‹ Les eaux-fortes de BesnardChapitre 3 sur 16 · Partie gravée io.^Xi.^o. Eau-forte et pointe · texte numérisé non relu

Partie gravée io.^Xi.^o. Eau-forte et pointe

(page S.)

C'est le premier portrait de Robert Besnard, tombé à Autrèches en septembre 1914. — Il est représenté à l'âge de trois ans, sur la pelouse d'un parc, à Villerville. Il apparaît aux yeux de l'artiste, passant devant une fenêtre, un carton d'images sous le bras, s'en allant, d'un air résolu, chercher quelque coin d'ombre pour les regarder à son aise. La fuite perspective de quelques jeunes arbres, crée un décor, bien à l'échelle, de ce gracieux corps d'enfant que l'artiste a étudié d'une pointe toute paternelle. Les modelés du visage et ses plans sont délicatement rendus, avec sobriété, en quelques accents d'eau-forte pure.

Signée : A. B., dans le cadre de la fenêtre, à gauche. — Le titre : Le Bi à Villerville, 1884, est gravé en toutes lettres parmi les tailles du premier plan.

Tiré à ioo exemplaires en un seul état.

(N° 63) Le jeune Bing (1887)

N° 16 Carte de naissance de Philippe Besnard

Ce petit croquis à l'eau-forte pure représente le berceau du nouveau-né qu'une jeune femme borde, derrière le grand rideau blanc, aux plis onduleux relevés par le cartel d'envoi. On y lit : « Mons. Besnard, Madame Besnard ont l'honneur de vous faire part de la naissance de leur fils Philippe. » Dans le haut de la planche, sur la tenture

des grands rideaux, on voit la date : 18 Nov. 1885. — Il s'agit ici du jeune sculpteur, Philippe Besnard, dont les œuvres ont été fréquemment remarquées dans les derniers Salons de la Société Nationale, dont il est sociétaire (page 90.)

La Maladie

Planche i55X285, partie gravée 140X225. Eau-forte pure (page i\.

C'est la reproduction presque littérale, à quelques détails près, du célèbre panneau de l'École de Pharmacie, à Paris. Il y manque la prédelle où sont les livres, l'écritoire avec la plume d'oie; quelques modelés du drap de lit et du rideau sont modifiés. Mais l'attitude et la composition des quatre personnages sont demeurées identiques.

La jeune malade vient de défaillir. Le docteur qui l'auscultait la soutient d'un bras passé sous l'oreiller, tandis qu'une servante verse dans un verre quelques gouttes d'un cordial, dont le dosage est surveillé par le médecin. La mère anxieuse, se jette sur le lit pour recevoir son enfant dans ses bras

La planche est traitée largement à l'eau-forte pure en un seul état, en vue de sa publication dans une Revue artistique.

Non signée, exécutée en 1884.

La Convalescence

Planche i55X285, partie gravée 140X225. Eau-forte pure ipage 3).

Comme la pièce précédente, celle-ci est une variante, à peine modifiée dans ses valeurs, de la grande composition de l'Ecole de Pharmacie. La prédelle est aussi supprimée, ainsi que les ombres portées des arbres et du groupe principal au premier plan.

C'est la première sortie, après la claustra-

(N°93) Réoeuse (1893)

tion dans la chambre où la malade et le médecin ont lutté contre l'agonie commençante.

La jeune 'femme est soutenue par sa mère et par la servante qui guide ses premiers pas indécis. L'air printanier la grise et ses yeux sont éblouis par la grande lumière d'avril qui verse ses irisations sur un hameau de l'Ile-de-France, étage dans un frais

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

vallon, parmi les peupliers aux feuilles neuves. Au premier plan, son tout jeune enfant, soutenu par la brassière, se jette au devant d'elle d'un élan joyeux qu'elle ne perçoit pas, dans cette délicieuse évanescence de tout son être exprimée par l'artiste, et qui marque l'étape de la Convalescence.

La pièce est à l'eau-forte pure. Au premier état un accident de morsure a couvert de picots le paysage au-dessus des deux figures principales (4 épreuves). La planche a été nettoyée, en partie, et a tiré le second état qui a paru dans divers périodiques, notamment dans une étude de Roger Marx, traduite en anglais.

Non signée, ni datée; exécutée en 1884.

N° 19 Médaillon de Madame Besnard

60X96 Pointe sèche (page ri).

C'est un fin profil traité à la pointe sèche en croquis rapide sur le cuivre nu. Les cheveux noirs de la jeune femme sont masqués par une coiffure de lingerie brodée. Un boa de fourrure couvre les épaules.

Signé : A. B., 1884.

Un seul état tiré à 75 épreuves.

N° 20 La Foire de Neuilly

Cuivre io3x56, partie gravée 74X41- Eau-forte et aquatinte (page 112).

Sous l'auvent des baraques de la foire de Neuilly, la foule stationne, ou déambule, par groupes sympathiques. A gauche, trois femmes causent entre elles et retiennent un petit enfant qui porte déjà un cerceau et un tam-

(N" 5) M. de M. (1875)

bour et qui voudrait bien davantage. A droite, un couple respectable défile noblement. Au second plan, la foule, dense, circule avec lenteur, dans la nuée de sa poussière.

Gravée en 1885 et tirée à 50 exemplaires.

Nn 2 1

La Mourante

235Xi8o. Eau-forte et roulette, (page 14).

Ceci est une étude faite d'après un modèle, Carmen, que l'artiste conserva longtemps et qui lui posa plusieurs eaux-fortes, des pastels et des aquarelles.

Le corps entièrement nu de la jeune femme s'abandonne dans une pâmoison qui laisse choir sa tête lourde sur le dossier d'un fauteuil.

La ligne onduleuse de sa silhouette, en lumière, est indiquée d'un trait sûr qui modèle hardiment l'épaule, le sein, le ventre et la hanche droite. Des griffonnements de roulette teintent le fauteuil au-dessous du sein gauche et en bas, à droite.

Signée : A. B., dans le haut, à gauche. Tirée à 75 épreuves numérotées (1885).

(N>80) Une famille (1890)

Le Modèle endormi à terre

235xi8o. Eau-forte, roulette et pointe sèche (page 33 1.

Voici la première des eaux-fortes de Besnard qui soit conçue et exécutée dans une technique analogue à celle de la préparation de ses pastels. La taille mince de

l'eau-forte est remplacée par le trait flou et plus large de la roulette zébrant le métal. Le modèle, Carmen, s'est endormi sur des coussins et des tapis à terre. Sa tête repose sur ses deux mains nouées et sur son coude droit, masqué par la chevelure.

La pièce est signée du monogramme : A. B., et datée de 1885.

Tirée à 100 exemplaires numérotés.

N° 2 3 Carmen

IÔOX235 Eau-forte et pointe sèche [ 1 885 ) ip. 63 i.

(N° 98) Eve (1896)

De trois quarts, penchée en avant, à droite, une jeune femme blonde, vêtue d'un corsage montant à manches étroites, s'accoude à droite et se tient le menton. Fond de draperies zébrées de coups de pinceau au vernis sur les modelés, griffonnés avant la morsure.

Nu 24

Le Sofa

235xi8o Eau-forte et aquatinte sur fine. (188S) (page i5).

Le même modèle repose, nue, sur le sofa de l'atelier dans un mouvement sinueux qui fait dominer la hanche droite. La tête, presque de face, est relevée par un coussin qui supporte, aussi, le bras droit étendu. — Croquis rapide légèrement mordu et terminé à la pointe sèche.

Un seul état tiré à 75 exemplaires.

N° 2 5 Portrait de M. Brémond

80X50 Eau-forte et aquatinte page m).

L'artiste, parent du maître Besnard, est représenté de trois quarts, à droite, tenant un cigare et feuilletant un carton d'estampes. — Fort éclairage solaire ou de lampe sur un fond vigoureux qui n'est pas continué jusqu'aux biseaux. Une légère morsure directe sur le cuivre teinte le reste du fond où se lit la signature : A. Besnard : avec l'indication Vaux, Août 1885.

Un seul état tiré à 75 exemplaires.

N° 26 Madame Gallimard

32X46 Pointe sèche sur cuivre i885) (page 621.

De trois quarts, à droite, en toquet de velours noir relevé de côté et surmonté d'une touffe de plumes noires et blanches, un ruban de velours noir au cou, Mme Gallimard, en visite, est assise au coin d'un canapé, son manteau largement ouvert sur ses épaules. Tête penchée et la bouche entr'ouverte, elle cause en souriant.

Pointe sèche pure, non ébarbée.

Un seul état tiré à 50 exemplaires.

(N° II) La fin de tout (1883)

L'Affaire

Clemenceau

Suite de dix planches pour illustrer le roman d' Alexandre Dumas fils.

(N° 69) La Liseuse devant une fenêtre (1888)

L'illustration de l'Affaire Clemenceau fut demandée à Besnard au début de 1885, par M. Paul Gallimard, l'amateur d'art, bien connu des Parisiens, habitués des ventes publiques et des coulisses théâtrales.

Le plan de cette illustration comportait, d'abord, l'exécution préalable de croquis assez sommaires; puis, après l'approbation de ceux-ci, d'une suite de dix aquarelles originales, au format même de l'illustration définitive. Enfin la gravure proprement dite des dix eaux-fortes, avec le tirage des états et les épreuves définitives, en bistre et en noir.

M. Paul Gallimard possède deux exemplaires uniques de l'Affaire Clemenceau. L'un comportant la suite des dix aquarelles originales du Maître et deux suites d'épreuves des eaux-fortes, en bistre et en noir.

L'autre volume, plus copieux, contient l'ensemble de tous les croquis d'album de Besnard, depuis le premier jet de la composition, jusqu'à la préparation de l'aquarelle définitive; puis, le calque de cette aquarelle. Enfin tous les états, parfois nombreux, de l'eau-forte en cours d'exécution.

Ces états n'ont été tirés qu'à deux ou trois exemplaires. L'ouvrage achevé fut, ensuite, publié à 100 exemplaires par la Société du Livre Contemporain, pour laquelle Besnard exécuta un frontispice spécial qui ne figure pas dans les deux exemplaires spéciaux de M. Paul Gallimard.

