Partie gravée 292X213. Eau-forte et pointe sèche sur zinc, (page 5i
Auprès du lit mortuaire d'un vieillard étendu, une jeune femme, qui ne peut plus pleurer, songe au passé commun qui se clôt en cette heure.
Elle revoit, par delà les années écoulées, se lever, tour à tour, des tréfonds obscurs de sa mémoire, ces souvenirs d'enfant qui la liaient inconsciemment à la tendresse paternelle et qu'elle retrouve avec une surprise émue.
Le masque du vieillard porte l'empreinte du grand repos et s'oppose par son
l6 LES EAUX-FORTES DE BESNARD
profil aigu, tout en lumière, à la silhouette obscure et toute d'anxiété de la jeune femme, dont le bras droit est posé sur le lit.
Au premier état, la planche était considérablement plus grande et portait dans ses marges, inégales, divers essais abandonnés, avec la main gauche de la femme.
Il n'a été tiré que 8 épreuves du deuxième état. 75 épreuves de cette planche légèrement retouchée en 1918, forme le dernier état.
Gravé à Londres en 1883.
N° 1 1 La fin de tout
Partie gravée iq5X--3 Ipage 25). Eau-forte et pointe sèche exécutée sur fine à Londres en iR83.
Un vieillard expire. Les siens sont assemblés autour de son fauteuil d'agonisant sous l'unique clarté d'une bougie qui rayonne dans l'étroite chaumière. Sa tête, rejetée en arrière, pèse sur un fauteuil où son corps s'écroule peu à peu.
Sa femme lui tient le pouls et s'apprête à recevoir son dernier souffle. Une grande jeune fille prie, à genoux, au premier plan, à côté d'une petite enfant dont on n'aperçoit qu'une silhouette obscure.
En arrière, un tout jeune garçon se dresse sur ses sabots dans l'épouvante de cette minute d'angoisse qui dilate ses yeux clairs. Dans le bas, à droite, la corbeille et le peigne d'un rouet précisent l'ambiance paysanne de l'humble décor.
Premier état, tiré à un seul exemplaire appartenant à M. Besnard, cuivre 305 x 445, partie gravée 255 X 380.
Même composition et même morsure avec, en bas, des vases de terre auprès d'un coffre; en haut, plus d'atmosphère; à droite, la cheminée est plus large; à gauche» les draperies sont plus importantes.
Deuxième état, planche rognée; le rayonnement de la bougie, mal ébarbé, fait une tache assez forte, près du bougeoir, dans l'atmosphère lumineuse. - Très peu d'épreuves de ce deuxième état.
Troisième état. — Planche rognée au format 195 < 225 X ; reproduit ici au format même de l'eau-forte définitive.
La planche n'est pas signée. Il a été tiré 100 exemplaires signés par l'artiste.
La tasse de thé
Eau-forte rehaussée de grains variés et de pointe sèche, exécutée à Londres en i883 (page 4.
Une jeune femme élégante, coiffée d'un grand chapeau au bord relevé et garni d'un ruche d'étoffe transparente, se profile, à droite, auprès d'une table légère, où elle
(N° 73) La Femme à la pèlerine (1889)
prend le thé. Sa tasse de porcelaine blanche occupe sa main gauche qui élève le breuvage fumant, tandis que la soucoupe reste dans sa main droite appuyée sur la table, au bord du biseau. — Une cheminée anglaise est esquissée dans le fond ainsi que quelques cadres, et cartons groupés dans le bas, à droite.
Signé: A. B., Londres, 1883, dans le haut de la planche.
Au premier état, le chapeau est peu mordu ; le fond est tacheté de nébulosités blanches ; les modelés du visage sont incomplets, surtout près du nez. Le coin de droite, en bas, est resté nu.
Le deuxième état, reproduit ici, est tiré à 75 exemplaires.
N° i3 Madame Besnard
Grande planche 183X215. Eau-forte pure exécutée a Londres en 1884.
(N° 53) Claire (1887) La jeune artiste, assise auprès
d'une table, lit des lettres qu'elle feuillette de la main droite. Son profil tourné vers la droite s'enlève sur une tenture onduleuse, coupée sur deux rangs, d'un double galon. Les modelés des chairs sont faits au pointillé, selon la pratique de Legros, et surtout de Bracquemond, dont le métier semble avoir impressionné le peintre. Les cheveux et les vêtements sont à l'eau-forte pure, franchement mordue.
Signée : A. B., dans la marge, à gauche, et datée: 1884.
Exécutée à Londres où Mme Besnard avait, à cette époque, de brillants succès de sculpteur. Tiré à 100 exemplaires.
La Muse
Coup de presse 175X235, partie gravée i55X2i5. Eau-forte sur fine exécutée en 1884.
Sur le fond obscur d'un bois de lauriers, une Muse, accoudée et appuyant sa tête sur sa main droite, semble écouter attentivement quelque musique lointaine ou
L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD
quelque poème qu'elle aurait inspiré.
Signée du monogramme: A. B., à mi-hauteur, à cheval sur la marge à gauche.
Le Bi à Villerville