre. Signé : Besnard, et daté : 1883.
L ŒUVRE GRAVE D'ALBERT BESNARD
N° 24 Le sofa (1885)
Deuxième état, à 50 exemplaires. Planche rognée au format du sujet sur 290x370 %, après retouches sommaires.
Le Mort