Il n'existe donc d'autres états de ces eaux-fortes que ceux qui ornent l'un de ces exemplaires et les quelques très rares états conservés par l'artiste. (N° 108) Etudes de têtes pour l' lie heureuse (1899)

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

N° 27 Frontispice

i55X225 (page 67).

L'écrivain, assis à sa table de travail, la plume à la main, médite sur le problème psychologique que représente, pour lui, cette jeune femme deminue qui s'abandonne au sommeil, en laissant choir son masque.

(N° 147) La Peinture (1903)

L'enfance de Pierre Clemenceau

80X i3 5 (page 68).

A la veillée, sous la lampe. Le petit Pierre est attentif au conte qu'une ouvrière de sa mère lui récite, pour le distraire de son angoisse d'enfant :

« Pendant les dernières soirées qui précédèrent mon entrée en pension, elles s'ingéniaient à me distraire et à me faire oublier l'exil prochain. »

N° 29 Pierre copie la Vierge du portail de l'église de Marly

8oxi35 (page 68).

(N° 103) Trois Pêcheuses à Berk (1897)

Le jeune sculpteur vient d'ébaucher sa statuette, d'après la figure qui orne la clé de voûte du portail. Il pétrit un morceau d'argile, tout en étudiant son modèle ; tandis que trois fillettes, dont l'une porte un enfant, se sont groupées autour de lui par curiow site. Un moine entre à l'église, au pre- * mier plan.

« Je passais, là, mes journées, entouré des gamins du village qui me regardaient et m'admiraient. »

Le premier modèle dans l'atelier du sculpteur Ritz

8oX 1 3 5 (page M).

Le vieux sculpteur suit des yeux l'émotion du jeune artiste devant l'eurythmie mouvante d'un corps de femme qui se dévêt.

N° 3i Le sommeil d'iza

8oxi35 (page 68).

Au bal costumé, chez Mme Lesperon, le jeune sculpteur découvre la fillette endormie.

«J'étais à la porte du boudoir dont je bouchais l'entrée. »

(N° 64) Jeune fille tordant ses cheveux (1887)

N° 32 Le bol de lait à Sainte-Assise

8oX i35 (page 69).

Iza s'est dévêtue en plein air, sur la pelouse. Pierre Clemenceau admire son corps jeune, sous la grande clarté du jour et la grâce de ses mouvements; élevant le bol de lait qu'elle va boire,

« Tiens, voilà un motif de statue. Regarde! Est-ce que ce n'est pas joli? Elle vida l'écuelle jusqu'à la dernière goutte. »

X" 33 Le cimetière Montmartre

SoX 1 35 (page 69).

Pierre qui a suivi sa femme jusqu'à l'impasse du cimetière, voit ses soupçons s'évanouir.

« Iza en descendit, entra dans le cimetière. »

l'œuvre gravé d'albert besnard

La lettre à Madame Henri

80 x 1 3 5 ipage 69)

« Je brisais le cachet et je lus. »

N° 35 Le Voyage en Italie

80 X 1 35 ipage 69).

En wagon, avec son ami, Pierre Clemenceau fuit l'obsession de la trahison conjugale.

« Nous traversâmes la Suisse, la Lombardie, la Toscane. »

N° 36 L'atelier de Rome

80 X 1 3 5 (page 701.

L'artiste, hanté par le souvenir d'Iza, ne peut plus travailler.

« Je passais des journées entières dans la même attitude, immobile, muet, le regard perdu dans ma pensée. »

(N» 71) Dos de femme (188?)

N° 37 Le Meurtre

80 X 1 35 Ipage 71).

Pierre écoute le sommeil d'Iza et s'apprête à frapper.

« Deux heures sonnèrent. Je lui touchais l'épaule ! Elle fit un mouvement instinctif des lèvres pour aspirer un baiser. »

(N° 105) Madame Aman- Jean

N° 38 La liseuse

i3oX77 (page 46)-

Mme Besnard, assise dans un grand fauteuil à oreilles, lit attentivement une brochure posée sur ses genoux. Sa fillette, Germaine, se tient debout auprès d'elle et joue.

Signé: A. Besnard. Vaux, août, 1885.

Un seul état tiré à 75 exemplaires.

N° 39 Portrait de Jean Besnard

84X136. Eau-forte pure sur pnc (page i).

Ce n'est qu'un croquis rapide, à main levée, directement griffonné sur le vernis d'après le profil de son plus jeune fils, par l'artiste qui n'a pas poussé plus loin cette ébauche.

Signée du monogramme : A. B. et datée de 1888, elle porte, en outre, une mention de quatre lettres qui sont la fin du mot Villerville.

Tirée à 50 épreuves en un seul état.

(N° 85) La Morte (1891)

Série de la Femme

Suite de douze eaux-fortes, 250x320 (1885).

En 1885, Albert Besnard entreprit une série de douze planches, très importantes par leur format et par leur exécution.

Conçues suivant un plan d'ensemble, longuement médité, ces eaux-fortes forment un cycle où la Vie de la Femme est étudiée sous quelques-uns de ses aspects les plus divers, et résumée, en pages synthétiques, par un artiste sensible au charme de sa jeunesse, aux joies de sa maternité, aux triomphes passagers de sa beauté mondaine.

De même qu'il est pitoyable à ses déchéances, il s'indigne de sa misère et de ses désespoirs; puis il l'exalte enfin dans une apothéose où son pauvre cœur meurtri, qu'elle élève comme un ostensoir, saigne sur son corps décrépi, déformé et mis à nu par les fatalités de la misère humaine.

(N°1I8) Baignade à Talloires (1900)

L'ŒUVRE GRAVÉ D' ALBERT BESNARD

La Femme

25ox32o Eau-forte pure, pointe et aquatinte ipage 78).

C'est l'apparition lumineuse de la beauté féminine qui se dévoile pudiquement. Son regard ingénu, l'hésitation du double geste de ses bras retenant sur l'épaule le grand manteau qui voile encore les charmes les plus secrets de sa jeunesse épanouie, font de cette évocation de la femme une image inoubliable par l'imprévu de son arrangement. L'éclat des chairs, si particulier, est obtenu par le contraste du métal nu s'opposant aux vigueurs nuancées des cheveux perdus dans le fond moins sombre, et aux accents du manteau luisant le long du corps. L'exécution, presque toute en griffonnements rapides en vrilles, ou en dents de scie légèrement mordus à l'eau-forte, est complétée par des modelés délicats dans le visage, à la pointe sèche. Il existe quelques épreuves d'un premier état avant ces modelés de la tête; mais la planche est plus intéressante au deuxième état, tel qu'il est reproduit à la page 78.

Il a été tiré de cette planche 100 exemplaires numérotés.

(N° 22) Le Modèle endormi (1885)

N° 41 Flirt

Eau-forte, pointe et grain d'aquatinte (page 77 .

Dans un salon, au bord de la mer, une jeune fille en robe blanche, assise et accoudée sur une causeuse, écoute la voix pressante du séducteur qui lui parle à l'oreille et qui détend lentement ses doigts mis en écran dans ses cheveux. Elle est consentante déjà, mais son trouble est extrême, comme la lassitude de sa main gauche qui pèse sur son giron et ne la défendrait plus. Lui, tout crispé de désir, poursuit son œuvre de séduction, tandis qu'au dehors, l'été complice verse ses tiédeurs et sa joie sur la mer calme, où pas une

voile n'apparaît. Seul, un vol de mouettes anime l'immensité lumineuse où l'horizon

ne se distingue plus.

L'eau forte est rehaussée de grains variés et de travaux de pointe jusque sur les

biseaux du métal.

Au premier état, dont il n'existe que 6 épreuves, la planche est à l'eau-forte

pure, dans un effet plus simplifié.

Le deuxième état, reproduit ici, est tiré à ioo exemplaires.

(N° 154) Le Turban ou l Aigrette (1910)

N° 42 L'amour

25ox32o Eau-forte et pointe sèche (page 78).

C'est la double étreinte, dans l'amour partagé. La femme se donne dans un élan superbe qui la jette au cou de l'aimé. Elle se suspend à lui, qui l'emporte à reculons dans leur chambre.

En arrière, au second plan, un balcon sur la mer tourmentée par le vent et la pluie. Une barque, au loin, met son sillage sur la houle.

En premier état, l'eau-forte pure est très sommaire.

Le deuxième état, reproduit ici, est tiré à 100 exemplaires.

(N° 57) Dans les cendres (planche rognée) (1887)

Triomphe mondain

25ox320 Eau-forte et aquatinte (page 83).

C'est le triomphe de la femme élégante et belle, qui' passe, durant quelques mois, pour « la plus jolie femme de Paris)). Elle apparaît, ici, sous la grande lumière artificielle des lampes électriques, à sa sortie de l'une des nombreuses soirées, où sa notoriété l'oblige à se montrer quelques instants, le même soir, dans un sillage d'admiration et de convoitise. Le maître de la maison lui baise la main, tandis qu'un valet de pied lui tend son manteau. Au dehors, en bas du perron, un autre valet appelle le coupé de la belle dame, dont le cocher prendra la file des équipages. La silhouette de deux noirs chevaux et d'une roue luisant, dans l'ombre forte du premier plan, met en valeur l'éclat diamanté de sa parure, sa sveltesse et toute son attitude de reine éphémère qui jouit, orgueilleusement, du triomphe de sa beauté.

L'eau-forte est terminée par des grains au papier de verre sur la robe et sur les volets dans l'ombre, au premier plan.

Le premier état à l'eau-forte pure compte 7 épreuves.

Le deuxième état, reproduit ici, est tiré à 100 exemplaires.

(N» 91) La Poupée (1892)

L'accouchement

« Je multiplierai les peines de ta grossesse; c'est avec douleur que tu mettras au monde tes enfants », avait dit le Seigneur Dieu à la première femme de la Genèse. C'est à cette rançon de l'amour que l'artiste nous fait assister ici. C'est la nuit; la malheureuse se tord dans les dernières douleurs de la maternité. Le Docteur, debout auprès

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

d'elle, consulte un chronomètre et se tient prêt à intervenir. — Au premier plan, sous la lampe, une jeune femme termine hâtivement une pièce de layette et se retourne avec angoisse vers le lit. Un berceau est tout prêt, au pied du lit, dans le coin du bas, à gauche.

Cette pièce est sans adjonction de grain, ni d'aquatinte. Des couvertures au pinceau, sur le vernis, ont marqué les luisants de la robe de l'accouchée. La lampe est à la pointe sèche.

Premier état, 6 épreuves, avant les travaux de pointe.

Deuxième état, reproduit ici, tiré à ioo exemplaires.

N° 45 Le Déjeûner

25ox320. Eau-forte et pointe sèche (page 8i i.

L'heureuse mère est assise sur son lit, entre ses deux enfants, dont l'un tette son sein découvert. L'autre, plus âgé de deux ans, boit une tasse de chocolat. Un plateau rond est placé sur l'édredon, avec une autre tasse et deux vases. Dans l'embrasure de la porte, la femme de chambre, les bras croisés, contemple ce gracieux tableau, avec béatitude.

La planche est gravée comme un dessin à la plume. Des touches de vernis ont moucheté de taches claires la tenture du ciel de lit. Terminée à la pointe, l'eau-forte n'a qu'un seul état tiré à ioo exemplaires.

(N°52) Carmen nue debout (1886)

N° 46 Deuil

25ox320 Eau-forte et pointe sèche ipage 78).

La femme est veuve. Les croquemorts viennent enlever le corps de l'époux mis en bière. Elle sanglote, accroupie dans ses voiles de deuil, en se cramponnant au

drap mortuaire. La famille et des amis s'avancent au bout du salon, pour suivre le corps, au signal du maître des cérémonies qui ouvre la marche. Des couronnes sont posées à terre et sur des dossiers de chaises.

L'ensemble est à l'eau-forte pure, sauf quelques détails des têtes d'hommes dans le fond. A gauche, en bas, une morsure profonde sur les biseaux et le coin de la planche forme un triangle gris cerné de noir.

Un seul état tiré plaires.

a ioo exem-

(N° 146) Quatre études de jeunes gens (1902)

Le Viol

Eau-forte et pointe sèche (page 78).

Un homme, aux cheveux gris, emporte comme une proie une jeune fille blonde, ouvrière ou femme de chambre, qui se cramponne d'une main au chambranle d'un couloir et lui résiste de tout son effort. On ne voit d'elle qu'une silhouette oblique, renversée en arrière et dominée par la masse lourde de ses cheveux en torsade. Le masque de l'homme, tout entier de profil, vers la droite, est ravagé de rides; il s'enlève, en clair, sur la pénombre de la chambre où le satyre pénètre en coup de vent.

Eau-forte en croquis, rehaussée de pointe sèche.

6 épreuves de premier état avant les travaux de pointe.

100 épreuves du deuxième état, reproduit page 78.

N° 48 Prostitution

25ox32o Eau-forte et pointe sèche (page 79).

A la lueur des globes polychromes d'une pharmacie, la raccrocheuse guette les passants et leur sourit de sa face alourdie de graisse. Eux, passent sans la regarder et s'enfuient d'un pas rapide dans la nuit, où elle apparaît comme une araignée tapie

l'œuvre gravé d'albert besnard

dans sa toile. — A gauche, une tête d'homme, silhouettée- en ombre chinoise, entre dans le cadre, sous l'inscription inversée de la syllabe « Phar », collée en relief sur la glace extérieure de la boutique.

Eau-forte en croquis, avec petits rehauts de pointe dans les cheveux de la femme.

Un seul état tiré à ioo exemplaires.

N° 49 La Misère

Eau-forte, aquatinte et pointe sèche (page 79).

Dans une chambre de pauvres, sans feu, un enfant est malade, étendu sur un grabat à terre. Ses yeux brillent de fièvre, la mort rôde autour de lui. La mère s'est entièrement dévêtue pour réchauffer du poids de ses habits le petit être qui agonise. Sur la cheminée, quelques potions et un verre avec une cuiller, indiquent que la misérable a tout tenté pour sauver son enfant. Elle se penche maintenant sur son petit pour lui transmettre le peu de chaleur naturelle qui lui reste. A genoux sur le dallage et la tête appuyée sur ses bras croisés, elle pleure, en silence, en détournant les yeux de la vision spectrale de ce petit être agonisant.

L'eau-forte, en premier état, comporte déjà le grain de sablé, au papier de verre, sur la cheminée et sur les loques misérables. Mais les travaux de pointe sur le corps nu n'y sont pas encore (6 épreuves).

Le second état, tiré à ioo exemplaires, est reproduit à la page 79.

(N° 107) Trois femmes voilées (Ile heureuse) (1899)

N° 5o Le Suicide

Eau-forte, pointe sèche et grain (page 79).

Sur un pont de Paris, la nuit, au clair de lune. La femme, excédée de malheurs et de misère, saute le parapet et va choir dans la Seine. Elle se bouche les oreilles pour ne

(N° 161) Léda s'endort (1915;

(N° 159) Le coucher (1913)

plus entendre les bruits insidieux de la ville dont on aperçoit l'illumination au delà du pont, le long du quai, dans les maisons dressées en écran sur la nuit claire. Un fiacre roule sur le pavé.

La femme, ramassée sur elle-même, n'est qu'une sil-

(N° 160) Léda au bain (1913)

houette noire agrandie par son ombre sur le parapet . — En bas, à droite, quelques coups de pinceau indiquent le miroitement du fleuve sous la lune.

La planche, préparée à l'eauforte, est terminée avec un grain dans l'ombre du pont,

(N° 157) Conversation amoureuse (1913)

(N° 65) La robe de soie (1888)

sur le ciel et les façades éclairées. Les lumières des becs de gaz ont été réservées au pinceau, comme les reflets de lune, sur la préparation à l'eau-forte.

Un seul état tiré à ioo exemplaires.

N° 5i Pauvre cœur meurtri

Eau-forte pure (page 84).

La vieillesse, les privations, la misère finale ont ravagé son corps, mis à nu. Mais la Femme élève vers le ciel son cœur, qu'elle tient en ses doigts, son grand cœur saignant qu'elle présente à Dieu comme un calice plein d'amertume. L'artiste l'assied sur des nuées montantes, et c'est toute l'apothéose finale de la Femme. — Mais, dans une antithèse puissante, il évoque sa décrépitude, son ventre déformé par ses maternités douloureuses, ses seins pendants et flétris, ses cuisses maigres, de pauvresse qu'il oppose au Triomfle mondain de la beauté heureuse et parée. Ainsi se clôt cette série de douze planches, dans la pitié et dans l'idéal. Un seul état à ioo exemplaires.

Pinchon à cheval

N° 52 Carmen, nue, debout

Eau-forte et pointe sèche (pape 371.

Le modèle s'avance vers la gauche, en regardant vers le spectateur. Le torse entier s'enlève sur une teinte sombre qui se dégrade, à droite, et laisse apercevoir, à gauche, une grande cheminée à colonnes. La tête, très modelée, est encadrée par la masse blonde des cheveux dénoués, répandus sur les épaules. Le bras gauche soutient la gorge et rejoint le bras droit tombant, qui est masqué par le corps, entièrement nu.

Signé : A. B., et daté : 1886. Un seul état, tiré à 75 exemplaires.

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESXARI

N° 53 Claire

Eau-forte, roulette et pointe sèche, (page 18).

Cette figure, de grandeur naturelle, est une étude faite directement sur le cuivre, à Grenoble, en 1887, d'après la cuisinière de la famille Besnard. Le cuivre est coupé à la naissance de l'oreille droite et supprime plus de la moitié de la masse des cheveux noirs, de manière à ne laisser visible qu'un masque, presque de face, dont les grands yeux cernés regardent obliquement, à droite, sous de longs sourcils noirs, arqués avec asymétrie.

Les modelés des chairs sont à la pointe sèche ébarbée. Le fond est à la pointe rehaussée de roulette.

Un seul état, signé: A. B., dans le fond, en bas, à droite.

Tiré à 75 exemplaires.

N° 54 (N° 100) Pinchon (1897)

Tristesse

98xi5o Eau-forte et aquatinte (page 109t.

Une jeune femme, en deuil, pleure en tenant un mouchoir sur sa bouche. Elle est debout, sur le seuil d'une porte donnant sur un jardin. Son manteau, largement indiqué, jeté sur l'épaule droite, est rehaussé de quelques touches d'aquatinte.

Un seul état, paru dans la Gazette des Beaux-Arts, en juillet 1887.

N° 55 Rêverie

80X48 Eau-forte, pointe et roulette, (page 98).

Petite étude pour un menu. Une jeune femme rêve en souriant, les yeux mi-clos, dans un rocking-chair, dont on ne voit que le dossier supportant sa tête renversée en arrière et à droite. Elle est drapée dans un manteau à collet entr'ouvert sur un corsage

à gilet clair. La tête est très modelée, sous la lumière oblique, venant de droite. Le fond et le corsage sont nuancés à la roulette.

Signé et daté : Janvier, 1887, A. B., en haut, à droite.

Dans les cendres

Eau forte, pointe sèche et roulette (frontispice).

Cette pièce est la plus grande composition à l'eau-forte qu'ait exécutée l'artiste. Dans son premier état, le sujet comportait deux personnages opposés dos à dos et éclairés par des lumières différentes. Ce sont deux femmes, deux sœurs, sans doute, dont l'une est debout sur le seuil d'une porte ouverte sur la nuit lumineuse constellée d'étoiles. Un fin croissant de lune ourle de clarté bleue sa silhouette svelte accoudée au chambranle. Son regard se perd dans la contemplation de la voûte nocturne. L'autre est au bord du cuivre, au premier plan, les pieds dans les cendres d'une cheminée, dont la lueur dansante découpe durement son masque anxieux. Elle est ramassée sur elle-même, les bras croisés sur ses genoux et semble transie de corps et d'âme. Les flammes, qui l'éclairent de bas en haut, projettent des ombres opaques et obliques sur ses vêtements sombres et rendent plus tragique son expression d'angoisse, par l'inversion des modelés habituels. La double arcade sourcillière, la lèvre supérieure et le bas du menton sont en pleine lumière, tandis que l'arête du nez projette son ombre jusqu'à la base des yeux, luisants dans le bas. L'antithèse plastique et colorée de cette conception semble avoir quelque analogie avec le fameux portrait de la Dame en jaune, surprise par le peintre sur le seuil d'une porte, entre les deux rayons de la lune et d'une lampe à abat-jour citron. Elle donne à la figure de femme debout dans la lueur astrale, une sérénité contemplative s'opposant aux perplexités du masque tragique éclairé par les bûches fumantes. Une énorme masse de nuit emplit la pièce nue, et pèse sur les épaules de celle qui s'est accroupie dans les cendres. C'est dans cet état que l'œuvre fut dédiée par Besnard à

son ami Rodin et tirée à quelques exemplaires rarissimes.

Premier état. - 400X760 sur cuivre de 450x800, hors-texte frontispice.

N° 57 Dans les cendres

Deuxième état.

PLinche réduite à 290X400 ipa^e 35). En couverture, fragment principal au format même de l'eau-forte.

Mais, bientôt il en sacrifia toute la partie sidérable, avec la figure de femme debout. L'effet s'est concentré sur le seul masque et les deux mains de la femme frileuse. Les valeurs et les accents picturaux prennent une puissance et une variété plus effectives. La pièce en paraît agrandie.

Cette eau-forte magistrale qui ne doit rien à personne, comme conception et comme technique de graveur, marquera une date dans l'évolution de l'eau-forte moderne. Elle fut honorée d'un grand Prix à l'Exposition de 1900. Dédicacée en bas, à gauche : « A Rodin »

Signée : A. Besnard, 1887.

Tirée à 100 exemplaires, en ce deuxième état, 290x400.

L'artiste avait donné un tout premier état, unique, au graveur Guérard.

N° 58 Fillette nue se coiffant

I2?X 170 Eau-forte et roulette (page 95).

Debout devant une psyché invisible, elle s'apprête à natter sa chevelure brune qui luit dans le jour fuyant, tombant en arrière et de haut. La glace éclaire son corps par reflet.

La pièce est à l'eau-forte et à la roulette mordue, avec des réserves du pinceau sur le vernis, avant l'attaque de l'acide.

Terminée à l'aide de plusieurs roulettes, à même le métal ébarbé.

Un seul état tiré à 75 exemplaires.

N° 5 g Femme nue se tenant la jambe

160X288 Eau-forte pure Ipage 53).

Le modèle ploie son torse en avant en détournant la tête. Son coude droit est appuyé sur un coussin. Son bras gauche, allongé, cherche la jambe gauche qui se relève dans un mouvement qui donne à la cuisse et au bassin un mouvement souple et sinueux.

Signé : A. B., au centre.

Un seul état tiré à 75 exemplaires.

N° 60 La lecture dans l'atelier

iSoXioo Eau-forte pure (page 110).

Une femme, vue de profil, à mi-corps, est assise dans un fauteuil de molesquine capitonnée ; elle lit une lettre dans un coin de l'atelier du maître. Au fond, des chevalets avec des toiles commencées; puis des cartons et des études retournées contre le mur.

Un seul état, signé : A. Besnard, en haut, à droite.

Tiré à 75 exemplaires (1887).

(N° 38) La liseuse

L'ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

Le grand profil de femme

140X 140 Eau-forte et pointe sèche 1 page 88).

Un fin profil de femme brune décolletée s'enlève puissamment sur un fond vigoureux qui vibre. Le jour frisant, tombant de haut, met des accents de lumière et des reflets transparents sur ses chairs modelées en courbe, suivant la forme de la joue pleine et du cou gracile auréolé de clair. Ses épaules, baignées de lumière, se dégagent d'un grand manteau de soirée; elles opposent l'éclat de leur blancheur aux vigueurs profondes de la chevelure.

Un seul état tiré à 75 exemplares (il

N° 62 Morphinomanes, ou le Plumet

370X240 Eau-forte et pointe sèche Ipage 5o).

Deux jeunes femmes, l'une blonde et l'autre brune, sont réunies auprès d'une table, sur laquelle un grand vase de cristal met l'éclat de ses reflets et de sa transparence.

La brune, au trois-quarts anguleux, aux yeux ardents qui regardent vers le spectateur, tient en main une aigrette de plumes noires, et son geste impérieux appelle l'attention sur ce singulier accessoire. La blonde suit d'un regard curieux et amusé tout à la fois, les mouvements de son amie.

Des volutes de fumée flottent dans le boudoir exigu, où les deux amies cultivent leur vice. Elles sont toutes deux décolletées et vêtues avec élégance.

La pièce est à l'eau-forte terminée à la pointe sèche.

Un premier état, à 5 épreuves ne contient que des indications sommaires de la table et du grand vase de cristal.

Le deuxième état, reproduit ici, est tiré à 75 exemplaires.

Exécutée vers 1887.

N° 63 Le jeune Bing

200X295 Eau-forte et pointe sèche Ipage 19).

C'est le portrait du jeune fils de M. Bing, le japonisant bien connu qui tint, longtemps, une galerie d'objets d'art au coin de la rue de Provence. La pièce est largement traitée, par grands plans simples et par modelés plats, comme dans un primitif français. L'enfant est tête nue; un grand col marin blanc, à deux galons, accompagne le cou, laissé en à-plat, sauf quelques légers frottés de pointe.

(N° 67) Robert et son

N° 64 Jeune fille tordant ses cheveux

80 x 120 Eau-forte et pointe sèche (page 28 1.

Une jeune fille blonde, en chemise, saisit, des deux mains, la masse épaisse de ses cheveux qu'elle va ériger en torsade, en arrière des bandeaux lourds qui la casquent et l'auréolent par leur clarté. Son bras gauche, relevé derrière la nuque, les ramasse et les guide vers la main droite qui les tord et s'apprête à les relever au-dessus de l'épaule qu'ils couvrent de leur coulée d'or.

(N° 84) Robert Besnard (1891)

(N° 62) Morphinomanes, ou le Plumet

La pièce est très vibrante et les modelés du visage et du bras relevé sont baignés d'atmosphère. Sa conception d'ensemble l'apparente à l'un de ces beaux pastels de Besnard, où la puissance de l'effet se tempère de grâce et de distinction subtiles.

Un seul état tiré à ioo exemplaires (1887).

La robe de soie

Eau-forte, pointe sèche, aquatinte et roulette (page 41).

Assise et accoudée dans un grand fauteuil de style moderne, adossée à son haut dossier de bois, incurvé et vernis, une jeune femme élégante rêve dans son salon, en attendant des visites. Elle est parée d'une ample robe de soie aux plis craquants qui accrochent des éclats de lumière, et tracent des zébrures sombres sur la face luisante du tissu. Un grand col de linon à longues barbes et d'amples manchettes claires complètent cette toilette d'apparat, d'où surgit un fin visage pensif éclairé, par reflet, entre deux rayons d'inégales puissances. Celui qui lui vient d'une fenêtre, au fond du décor, ourle la joue, le cou et les épaules d'un liseré de lumière blonde qui suit sa silhouette

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

(N° 10) Le Mort (1883)

jusqu'à la main droite posée sur l'appui du fauteuil, et nuance de demi-teinte le reste des chairs blondes cernées de lourds bandeaux noirs.

La planche, au premier état, ne comporte pas les modelés des chairs, ni les plis fins du linon et de la soie brillante de la robe.

Le deuxième état, reproduit à la page 41, constitue l'état définitif qui est tiré à 100 exemplaires.

Pièce non datée, ni signée sur le cuivre (vers 1887).

La Femme au voile blanc

100X 1 35 Eau-forte et pointe sèche (page 93).

Une femme, au type oriental, incline à gauche son visage chaudement coloré qui apparaît entre les draperies claires d'une sorte de haïck épais.

pointe tiré à

(N° 87) Le Poney (1892)

Les modelés puissants du visage sont à l'eau-forte pure. Quelques rehauts de dans le voile complètent cette petite pièce, dont il n'existe qu'un seul état 75 exemplaires. Non signé. Exécutée en 1888.

N° 67 Robert Besnard et son âne

170X230 Eau-forte, pointe sèche et aquatinte (page 48).

Le fils aîné du Maître est debout, en plein air, auprès d'un âne qu'il va monter. L'enfant est tête nue, à mi-corps, en chandail marin ; il vient vers le spectateur, en conduisant son âne.

La pièce est très exécutée, avec des recherches techniques de graveur et rend tout l'effet d'un des tableaux du peintre.

Elle a paru, en quatrième état définitif dans une revue éphémère : Les Lettres et les Arts, dans son numéro de novembre 1888, pour illustrer un article de M. Frantz Jourdain. Les états préparatoires ont été tirés à 4 et 6 exemplaires.

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

N° 68 Mélancolie

i3oXi25 Eau-forte, pointe sèche et roulette

(page 89).

Une femme, à mi-corps, est assise au bord de la mer. Accoudée sur ses genoux, elle maintient contre sa poitrine une vaste cape dont le collet s'entr'ouvre au vent du large qui fait flotter ses cheveux blonds. Une sorte de bonnet phrygien la coiffe étroitement et donne à sa silhouette une attitude sculpturale, simple et robuste, qui met en valeur son masque impérieux. Au loin un vol de mouettes se joue dans un ciel orageux indiqué schématiquement.

Des crevés heureux, dans les fortes morsures, mettent une variété précieuse de matière dans cette pièce très travaillée. Des travaux, à la roulette, sur le vernis et mordus, après quelques couvertures au pinceau, donnent une lourdeur, spéciale et cherchée, à l'étoffe du grand manteau de pluie.

La pièce est dans un seul état, tirée à 100 exemplaires.

Exécutée en 1888, publiée sous le titre : Étude dans la Gazette des Beaux-Arts, en 1906.

(N° 59) Femme nue se tenant la jambe (1887)

N° 6g La liseuse devant la fenêtre

193x145 Eau-forte et pointe sèche (page 26).

Elle est assise auprès du vitrage de sa chambre, et tient un livre, à deux mains, sur ses genoux. Elle est vêtue d'une ample robe à parements de fourrure formant un grand col sur les épaules.

La pièce fut exécutée pour « l'Estampe ori ses albums.

Non signée, ni datée sur le cuivre. Un seul état. Exécutée en 1888.

» qui l'inséra dans l'un de

N° 70 Jeune fille

95X'32 Eau-forte et pointe sèche (page 94).

C'est un délicat profil de jeune fille tournée vers la droite. Elle clôt à demi les yeux en inclinant la tête. Des frisons courts encadrent son front lumineux. Le corps n'est indiqué que par l'attache des épaules, et son vêtement, par le col sombre et montant de son corsage.

Signé : A. B. , non daté, un seul état.

Exécutée en 1888.

Dos

de femme

Eau-forte et roulette

(page 29I.

C'est une étude croustillante qui semble comme empâtée de rehauts lumineux.

L'éclat du cou et des omoplates est très particulier et donne à cette pièce une valeur documentaire technique très intéressante. A ce

(N° 149) La Toilette (1905)

point de vue particulier elle est à rapprocher de la femme nue les pieds dans l'eau, B. 200, dans laquelle Rembrandt, par de tout autres moyens techniques, donne aussi cette impression de pâtes en lumière. C'est la largeur des tailles, leur profondeur, leur obliquité appropriée et leur écartement, puis leur croisement sur

lir<u»< un u \ ' • I f '

(N° 83) La Dame en noir (1890)

l'épaule droite et le long du torse qui créent cette impression visuelle d'une plasticité si sensible. Les morsures de la roulette, dans le fond, créent aussi une vibration très spéciale qui s'oppose à celle des stries horizontales, à la hauteur de la tête et du cou.

La pièce n'a qu'un seul état non signé ni daté.

Exécutée en 1889 et tirée à 75 exemplaires.

N° 72 Femme nue auprès d'une glace

Eau- forte, roulette et pointe (page iol.

Ce n'est qu'un croquis rapide représentant un modèle, au torse nu, accoudée sur ses genoux, et regardant l'artiste. Une glace, placée auprès de la jeune femme,

(N° 92) La Visiteuse (lithographie) (1893)

(N° 89) La Lecture (pièce en losange)

double son attitude en la modifiant dans ses plans et nous montre, à la fois, son profil inachevé auprès du torse vu de face.

La pièce est traitée à l'eau-forte et à la roulette, en partie mordue. Il n'existe qu'un seul état, non signé ni daté.

Exécutée en 1889 et tirée à 75 exemplaires.

La Femme à la pèlerine

i57X223 Eau-forte, pointe sèche et aquatinte (page 17).

Une jeune femme, très blonde, se tient debout, au sommet d'un escalier de chalet rustique. Elle est vêtue d'une ample pèlerine sombre dont les plis tombent en lourds godrons sinueux. Une balustrade claire barre sa silhouette et se prolonge en appui de descente à gauche. Cette balustrade, introduite au deuxième état, a primé l'importance que prenait, au premier état, un tabouret, à demi-effacé qui se voit encore, en bas, à droite.

Dans l'ensemble, extrêmement vigoureux, de cette pièce remarquable, le fin visage de cette femme éclate comme une apparition lumineuse où la finesse de ses modelés, tout en frottis de pointe, met une préciosité de matière exceptionnelle. Les gris sourds de la pèlerine aident d'ailleurs, par leur tonalité et la souplesse de leur contour, à cette réussite, dont on ne trouve d'équivalent, nulle part, dans les productions de l'eau-forte.

La pièce est en deux états.

Le premier état avant la balustrade et avec le tabouret.

Le deuxième état reproduit ici, page 17, est tiré à 100 épreuves.

Signé : A. B. , sous le montant de la balustrade.

Exécutée en 1889.

Il n'y a de réel sujet, dans cette pièce puissante, que l'irruption de la lumière d'hiver traversant deux grands rideaux de mousseline et se jouant sur les meubles d'un salon. Une jeune femme lit, le dos

Intimité

225 X 180 Eau-forte et pointe sèche (page 5).

Un petit âne à Berk (1897)

tourné à la lumière, tandis qu'un garçonnet se chauffe auprès d'une cheminée luisant dans la pénombre. Un grand fauteuil anglais, de ton assourdi, barre le premier plan et fait valoir

l'œuvre gravé d'albert besnard

(N° 96) La Femme au vase (1894)

par contraste la transparence des mousselines, la luminosité si heureusement rendue, des deux fenêtres closes.

Non signée, ni datée. Un seul état tiré à ioo exemplaires.

Exécuté en 1889, à Paris, dans le salon du maître.

N° 75 La mère malade, ou le déjeûner

3ooX2oo Eau-forte et pointe sèche (page 1 1.

La jeune mère souffrante, est restée au lit. Sa fillette a voulu lui apporter son déjeuner; elle marche avec prudence, pour ne rien renverser; son plus jeune frère suit avec anxiété l'entreprise hasardeuse. La mère, encapuchonnée d'un foulard blanc noué en mentonnière, regarde avec une tendre émotion l'attitude grave de son enfant qui s'avance vers elle, comme un personnage du Ghirlandajo, dans les fresques de Sainte-Marie-Xouvelle.

Le grand parti-pris de simplification des blancs du lit et du corps de la jeune femme, s'opposant aux accents vigoureux des tentures, fait de cette pièce émouvante l'une des plus heureuses réalisations de l'eau-forte et l'apparente, par certains côtés, à telles pièces de Rembrandt demeurées en cours d'exécution technique. La qualité du ton des cheveux flottants de la fillette, les indications schématiques de ses mains et du grand bol, les délicatesses de modelé de la malade, ainsi que l'exécution totale du garçonnet au premier plan classent, cette eau-forte au premier rang de l'œuvre gravé de l'artiste. C'est ce que les amateurs ont compris en poussant l'une de ses épreuves, à la vente de R. Marx, à plus de 1.500 francs.

La pièce n'est qu'en un seul état, tiré à quelques rares exemplaires, la planche originale étant égarée.

Non signée, ni datée.

Exécutée en 1889 à Paris, d'après Mme Besnard et ses enfants vers le temps de la naissance de leur plus jeune fils.

N° 76 Menu pour M. Maciet

85x 1 55 Pointe sèche ipage 84).

Une jeune femme lève son verre de la main droite et porte la santé du convive à qui ce menu est destiné.

Un seul état. Signé : A. B. 1889, et dédicacé à la pointe ; A l'ami Maciet.

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

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(N° 117) Rodin (1900)

Menu

io3X9t> Eau-forte et pointe (page 92).

Deux femmes nues devant une tablette éclairée par la lueur d'un chandelier que l'une d'elles élève de la main droite, suivent une démonstration que l'autre poursuit en consultant une mappemonde.

Un seul état.

Signé: A.B. 1889.

N° 78 L'année terrible

Eau-forte et pointe sèche

(page 4S 1

(N° 26) Madame Gallimard (1885)

Ceci est une illustration pour l'Edition nationale de l'œuvre de Victor Hugo entreprise par l'éditeur Testard, à la mort du poète.

Elle est inspirée par ces vers, mis en remarque sur la marge : « 0 morts pour mon pays, je suis votre envieux. »

Au premier plan sont étendus des corps de soldats fauchés dans la bataille. Une femme, auréolée d'un nimbe lumineux, s'est penchée pieusement sur ces dépouilles et, élevant sur ses genoux le chef sanglant d'un héros mort, elle l'enlinceuille dans ses voiles. Au loin les Allemands sont en pleine bataille, en avant d'un grand étendard où flotte l'Aigle noire aux ailes déployées.

Une immense horde guerrière est tassée en avant des canons. Plus loin, dans des fumées ou des nuages, un grouillement guerrier passe dans des visions.

Une tête de femme de profil à gauche, sert de remarque à cette pièce qui n'a pas d'autre suite, par Besnard, dans l'illustration de l'œuvre de Victor Hugo (vers 1889).

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

N° 79 Les Nouvelles

122X70 Eau-forte et pointe (page 47).

Mme Besnard lit, le soir, sous la lampe, les dernières nouvelles des journaux. Son profil se détache en ombre chinoise sur le foyer lumineux qu'elle masque entièrement. A gauche, un rideau cache, en partie, un meuble à dossier de bois ciselé

Signé : A. B. (vers 1889).

Une famille

ii5Xi55 Eau-forte, pointe et aquatinte ipage 22).

C'est le quadruple portrait de la famille de l'artiste. Mme Besnard est au premier plan en profil perdu, le bas du visage et l'arrière du crâne coupés par le biseau du cuivre. Sa fille Germaine est au centre de la pièce, en plein profil, les cheveux flottants sur les épaules, en arrière du jeune Philippe se silhouettant à droite au bord du métal. L'aîné, Robert, au dernier plan, ne montre que le haut du visage, et ses cheveux gagnent sur le biseau supérieur de la planche.

Cette pièce caressée par l'artiste, avec une attention soutenue, n'a pu êtreentièrement terminée en gravure. Le premier état reproduit ici, porte des indications des modelés, au crayon de mine de plomb, dans le visage du jeune Philippe. Un accident de morsure, causé par la mauvaise adhérence du vernis, ayant détruit ce morceau tout en délicatesse, l'artiste a renoncé à pousser plus loin son travail et a supprimé cette figure. C'est dans ce deuxième état que l'eau-forte a paru dans la Gazette des Beaux -Arts, comme illustration d'un article sur l'œuvre du peintre, (Juillet 1890).

Cette épreuve est d'autant plus précieuse qu'elle rend, seule, toute la composition de Besnard et qu'elle montre ses intentions définitives. Elle est du reste, l'une des plus savantes gravures de tout son œuvre. La variété des tailles, la qualité du ton des diverses nuances des cheveux, leur exécution souple et luisante, s'opposant aux

(N° 23) Carmen (1885)

stries puissantes du fond, ainsi que la délicatesse des travaux de pointe, sont de tout premier ordre.

Le premier état, tiré à 5 épreuves, n'est pas signé, ni daté sur le cuivre. Il fut exécuté en 1890.

Roger Marx

80X120 Pointe sèche sur cuivre i page 80).

Le critique d'art, admirateur passionné du maître et son ami fidèle, dès ses débuts, est véridiquement représenté de profil à droite dans une étude attentive, à la pointe sèche. Le type est fortement indiqué ; la qualité des cheveux roux et de la barbe, plus blonde encore, la mise en place, en particulier de l'œil, et le dessin de l'oreille, très personnelle, en font un document iconographique et une estampe du plus haut intérêt.

Exécutée à Talloires, dans la villa de l'artiste, le 9 septembre 1890, durant un séjour de l'écrivain d'art, chez ses amis.

La planche fut donnée à Roger Marx, par Besnard après les essais d'usage.

N° 82 Apparition

1 35X2 10 Eau-forte, pointe sèche et roulette (page 97).

Un corps de femme nue apparaît dans l'ouverture d'une fenêtre sous la clarté lunaire d'un soir d'été. Son ombre portée se profile, à gauche, sur le montant de la fenêtre et coupe son bras droit étendu. Son nombril, « cet œil du ventre », au dire de M. Ingres, fait une tache sombre dans l'illumination de sa chair sobrement modelée.

Un seul état tiré à 75 exemplaires (vers 1890.)

(N° 155) Femme blonde à sa toilette (1911)

N° 83 La Dame en noir

137X225 Eau-forte, pointe sèche et

roulette (page 55).

Elle est en robe du soir, gantée de noir et jette un manteau gris sur ses épaules. Toute blonde et pensive, elle se tient debout, attendant dans son antichambre son coupé qui va l'emporter vers les succès mondains.

Sa gorge éclatante de lumière s'oppose aux noirs puissants de sa robe décolletée en carré.

L'esquisse d'un rocking-chair et d'un tabouret complètent la pièce très vigoureuse, qu'achève un fond léger de roulette mordue.

Signé : A.B., dans le coin du haut, à gauche. Un seul état tiré à 100 exemplaires, — ■ 20 japons tirés en 1890.

(N° 106) Femme nue se frottant le bras (1898)

N° 84 Robert Besnard

i2oX23o Eau-forte pure (page 49).

L'enfant est campé debout, le poing à la hanche, la main gauche appuyée sur un meuble léger, esquissé au bord du cadre. Il suit le regard paternel d'un regard attentif et volontaire, où se retrouvent certaines expressions du maître. Tête nue, les cheveux divisés par une raie médiane, le petit homme de sept ans et demi pose admirablement, en avant des grands cartons d'esquisses dressés contre la muraille.

L'exécution de cette planche est fougueuse et délicate, à la fois, dans les modelés du visage. Elle est l'une des plus caractéristiques de l'œuvre de Besnard.

Un seul état, signé et daté, dans le haut, à gauche : Robert, 7 ans 1 jz, 1891. A. B.

Tiré à 100 exemplaires.

La Mort discrète (1900 à 1901)

N° 85 La Morte

1/5X235 Eau-forte pure (page 3i).

Une jeune femme est étendue, face au spectateur, sur son lit mortuaire. Sa tête, aux cheveux noirs, repose sur un grand oreiller. Ses mains croisées sont étendues sur le drap, jusqu'au bord du biseau de cuivre. L'œuvre est puissante et synthétique. Les modelés sont à l'eau-forte pure, sans aucune retouche à l'outil.

Un seul état, paru dans l'édition de luxe du livre de G. Mourey, en avril 1906, chez Davoust, sous le titre de « Albert Besnard ».

Les épreuves, très rares, tirées par l'artiste, ont des accents de noir particuliers.

Exécutée en 1801. Un seul état.

N° 86 Torse de femme nue

90X140 Eau-forte et pointe (en faux-titre).

C'est une étude préparatoire au pastel que M. Maciet a légué au Musée du Luxembourg. — Le jour tombe de haut sur la chair jeune de cette femme qui sort du bain, dans un sous-bois obscur.

Un seul état, dont il n'existe que très peu d'épreuves. Exécuté en 1891.

N° 87 Le Poney

Eau-forte et pointe sèche (page 5î).

Cette superbe étude de cheval fut exécutée à Talloires, d'après l'un des poneys que l'artiste aimait à conduire, lui-même, sur les chemins montueux de Savoie. L'ani-

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

mal est debout, en plein soleil, devant la porte de son écurie de planches sur laquelle son ombre dessine une silhouette fantastique de grand saurien.

Les meilleures qualités d'observation de l'artiste l'ont servi dans les moindres détails de cette pièce exceptionnelle. La construction du poney, le sens et le brillant de son poil sous le soleil, son âge, sa race et jusqu'aux accidents de sa crinière, tout est rendu avec une appropriation très subtile de chaque taille à son objet. Il n'est jusqu'aux veines des lames de sapin qui n'aient tenté l'effort de vérité du maître.

Je sais, de la même année, telle étude de têtes de chèvres, à la mine de plomb, qui est de la même préoccupation artistique et qui dépasse, en acuité de vision, les recherches d'Albrecht Durer.

Cette pièce est très rare. Tirée à trois épreuves en 1 la planche fut égarée, depuis, et n'est pas retrouvée encore.

Un seul état.

Frontispice (1885)

2, lors de son exécution,

N° 88 Eve (de dos sous le pommier)

Eau-forte pure (page 102).

Ce n'est qu'un croquis rapide griffonné d'après un modèle nu, étudié de dos. Ici, la silhouette, cherchée sur le métal, est construite par un double trait qui donne une enveloppe et une vibration au linéament des contours.

(N° 28) il L'enfance Je Pierre Clemenceau (1885)

m Pierre copie la Vierge du portail (1885)

SilTf»

(No 31) v Le sommeil d'Iza (1885)

(N« 30) iv Le premier Modèle (1885)

(N° 32) vi Le Bol de lait de S" Assise (1885)

(N° 34) vin La Lettre à M"" Henri (1885)

(N° 33) vu Le Cimetière de Montmartre (1885)

(No 35) ix Le Voyage en Italie (1885)

Eve s'avance parmi les hautes herbes, où le premier couple de lapins broute, en quiétude, les rieurs géantes du paradis. Elle approche du fameux pommier de la tentation où nul serpent n'apparaît encore. Le mot : EVE est gravé parmi les iris du premier plan à droite, au dessus de la signature en toutes lettres : A . Besnard.

La lecture

(pièce en losange)

Eau-forte et pointe (page Sy).

A la vérité, cette femme ne lit plus. Elle songe à sa lecture. Le livre est ouvert sur ses genoux, mais sa main droite en couvre le texte et son coude gauche s'appuie sur ses feuillets. Elle est assise dans un fauteuil à balustres, le menton appuyé sur sa main dressée. La tête est très modelée, sous un éclairage tombant de haut.

Un seul état à 100 exemplaires (1902).

(N° 36) x L'Atelier de Rome (1885)

N° 90 Germaine Besnard

80X io5 Eau-forte et pointe sèche (page j6).

L'enfant, coiffée d'un grand kiss-not d'étoffe, se tient sagement, debout, les mains croisées. Ses grands yeux candides, ses lèvres minces et son petit nez, à peine indiqué sont modelés en travaux ténus qui contrastent avec la vigueur des noirs des mèches folles de sa chevelure et le large à-plat velouté de son corsage à empiècement. — Un léger grain forme le fond de cette étude.

Signé : A. B., et exécutée en 1892.

Tiré à 75 exemplaires.

L'ŒUVRE GRAVÉ B' ALBERT BESNARD

La Poupée

Cuivre i45X2i5, partie gravée 77X 140. Eau-forte et pointe (page 36).

Une petite fille se dresse sur la pointe des pieds pour jucher sa poupée sur le bord d'un grand lit dont on voit la paillasse à carreaux entre les bois épais du meuble de sapin. On ne distingue pas ses traits, car elle est vue de dos, mais un geste d'infinie tendresse précautionneuse lui crée une expression complète, où la mimique du visage n'ajouterait rien. — Au premier plan une grande chaise rustique barre le lit et les pieds de l'enfant qui y a laissé la robe de sa fille.

Signé : A. B., sur la traverse du lit.

Un seul état tiré à petit nombre (1892).

(N° 37) XI Le Meurtre (1885)

La Visiteuse

Lithographie. 455x355 (page 56).

Le maître était à table, en famille, le soir, sous la lampe, lorsque la femme de chambre annonça une visite ; une petite vieille en noir surgit brusquement derrière elle, presqu'en même temps, dans la pénombre de la porte, avant d'être priée d'entrer. Besnard se retourne et croit apercevoir la Visiteuse qui a tant hanté son souci d'artiste. C'est cette angoisse d'une seconde qu'il a voulu fixer dans cette lithographie, unique dans son œuvre gravé.

Signée : A. B. , à gauche, en bas, sur la nappe (1893).

Rêveuse

Eau-forte et pointe sèche (page 20).

Assise dans un grand fauteuil capitonné, une jeune fille songe, accoudée à gauche sur le dossier demi-circulaire. Le dessin du visage est très étudié et ses modelés

! IHIM.I

L'Ambassadeur Bihourd (1908)

d'une grande délicatesse s'opposent aux morsures franches du corsage et des cheveux.

Un seul état paru comme illustration d'un article en anglais, de R.

Marx. (1893).

N° 94 Profil de cheval

240X 178 Eau-forte, pointe sèche, morsures au pinceau (page 1 1).

C'est le portrait d'un cheval de selle, au nez blanc, en harnais de promenade. L'animal n'est vu que jusqu'aux épaules et son encolure est sommairement indiquée. Mais l'œuvre est très intéressante comme technique de gravure, par ses rehauts d'aquatinte, au pinceau, qui donnent l'aspect de gouttes d'aquarelle.

Un seul état, tiré à ioo exemplaires, dont 20 épreuves sur japon (1893).

N°95 Cheval arabe et tête de cheval

177X240 Eau-forte pure (page 9).

L'animal, vu de dos, est étudié dans un élégant mouvement qui ramène sa tête, en profil, vers la gauche. Au dessus et à gauche, le même cheval est de nouveau gravé, à une échelle double, dans un trois-quarts qui met en valeur toutes les caractéristiques de sa race que l'artiste avait déjà soulignées dans les autres parties du corps. Le beau dessin est largement indiqué par un triple, ou quadruple trait, qui enveloppe la forme et la construit, puissamment, avec une sûreté de main magistrale. C'est l'une des pièces les plus précieuses de l'œuvre de Besnard.

Un seul état, tiré à ioo exemplaires, (Alger, 1893).

l'œuvre gravé d'albert besnard

N° 96 La Femme au vase

140X200 Eau- forte, pointe et roulette ipage 5g).

Cette pièce fut exécutée par Besnard tandis que le peintre-graveur Zorn travaillait dans son atelier, d'après le même modèle. Elle représente une jeune fille à sa toilette, derrière un paravent de Coromandel, dont on aperçoit deux feuillets déployés. Accoudée des deux bras sur ses genoux, elle élève un grand vase qu'elle tient aux deux anses et s'apprête à en verser le contenu dans une cuvette placée à côté d'elle, au premier plan. La masse de ses cheveux coule sur ses bras nus et le long de son dos, incliné jusqu'aux biseaux du cuivre.

L'œuvre est puissante d'effet et très variée d'exécution. Des effaçages au brunissoir ont amené ces lumières d'un ton précieux qui vibrent dans les chairs des bras et du visage. Des rehauts de roulette assourdissent le fond, qui chatoie dans la pénombre des panneaux de Coromandel.

Un seul état, tiré à ioo exemplaires (1894).

Il existe une épreuve rehaussée d'aquarelle par Besnard.

(N- 152) M.Deligand (1903)

N° 97 Marché aux chevaux en Algérie

235xiSo Eau-forte et pointe sèche (non reproduite).

C'est une variante du tableau célèbre. Au premier plan, cinq chevaux arabes sont gardés, à l'ombre, par un palefrenier; deux se présentent de profil et de dos dans la sveltesse de leurs formes et sous le chatoiement de leur robe soyeuse; les trois autres, tournés vers le spectateur, s'émouchent en piaffant, tandis que des cavaliers, nobles et fiers d'allure dans leur burnous clair, passent dans le soleil, au pas dansant de leur coursier.

Un seul état, paru dans la Gazette des Beaux-arts, T. II, page 108 (1895).

Eve

Eau-jovte et pointe (page 2 3 )

Très blonde, sous la jeune lumière des premiers matins qui caresse sa nudité superbe, Eve vient de cueillir ia pomme au bel arbre interdit. Ses deux bras en guirlande masquent en partie son visage, et découvrent le beau torse clair qui est le vrai sujet de cette eau-forte. Comme dans les pièces précédentes, un large trait, fait de tailles ténues et chevauchées, inscrit le pur contour sur les verdures sombres. Les modelés, très blonds et lumineux, mettent des vibrations dans les reflets du torse et teintent, avec bonheur, la masse vermeille des cheveux.

Un seul état. Cette pièce a parue

dans la première livraison de la Revue Le Centaure, que créa Pierre Loùys, après

avoir dédié Aphrodite à Besnard (1896).

(N° 150) Mademoiselle Aman-Jean (1908)

N° 99 Barques à Bcrck

1 73 Xii'' Eau-forte et pointe sèche (ppge m).

Quatre barques de pêcheurs, à la marée montante, reçoivent la houle qui va les mettre à flot. Le ciel est gris; les mâts s'estompent dans la brume. Tiré à 75 exemplaires.

N° 100 Pinchon

115x170 Eau-forte pure (page 43).

Portrait en esquisse du peintre Pinchon, debout, le chapeau à la main, dans l'atelier du maître. Une chaise basse se voit en arrière, avec des cartons à dessins.

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

Un accident de morsure a détruit les pieds du modèle.

Un seul état.

Tiré à 50 exemplaires.

Pinchon à cheval

Eau-forte pure ipage42l.

Le jeune artiste est à cheval, sur la plage de Berck, par un grand vent qui hérisse la crinière de l'animal et roule, au loin, d'énormes masses de vapeurs.

Des barques, au sec, par le jusant, barrent l'horizon imprécis d'un jour d'orage.

Un seul état, tiré à 50 exemplaires (Berck, 1897).

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(N° 153) M. Pigalle (1908)

Un petit âne à Berck

172X11 5 Eau-forte et pointe sèche (page 58).

Debout, devant une grande barque échouée sur la grève, le triste petit âne au cou maigre, à l'échiné ployée, s'abrite contre le vent du large qui fraîchit avec la montée du flot. La mer est sombre et se frange d'écume.

Le petit âne a peur.

Un seul état, exécuté à Berck, en 1897.

Tiré à 100 exemplaires.

N° io3 Trois pêcheuses de Berck

228X 172 Eau-forte et pointe sèche (page 27).

Au centre, l'une d'elles, face au spectateur, se penche sur un panier de coquillages qu'elle trie attentivement. A droite, une pêcheuse, à mi-corps, passe en portant sa main droite à la hanche. L'autre, plus emmitouflée que les deux premières dans

(N° 90) Germaine Besnard (1892)

son voile de tête, relevé par les pointes sur les deux épaules, s'avance à gauche en portant sa pêche dans son tablier.

Un seul état, non daté, ni signé.

Exécuté à Berck, en 1898.

Tiré à 100 exemplaires.

L'opération du redressement du dos à Berck

172X 1 15 Pointe sèche et eau-forte (page 1 10).

Cette page douloureuse fut dessinée à l'hôpital Cazin-Perrochaud. L'enfant difforme est maintenu par un aide et quatre sœurs infirmières. Le docteur Callot agit sur la colonne vertébrale, qui reprend sa courbe naturelle sous la pression savante et hardie du praticien.

Un seul état, tiré à 50 exemplaires.

N° io5 Portrait de Madame Aman-Jean

Médaillon de 80 mill. Eau-forte et pointe sèche ipage 3o'.

La femme du célèbre peintre, ami intime de Besnard, appuie sa joue sur sa main gauche. Elle est drapée dans un châle noir qui tombe, à longs plis, sur ses épaules. Tiré à 50 exemplaires.

N° 106 Femme nue se frottant le bras

125x140 Eau-forte, pointe sèche et teinte (page 65).

Le modèle, vue de face, est assis dans un fauteuil, en avant d'un rideau d'étoffe sombre. Son type espagnol, au large sourire, rappelle ces études peintes et ces pastels que l'artiste a rapporté d'outre-monts, vers la même époque, et où paraît

(N° 41) ii Flirt (1885 à 1887)

(N° 47) vin Le Viol (1885 à 1887)

(N°42) m L'Amour (1885 à 1887)

(N° 46) vu Deuil (1885 à 1887)

(N° 40) I La Femme (1885 4 1887)

(N°48) ix Prostitution (1885 à 1887)

'ÊÊà

(N° 50) xi Le Suicide (1885 â 1687)

(N« 44) v L'Accouchement (1885 â 1887)

(N°49) x La Misère (1885 à 1887)

le même modèle. Elle s'appuie sur le revers de sa main gauche (en partie détruite par un accident de morsure terminale avec la moitié de la cuisse gauche), dans un mouvement qui fait saillir l'épaule jusqu'à la hauteur de son œil. De sa main droite, elle se gratte le creux du bras gauche, et la courbe de son membre fait jaillir sa gorge jeune et très écartée.

Un seul état, tiré à 75 exemplaires (1898).

Trois Femmes voilées pour l'Ile heureuse

200X270 Eau-forte pure (page 39).

Croquis largement esquissé des femmes voilées de l'Ile Heureuse, le célèbre panneau du Musée des Arts décoratifs à Paris. Deux

d'entr'elles se tiennent, debout, drapées frileusement dans leurs voiles; l'autre, assise,

tient son menton dans sa main. Exécuté en i8qq.

(N° 81) Roger Marx (1890)

N° 108 Etude de têtes pour l'Ile heureuse

2Ô3XIQO Eau-forte pure Ipage 26).

Trois têtes de femmes entourent une étude de figure accoudée, la tunique entr'ouverte découvrant les deux seins. Un seul état, tiré à 75 exemplaires. Exécuté en 189g.

Les Perles Rouges

Suite de quatre eaux-fortes pour illustrer les 93 sonnets historiques du Comte Robert de Montesquiou. (Paris, Fasquelle 1899, in-12).

Portrait du poète Robert de Montesquiou

90X 1 ^o (page 85).

Le poète, errant parmi les somptuosités de Versailles, à l'automne, s'est arrêté au pied d'un des grands vases qui jalonnent le Tapis vert. Tête nue et le feutre à la

(N° 45) vi Le Déjeuner (1885 à 1887)

main, il s'est accoudé sur le socle de l'urne blanche, et son profil impérieux s'est affirmé dans l'alignement du long décor de marbre clair, où les statues alternent avec les vases. Cette eau-forte est l'un des plus beaux portraits gravés par Besnard, tant par le style de la composition, que par une exécution savante et spirituelle, où toutes les ressources de l'eau-forte et de la pointe sont subtilement employées.

N° 1 10 La Poterne de Versailles

90X i5o (page 85).

Son groupe de marbre, d'exécution schématique, s'enlève puissamment en clair sur une effroyable nuée d'orage.

N° 111 (N° 14) La Muse (1884) La Flore de Le Gros

90X 1 5o (page 85).

Sous la chute des feuilles dorées qui tombent des hauts marronniers, fleuris en mai, pour elle, la Flore du grand sculpteur assiste à l'agonie du parc, sans abandonner les guirlandes de ses poignets, ni la rose, qu'elle élève encore d'un geste arrondi et suranné.

Le Squelette de la Flore

poXi5o Ipage 85).

Mais, l'hiver est venu, et l'artiste évoque la squelettique apparition de ce qui fut cette Flore si séduisante. Dans la même attitude et dans la même gaîne de marbre clair, sur laquelle les guirlandes et les couronnes de ses poignets se sont effeuillées, une à une, elle s'essaye au même sourire, de sa face camarde, où la Mort a passé.

Confidences

200X265 Eau-forte et pointe sèche (page 441.

Sous un arbre aux branches retombantes, un jeune homme fait ses confidences à un ami plus âgé qui l'écoute attentivement. Tous deux sont assis sur un banc de jardin, à l'ombre des verdures criblées de lumière. Le jeune garçon est en culotte

(N° 43) îv Triomphe mondain (1885 à 1887)

courte et bas écossais. Il se penche, à gauche, vers son confident drapé dans un grand manteau jeté négligemment sur ses épaules. Les personnages sont Philippe Besnard, le sculpteur, et Jules Bois, l'écrivain. Un seul état tiré à 75 exemplaires. Une épreuve sur parchemin. Exécuté à Compiègne, en 1900.

N° 114 Portrait de Jules Bois

Médaillon de 65 mm. sur plaque 70 X 108 Eau- forte et pointe (page 86).

L'écrivain est de trois quarts, à droite, et regarde vers le spectateur. La pièce, commencée en rectangle, a été en partie effacée et mise en médaillon avant la morsure. Mais les tailles, fortement entaillées vers les épaules, ont subsisté en dehors du disque de délimitation.

Un seul état tiré à 75 exemplaires (Compiègne, 1900).

Ex-libris de Félicien Champsaur

120X160 Eau-forte et pointe sèche (non reproduit).

Pierrot, en habit noir, agenouillé sur un escabeau dépaillé, fait un effort désespéré pour retenir une statue de marbre qu'il vient d'animer de son souffle de poète amoureux.

Les mots : Ex-libris et la signature A. B. sont gravés dans les blancs du cuivre. La planche appartient à M. F.

(N° 76) Menu pour M. Maciet (1889) Champsaur.

(N°51) Xll Pauvre cœur meurtri (1885 à 1887)

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

(N° 109) 1 Le poète Robert de Montesquiou (I

(N° 110) 11 La Poterne de Versailles (1899)

(N- 111) m La Flore de Le Gros (1899)

(N° 112) iv Le Squelette de la Flore (1899)

(N° 114) Portrait de Jules Bois (1900)

Esquisse pour le portrait de Madeleine Lemaire

Eau-forte pure mon reproduite).

C'est un simple croquis de mise en place pour un portrait de l'aquarelliste Mme Madeleine Lemaire qui eut une très grande vogue comme peintre de fleurs.

Divers essais sont esquissés sur les marges. Un seul état à 5 épreuves.

N° 117 Rodin

200X270 Eau-forte et pointe sèche (page 61 1.

Ce superbe portrait du génial sculpteur fut exécuté à Clairoy par Besnard durant l'été de 1900. Le maître est de profil, vers la droite; l'épaule est à peine indiquée. Ici, encore, le multiple trait souple et incisif à la fois, construit avec bonheur le masque impérieux de l'artiste qui s'enlève sur un fond de hachures croisées. De larges crevés à gauche et en avant, vers les épaules, indiquent une reprise accidentée de morsure pour achever la planche commencée sur un autre vernis.

Premier état, avant les accidents sur les épaules. 5 épreuves. Deuxième état, avant le déplacement de l'oreille vers la gauche. Environ 30 épreuves (Reproduit ici). Troisième état, après la retouche de l'oreille. Tiré à 75 exemplaires.

N° 118 Baignade à Talloires

23oX 1 55 Eau-forte, pointe sèche et teinte sur grain ipage 32).

Au bord du lac, le long du quai de la villa Besnard, deux jeunes gens se baignent auprès d'une barque. L'un deux, s'amuse à faire des ronds dans l'eau qui se ride en ondes concentriques entraînées par la brise des beaux soirs d'été.

Un seul état paru dans l'Image en 1897.

Elle

C'est l'ensemble le plus important de toute la carrière d'aquafortiste d'Albert Besnard ; et c'est aussi le plus ignoré du grand public, en raison des conditions spéciales de son exécution et de son tirage restreint, jusqu'à ce jour, à très peu d'exemplaires.

(N° 145) La Blarriote (1901)

(,N° 61) Le grand profil de femme (1887)

Ses vingt-six planches ont été conçues dans un même format, comme autant de variations macabres, sur ce thème obsédant de la Mort qui rôde autour de nous et s'impose, tôt ou tard, à tous, sous des formes extrêmement diverses.

Ce n'est plus, ici, la Danse macabre du Cimetière des Innocents, ni celle qu'on attribuait, à tort, à Hans Holbein sur les murs du cloître de Bâle. La Mort n'apparaît pas, dans cette suite d'expressions graphiques, comme la Faucheuse au dail implacable qui entraînait, non sans ironie, le Roi, le Pape et l'Empereur, vers le même destin que l'Esclave, le

Serf, le Clerc, le Moine, l'Abbé, le Bourgeois, le Noble, ou la Courtisane. Elle n'a plus pour unique objet d'enseigner les vanités du pouvoir, du sacerdoce, des richesses et de la beauté, en face de l'inéluctable nécessité de son action égalitaire.

Elle sait se refuser, se faire compatissante, avertir et apparaître prémonitoirement, puis revenir, brutale ou discrète, insidieuse ou caressante, mais ponctuelle, comme l'instrument de la Fatalité.

Parmi l'angoisse et l'épouvante de ces évocations impérieuses, on La voit tour à tour, l'archet et le violon aux doigts, cueillir dans l'extase des sons une âme de mélomane; puis se glisser parmi la foule des boulevards, fardée en courtisane et l'orbite éclairé d'une vaine promesse, allumant les convoitises du vieillard et de l'adolescent; on la voit apparaître dans l'éclat d'une fête de nuit, en habit de soirée, pour recevoir au bal une jeune fille, chaste et rieuse. Ailleurs, la Camarde revêt les apparences du médecin qu'une mère éperdue vient d'appeler au secours de son enfant malade, et qui s'en va, sachant l'heure exacte où cette frêle vie expirera.

Comme dans ce beau portrait de Sir Brian Tuke que la Pinacothèque de Munich attribue à Hans Holbein, il semble que l'horrible goule lui parlant à l'oreille ait initié le Maître à quelques-unes de ses guises les plus subtiles et l'ait fait assister à ses redoutables préparations.

Ainsi, dans la Mort Discrète, qui est reproduite ici, à la page 66, et dans un format légèrement réduit, quelle subtilité de délicatesse l'artiste ne lui prête-t-il pas, pour exprimer dans ce seul geste d'un doigt dressé, fermant comme un sceau ses lèvres de momie errante, le serment qu'Elle vient de faire à la jeune fille exténuée d'à-

L ŒUVRE GRAVE D ALBERT BESNARD

(N° 68) Mélancolie (1888)

mour, qui la suppliait d'emporter le secret dont elle meurt, mais qui la ravit encore.

Dans cet autre feuillet de la Mort compatissante, de quelle tendresse la croit-il capable et de quelle pitié ne ploiet-il pas son long corps anguleux, jusqu'à faire incliner sa face camuse vers le masque raidi de froid d'une pauvresse, dont la hutte est ouverte à la neige qui tombe en rafales, et que son baiser mortel vient délivrer de tous les maux? Elle soulève, avec d'infinies précautions, ce grand corps rigide que la neige enlinceuille et semble lui parler bas, comme une mère qui endort son enfant.

Dans Le Vertige, Elle apparaît, soudain diaphane et comme immatérielle, laissant flotter son squelette parmi les fumées d'une ville imprécise qu'elle domine, jusqu'au parapet d'une tour, où sa proie est déjà conquise, à demi, par la fascination de ses orbites vides.

Ailleurs, Elle se rue sur le lit des luxures et dérobe à l'amant le dernier spasme de sa maîtresse; puis Elle passe au bord de la mer, traînant son filet de pêcheuse dans l'écume des grèves, pour y recueillir un noyé; tandis qu'Elle apparaît, ensuite, au duelliste, dans le cliquetis mortel du fer de son adversaire. Elle se refuse, enfin, en coquette fatale, aux supplications d'un jeune homme qui la désire éperdûment.

Qui ne serait étreint par la puissance évocatrice de ces images douloureuses, par la profondeur de leur inspiration et par le sens philosophique de cette conception toute moderne d'une éternelle angoisse? Surtout lorsqu'on rapproche ces Elégies, ou ce poignant Miserere, de cette grande page qui décore l'amphithéâtre de chimie à la Sorbonne, où le peintre avait proclamé sa certitude que la Vie renaît de la Mort, dans un triptyque plein d'une joie panthéiste.

C'est que ces vingt-six pièces, si diverses d'impression et de sentiment sont dominées par le grand thème de la Fin de tout, qui hanta constamment l'artiste depuis ses débuts dans l'eau-forte, et qu'il a repris fréquemment en le creusant chaque jour davantage, parmi la joie sensuelle des somptueuses décorations et des féeries d'Orient, que son pinceau sut évoquer avec la rare fortune que l'on sait, dans un nombre imposant de toiles et d'aquarelles.

C'est tout un poème aux strophes douloureuses, qui n'a d'équivalent, que son évocation de la Divine Pitié à l'hôpital de Berck. — Et parmi ses orchestrations savantes de la couleur, dans les arabesques prestigieuses de ses compositions décoratives,

go

cette suite d'eaux-fortes, à peu près ignorée, apparaîtra au cœur de son œuvre, comme une méditation passionnée et comme un recueillement d'une gravité exceptionnelle.

L'ensemble est écrit sur le métal d'une pointe alerte, souvent àl'eau-forte pure, quelquefois à l'aide d'un grain rehaussé de pointe sèche ébarbée ; mais presque toujours en un seul état qui est une variante du dessin préparatoire.

Les planches, les états et les dessins sont la propriété du baron G. Vitta, qui a promis de mettre un tirage de quelques suites àladisposition du Maître. Chacune de ces suites, signées et numérotées parBesnard, comprend les vingt-six eaux-fortes classées dans l'ordre suivant,

(N° 16) Carte de naissance de P. Besnard (1884) étabU par rartiste> qui les a désignées

ainsi : i. Le peintre et la mort. — 2. La Foule. — 3. L'Accident. — 4. Danger passé. — 5. La Raccrocheuse. — 6. Le Docteur. — 7. L'Énigme. — 8. La Solution. 9. Après sa visite. — 10. Ponctuelle. — 11. Aux Aguets. — 12. La Pêche. — 13. Mélomane. — 14. Le Vertige. — 15. Lequel des deux? — 16. La Possession. 17. L'Obstacle. — 18. L'Avertissement. — 19. Fatalité. — 20. Le Monde. — 21. La Débauche. — 22. La Mort compatissante. — 23. Elle se refuse. — 24. La Mort discrète. — 25. La Mort les réunit. — 26. La Grand' route. Une quarantaine de dessins préparatoires sont en la possession de M. le baron Vitta. Quelques autres, chez M. Besnard. Un premier état, non signé, a été tiré à 9 exemplaires de toute la suite des 26 planches, soit 4 épreuves nature (2 sur parchemin et 2 sur papier velin) ; les cinq autres suites retroussées à l'effet (2 sur parchemin et 3 sur velin).

Le second état, sans autre changement que l'adjonction du monogramme gravé sur chaque cuivre, n'a pas encore été tiré. Une toute première planche : l'Homme suivant la Mort, a été détruite après avoir été tirée à 2 seuls exemplaires, sur vélin.

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